les noces alchimiques de christian rose-croix - Rose-Croix d'Or

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LES NOCES ALCHIMIQUES DE CHRISTIAN ROSE-CROIX

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LES MYSTERES DE LA FRATERNITE DE LA ROSE-CROIX analyse e¤ sote¤ rique du testament spirituel de l’ordre de la rose-croix par

j. van rijckenborgh en trois volumes

i L’Appel de la Fraternite¤ de la Rose-Croix (Fama Fraternitatis R.C., A.D. 1614) ii LeTe¤ moignage de la Fraternite¤ de la Rose-Croix (Confessio Fraternitatis R.C., A. D. 1615) iii Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix (Chymische Hochzeit Christiani Rosencreutz anno 1459, ^ A.D. 1616)

rozekruis pers ^ haarlem ^ pays-bas

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LES NOCES ALCHIMIQUES DE CHRISTIAN ROSE-CROIX analyse e¤ sote¤ rique de ßchymische hochzeit christiani rosencreutz anno 1459 par

j. van rijckenborgh

premiere partie 1999

rozekruis pers ^ haarlem ^ pays-bas

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Traduit du ne¤erlandais Titre original : de alchemische bruiloft van christiaan rozenkruis Ecole Internationale de la Rose-Croix d’Or Lectorium Rosicrucianum Sie' ge central : Bakenessergracht 11-15, Haarlem, Pays-Bas

isbn 90 6732 005 6 ß 1999 Rozekruis Pers ^ Haarlem ^ Pays-Bas

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Table des matie' res

Pre¤ face ix les noces alchimiques de christian rose-croix ^ premie' re partie

Premier jour xv Deuxie'me jour xxvii Troisie' me jour xlvi Analyse e¤ sote¤ rique des noces alchimiques, premie' re partie

Introduction le premier jour

1. 2. 3. 4. 5. 6.

La veille de Pa“ ques La lettre d’ invitation C.R.C. prend conscience de sa propre indignite¤ Le re“ ve de C.R.C. La corde salvatrice C.R.C. se pre¤ pare au voyage

le deuxie' me jour

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Les quatre chemins La rencontre de la colombe et du corbeau ßHors d’ ici, indignes ? Les six lanternes Le Temple du Jugement (I) Le Temple du Jugement (II) Le courant du Nombre parfait 5

le troisie' me jour

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La balance et le jugement Les Sept Poids (I) Les Sept Poids (II) Les quatre roses Les six sentences Les repas du Jugement Le lieu du Jugement L’exe¤ cution des sentences (1) L’exe¤ cution des sentences (Il) La Licorne, le Lion et la Colombe Le Phe¤ nix L’Aigle, le Griffon et le Faucon Le crite' re astral La Bibliothe' que royale de la Chambre fune¤ raire L’ Horloge et le Globe Ne¤ cessite¤ de la purification astrale Les dix anecdotes La polarisation inverse LaVierge Alchimia Les dix forces nouvelles de l’accomplissement

Glossaire

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Liste des illustrations

JohannValentin Andreae a' l’a“ ge de trente ans (1616) viii Page de titre d’une des trois premie' res e¤ ditions de Chymische Hochzeit, Strasbourg, 1616 xii Page d’une des premie'res e¤ ditions xvii Vignette de Conrad Scher, imprimeur des premie' res e¤ ditions lxxvii Les Myste' res de la Rose-Croix ixxx La veille de Pa“ques La corde libe¤ratrice La me¤ daille de C.R.C. Le de¤ but du voyage Eh bien, Fre're Rose-Croix, te voila' toi aussi ! De¤ claration de la sentence Qui s’e¤ le' ve sera abaisse¤ Les trois Temples

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JohannValentin Andreae en 1616, l’anne¤ e ou' parut les Noces Alchimiques. 8

Pre¤ face

Au moment de nous engager dans la publication de ces commentaires des Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix, nos pense¤ es se tournent tout naturellement vers Johann Valentin Andreae, l’auteur de cet ouvrage des Rose-Croix du xviieme sie' cle. Andreae et son oeuvre se signalent comme de vrais flambeaux, dont la lumie're rayonne de tous co“te¤ s de nos jours encore. Et quand il faut qu’une nouvelle lumie' re surgisse dans le monde, au service du grand oeuvre de la libe¤ration de l’ humanite¤ , elle est allume¤ e et re¤ unie a' la Flamme inextinguible de l’antique Chandelier. Nous souvenant de cela, nous sommes pleins de gratitude inte¤rieure, aujourd’ hui que les temps sont venus et probablement pour la premie're fois dans l’ histoire, de pouvoir de¤faire de ses voiles le message du Salut, auquel Johann Valentin Andreae a donne¤ forme d’une manie' re si inge¤ nieuse dans cet ouvrage. Nous de¤ dions ce livre a' tous ceux qui aspirent a' la connaissance vivante et ve¤ cue du Chemin de la de¤ livrance, et veulent s’en rendre dignes. Puissent-ils e“tre tre's, tre's nombreux, une foule que personne ne saurait compter. jan van rijckenborgh

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les noces alchimiques de christian rose-croix anno 1459 1

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Page de titre d ’une des trois premie' res e¤ ditions de Chymische Hochzeit, Strasbourg, 1616. 12

De¤ voile¤ s les myste' res s ’avilissent, Profane¤ s, ils perdent leur force. Ne jette donc pas de perles aux pourceaux, Et ne fais point aux a“ nes une litie' re de roses.

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PremierJour

Un soir, la veille de Pa“ ques, j’e¤ tais assis a' ma table et, apre' s m’e“ tre entretenu avec mon Cre¤ ateur en une humble prie're, selon mon habitude, et avoir me¤ dite¤ beaucoup de grands myste' res (par lesquels le Pe' re de la Lumie' re m’avait amplement de¤ montre¤ Sa Majeste¤ ), j’allais pre¤ parer dans mon coeur, avec mon cher agneau pascal, un pur pain sans levain, quand, soudain, un vent si impe¤ tueux se leva que je crus voir voler en e¤ clat sous sa violence la montagne dans laquelle ma maisonnette e¤ tait niche¤ e. Pourtant, comme rien de semblable ne m’e¤ tait arrive¤ par le fait du diable (lequel m’avait tourmente¤ maintes fois), je repris courage et poursuivis ma me¤ ditation jusqu’au moment ou', de fac on inhabituelle, quelqu’un me toucha le dos, ce qui m’effraya au point que j’osai a' peine tourner la te“ te ; mais je ressentis de la joie, pour autant que la faiblesse humaine le perm|“ t en pareille circonstance. Lorsqu’on m’eut tire¤ par mon habit a' plusieurs reprises, cependant, je me retournai. Une merveilleuse forme d’apparence fe¤ minine se trouvait la' , ve“ tue d’une robe bleue somptueusement constelle¤ e d’e¤ toiles d’or, comme le ciel. Dans sa main droite elle tenait une trompette d’or pur, sur laquelle e¤ tait grave¤ un nom, que je parvins a' lire mais qu’ il m’est interdit de re¤ ve¤ ler ; dans la main gauche, une grosse liasse de lettres e¤ crites dans toutes les langues, qu’elle devait, comme je l’appris plus tard, porter dans tous les pays. Elle avait aussi des ailes, grandes et magnifiques, entie'rement couvertes d’yeux, gra“ ce auxquelles elle pouvait s’e¤ lever dans les airs et voler plus vite que l’aigle. J ’aurais peut-e“ tre pu observer d’autres de¤tails la concernant, mais comme 14

elle ne resta pre' s de moi qu’un bref instant et que je n’e¤ tais pas encore revenu de mon effroi et de ma surprise, je dus y renoncer. A peine m’e¤ tais-je retourne¤ qu’elle chercha dans sa liasse et trouva enfin une petite lettre qu’elle de¤ posa avec respect sur la table ; puis elle disparut sans mot dire. Mais en s’envolant, elle sonna si fort de sa belle trompette que le son re¤ sonna dans toute la montagne et que je restai dans l’ impossibilite¤ d’entendre mes propres paroles pendant pre' s d’un quart d’ heure. Dans une aventure aussi impre¤ vue, je ne savais vraiment pas que faire, malheureux que j’e¤ tais. Je tombai donc a' genoux, priant mon Cre¤ ateur de ne rien m’envoyer qui menac a“ t mon salut e¤ ternel ; ensuite, plein d’angoisse et de crainte, je me tournai vers la lettre. Elle e¤ tait si lourde que, d’or pur, elle n’aurait gue' re pese¤ plus. En l’examinant avec attention, je de¤couvris qu’elle e¤ tait ferme¤ e par un petit sceau, sur lequel e¤ tait finement repre¤ sente¤e une croix, avec cette inscription : ßIn hoc signo + vinces1 Dans ce signe, tu vaincras. Cette de¤ couverte me rassura pleinement, je savais bien que le diable n’appre¤ cierait pas ce cachet et qu’en outre il ne lui servirait de rien. J ’ouvris donc la petite lettre avec pre¤ caution et y trouvai e¤ crits, en caracte'res d’or sur fond bleu, les vers suivants : Voici le jour, voici le jour, pour qui peut se rendre aux noces royales. Si tu es ne¤ pour y prendre part, e¤ lu par Dieu pour la joie, tu peux gravir la montagne* ou' se dressent troisTemples * Dans ce signe de Mercure ^ utilise¤ par John Dee sous le nom de ßMonade hie¤ roglyfique ^ Le Soleil et la Lune symbolisent Dieu, Cre¤ ateur et Pe' re, la croix symbolise le Fils, tandis qu’a' la base le signe de feu Arie' s repre¤ sente le feu de l’ Esprit Saint. Le me“ me signe appara|“ t, inverse¤ , sur la page de titre d’une des premie' res e¤ ditions de Chymische Hochzeit en 1616.

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et contempler le prodige. Sois vigilant, examine-toi. Si tu ne prends un bain de purete¤ , les noces te causeront dommage. Pars: si tu vis dans le pe¤ che¤ , tu seras trouve¤ trop le¤ ger. En dessous figurait : ßSponsus et Sponsa* A cette lecture, je faillis m’e¤ vanouir. Mes cheveux se dresse' rent sur ma te“ te et une sueur froide m’ inonda de toute part. Car si je comprenais qu’ il s’agissait des noces promises, annonce¤ es sept ans auparavant par une vision, attendues depuis longtemps avec un grand de¤ sir et pre¤ vues par des calculs et analyses pousse¤ es de mes positions plane¤ taires, je n’avais pourtant jamais suppose¤ qu’elles s’accompagneraient de conditions si se¤ ve' res et si risque¤ es. Je m’e¤ tais imagine¤ jadis, en effet, qu’ il suffirait d’y para|“ tre pour y e“ tre un ho“te bienvenu et estime¤ ; or, maintenant, on me parlait d’un choix divin dont, pour ma part, je n’avais jamais e¤ te¤ certain d’e“ tre l’objet. Je de¤ couvrais aussi, plus je m’examinais, qu’ il n’y avait dans ma te“ te qu’ incompre¤ hension et aveuglement concernant les choses cache¤ es ; que je n’e¤ tais pas non plus capable de saisir les choses les plus simples que j’avais pourtant a' faire chaque jour. Que j’e¤ tais encore moins destine¤ par la naissance a' percer les secrets de la Nature et a' les pe¤ne¤ trer ; a' mon avis, elle aurait pu trouver un disciple plus vertueux a' qui confier des tre¤ sors si pre¤ cieux, fussent-ils soumis au temps et au changement. Je de¤couvrais en outre que mon corps, mon comportement exte¤ rieur et mon amour fraternel du prochain n’e¤ taient pas encore vraiment * Le Fiance¤ et la Fiance¤ e.

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purs et sans taches. Il m’apparaissait enfin que l’aiguillon de la chair e¤ tait toujours pre¤ sent en moi, tourne¤ surtout vers la conside¤ration et le luxe de ce monde et non vers le salut de mes semblables. De ce fait, je supputais sans cesse les moyens d’accro|“ tre rapidement mon profit personnel, d’e¤ difier des constructions grandioses, d’ immortaliser mon nom en ce monde, et entretenais bien d’autres pense¤es charnelles du me“ me ordre. Cependant, les paroles obscures relatives aux trois Temples me pre¤ occupaient particulie'rement ; je n’arrivais pas a' les expliquer, me“ me apre' s mu“res re¤ flexions. Et peut-e“ tre n’y serais-je pas encore parvenu sans une miraculeuse re¤ ve¤ lation. Oscillant donc de la crainte a' l’espoir, ne voyant en moi qu’ impuissance et faiblesse ^ de sorte que je ne trouvais aucune aide en moi-me“ me et que l’ invitation m’effrayait se¤ rieusement ^ je finis par recourir a' ma voie habituelle la plus su“re : avant de m’adonner au repos, faire la profonde et ardente prie' re que mon bon ange m’apparu“t, par de¤ cret divin, pour me guider dans mon incertitude, comme cela s’e¤ tait de¤ ja' souvent produit auparavant ; ce qui, Dieu soit loue¤, arriva sous forme d’un pre¤ cieux et grave avertissement, pour mon bien et pour le bien du prochain. Sito“t endormi, j’eus l’ impression de me trouver, avec d’ innombrables autres hommes, dans la tour obscure d’une prison, attache¤ a' de lourdes cha|“ nes. Il n’y avait pas le moindre rayon de lumie're, et nous grouillions comme un essaim d’abeilles, aggravant encore nos maux les uns les autres. Je n’y voyais pas plus que mes compagnons, cependant je percevais que certains s’efforc aient de s’e¤ lever par-dessus les autres, quand leurs cha|“ nes ou leurs fers e¤ taient un tant soit peu plus le¤gers. Cela dit, personne n’avait beaucoup d’avantage sur les autres ; nous e¤ tions comme une grappe de raisin, tous pendus les uns aux autres. Etant reste¤ s longtemps ensemble dans cette mise' re, nous traitant mutuellement d’aveugles et de forc ats, nous entend|“ mes enfin la sonnerie d’un grand nombre de trompettes, accompagne¤ es de coups de timbales si alertes que cela nous re¤ jouit et nous re¤ conforta 17

dans notre malheur. Au son de cette musique, le couvercle de la tour fut souleve¤ et un peu de lumie're tomba sur nous. Il aurait fallu voir alors cette bousculade ? Nous grouillions pe“le-me“ le, au point que celui qui s’e¤ tait un peu e¤ leve¤ au-dessus des autres tombait sous leurs pieds. Chacun cherchait la position la plus e¤ leve¤ e, et moime“ me, sans he¤ siter, malgre¤ mes lourdes cha|“ nes, je luttai pour me de¤ gager et me hissai sur une pierre que j’avais pu atteindre. Mais la' aussi, attaque¤ a' plusieurs reprises, je me de¤fendis de mon mieux, des pieds et des mains. Nous n’avions qu’une seule pense¤ e : serions-nous tous libe¤ re¤ s ! Or il en alla tout autrement. En effet, les seigneurs qui nous regardaient d’en haut, par l’ouverture de la tour, s’e¤ tant quelque peu divertis de nos ge¤ missements et fre¤ tillements, un vieillard aux cheveux blancs nous ordonna de nous tenir tranquilles. De' s que nous eu“mes obe¤i, il prononc a les paroles suivantes, pour autant que je m’en souvienne : Si seulement le genre humain n’avait pas vise¤ trop haut, il aurait rec u de grands biens, par la justice de ma Me' re. Puisqu ’il n’en fait qu ’a' sa te“ te, il reste dans de grands tourments, et prisonnier de la nuit. Or ma Me' re bien-aime¤ e ne veut pas tenir compte de sa me¤ chancete¤ et fait briller dans la Lumie' re ses merveilleuses richesses. Mais pour qu ’elles gardent leur valeur, elle ne le fait que rarement. D ’ordinaire, elles sont prises pour des fables.

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En l’honneur de la fe“ te, ce¤ le¤ bre¤ e aujourd ’hui, elle multiplie ses gra“ ces: une bonne oeuvre s ’accomplira. De' s lors une corde descendra, et qui s ’y accrochera, la liberte¤ trouvera.* De' s qu’ il eut prononce¤ ces paroles, la Ve¤ ne¤ rable Dame ordonna a' ses serviteurs de faire descendre sept fois la corde dans la tour et de remonter ceux qui y resteraient accroche¤ s. Dieu me permette de de¤ crire en de¤ tail l’agitation qui nous saisit : chacun voulait s’emparer de la corde et, par la' me“ me, empe“ chait les autres d’en faire au* Re¤ fe¤rence a' un sermon de Bernard de Clairvaux, Sermo III. De fragmentis septem misericordiarum (J. P. Migne, Patrologia Latina, 183, p. 344.): ßTria considero, in quibus tota spes mea consistit ; charitatem adoptionis, veritatem promissionis, potestatem redditionis. Murmuret jam, quantum voluerit, insipiens cogitatio mea dicens ; Quis enim es tu, aut quanta est illa gloria, quibusve meritis hanc obtinere speras ! Et ego fiducialiter respondebo; Scio cui credidi, et certus sum quia in charitate nimia adoptavit me, quia verax in promissione, quia potens in exhibitione ; licet enim ei facere quod voluerit. Hic est funiculus triplex qui difficile rumpitur, quem nobis a patria nostra in hunc carcerem usque demissum firmiter, obsecro, teneamus ; ut ipse nos sublevet, ipse nos trahat et pertrahat usque ad conspectum gloriae magni Dei, qui est benedictus in saecula. Traduction ; Il y a trois choses sur lesquelles repose toute mon espe¤ rance ; l’amour de la filiation divine, la ve¤ rite¤ de la promesse, et le pouvoir de les re¤ aliser. Alors des pense¤ es insense¤ es vinrent me tourmenter : ßQui es-tu donc ? Combien cette gloire est grande ? Et par quels me¤ rites espe' res-tu l’acque¤ rir ! Plein de confiance je re¤ pondis : ßJe connais Celui en Qui j ’ai confiance et je suis certain que, dans Son immense amour, Il m’a accepte¤ comme Son enfant ; qu’ Il est vrai dans ses promesses et qu’ Il a le pouvoir de les remplir. Il lui est permis de faire ce qu’ Il veut. C ’est la triple corde qui ne se rompt pas facilement. Depuis notre Patrie, elle est descendue dans ce cachot. Je vous en supplie : tenez-la fortement pour qu’elle nous e¤ le' ve et nous hisse et que nous contemplions la gloire de notre Grand Dieu, qui est be¤ ni de toute e¤ ternite¤ .

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tant. Cependant, sept minutes s’e¤ tant e¤ coule¤es, une clochette donna un signal ; les serviteurs hisse' rent alors quatre personnes cette premie're fois. Perche¤ sur une pierre contre la paroi de la tour, pour mon plus grand malheur, comme je l’ai de¤ ja' dit, j’e¤ tais dans l’ impossibilite¤ de m’approcher de la corde qui pendait au milieu, hors de ma porte¤ e. On redescendit la corde une deuxie'me fois. Mais les cha|“ nes de la plupart e¤ taient trop lourdes et leurs mains trop faibles pour s’y tenir accroche¤s, de sorte qu’en tombant ils entra|“ naient beaucoup de ceux qui auraient peut-e“ tre pu s’y cramponner. Plus d’un, oui, furent de¤ croche¤ s par d’autres qui n’e¤ taient pas parvenus a' se hisser, tant nous e¤ tions envieux les uns des autres dans notre grande mise' re. Mais j’avais surtout pitie¤ de ceux dont le poids e¤ tait si grand qu’ ils eurent les mains arrache¤ es et ne purent donc pas remonter. Ainsi advint-il que, les cinq premie'res fois, un petit nombre seulement fut ramene¤ . En effet, le signal sito“t donne¤ , les serviteurs halaient la corde si vite que la plupart retombaient les uns sur les autres. La cinquie'me fois, d’ailleurs, la corde remonta a' vide. Aussi la majorite¤ d’entre nous, dont j’e¤ tais, commencions a' de¤ sespe¤rer d’e“ tre de¤livre¤ s et implorions Dieu d’avoir pitie¤ de nous et de nous libe¤rer de ces te¤ ne' bres ; sur quoi, quelques-uns furent exauce¤ s. Car, lorsque la corde redescendit pour la sixie'me fois, plusieurs s’y agrippe'rent fermement et, lorsqu’elle se balanc a en remontant, elle s’approcha aussi de moi, sans doute par la volonte¤ divine. En ha“te, je la saisis, de sorte que je me trouvai au-dessus de tous les autres et qu’ainsi, contre toute attente, je sortis enfin de la tour. Mon bonheur e¤ tait si grand que je ne sentis pas la blessure qu’une pierre pointue m’avait faite a' la te“ te dans la remonte¤e, avant d’avoir aide¤ a' hisser la corde pour la septie'me et dernie' re fois (comme cela s’e¤ tait fait toutes les fois pre¤ ce¤ dentes). L’effort fit couler le sang sur mes ve“ tements mais, dans ma joie, je ne m’en aperc us point. Lorsqu’on remonta la corde pour la dernie're fois, le plus grand nombre y e¤ tait enfin accroche¤ ; alors la Ve¤ ne¤ rable Dame la fit emporter et enjoignit a' son fils, un homme d’un grand a“ ge (ce qui m’ 20

e¤ tonna beaucoup) d’envoyer un message aux autres prisonniers. Apre' s un instant de re¤ flexion, il dit ces mots :

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Chers enfants ici rassemble¤ s, ce qui e¤ tait pre¤ vu depuis longtemps, est enfin accompli, et, par la Gra“ ce de ma Me' re, accorde¤ a' vos amis. Ne soyez pas envieux de leur sort, un temps heureux va biento“ t commencer, ou' tous les hommes seront e¤ gaux, et ou' il n’y aura plus ni pauvres ni riches. Celui dont il est beaucoup exige¤ , devra beaucoup oeuvrer. Celui a' qui il est beaucoup confie¤ , devra beaucoup se de¤ penser. Laissez la' vos lamentations: il n’y en a plus pour longtemps ? Ces paroles prononce¤ es, le couvercle fut remis sur le puits et verrouille¤, tandis que retentissaient a' nouveau trompettes et timbales. Mais le son des instruments n’e¤ tait pas assez puissant pour couvrir les lamentations des prisonniers de la tour, ce qui me fit venir les larmes aux yeux. Peu apre' s, la Ve¤ ne¤ rable Dame s’assit avec son fils sur des sie'ges dispose¤s a' cet effet et ordonna de compter les de¤livre¤ s. Apre' s avoir pris connaissance de leur nombre, elle l’ inscrivit sur une tablette jaune d’or et demanda le nom de chacun d’entre nous, qu’un page nota e¤ galement. Puis elle nous regarda les uns apre' s les autres et soupira en disant a' son fils, de telle sorte que je pusse l’entendre clairement : ßAh ? que j’ai pitie¤ des pauvres gens de la tour. Plu“t a' Dieu que j’eusse re¤ ussi a' les de¤ livrer tous ? Son fils re¤ pondit alors : ßMe' re, Dieu en a dispose¤ ainsi et nous ne saurions nous y opposer. Si nous e¤ tions tous des seigneurs, posse¤ dant tous les biens de la terre, et e¤ tions assis a' table, qui nous servirait le repas ! Apre' s quoi la Me' re se tut ; mais elle reprit biento“t : ßDe¤ livrons donc ces gens de leurs fers, ce qui fut fait a' l’ instant. J ’e¤ tais pres22

que le dernier de la file et, a' la diffe¤ rence des autres, je ne pus me retenir de faire une re¤ ve¤ rence a' laVe¤ ne¤ rable Dame, et de remercier Dieu qui, par son interme¤ diaire, avait bien voulu, dans sa gra“ ce paternelle, me porter des te¤ ne' bres a' la lumie're. D’autres suivirent mon exemple et s’ incline' rent de-vant la Ve¤ ne¤ rable Dame. Enfin chacun se vit remettre, comme viatique, une me¤ daille comme¤ morative en or, ou' e¤ taient grave¤ s, d’un co“te¤ , le Soleil levant et de l’autre ^ pour autant que je m’en souvienne ^ les trois lettres D. L. S.* A cause des blessures cause¤ es par mes fers, je n’avanc ais qu’avec peine et boitais des deux jambes. La Ve¤ ne¤ rable Dame le remarqua aussito“t, se mit a' rire, m’appela pre' s d’elle et me dit : ßMon fils, ne t ’afflige pas de ton infirmite¤ , mais souviens-toi de tes faiblesses et remercie Dieu de te permettre d’avoir part, de¤ja' en ce monde et malgre¤ ton imperfection, a' une Lumie're si e¤ leve¤ e ; garde ces blessures pour l’amour de moi. A ce moment, la sonnerie de trompette retentit a' nouveau, ce qui m’effraya au point de me re¤ veiller. Alors seulement je m’aperc us que tout n’avait e¤ te¤ qu’un re“ ve, mais il e¤ tait si profonde¤ ment grave¤ dans ma conscience qu’ il continuait a' me pre¤ occuper et que j’avais l’ impression de sentir encore les blessures de mes pieds. Quoi qu’ il en fu“t, je comprenais bien que Dieu me donnait d’assister a' la ce¤ le¤ bration de noces secre' tes et myste¤ rieuses ; aussi, avec une confiance enfantine, je remerciai Sa Divine Majeste¤ , la priant de me garder continuellement dans le respect que j’avais pour elle, de combler journellement mon coeur de sagesse et de compre¤ hension et de le guider, par sa Gra“ ce, jusqu’au but souhaite¤ , sans me¤ rite aucun de ma part. La' -dessus, je me pre¤ parai au voyage, me reve“ tis de lin blanc et ceignis mes reins d’un ruban rouge sang, que je croisai sur mes e¤ paules. A mon chapeau, je mis quatre roses rouges, pour me faire reconna|“ tre plus facilement dans la foule. Comme provisions, je pris, sur les conseils d’un sage, du pain, du sel et de l’eau, dont je * Dieu, Lumie' re du Soleil, ou A Dieu, Louange E¤ternelle.

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me servis a' des moments de¤termine¤ s, non sans profit. Avant de quitter ma hutte, je tombai a' genoux ainsi e¤ quipe¤ de mes habits de noces, priant Dieu de me guider, quoi qu’ il du“t m’arriver, vers une bonne fin. Et je promis a' la face de Dieu que, si quelque chose m’e¤ tait re¤ ve¤ le¤ par sa Gra“ ce, je ne l’emploierais point pour obtenir honneur et prestige en ce monde, mais pour la gloire de son Nom et au service de mon prochain. Apre' s ce voeu, je quittai ma cellule dans l’espoir et la joie.e

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Deuxie' meJour

De' s que je sortis de ma cellule et arrivai dans la fore“ t, il me sembla que le ciel entier et tous les e¤ le¤ments s’e¤ taient pare¤ s pour ces noces. A mon sens les oiseaux chantaient plus joliment que jamais et les faons sautaient si gaiement alentour que mon vieux coeur bondit de joie et qu’entra|“ ne¤ par leur exemple, je me mis a' chanter a' pleine voix : Rejouissez-vous, chers petits oiseaux, et louez votre Cre¤ ateur. Elevez vos chants si clairs et purs jusqu ’a' Dieu au plus haut des cieux, Il a de¤ ja' pre¤ pare¤ votre nourriture, il vous la donnera en temps voulu. Soyez-en donc satisfaits. A quoi bon vous affliger, et vous plaindre de ce que Dieu vous a faits petits oiseaux ! Ne soyez pas trouble¤ s Il ne vous a point faits hommes ! Contentez-vous de votre sort. Et soyez satisfaits. Et moi, alors, ver de terre 25

disputerai-je avec Dieu ! Avec violence, dans la tempe“ te ce¤ leste, lutterai-je contre le Grand Art ! Car nul ne contraint Dieu. Ici, qui ne vaut rien passe son chemin. O hommes, soyez-en satisfaits ? Il ne vous a pas faits empereurs ! N’en soyez pas vexe¤ s. Son Nom, l’auriez-vous offense¤ ! A cela re¤ fle¤ chissez. L’oeil de Dieu est clairvoyant, il voit jusqu ’au fond des coeurs, nul se saurait le tromper. Je chantais du fond du coeur, si bien que toute la fore“ t en re¤ sonnait et que les montagnes renvoyaient l’e¤ cho de mes dernie'res paroles. Enfin, j’aperc us une belle et verdoyante prairie. Sur quoi, je quittai la fore“ t et me dirigeai de ce co“te¤-la'. Dans cette prairie se dressaient trois ce'dres magnifiques, si larges qu’ ils offraient une ombre pre¤ cieuse et bienvenue, ce dont je me re¤ jouis fort, car, bien que je ne fusse gue' re avance¤ , mon ardent de¤sir m’avait rapidement fatigue¤. Je me ha“tai donc vers ces arbres pour m’y reposer quelque peu. De' s que je me fus approche¤, mon regard tomba sur un e¤ criteau fixe¤ a' l’un d’eux. J ’y lus rapidement les mots suivants, trace¤ s en lettres orne¤ es : ßDieu te prote' ge, invite¤ ? Si jamais la nouvelle des noces royales est venue a' tes oreilles, alors me¤ dite les paroles que voici : Il existe quatre chemins que l’ Epoux te propose au choix par notre entremise. Ces quatre chemins me' nent jusqu’au cha“ teau du Roi, a' condition de ne pas s’ e¤ garer sur des voies de¤ tourne¤ es. Le premier est court mais pe¤ rilleux, car il est plein d’ e¤ cueils sur lesquels tu peux facilement e¤ chouer. Le deuxie' me est plus long, a' cause de ses longs de¤ tours, mais il 26

est certain qu’ il ne va pas dans la mauvaise direction. Il est plat et facile, a' condition de ne de¤ vier ni a' droite ni a' gauche, et cela a' l’aide d’une boussole. Le troisie'me est la vraie Voie royale, car il re¤ conforte le coeur par toutes sortes de joies et de spectacles princiers. Cependant, jusqu’a' ce jour, un homme seulement sur des milliers est parvenu a' le suivre. Par le quatrie' me chemin, il n’a e¤ te¤ permis a' nul mortel d’atteindre le but, car sa puissance consume, et seuls des corps incorruptibles peuvent le supporter. Choisis donc lequel des trois tu veux suivre et n’en de¤ vie plus. Sache bien, cependant, que le chemin sur lequel tu poseras le pied t ’est attribue¤ par le destin ine¤ luctable et aussi qu’ il est interdit, au pe¤ ril de ta vie, de revenir en arrie're sur un seul de tes pas. Voila' ce que nous voulions te faire savoir. Si tu prends a' la le¤ ge' re ce se¤ rieux avertissement, tu parcourras le chemin au milieu des plus grands dangers, avec force plaintes et lamentations. Si tu te sais coupable de la moindre infraction aux lois du Roi, fais demi-tour pour autant que cela soit possible et retourne en ha“ te chez toi, en reprenant le chemin par lequel tu es venu ? Je n’avais pas plus to“t lu cet e¤ criteau que toute ma joie disparut, et moi qui chantais si gaiement un moment auparavant je commenc ai a' pleurer ame' rement. Je voyais bien trois chemins devant moi et je comprenais qu’ il me serait donne¤ , le moment venu, d’en choisir un, mais je craignais de prendre celui qui e¤ tait encombre¤ de roches et de pierres et d’y trouver une mort lamentable ; ou si c’e¤ tait la longue route qui m’e¤ tait de¤volue, de m’e¤ garer, ou encore d’avoir un accident au cours de ce lointain voyage ; je ne pouvais pas non plus espe¤ rer e“ tre justement celui qui, parmi des milliers, choisirait laVoie royale. Je voyais aussi devant moi le quatrie' me chemin, mais il e¤ tait tellement environne¤ de flammes et de vapeurs que je ne m’aventurai pas de son co“te¤ . Je me demandai longtemps si j’allais m’en retourner ou choisir 27

l’une des quatre voies. Bien conscient de mon indignite¤ , je me consolais sans cesse en pensant au re“ ve ou' j’e¤ tais de¤livre¤ de la tour, sans trop m’y fier pourtant. J ’ he¤sitai si longtemps entre toutes ces possibilite¤ s qu’un profond e¤ puisement, ainsi que la faim et la soif surprirent mon corps. Je sortis donc mon pain et le coupai en morceaux. Ce que vit une colombe blanche comme neige, perche¤ e sur un arbre, que je n’avais pas encore remarque¤ e et qui descendit comme elle le faisait peut-e“ tre souvent ; elle se posa en toute confiance a' co“te¤ de moi, je partageai donc mon pain avec elle. La colombe le prit et sa beaute¤ me re¤ conforta de nouveau un peu. Mais un corbeau noir, son ennemi, l’aperc ut, fondit aussito“t sur elle, et comme ce n’e¤ tait pas mon morceau de pain qu’ il voulait mais le sien, elle ne put que prendre la fuite. Ils s’envole' rent tous deux en direction du midi, ce qui m’attrista et me fa“ cha a' tel point que, sans re¤ fle¤chir, je pourchassai l’ insolent corbeau et qu’ainsi je m’engageai contre ma volonte¤ dans la voie pre¤ destine¤ e, sur la longueur d’un champ d’une acre environ, chassai le corbeau et de¤ livrai la colombe. Alors je me rendis compte que j’avais agi sans re¤ fle¤ chir et que j’e¤ tais de¤ ja' engage¤ sur un chemin qu’ il m’e¤ tait interdit de quitter sous peine d’un lourd cha“timent. Je me serais console¤ si, a' mon grand regret, je n’avais pas laisse¤ , au pied de l’arbre, mon baluchon avec mon pain, que je ne pouvais plus aller chercher. Car a' peine me retournai-je que souffla dans ma direction un vent si violent qu’ il manqua de me renverser. Cependant, si je continuais ma route, je ne le sentais pas du tout. J ’en conclus aise¤ ment que me retourner contre le vent me cou“terait la vie. Je pris donc patiemment ma croix sur mes e¤ paules, me mis en route et de¤ cidai, puisqu’ il devait en e“ tre ainsi, de tout mettre en oeuvre pour arriver avant la nuit. Malgre¤ de nombreuses bifurcations ^ vraisemblablement des de¤ tours ^ j’arrivai toujours a' garder la bonne direction gra“ ce a' ma boussole, car je ne voulais pas de¤ vier d’un pas du me¤ ridien, bien que le chemin fu“t parfois si rocailleux et encombre¤ d’obstacles 28

que j’avais souvent des doutes. En marchant, je pensais continuellement a' la colombe et au corbeau, sans en comprendre la signification. Enfin, je de¤ couvris dans le lointain, sur une haute montagne, un portail splendide, vers lequel je me ha“tai, bien qu’ il se trouva“ t loin, tre' s loin de ma route, que le soleil disparu“t de¤ ja' derrie' re les montagnes et que je n’aperc usse au-dela' ni refuge ni abri. J ’attribuai cela a' Dieu seul, qui aurait tout aussi bien pu me laisser poursuivre ma route en frappant mes yeux de ce¤ cite¤ afin que je ne visse pas le portail ? Comme je l’ai de¤ ja' dit, je me de¤ pe“chai et l’atteignis alors qu’ il faisait encore jour ; je pus donc le contempler rapidement. C ’e¤ tait un portail exceptionnellement beau, un portail royal, orne¤ d’une multitude de sce' nes et de symboles grave¤ s magnifiques, dont chacun, comme je l’appris plus tard, avait sa signification particulie' re. Tout en haut, e¤ tait fixe¤ e une plaque d’assez grande taille portant cette inscription : ßProcul hinc, procul ite, prophani !* et d’autres paroles encore, qu’ il m’est formellement interdit de re¤ ve¤ ler. De' s que j’arrivai au portail, apparut subitement quelqu’un qui portait un ve“ tement bleu ciel ; je le saluai aimablement. Il re¤ pondit a' ma salutation mais exigea d’emble¤ e ma lettre d’ invitation. O que je fus content de l’avoir emporte¤ e avec moi ? J ’aurais pu si facilement l’oublier, comme cela e¤ tait arrive¤ a' d’autres, a' ce qu’ il me dit. Je lui montrai rapidement la lettre et non seulement il en fut tre' s content mais il me te¤ moigna un grand respect, ce dont je m’ e¤ tonnai fort, et me dit : ßEntrez-donc, fre' re, vous e“ tes pour moi un ho“te bienvenu ? Ensuite, il me demanda de lui re¤ ve¤ ler mon nom, et quand je lui eus re¤ pondu que j’e¤ tais un fre' re de la Rose-Croix rouge, il fut tre' s surpris et se re¤ jouit en me“ me temps. Il me demanda alors : ßFre' re, avez-vous de quoi vous acheter un insigne ! Je lui re¤ pondis que ma fortune e¤ tait mince, mais que s’ il trouvait sur moi quelque chose qui lui plu“t, il pourrait bien le prendre. * ßHors d’ ici, indignes !

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Comme il de¤ sirait ma gourde d’eau, je la lui offris et il me donna en e¤ change un insigne d’or, sur lequel e¤ taient grave¤ es deux lettres : S. C.* Il m’adjura de penser a' lui, car cela me serait tre' s salutaire. Quand je lui demandai combien de personnes e¤ taient entre¤ es avant moi, il m’en informa. Enfin, il me donna, par pure amitie¤, une lettre scelle¤ e pour le deuxie'me gardien. Comme je m’e¤ tais un peu attarde¤ aupre' s de lui, la nuit e¤ tait tombe¤e, de sorte qu’on alluma biento“t, au-dessus du portail, un grand re¤ cipient rempli de poix, afin que, si quelqu’un e¤ tait encore en route, il pu“t se diriger vers lui. Le chemin qui menait directement au cha“ teau e¤ tait clos des deux co“te¤ s par de hauts murs et plante¤ de beaux arbres fruitiers de toutes espe' ces. En outre, de part et d’autre, se dressaient trois arbres auxquels e¤ taient accroche¤ es des lanternes, dont toutes les lumie'res avaient de¤ ja' e¤ te¤ allume¤ es avec une torche splendide par une belle jeune fille e¤ galement* habille¤e de bleu. Spectacle si superbe et si exquis qu’ il me retint plus longtemps que ne¤ cessaire. Toutefois, apre' s avoir rec u d’amples renseignements et des e¤ claircissements utiles, je pris cordialement conge¤ du premier gardien. En cours de route, j’e¤ tais curieux de conna|“ tre le contenu de la lettre, mais comme je ne devais pas soupc onner le gardien de de¤ sobligeance, je contins ma curiosite¤ et poursuivis ma route jusqu’a' l’autre portail. Il e¤ tait presque identique au premier, mais orne¤ de sculptures diffe¤ rentes, d’une signification myste¤ rieuse. Sur la plaque fixe¤ e en haut e¤ tait e¤ crit : ßDate et dabitur vobis ?* Sous ce portail e¤ tait couche¤ un lion terrifiant attache¤ par une cha|“ ne. De' s qu’ il me vit, il se leva et m’accueillit avec de forts rugissements. Cela re¤ veilla l’autre gardien, e¤ tendu sur un bloc de marbre, qui m’exhorta a' n’avoir ni inquie¤tude ni peur, chassa le lion qui recula et prit la lettre que je lui tendis en tremblant. * La constance par la sanctification. L’e¤ poux bien-aime¤ . Espe¤ rance, Amour. * LaVierge porteuse de lumie' re. * Donnez, et il vous sera donne¤.

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L’ayant lue, il dit avec un grand respect : ßBienvenue, au nom de Dieu ? Vous e“ tes l’ homme que, depuis longtemps de¤ ja' , j’aurais aime¤ rencontrer ? eIle sortit en me“ me temps un insigne en me demandant si j’avais de quoi l’e¤ changer. Comme je n’avais rien d’autre sur moi que mon sel je le lui offris et il l’accepta en me remerciant. Sur l’ insigne, il n’y avait de nouveau que deux lettres : S. M.* Alors que j’allais parler a' ce gardien, une cloche se mit a' tinter dans le cha“ teau, sur quoi il me conseilla vivement de me de¤pe“ cher, sinon toutes mes peines et tous mes efforts se re¤ ve¤ leraient vains, car on commenc ait de¤ja' , la'-haut, a' e¤ teindre les lumie'res. Je m’exe¤ cutai si pre¤ cipitamment que j’oubliai de lui dire adieu tellement j’e¤ tais effraye¤ , et a' juste titre. En effet, je ne pus courir assez vite pour n’e“ tre pas rejoint pas la Jeune Fille. Comme toutes les lumie' res s’e¤ teignaient derrie' re elle, je n’aurais jamais pu trouver le chemin si elle ne m’avait pas e¤ claire¤ avec sa torche. Et c’est a' peine si je pus me glisser a' ses co“te¤ s* pour entrer, car le portail se ferma si vite qu’un pan de mon manteau s’y trouva pris. Je dus naturellement l’y laisser, car ni moi, ni ceux qui m’avaient obligeamment exhorte¤ devant le portail ne purent convaincre le gardien de le rouvrir. Il assurait qu’ il avait donne¤ la clef a' la Jeune Fille et qu’elle l’avait emporte¤ e avec elle a' la Cour. Pendant ce temps, je contemplai ce portail. Il e¤ tait si splendide qu’ il n’avait pas son pareil dans le monde entier. De chaque co“te¤ se dressait une colonne. Sur l’une, il y avait une statue au visage joyeux avec l’ inscription : Congratulor*. Sur l’autre, une statue au visage triste avec l’ inscription : Condoleo*. Bref, c’e¤ taient des figures et des paroles si obscures et myste¤ rieuses que me“ me l’ homme le plus instruit de la terre n’aurait su les interpre¤ ter. Cependant, si Dieu le veut, elles seront biento“t toutes mises en lumie're et expli* Me¤ rite par l’e¤ tude. Sel liquide pour le marie¤ . Sel mine¤ ral. Sel purificateur. * C ’est donc la troisie' me porte. * Je me re¤ jouis avec toi. * Je souffre avec toi.

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que¤ es par moi. A ce portail, je dus a' nouveau donner mon nom ; il fut inscrit en dernier sur un livret de parchemin, puis envoye¤ avec d’autres a' l’ Epoux. C ’est alors seulement que le ve¤ ritable insigne destine¤ aux invite¤s me fut donne¤ ; il e¤ tait plus petit que tous les autres, mais bien plus lourd. Il y figurait les lettres S. P. N.* On me donna de plus une paire de souliers neufs, car le sol du palais e¤ tait couvert de pur marbre clair. Je pus faire don a' ma guise de mes vieux souliers a' un des pauvres qui attendaient en grand nombre, assis en bon ordre pre' s du portail. Je les donnai a' un vieillard. Par la suite, deux pages portant des flambeaux me conduisirent dans une petite chambre, ou' l’on me fit prendre place sur un banc. Ils fixe' rent leur torche dans deux trous du sol et disparurent, me laissant seul. Peu apre' s, j’entendis du bruit mais ne vis rien. C ’e¤ tait quelques hommes, qui tombe' rent sur moi. Comme je ne les voyais pas, je dus me laisser faire et attendre ce qui allait m’arriver. M’apercevant rapidement que c’e¤ taient des barbiers, je leur demandai de ne pas me serrer si fort, car j’e¤ tais dispose¤ a' faire ce qu’ ils voudraient. Ils me la“che' rent alors et l’un d’eux, que je ne pus voir, me rasa les cheveux en rond, tre' s e¤ le¤gamment et proprement, au milieu du cra“ ne, en laissant pendre sur mon front, a' la hauteur des yeux et des oreilles, mes longs cheveux blanc de neige. Je dois avouer qu’un tel de¤ but m’o“ta presque tout courage. En effet, comme ils me serraient fortement et que je ne voyais rien, j’en arrivais a' croire que Dieu m’avait abandonne¤ a' cause de ma hardiesse. Cependant les barbiers invisibles ramasse' rent soigneusement les cheveux rase¤ s et les emporte' rent avec eux. Sur quoi, les deux pages rentre' rent en riant de bon coeur de ce que j’avais eu si peur. A peine eurent-ils e¤ change¤ quelques mots avec moi qu’une petite cloche retentit de nouveau, signalant qu’ il fallait nous rassembler, dirent-ils. Ils m’ invite' rent a' les suivre et m’ e¤ claire' rent le long de nombreux couloirs, portes et tournants, * Gue¤ rison par la nature. Celui-ci est, aux noces, l’ invite¤ du marie¤ .

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jusque dans une vaste salle. Dans cette salle, il y avait une grande foule d’ invite¤ s : empereurs, rois, princes et seigneurs, nobles et bourgeois, riches et pauvres, ainsi que pas mal de gredins, ce qui m’e¤ tonna fort, et je pensai en moi-me“ me : ßQuel sot tu as e¤ te¤ de t ’e“ tre rendu la vie si ame' re et si dure pour ce voyage ? Ces gens, tu les connais bien et tu ne les as jamais estime¤ s. Et maintenant, ils sont la' , eux aussi, alors que toi, avec toutes tes prie'res et tes supplications, c’est a' peine si tu as pu rentrer le dernier ? Le diable me souffla ces pense¤ es, et beaucoup d’autres, bien que je lui eusse montre¤ la porte de mon mieux. Entre temps, plusieurs de ceux qui me connaissaient m’ interpellaient : ßEh bien, fre' re Rose-Croix, te voila' , toi aussi ? ^ ßOui, fre' res, re¤ pondais-je, la gra“ ce de Dieu m’a permis, a' moi aussi, d’entrer ici. Sur quoi ils e¤ clataient de rire, trouvant ridicule qu’une si mince affaire ne¤ cessita“ t l’aide de Dieu. Quand je demandais a' chacun par quel chemin il e¤ tait venu, la plupart racontaient qu’ ils avaient escalade¤ les rochers. Alors, a' coups de trompettes ^ dont on ne voyait aucune ^ le signal fut donne¤ de passer a' table ; sur ce, chacun alla s’asseoir selon l’ ide¤ e qu’ il avait de valoir mieux que certains autres, si bien qu’ il ne resta, pour moi et quelques pauvres compagnons, qu’une petite place au bas bout de la table. Peu apre' s, les deux pages rentre' rent et l’un prononc a une prie' re si belle et si admirable que mon coeur se re¤ jouit inte¤ rieurement. Quelques grands seigneurs n’y pre“ te' rent gue' re d’attention ; ils riaient entre eux, gesticulaient, mordaient leur chapeau et faisaient bien d’autres pitreries. Ensuite on servit le repas, et tout y e¤ tait si soigneusement ordonne¤ qu’ il me sembla que chaque invite¤ avait son propre serviteur, bien qu’on n’en v|“ t aucun. De' s que les plaisantins furent quelque peu rassasie¤s et que le vin leur eut fait perdre toute retenue, ils se mirent a' se vanter et a' fanfaronner. L’un aurait fait ceci, l’autre cela, et les plus insignifiants criaient le plus fort. Quand je repense aux choses improbables et prodigieuses dont j’entendis alors parler, je pourrais encore m’en irriter. A la fin, ils ne reste' rent me“ me plus a' leur place ; biento“t les 33

beaux parleurs se glisse' rent, ici et la', entre les seigneurs. Ils se vantaient de hauts faits qu’un Hercule ou un Samson, malgre¤ toute leur force, n’auraient pu accomplir. L’un voulait libe¤ rer Atlas de son fardeau, l’autre arracher Cerbe' re trice¤phale aux enfers. Mais les grands seigneurs n’avaient pas la sottise de les croire. Les sce¤ le¤rats finirent par montrer tant d’audace que, bien qu’on leur tapa“ t de temps en temps sur les doigts avec les couteaux, ils n’y faisaient pas attention et quand l’un d’eux eut de¤ robe¤ une cha|“ ne en or, ils voulurent tous essayer d’en faire autant. L’un pre¤ tendait entendre le bruissement du ciel, un deuxie' me contempler les Ide¤ es de Platon, un troisie'me de¤ nombrer les atomes de De¤ mocrite. Plusieurs avaient me“ me invente¤ le mouvement perpe¤ tuel. Il est vrai que beaucoup me paraissaient intelligents mais, malheureusement pour eux, ils avaient trop bonne opinion d’eux-me“ mes. Pour finir, l’un d’eux voulut tellement nous en faire accroire qu’ il pre¤ tendit voir ceux qui nous servaient. Il aurait certainement continue¤ ses vantardises, si l’un des serviteurs invisibles ne lui avait administre¤ une claque si retentissante sur sa bouche pleine de mensonges que non seulement lui, mais plusieurs a' co“te¤ de lui en devinrent muets comme des carpes. Ce qui me plaisait beaucoup, ne¤ anmoins, c’e¤ tait que tous ceux qui m’avaient fait bonne impression gardaient distinction et re¤ serve dans leurs faits et gestes, ne parlaient pas fort et reconnaissaient que, ignorants comme ils l’e¤ taient, les myste' res de la nature leur paraissaient trop grands et eux-me“ mes trop petits. Dans ce brouhaha, j’en venais presque a' maudire le jour qui m’avait amene¤ ici, constatant avec douleur combien les personnages assis au haut bout de la table e¤ taient licencieux et le¤gers, tandis que, dans mon coin discret, on ne me laissait me“ me pas tranquille, puisque l’un des coquins m’avait insolemment traite¤ de grand sot ? A ce moment, j’ ignorais encore qu’ il y avait un autre portail a' franchir et je supposais que, durant toutes les noces, on me traiterait ainsi de fac on moqueuse, me¤ prisante et indigne, ce que je n’avais me¤ rite¤ ni de la part de l’ Epoux, ni de la part de l’ Epouse. On au34

rait mieux fait de choisir un autre bouffon que moi pour les noces ? Voici a' quelle impatience les injustices de ce monde peuvent conduire des a“ mes simples. En re¤ alite¤ , il s’agissait d’une partie de l’ infirmite¤ dont j’avais re“ ve¤ , comme je l’ai relate¤ ci-dessus. Les cris augmentaient toujours. Il y en avait aussi qui se vantaient de visions fausses et imaginaires, et racontaient des re“ ves effrayants et mensongers. Or, a' co“te¤ de moi, e¤ tait assis un homme calme et distingue¤ , qui parlait de temps a' autre de choses plus e¤ leve¤ es. Il finit par dire : ßVoyez, fre' re, si quelqu’un voulait ramener dans le droit chemin de pareils obstine¤ s, l’e¤ couterait-on ! ^ ßCertes, non, re¤ pondis-je. ^ ßAinsi le monde pre¤ fe' re a' toute force e“ tre trompe¤, dit-il, ßet refuse d’e¤ couter ceux qui lui veulent du bien. Regardez pluto“t comment ce beau parleur-ci, avec ses sottises et ses balivernes, tente d’attirer l’attention sur lui. Et comment cet autre, la'-bas, avec ses paroles e¤ tranges et myste¤ rieuses, se moque du monde. Mais, croyez-moi, le temps viendra ou' l’on arrachera les masques a' ces menteurs et ou' l’on montrera au monde entier quels mystificateurs du peuple se cachent derrie' re. Alors, peut-e“ tre, ceux que l’on n’estimait pas auparavant seront-ils respecte¤ s. Comme il parlait et que le bruit croissait et empirait, une musique plus belle et plus impressionnante que toutes celles que j’avais entendues de ma vie s’e¤ leva soudain dans la salle. Chacun se tut alors dans l’attente de ce qui allait arriver. La musique e¤ tait exe¤ cute¤ e sur tous les instruments a' cordes imaginables, si harmonieusement que je m’oubliai moi-me“ me dans une immobilite¤ telle que mes voisins s’en e¤ tonne' rent. Cela dura pre' s d’une demi-heure, pendant laquelle nul ne souffla mot, car de' s que quelqu’un voulait ouvrir la bouche, il recevait une tape inopine¤ e, sans savoir d’ou' elle venait. Comme nous ne voyions rien des musiciens, je pensais a' part moi combien j’aurais aime¤ examiner tous les instruments dont ils se servaient. Au bout d’une demi-heure, la musique cessa subitement et il ne fut plus possible de rien voir ni d’entendre. Mais biento“t retentit, devant la porte de la salle, une e¤ clatante et 35

retentissante sonnerie de trombones, trompettes et timbales, cela aussi magistralement que si l’ Empereur romain lui-me“ me eu“t fait son entre¤ e. Puis la porte s’ouvrit d’elle-me“ me et le fracas des trombones devint si puissant qu’ il e¤ tait a' peine supportable. En me“ me temps, des milliers de petites lumie' res, me sembla-t-il, pe¤ ne¤ tre' rent dans la salle, se portant d’elles-me“ mes en avant dans un ordre si parfait que nous en fu“mes extre“ mement impressionne¤ s ; enfin les deux pages dont nous avons de¤ ja' parle¤ entre' rent avec des torches flamboyantes, e¤ clairant une belle Jeune Fille assise sur un tro“ne d’or, magnifique et triomphal, qui avanc ait de lui-me“ me. J ’eus l’ impression que c’e¤ tait la me“ me qui, tout a' l’ heure, sur la route, avait allume¤ puis e¤ teint les lumie' res, et ses serviteurs, ceux qu’elle avait poste¤s pre' s des arbres. Cependant, elle n’e¤ tait plus habille¤e de bleu, mais d’un ve“ tement d’un blanc de neige e¤ blouissant, scintillant d’or pur et si rayonnant que nous osions a' peine la regarder. Les deux pages e¤ taient habille¤s de me“ me, quoiqu’un peu plus simplement. Sito“t arrive¤ e au milieu de la salle, la Jeune Fille descendit de son tro“ne et toutes les lumie'res s’ incline' rent devant elle. Nous nous leva“ mes tous de nos bancs, mais en restant chacun a' notre place. Quand nous nous fu“mes incline¤ s, elle devant nous, nous devant elle, et salue¤ s les uns les autres respectueusement, elle commenc a a' parler en ces termes d’une voix suave : Le Roi, mon gracieux Seigneur, est de¤ ja' non loin d ’ici, Avec sa Fiance¤ e bien-aime¤ e a' lui confie¤ e en tout bien tout honneur. Ils ont vu avec un extre“ me bonheur que vous e“ tes tous arrive¤ s. Ils offrent a' chacun de vous leur gra“ ce, leur be¤ ne¤ diction. Ils vous souhaitent de tout coeur 36

une entie' re re¤ ussite et que la joie de la fe“ te prochaine ne soit me“ le¤ e d ’aucune peine. Apre' s quoi, elle s’ inclina de nouveau gracieusement, avec toutes ses lumie'res, et reprit aussito“t : La lettre d ’invitation n’appelle, vous l’avez vu, personne qui n’ait rec u en soi les dons de Dieu et n’aspire vraiment au salut, comme il convient en un tel cas. Or ils ne pourraient croire, qu ’ici, quelques audacieux, bravant lois et interdits, oseraient mettre les pieds sans s ’e“ tre depuis longtemps pour les noces pre¤ pare¤ s. Leur souhait le plus ardent est que chacun re¤ ussisse. En ces temps obscurs ils se re¤ jouissent qu ’un si grand nombre se mettent a' l’oeuvre. Mais il y a aussi des impudents qui viennent se pre¤ senter insolemment et se poussent jusqu ’a' un rang auquel ils ne sont pas e¤ lus. Pour que nul coquin ne se glisse ici, nul ro“ deur ne se faufile et puisse, sans titres valables, fe“ ter les noces avec nous, demain matin de' s l’aube, 37

une balance sera place¤ e et chacun saura biento“ t ce qu ’en lui il a oublie¤ . S’il y a encore quelqu ’un qui n’a pas confiance en lui qu ’il se mette sur le co“te¤ , car s ’il reste encore longtemps la gra“ ce sera perdue, et a' sa grande honte il sera chasse¤ d ’ici. Si sa conscience le ronge, qu ’il reste donc pour cette nuit, et prenne demain sa liberte¤ mais sans jamais revenir. Qui conna|“ t donc son passe¤ veuille bien suivre son serviteur: il lui montrera la chambre ou' il pourra reposer en attendant la gloire de la pese¤ e, sinon la nuit sera mauvaise. Que les autres profitent de l’occasion. Ceux qui pre¤ sument de leur capacite¤ auraient de¤ ja' du“ s ’en aller. Espe¤ rons que pour chacun tout ira au mieux demain. Sito“t ces paroles prononce¤ es, la Jeune Fille s’ inclina de nouveau et se rassit gaiement sur son sie'ge. Puis les trompettes re¤ sonne' rent encore une fois, ce qui n’empe“ cha pas certains de pousser un profond soupir. Ensuite les lumie'res furent emporte¤ es, encore une fois invisiblement, mais un grand nombre reste' rent dans la pie' ce et s’approche' rent : une lumie're pour chacun d’entre nous. Notre 38

de¤ sarroi e¤ tait si grand que je puis a' peine de¤ crire quelles pense¤es et mimiques me¤ lancoliques furent e¤ change¤ es. Cependant, la plupart d’entre nous projete' rent d’attendre la pese¤e, espe¤ rant, si cela finissait mal, pouvoir repartir en paix. Je pris rapidement ma re¤ solution : comme ma conscience m’assurait de ma stupidite¤ et de mon indignite¤ , je de¤ cidai de rester avec les autres dans la salle et de me contenter du repas offert, pluto“t que d’attendre un e¤ chec imminent, avec les dangers correspondants. Apre' s que tous eurent e¤ te¤ conduits par leur lumie're quelque part dans une chambre (chacun se¤ pare¤ ment comme je l’appris par la suite), nous resta“ mes neuf, dont notamment celui qui m’avait parle¤ a' table. Malgre¤ tout, nos lumie' res ne nous quittaient pas. Biento“t, un des pages de¤ ja' nomme¤ s entra avec un gros paquet de cordes et nous demanda gravement si nous e¤ tions de¤ cide¤ s a' rester ici. Quand nous eu“mes acquiesce¤ en soupirant, il attacha chacun de nous dans un endroit de¤ termine¤ , puis disparut avec nos lumie'res, nous abandonnant, mise¤ rables que nous e¤ tions, dans l’obscurite¤ . Pour beaucoup, la mesure e¤ tait pleine et je ne pus moi-me“ me retenir mes larmes. Car, bien qu’ il ne fu“t pas interdit de se parler, les mots nous manquaient pour exprimer notre tristesse et notre douleur. Les cordes e¤ taient faites de matie're e¤ tonnante : il e¤ tait impossible de les couper et encore moins d’en libe¤ rer ses pieds. Je ne pouvais pas non plus me consoler en pensant que de grands affronts attendaient ceux qui e¤ taient alle¤s prendre du repos, alors que nous, nous e¤ tions en mesure de payer notre audace en une nuit. Je finis par m’endormir sur des pense¤es me¤ lancoliques. En effet, si bien peu d’entre nous parvinrent a' fermer les yeux, je ne pus m’empe“ cher de sombrer dans le sommeil a' cause de ma fatigue. En dormant, je fis un songe et, quoiqu’ il ne signifie pas grand chose, il ne me semble pas superflu de le raconter. Je re“ vai que j’e¤ tais sur une haute montagne. Devant moi je voyais s’e¤ tendre une grande valle¤e, ou' s’entassait une foule innombrable d’e“ tres humains. Chacun e¤ tait suspendu au ciel par un fil a' la te“ te. L’un e¤ tait 39

accroche¤ haut, l’autre plus bas, plusieurs me“ me e¤ taient encore a' terre. Un vieillard volait alentour dans l’air, tenant dans ses mains des ciseaux avec lesquels il coupait un fil par-ci, un fil par-la'. Ceux qui pendaient pre' s du sol tombaient vite et sans bruit, mais si c’e¤ tait le tour de quelqu’un qui pendait haut sa chute faisait trembler la terre. Certains avaient la chance d’avoir un fil qui s’e¤ tirait, en sorte qu’ ils arrivaient sur terre avant qu’ il fu“t coupe¤ . Leurs cabrioles m’amusaient beaucoup et je me re¤ jouissais fort quand l’un de ceux qui s’e¤ taient maintenus longtemps dans le ciel, comme s’ ils pre¤ tendaient aux noces, retombait honte’usement en entra|“ nant quelques voisins dans sa chute. Je me re¤ jouissais aussi, quand quelqu’un qui s’e¤ tait toujours maintenu pre' s de la terre disparaissait avec une discre¤ tion si merveilleuse que ses voisins eux-me“ mes ne s’en apercevaient pas. Au plus fort de ma gaiete¤ , un de mes compagnons d’emprisonnement me heurta, ce qui me re¤ veilla, mais je ne tins pas a' lui parler. Je re¤ fle¤chis cependant a' mon re“ ve, et le racontai a' mon fre' re couche¤ pre' s de moi de l’autre co“te¤. Il lui plut beaucoup, espe¤rant qu’ il recelait pour nous un re¤ confort. Tout en parlant ainsi, nous passa“ mes le reste de la nuit dans l’attente impatiente du jour.e

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Troisie' meJour

De' s que le jour radieux eut commence¤ a' poindre et que le soleil brillant, montant au-dessus des montagnes, eut repris la ta“ che a' lui confie¤e dans le haut du ciel, mes compagnons de combat se leve' rent aussi et commence' rent a' se pre¤ parer peu a' peu en vue de l’e¤ preuve. L’un apre' s l’autre ils revenaient dans la salle, nous souhaitant le bonjour et nous demandant comment nous avions dormi pendant la nuit. A la vue de nos cordes, beaucoup riaient de ce que nous eussions capitule¤ si la“chement et non pas pre¤ fe¤ re¤ tenter notre chance, a' tout hasard, comme eux ; cependant quelques-uns, dont le coeur battait la chamade, se gardaient d’en parler tout haut. Nous nous excusa“ mes de notre sottise, espe¤ rant e“ tre biento“t de¤ livre¤ s et justifie¤ s en de¤pit de leurs railleries ; d’ailleurs ils n’e¤ taient pas encore hors d’affaire, et le plus grand des dangers les guettait peut-e“ tre. Quand tous furent rassemble¤ s, trompettes et timbales retentirent une nouvelle fois, comme la veille, et nous ne pu“mes nous empe“cher de penser que le Fiance¤ ^ la plupart d’entre nous ne l’avaient pas encore aperc u ^ allait maintenant se pre¤ senter. Nous nous trompions grandement, c’e¤ tait a' nouveau la Jeune Fille de la veille, tout habille¤ e de velours rouge et ceinture¤ e de blanc. Sur la te“ te, elle portait une verte couronne de laurier, qui lui allait a' merveille. Cependant ce n’e¤ taient plus les petites lumie' res qui l’escortaient, mais environ deux cents hommes arme¤ s, habille¤s comme elle de rouge et de blanc. A peine leve¤ e de son tro“ne, elle vint droit vers nous, les prisonniers, nous salua et nous adressa brie' vement ces paroles : ßQue 41

quelques-uns parmi vous soient conscients de la mise' re de leur e¤ tat, mon exigeant Seigneur s’en re¤ jouit fort et il en tiendra compte en leur faveur. M’apercevant dans mon habit, elle rit et dit. ßTiens, te voici donc, toi aussi, sous le joug ! Et moi qui pensais que tu t ’e¤ tais e¤ quipe¤ avec tant de soin ? Ces paroles m’arrache' rent les larmes des yeux. Puis elle ordonna de nous de¤ tacher et de nous regrouper dans un endroit d’ou' nous verrions bien la balance. Ensuite, elle dit : ßIl se pourrait que cela fin|“ t mieux pour vous que pour tel ou tel audacieux qui se trouve ici encore sans liens. Pendant ce temps, une balance en or e¤ tait suspendue au milieu de la salle, a' co“te¤ de laquelle on dressa une petite table recouverte de velours rouge, ou' sept poids furent place¤ s. D’abord un poids assez gros, puis quatre plus petits, a' part ; enfin encore deux gros, e¤ galement a' part. Proportionnellement a' leur volume, ces poids e¤ taient d’une lourdeur telle que personne n’eut pu le croire ni le comprendre. Tous les hommes arme¤ s portaient, outre une e¤ pe¤ e nue, une corde solide. Ils furent range¤ s en sept groupes, conforme¤ ment au nombre des poids, et la Jeune Fille en de¤signa un pour chaque poids. Alors elle monta de nouveau sur son tro“ne e¤ leve¤ , fit une re¤ ve¤ rence et parla aussito“t d’une voix puissante : Qui entre dans l’atelier d ’un peintre et, sans rien comprendre a' la peinture, en parle avec emphase et importance, est l’objet de maintes railleries. Qui s ’introduit dans l’Ordre des artistes, sans pour autant y e“ tre e¤ lu, et joue l’artiste plein d ’importance, me¤ rite les railleries qui l’attendent. Qui se pre¤ sente ici aux noces sans jamais avoir e¤ te¤ invite¤ , 42

et entre plein de vaine importance est rec u par des railleries. Qui monte alors sur la balance, et, souleve¤ par les poids, vole en l’air avec violence, sait que chacun rit de lui. Ces paroles a peine dites, elle ordonna aux pages de mettre tout le monde en rang et de faire monter chacun a' tour de ro“le sur la balance. Aussito“t un des empereurs, dans son habit d’apparat, apre' s une re¤ ve¤ rence a' la Jeune Fille, grimpa sur un plateau. Alors chaque chef de groupe posa son poids sur l’autre plateau, ce a' quoi l’empereur re¤ sista, a' l’e¤ tonnement ge¤ ne¤ ral. Mais le dernier poids fut trop lourd et il s’e¤ leva haut en l’air, a' sa grande tristesse. Il me sembla que cela provoqua la pitie¤ de la Jeune Fille, qui fit signe aux siens de se taire ; le bon empereur fut attache¤, on le confia au sixie'me groupe. Apre' s lui un autre empereur prit fie'rement place sur la balance, non sans avoir dissimule¤ sous son habit un gros livre e¤ pais, pensant ainsi ne pas devoir e¤ chouer. Il re¤ sistait de justesse au troisie' me poids quand il fut impitoyablement entra|“ ne¤ vers le haut ; dans sa frayeur, le livre lui e¤ chappa, tous les soldats se mirent a' rire et il fut livre¤ , attache¤ , au troisie' me groupe. Il en alla encore de me“ me pour d’autres empereurs, qui furent tous honteusement raille¤s et ficele¤ s. Ensuite parut un petit homme a' la barbe brune et frise¤ e, e¤ galement empereur, qui, apre' s la re¤ ve¤ rence habituelle, monta lui aussi sur le plateau. Il re¤ sista si fermement qu’a' mon avis me“ me si les poids avaient e¤ te¤ plus nombreux il n’aurait pas bouge¤. La Jeune Fille se leva aussito“t, s’ inclina devant lui, lui fit reve“ tir un habit de velours rouge, lui tendit une branche de laurier, dont elle avait a' profusion sur son sie'ge, et l’ invita a' s’asseoir sur les marches de son tro“ne. Il serait trop long de raconter ici tout ce qui arriva aux autres 43

empereurs, rois et seigneurs ; mais je ne peux passer sous silence que, contre mon attente, peu nombreux furent les nobles personnages qui triomphe' rent de l’e¤ preuve, tout pare¤ s qu’ ils fussent de maintes vertus. L’un re¤ sistait a' ce poids-ci, l’autre a' ce poids-la' ; quelques-uns a' deux, et d’autres encore a' trois, quatre ou me“ me cinq poids ; cependant, rares furent ceux qui arrive' rent a' bout de l’e¤ preuve. Tous ceux qui e¤ chouaient e¤ taient durement raille¤s par les groupes. Apre' s que les nobles, les savants et d’autres eurent passe¤ l’e¤ preuve, on ne trouva dans leur groupe qu’une ou deux personnes, le plus souvent aucune qui re¤ sista“t a' tous les poids. Finalement, ce fut le tour des pieux messieurs, mystificateurs du peuple, et des faiseurs de lapis spitalauficus.* On les plac a sur la balance avec tant de moqueries que moi-me“ me, malgre¤ ma tristesse, je ris a' m’en faire e¤ clater le ventre, et que me“ me les prisonniers ne pouvaient s’empe“ cher de s’esclaffer. La plupart n’eurent pas besoin d’attendre le jugement du tribunal : ils furent chasse¤ s de la balance a' coups de fouet et de cravache, et mene¤ s vers les autres prisonniers, chacun dans son groupe. De la foule, il resta si peu de gens que j’ose a' peine en dire le nombre ; parmi eux se trouvaient pourtant de hauts personnages ; tous furent honore¤ s d’un habit de velours et d’une branche de laurier. L’e¤ preuve termine¤ e, il ne restait, dans un coin, que nous qui avions les mains attache¤ es ; alors l’un des capitaines s’avanc a et dit : ßNoble Dame, s’ il pla|“ t a' votre Gra“ ce, ne pourrait-on peser ces gens qui reconnaissent leur sottise, par simple divertissement et sans danger pour eux, pour voir si, par hasard, il n’y aurait pas quelqu’un de bon parmi eux ! Pour commencer, cela m’ inquie¤ta fort car, dans mon e¤ preuve, je me consolais a' l’ ide¤e de n’avoir pas a' subir de honte ni a' e“ tre chasse¤ du plateau a' coups de fouet. Je ne doutais pas, en effet, que * Appellation ironique pour un pseudo-reme' de universel imitant le ßlapis philosophicus, la pierre des sages.

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beaucoup de prisonniers regrettaient de n’e“ tre pas pluto“t reste¤ s dix nuits avec nous dans la salle. Mais comme la Jeune Fille donnait son assentiment, la chose devait se faire ; nous fu“mes de¤livre¤ s de nos liens et place¤ s un a' un sur le plateau. Beaucoup e¤ choue' rent, mais ni raille¤s ni battus, ils furent tranquillement conduits a' l’e¤ cart. Mon compagnon e¤ tait le cinquie'me, il tint bon, alors nous l’acclama“ mes, en particulier le capitaine qui avait interce¤ de¤ pour nous, et la Jeune Fille lui accorda les honneurs habituels. Ensuite deux furent jete¤s en l’air a' nouveau. Quant a' moi, j’e¤ tais le huitie'me. De' s que, tout tremblant, j’eus grimpe¤ sur le plateau, mon compagnon de¤ ja' assis la'-bas dans son habit de velours me regarda d’un air bienveillant et la Jeune Fille elle-me“ me esquissa un sourire. Je re¤ sistai a' tous les poids, alors la Jeune Fille ordonna de me soulever par la force, et trois hommes se suspendirent a' l’autre plateau, sans re¤ sultat. Sur quoi l’un des pages se leva d’un bond et cria le plus fort qu’ il put : ßC ’est lui ? Et l’autre reprit : ßRendons-lui la liberte¤, ce que la Jeune Fille accepta. Apre' s m’avoir admis avec les ce¤ re¤ monies voulues, on m’accorda de libe¤ rer l’un des prisonniers de mon choix. Je n’eus pas besoin de re¤ fle¤chir longtemps, je choisis le premier empereur, dont j’avais eu pitie¤ depuis le de¤ but. Il fut aussito“t mis en liberte¤ et se joignit a' nous avec tous les honneurs. Lorsque le dernier fut pese¤ et trouve¤ aussi trop le¤ ger, la Jeune Fille aperc ut les roses que j’avais o“te¤es de mon chapeau et tenais a' la main ; elle me fit gracieusement demander par son page de les lui offrir, ce que j’acceptai volontiers. Ainsi le premier acte se termina a' dix heures du matin et les trompettes, que nous ne voyions toujours pas, retentirent une nouvelle fois. Pendant ce temps, les soldats durent se retirer avec les prisonniers, dans l’attente de la sentence. Un jury fut forme¤ , comprenant les sept capitaines et nous-me“ mes, avec la Jeune Fille comme pre¤ sidente, et nous conv|“ nmes que chacun dirait son avis concernant le sort des prisonniers. La premie' re ide¤e fut de les mettre tous a' 45

mort plus ou moins cruellement, dans la mesure ou' ils avaient contrevenu aux exigences pose¤ es. D’autres voulaient les garder prisonniers. Mais ces deux propositions ne plurent ni a' la pre¤ sidente ni a' moi. Finalement l’affaire fut re¤ solue par l’empereur que j’avais libe¤re¤ , par un autre prince, par mon compagnon et par moi-me“ me de la manie' re suivante : en premier lieu, les seigneurs les plus e¤ minents seraient conduits hors du cha“ teau discre' tement ; on pourrait mettre les autres dehors avec plus de moqueries, les de¤ shabiller et les laisser courir tout nus ; les derniers seraient fouette¤ s, ou chasse¤ s par des chiens. On laisserait partir sans nulle sanction ceux qui, la veille, avaient capitule¤ de leur propre chef ; toutefois les impudents et ceux qui, au cours du repas de la veille, s’e¤ taient conduits de fac on inde¤ cente, seraient punis dans leur corps et dans leur a“ me, selon leur comportement. Cette proposition plut a' la Jeune Fille et obtint la majorite¤ . En outre, on servirait encore un repas a' tous, ce dont on les informa aussito“t. L’annonce de la sentence fut reporte¤ e a' midi. Ainsi prit fin le conseil. Alors la Jeune Fille se retira avec sa suite a' l’endroit habituel ; dans la salle, on nous indiqua la table supe¤ rieure, en nous priant de nous en contenter jusqu’a' la fin de toute l’affaire. Ensuite nous serions conduits vers le Fiance¤ et la Fiance¤ e et, dans cet espoir, nous attend|“ mes tranquillement ce moment. Entre-temps, les prisonniers e¤ taient ramene¤ s dans la salle et place¤ s chacun selon son rang. On leur ordonna de se conduire plus convenablement que la veille, conseil superflu, le courage les avait depuis longtemps abandonne¤ s. Par souci de ve¤ rite¤ et sans flatter quiconque, je dois te¤ moigner qu’en ge¤ ne¤ ral ce furent les grands personnages qui surent le mieux s’accommoder de cette situation inhabituelle. Leur comportement, il est vrai, e¤ tait maladroit mais since' re. Ils ne voyaient toujours pas les serviteurs, alors qu’ ils nous e¤ taient maintenant visibles, ce dont je me re¤ jouissais fort. Si e¤ leve¤ s que nous fussions par la fortune, nous ne nous en flattions pas devant les autres, mais 46

nous nous adressions a' eux et les encouragions : les choses ne tourneraient pas si mal a' leur e¤ gard ? Ils eussent volontiers pris connaissance de la sentence, mais on nous avait si formellement interdit d’en parler que nul ne laissa e¤ chapper un mot. Nous les consola“ mes donc de notre mieux, buvant avec eux afin que le vin les e¤ gaya“ t un peu. Notre table e¤ tait recouverte de velours rouge et garnie de gobelets d’argent et d’or pur, ce que les autres observaient avec surprise et douleur. Avant de prendre place, les deux pages entre' rent et remirent a' chacun de nous, au nom du Fiance¤ , la Toison d’or surmonte¤ e du Lion aile¤ , en nous demandant de les porter a' table et d’ honorer ainsi le nom et la dignite¤ de l’Ordre (ou' Sa Majeste¤ nous recevait aujourd’ hui et dans lequel Elle nous confirmerait biento“t avec la solennite¤ requise). Nous accepta“ mes cette distinction avec la plus grande humilite¤ , promettant de faire, avec obe¤ issance, tout ce qui plairait a' Sa Majeste¤ . Le page avait aussi une liste sur laquelle nous e¤ tions inscrits dans un ordre pre¤ cis ; et si je tais ici mon rang, c’est de crainte de me rendre peut-e“ tre coupable d’orgueil, ce qui signifierait commettre une faute contre le quatrie'me poids. Notre repas e¤ tant tre' s copieux, nous demanda“ mes a' l’un des pages s’ il n’e¤ tait pas permis d’en donner une petite portion a' nos amis et connaissances parmi les condamne¤ s. Il nous l’accorda sans objection et chacun de nous les fit servir abondamment par ses serviteurs. Ils ne pouvaient pas voir ces derniers, ils ne savaient donc d’ou' cela leur venait et je voulus apporter moi-me“ me quelque chose a' l’un d’eux. A peine m’e¤ tais-je leve¤ qu’un serviteur vint derrie're moi me dire qu’ il souhaitait amicalement me mettre en garde, car si un page me voyait, il le rapporterait au Roi, ce qui me cou“terait certainement tre' s cher. Mais comme il e¤ tait le seul a' l’avoir vu, il ne me trahirait pas si, par la suite, je respectais mieux la dignite¤ de l’Ordre. Par ces mots, il me remit si bien a' ma place que pendant un bon moment, je n’osai plus bouger sur ma chaise. Je le remerciai ne¤ anmoins du mieux que je pus de ce loyal avertisse47

ment, pour autant que j’y songeai dans ma ha“ te et ma frayeur. Peu apre' s retentit de nouveau la sonnerie de trompettes. Nous savions de¤ ja' par expe¤ rience qu’elle annonc ait la Jeune Fille et nous nous pre¤ para“ mes a' l’accueillir. Elle rentra, avec sa suite habituelle, assise sur son tro“ne e¤ leve¤ ; les deux pages la pre¤ ce¤ daient portant, l’un une coupe d’or, et l’autre un document sur parchemin. S’e¤ tant leve¤ e avec gra“ ce, elle prit la coupe des mains du page et nous la tendit en disant qu’elle nous e¤ tait envoye¤ e au nom et sur l’ordre de Sa Majeste¤ , avec prie're de la faire circuler en son honneur. Son couvercle portait une Fortune en or, moule¤ e avec art, tenant dans la main une banderole rouge flottante ; a' cette vue, je bus avec moins de bonne humeur, car je connaissais suffisamment la cruaute¤ de Dame Fortune. La Jeune Fille e¤ tait de¤ core¤ e comme nous de laToison d’or et du Lion, d’ou' je conclus qu’elle e¤ tait sans doute la pre¤ sidente de l’Ordre. Nous lui demanda“ mes le nom de cet Ordre, mais elle re¤ pondit que le moment de le re¤ ve¤ ler ne viendrait qu’une fois l’affaire des prisonniers re¤ gle¤ e. Si leurs yeux restaient ferme¤ s, c’est qu’en effet ce qui nous arrivait ici ne pouvait que les irriter et les offusquer, quoique ce ne fu“t rien en comparaison de l’ honneur qui nous attendait. Puis elle rec ut des mains de l’autre page l’acte divise¤ en deux parties. Au premier groupe, on lut a' peu pre' s les choses suivantes : Ils devaient reconna|“ tre avoir cru trop a' la le¤ge' re en des livres mensongers et avoir eu trop bonne opinion d’eux-me“ mes, c’est pourquoi ils e¤ taient venus au cha“teau sans jamais avoir e¤ te¤ invite¤ s. Peut-e“ tre la plupart e¤ taient-ils entre¤ s dans l’ intention de faire un bon coup, afin de vivre ensuite dans une gloire et un luxe plus grands. De la sorte, les uns avaient entra|“ ne¤ les autres, leur faisant subir ainsi tant de honte et de moqueries qu’ ils me¤ ritaient d’e“ tre gravement punis. Ils le reconnurent alors, humblement, en tendant la main, apre' s quoi l’on s’adressa avec se¤ ve¤ rite¤ a' l’autre groupe a' peu pre' s en ces termes : C ’est en toute connaissance de cause et conviction inte¤ rieure 48

qu’ ils avaient fait des livres mensongers, pleins de pures inventions, trompe¤ et dupe¤ autrui en sorte qu’ ils avaient attente¤ , chez beaucoup, a' la dignite¤ royale. Ils savaient pertinemment quelles images sacrile' ges et se¤ ductrices ils avaient forge¤ es, n’ayant me“ me pas e¤ pargne¤ la Trinite¤ divine, utilise¤ e par eux pour berner tout le monde. On voyait maintenant clairement par quelles pratiques ils avaient tente¤ de fourvoyer des ho“tes since' res et d’e¤ garer les ignorants.Tout le monde savait aujourd’ hui qu’ ils s’e¤ taient rendus ouvertement coupables d’ impudicite¤, de prostitution, de de¤ bauche et d’autres impurete¤ s, toutes choses contraires a' l’ordre public de notre Royaume. Bref, ils savaient tre' s bien avoir porte¤ atteinte a' Sa Majeste¤ Royale jusque dans le menu peuple ; c’est pourquoi ils devaient reconna|“ tre comme ave¤ re¤ qu’ ils e¤ taient des tra|“ tres, des mise¤ rables et des sce¤le¤ rats, me¤ ritant d’e“ tre punis et se¤ pare¤ s des hommes convenables. Les fourbes se refusaient a' cet aveu, mais comme la Jeune Fille les menac ait de mort par serment, et qu’en outre l’autre groupe s’emportait violemment contre eux, les accusant a' l’unanimite¤ de les avoir malignement e¤ carte¤ s de la Lumie're, pour e¤ viter le pire, et contraints par les circonstances, ils finirent par reconna|“ tre leurs fautes. Ils ajoute'rent que ce qui s’e¤ tait passe¤ ne devait pas leur e“ tre trop lourdement compte¤ , leurs victimes e¤ tant des seigneurs de¤ sireux d’entrer dans le cha“ teau a' tout prix et qui, a' cette fin, leur avaient promis de fortes sommes d’argent. Tous les coupables avaient donc rivalise¤ de ruse pour obtenir leur part. Voila' ce qui s’e¤ tait passe¤ , mais comme ils avaient e¤ choue¤ , ils estimaient n’avoir pas fait plus de mal que les seigneurs. Si ces derniers n’avaient pas cru que l’un d’entre eux, au moins, re¤ ussirait a' entrer, ils n’auraient pas escalade¤ avec eux les murs a' leurs risques et pe¤ rils pour si peu. A propos des livres, on les leur avait achete¤ s avec tant d’empressement que ceux qui ne pouvaient subsister autrement e¤ taient bien force¤ s de commencer par ce genre de tromperie. Ils espe¤ raient donc que, en toute e¤ quite¤ , on ne le leur imputerait pas a' mal, qu’ ils avaient, comme il sied a' des serviteurs, servi les seigneurs a' leur 49

demande expresse. Ils tentaient de se disculper par des discours de ce genre. On leur re¤ pondit, ne¤ anmoins, que Sa Majeste¤ Royale avait de¤ cide¤ de les punir tous, les uns plus durement que les autres. Ce qu’ ils invoquaient pour leur de¤ fense e¤ tait vrai en partie (et de ce fait les seigneurs n’e¤ chapperaient pas a' la punition), mais ceux qui s’e¤ taient pre¤ sente¤ s avec tant d’ impudence et avaient sans doute se¤ duit des ignorants contre leur volonte¤ devaient se pre¤ parer a' la mort ; le me“ me sort attendait ceux qui, par la lecture de livres trompeurs, avaient offense¤ Sa Majeste¤ Royale, ce qui ressortait clairement de leurs propres e¤ crits et ouvrages. Sur ce, beaucoup commence' rent a' se lamenter pitoyablement. Ils se jete' rent a' genoux, pleurant, ge¤ missant, suppliant mais en vain. J ’e¤ tais fort surpris que la Jeune Fille pu“t rester si impassible devant eux ; en effet (quoique la plupart nous eussent cause¤ maintes douleurs et souffrances) leur mise' re e¤ veillait notre pitie¤ a' tous et nous e¤ mouvait jusqu’aux larmes. Elle renvoya rapidement son page. Celui-ci revint avec tous les cuirassiers qui se tenaient ce jour-la' autour de la balance. On ordonna a' chacun de rassembler les siens et de les conduire en bon ordre dans le grand jardin de la Jeune Fille ; cela en sorte qu’un cuirassier marcha“ t toujours a' co“te¤ d’un prisonnier. Je fus e¤ tonne¤ que chacun reconnu“t le sien si facilement. On permit cependant a' mes compagnons de la veille d’entrer sans cha|“ nes dans le jardin, pour assister a' l’exe¤ cution de la sentence. De' s que tous furent sortis, la Jeune Fille se leva et nous pria de nous asseoir sur les marches de son tro“ne afin d’y e“ tre aussi pre¤ sents. Nous ne refusa“mes point, laissa“ mes tout sur la table ^ excepte¤ la Coupe que la Jeune Fille avait confie¤e a' la garde du page ^ et, pare¤ s de nos somptueux ve“ tements, nous fu“mes emmene¤ s sur le tro“ne, qui avanc ait de lui-me“ me aussi doucement que s’ il glissait dans l’air ; parvenus ainsi dans le jardin, nous nous leva“ mes tous. Ce jardin n’e¤ tait pas particulie'rement beau, mais il me plut que la disposition des arbres y fu“t si raffine¤ e ; il y avait aussi une magni50

fique fontaine, orne¤ e de sce' nes merveilleuses, d’ inscriptions et signes e¤ tranges ^ dont je m’occuperai, si Dieu le veut, dans un prochain livre. Dans ce jardin, e¤ tait e¤ rige¤ e une estrade de bois recouverte de belles toiles, peintes avec art. Quatre galeries se superposaient. La premie' re, plus belle que les autres, e¤ tait tendue d’un rideau de moire blanche, en sorte que nous ne pouvions voir qui s’y cachait. La deuxie'me e¤ tait vide et de¤ couverte. Les deux dernie'res e¤ taient a' leur tour tendues de moire rouge et bleue. Comme nous approchions de l’estrade, la Jeune Fille s’ inclina jusqu’a' terre en arrivant, ce qui nous effraya beaucoup. En effet, il e¤ tait facile de supposer que le Roi et la Reine n’e¤ taient pas loin. Apre' s nous e“ tre respectueusement incline¤ s, a' notre tour, comme il sied, la Jeune Fille nous conduisit par un escalier en spirale jusqu’a' la deuxie' me galerie, ou' elle s’assit sur le sie'ge supe¤ rieur et ou' nous pr|“ mes place dans l’ordre pre¤ ce¤ dent. Je ne peux rapporter ici sans me¤ dire la fac on dont l’empereur que j’avais de¤ livre¤ se comporta avec moi comme il l’avait fait a' table auparavant ; il aurait du“ e“ tre bien conscient du triste e¤ tat et de l’accablement qui auraient e¤ te¤ siens, s’ il avait e¤ te¤ oblige¤ d’attendre la sentence au milieu de moqueries pareilles, alors que, maintenant, gra“ ce a' mon intervention, il e¤ tait e¤ leve¤ a' un rang et une dignite¤ si conside¤rables. Sur ces entrefaites, la jeune personne ^ qui m’avait apporte¤ l’ invitation au commencement et que je n’avais pas encore revue ^ s’avanc a ; elle lanc a un coup de trompette, puis prononc a la sentence d’une voix forte : ßSa Majeste¤ Royale, mon noble Seigneur, aurait voulu de tout coeur que l’ensemble de ceux qui sont rassemble¤s ici, sur l’ invitation de Sa Majeste¤, eussent paru avec des qualite¤ s telles qu’en plus grand nombre, pour l’ honorer, elles eussent rehausse¤ l’e¤ clat de la bienheureuse fe“ te des noces. Comme il en a plu autrement au Dieu tout puissant, Sa Majeste¤ ne doit pas se plaindre, mais s’en tenir contre son gre¤ aux anciennes et bonnes coutumes de ce Royaume. Cependant, pour que soit loue¤ e partout la cle¤ mence naturelle de Sa Majeste¤ , Elle a de¤cide¤, avec tous ses nobles et conseillers, d’adoucir 51

conside¤rablement la sentence habituelle. C ’est pourquoi, en premier lieu, a' vous, Seigneurs et Monarques, Elle laisse non seulement la vie mais la liberte¤ , en raison de quoi Elle vous prie amicalement de ne pas lui en vouloir s’ il ne vous est pas possible d’assister a' la fe“ te donne¤ e en Son honneur et de penser pluto“t que, a' part cela, le Dieu tout puissant vous a de¤ ja' impose¤ plus que vous ne pouviez supporter avec calme et biense¤ ance, et qu’ Il distribue ses dons d’une manie' re incompre¤ hensible pour nous. Ainsi votre re¤ putation ne souffrira point de ce que notre Ordre vous rejette, car nous ne sommes pas tous aptes a' tout. Cependant, comme vous avez e¤ te¤ se¤ duits par de me¤ chants coquins, ceux-ci ne resteront pas impunis. De plus, Sa Majeste¤ a de¤ cide¤ de vous fournir, a' bref de¤ lai, un catalogus haereticorum ou index expurgatorius*, pour que de¤ sormais vous distinguiez avec plus de discernement le bien du mal. Comme Sa Majeste¤ a e¤ galement l’ intention de passer en revue sa bibliothe' que, afin de sacrifier a' Vulcain des ouvrages trompeurs, Elle vous demande de l’aider et d’en faire autant avec la vo“tre de sorte, espe' re-t-elle, que le mal et la me¤ chancete¤ prennent fin a' l’avenir. De plus, que ceci vous dissuade de vouloir jamais revenir ici de manie' re aussi irre¤ fle¤ chie, afin que vous n’ayez plus a' donner, comme aujourd’ hui, l’excuse d’avoir e¤ te¤ se¤ duits et que vous ne soyez pas en butte a' la haine et au me¤ pris du plus grand nombre. Enfin, comme le pays exige de vous un tribut, Sa Majeste¤ espe' re que personne ne fera de difficulte¤ s pour de¤ poser une cha|“ ne ou ce qu’ il aura sous la main, qu’ainsi nous nous se¤ parerons en amis et que, conduits par nous, vous retournerez chez les vo“tres. Ceux qui n’ont pas re¤ siste¤ au premier, troisie' me et quatrie' me poids, Sa Majeste¤ ne veut pas les laisser partir aussi facilement ; mais pour qu’ ils e¤ prouvent aussi sa cle¤mence, Elle ordonne de les de¤ ve“ tir entie' rement et de les renvoyer d’ ici, nus. Ceux qui ont e¤ te¤ trouve¤ s trop le¤gers pour le deuxie'me et cinquie'me poids, seront, outre leur mise a' nus, marque¤ s au fer, une * Catalogue des oeuvres he¤ re¤ tiques ou des e¤ crits condamne¤ s.

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fois, deux fois et plus, suivant leur plus ou moins grande le¤ ge' rete¤ . Ceux que soule'vent seulement le sixie'me et septie' me poids seront traite¤ s avec plus de mise¤ ricorde. Cela continua ainsi ; pour chaque combinaison de poids, une sentence fu“t prononce¤e, mais il serait trop long de tout rapporter ici. ßCeux qui renonce' rent, hier, de leur propre chef, peuvent partir librement, sans nulle sanction. Pour finir, les malins, mystificateurs du peuple, qui n’ont re¤ siste¤ a' aucun des poids, seront cha“ tie¤s corporellement ou punis de mort, selon le cas, par l’e¤ pe¤ e, par la corde, par l’eau ou par les verges. Ces sentences seront exe¤ cute¤ es sans merci, pour l’exemple. A cet instant, notre Jeune Fille brisa son ba“ ton*. L’autre jeune personne, a' peine la lecture termine¤ e, souffla dans la trompette et s’avanc a avec grande de¤ fe¤ rence vers ceux qui e¤ taient derrie're les tentures. Je ne puis m’empe“ cher de de¤voiler au lecteur quelque chose sur le nombre des prisonniers : sept avaient re¤ siste¤ a' un poids ; 21 e¤ quilibraient deux poids ; 35, trois poids ; 35, quatre poids ; 21, cinq poids et sept avaient re¤ siste¤ a' six poids. Parmi ceux qui e¤ taient arrive¤ s au septie' me poids mais n’y avaient pas re¤ siste¤ , se trouvait celui que j’avais libe¤ re¤ . Par ailleurs, nombreux e¤ taient ceux qui avaient totalement e¤ choue¤ , car pour beaucoup, tous les poids e¤ taient descendus. J ’avais tout note¤ et de¤ compte¤ avec soin dans mon carnet, quand ils se tenaient devant nous comme indique¤ . Il est tre' s e¤ tonnant que, parmi tous ceux qui avaient un certain poids, pas un ne fu“t identique a' l’autre. Car si trente-cinq avaient re¤ siste¤ a' trois poids, l’un e¤ quilibrait les poids un, deux, trois, un autre les poids trois, quatre * Ainsi ratifie-t-elle la sentence. Jadis, apre' s la sentence, le juge avait coutume de briser son ba“ ton, insigne de sa dignite¤ , au-dessus de la te“ te des condamne¤ s. De la sorte il faisait savoir symboliquement que, de me“ me que son ba“ton e¤ tait irre¤ me¤ diablement brise¤ , la sentence signifiait la se¤ paration irre¤ me¤ diable entre les condamne¤ s et les ßhommes honne“tes, selon l’expression employe¤ e dans Les Noces Alchimiques.

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et cinq, un troisie'me les poids cinq, six et sept, et ainsi de suite, de sorte que, aussi curieux que cela fu“t, sur les cent vingt-six trouve¤ s trop le¤ gers, aucun n’e¤ tait pareil a' l’autre. Je pourrais d’ailleurs dire le poids de chacun si le temps le permettait. J ’espe' re cependant que cela appara|“ tra clairement plus tard, ainsi que l’explication. La lecture termine¤ e, les Seigneurs se re¤ jouirent beaucoup, ils n’avaient pas ose¤ espe¤ rer sentence aussi cle¤ mente apre' s pareille se¤ ve¤ rite¤ . Aussi donne' rent-ils plus qu’ il n’e¤ tait exige¤ , se de¤ firent-ils de leurs cha|“ nes, bijoux, or, argent, et d’autres choses, pour autant qu’ ils en avaient sur eux, et prirent respectueusement conge¤ . Quoiqu’on eu“t interdit aux serviteurs royaux de se moquer de quiconque au de¤ part, quelques railleurs ne purent se retenir de rire. C ’e¤ tait aussi assez risible de les voir de¤camper le plus vite possible, sans un regard en arrie're. Quelques-uns demande' rent qu’on leur fit parvenir le catalogue promis, certifiant que, pour leurs livres, ils agiraient comme il plaisait a' Sa Majeste¤ . On leur en donna de nouveau l’assurance. Au portail, on leur fit boire une oblivionis haustus * afin que personne ne se rappela“t son infortune. Alors s’en alle'rent ceux qui s’e¤ taient de¤ libe¤ re¤ ment tenus a' l’e¤ cart. A cause de leur discernement, on les laissa passer, mais ils ne devaient plus jamais revenir de cette manie' re. De' s que quelque chose leur serait re¤ ve¤ le¤ , ne¤ anmoins, et cela valait aussi pour les autres, ce serait bien volontiers qu’on les accueillerait comme invite¤ s. Pendant ce temps, on avait de¤ ve“ tu certains et la', on remarquait encore une ine¤ galite¤ suivant ce que me¤ ritait chacun. Quelques-uns e¤ taient renvoye¤ s nus, mais sans e“ tre mis a' mal ; d’autres chasse¤s avec des clochettes et des grelots, d’autres encore pousse¤ s dehors a' coups de verges. Bref, il y avait une telle diversite¤ de cha“ timents que je ne peux les citer tous ici. Enfin arriva le tour des derniers. Cela prit plus de temps car avant de pendre les uns, de de¤capiter les autres, d’en jeter a' l’eau et de mettre plusieurs a' mort autrement, il se passa un long moment. Pendant l’exe¤ cution, les larmes me coulaient * Une gorge¤ e d’oubli.

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vraiment des yeux, non a' cause de la punition, me¤ rite¤ e par leur impudence, mais a' la pense¤ e de notre aveuglement, qui fait que nous ambitionnons toujours ce qui est scelle¤ pour nous depuis la premie're chute. Ainsi le jardin, si rempli un moment auparavant, fut biento“t vide et il ne s’y trouva plus personne que les soldats. De' s que tout fut fini et qu’eut re¤ gne¤ le silence pendant cinq minutes, apparut une Licorne d’une grande beaute¤ , blanche comme neige, portant un collier d’or, ou' e¤ taient grave¤ es quelques lettres. Elle s’avanc a vers la fontaine et s’agenouilla sur ses pattes de devant, comme pour rendre hommage au Lion, qui se tenait si immobile au-dessus de la source que je l’avais pris pour une statue de pierre ou de bronze. Celui-ci e¤ treignit aussito“t l’e¤ pe¤e nue qu’ il retenait dans ses griffes et la brisa par le milieu, en sorte que les morceaux, me sembla-t-il, tombe' rent dans la fontaine. Puis il rugit jusqu’au moment ou' une Colombe blanche vint lui porter une branche d’olivier qu’elle tenait dans son bec ; le Lion l’avala aussito“t, apre' s quoi il se calma. La Licorne retourna a' sa place pleine de joie. Ensuite la Jeune Fille nous fit redescendre de l’estrade par l’escalier en spirale et nous nous inclina“mes encore une fois devant le rideau. Nous du“mes nous laver le visage et les mains a' la fontaine puis, dans le me“ me ordre, attendre un instant que le Roi retourna“t dans la salle par un passage de¤ robe¤ ; ensuite nous fu“mes reconduits, nous aussi, hors du jardin, dans le lieu ou' nous se¤ journions pre¤ ce¤ demment, au son d’une musique merveilleuse, avec pompe et magnificence, tout en devisant agre¤ ablement. Ceci se passait vers quatre heures de l’apre' s-midi Pour que le temps ne nous dura“ t pas trop, la Jeune Fille nous attribua un page a' chacun ; ils e¤ taient non seulement somptueusement ve“ tus mais remarquablement instruits, a' tel point qu’ ils discouraient d’une infinite¤ de sujets si savamment que nous avions toutes raisons d’e“ tre confus. On leur ordonna de nous mener visiter le cha“ teau, mais certains endroits de¤termine¤ s seulement, et de nous faire autant que possible passer le temps selon nos de¤ sirs. Au 55

me“ me moment, la Jeune Fille prenait conge¤ , disant pour nous consoler qu’elle re¤ appara|“ trait au repas du soir, afin de ce¤ le¤brer ensuite la ce¤ re¤ monie du suspensionis ponderum.* Elle nous pria d’attendre patiemment le lendemain, ou' nous serions alors pre¤ sente¤ s au Roi. Quand elle fut partie, nous f|“ mes chacun ce qui nous plut. Les uns regarde'rent les beaux tableaux, qu’ ils copie' rent en s’ interrogeant sur leurs caracte' res e¤ tranges. D’autres se re¤ conforte' rent en mangeant et en buvant. Quant a' moi, je me fis guider par mon page a' travers le cha“teau avec mon compagnon, visite que je ne regretterai jamais de ma vie. Outre beaucoup d’antiquite¤ s splendides, on me montra la chambre fune¤ raire du Roi, ou' j’appris plus que dans tous les livres du monde. Il y avait la' un Phe¤ nix magnifique, sur lequel j’ai fait para|“ tre un livre spe¤ cial il y a deux ans. J ’ai l’ intention de faire para|“ tre aussi des traite¤ s particuliers sur le Lion, l’Aigle, le Griffon, le Faucon et autres, quand ils pourront e“ tre utiles a' certains, et j’y joindrai croquis et descriptions. Je regrettai que mes autres compagnons eussent ne¤ glige¤ de contempler ces tre¤ sors pre¤ cieux ; mais je pensai, en me“ me temps, que c’e¤ tait la volonte¤ particulie're de Dieu qui en avait de¤ cide¤ ainsi. En fait, gra“ ce a' mon page, j’avais eu la joie la plus grande pour moi ; en effet, chacun, suivant ses dispositions, avait e¤ te¤ conduit par son page aux lieux qui lui plaisaient. Il arriva que c’est au mien que furent confie¤es les clefs qui me firent be¤ ne¤ ficier, avant tous, des heureuses circonstances que voila' . Car si mon page en invita d’autres a' visiter les tombes, ils crurent qu’elles se trouvaient uniquement dans le cimetie're et que, s’ il y avait quelque chose a' y voir, ils iraient bien une autre fois. Je ne priverai pas mes e¤ le' ves reconnaissants de regarder les monuments que nous avons tous deux reproduits et dont nous avons recopie¤ les inscriptions. On nous montra, a' tous deux, la bibliothe' que de grand prix, telle qu’elle e¤ tait avant la Re¤ forme. Je de¤ sire n’en parler que tre' s * Suspension des poids

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peu, bien que mon coeur se re¤ jouisse chaque fois que j’y pense, car son catalogue para|“ tra biento“t. A l’entre¤ e de cette pie' ce, se trouvait un Grand Livre, comme je n’en avais encore jamais vu, comportant toutes les figures et les salles, tous les portails, toutes les incriptions et e¤ nigmes, etc., a' voir dans le cha“teau entier. Bien que quelque chose me fu“t promis a' ce sujet, je veux le garder provisoirement pour moi, parce que je dois d’abord apprendre a' mieux conna|“ tre le monde. Dans chaque livre e¤ tait peint le portrait de son auteur. A ce que je compris, beaucoup devaient e“ tre bru“le¤ s, afin que le moindre souvenir de ces dignes personnages disparu“t. Apre' s nous e“ tre efforce¤ s de tout contempler, nous e¤ tions pre' s de sortir, quand un page s’approcha du no“tre, lui chuchota quelque chose a' l’oreille, en rec ut imme¤ diatement les clefs, avec lesquelles il monta l’escalier en colimac on. Notre page, fort de¤ sempare¤ , nous conta, sur nos instantes demandes, que Sa Majeste¤ voulait que personne n’alla“t voir la bibliothe' que et les tombes. Il nous demanda donc, si sa vie nous e¤ tait che're, de n’en parler a' quiconque, car il avait de¤ ja' nie¤ la chose. Nous oscillions tous deux entre l’angoisse et la joie, mais le fait resta cache¤ et nul ne s’en informa plus. Nous avions passe¤ trois heures dans les deux endroits, ce que je n’ai jamais regrette¤ . Cependant, sept heures ayant de¤ ja' sonne¤ , on ne nous donnait toujours pas a' manger. Mais notre faim e¤ tait supportable gra“ ce aux divertissements continuels, et, rec u de pareille fac on, j’eusse volontiers jeu“ne¤ ma vie durant. Entre-temps on nous montra les belles fontaines, les mines et toutes sortes d’ateliers pleins d’oeuvres d’art, dont chacune de¤passait toutes les no“tres re¤ unies. Ces salles e¤ taient dispose¤ es en demicercle, afin de donner sur la pre¤ cieuse horloge, qui de¤corait le milieu d’une tour magnifique, et de pouvoir s’orienter sur le cours des plane' tes qui s’y trouvaient merveilleusement repre¤ sente¤ es. La' je compris de nouveau sans peine ce qui manque a' nos artistes, quoique ce ne soit pas ma ta“che de les en informer. A la fin, j’arrivai dans une salle spacieuse qu’on avait de¤ ja' mon57

tre¤ e depuis longtemps aux autres. Au milieu se trouvait un globe d’un diame' tre de trente pieds. Pre' s de la moitie¤, sauf une petite partie recouverte de marches, e¤ tait enfouie dans le sol. Deux hommes faisaient facilement pivoter ce globe sur ses gonds, de sorte qu’on ne voyait jamais plus que la partie situe¤e au-dessus de l’ horizon. Si je compris imme¤ diatement que ce globe avait une utilite¤ particulie're, je ne parvenais pas a' de¤couvrir a' quoi servaient les cercles dore¤ s place¤ s en divers endroits. Mon page se mit a' rire et me conseilla de les examiner attentivement. Je finis par de¤ couvrir que de l’or marquait e¤ galement ma patrie. Mon compagnon chercha alors la sienne et fit la me“ me de¤ couverte. Il en e¤ tait de me“ me pour la patrie de tous ceux qui e¤ taient reste¤ s la'. Alors le page nous informa que, la veille, le vieil Atlas (ainsi s’appelait l’astronome) avait montre¤ a' Sa Majeste¤ Royale que tous les points d’or correspondaient parfaitement a' la patrie de chacun. C ’est pourquoi, voyant que je me sous-estimais, alors qu’ il y avait un point a' l’emplacement de ma patrie, il avait persuade¤ un des capitaines de demander que nous fussions aussi place¤ s sur la balance, sans dommage pour nous quel que fu“t le re¤ sultat, puisque la patrie de l’un d’entre nous montrait un signe particulie' rement favorable. Et ce n’e¤ tait pas sans raison que le page ayant le plus de pouvoirs m’avait e¤ te¤ attribue¤ . Je montrai une grande reconnaissance et regardai d’autant plus attentivement ma patrie, de¤ couvrant qu’a' co“te¤ des cercles il y avait quelques beaux trace¤ s, ce que toutefois je ne dis pas pour me louer ou me vanter. Sur ce globe, je vis encore beaucoup d’autres choses que je ne veux pas rendre publiques. Chacun doit comprendre de lui-me“ me pourquoi chaque ville n’a pas un philosophe. Ensuite le page nous fit entrer dans le globe. Il e¤ tait ainsi fait qu’a' l’endroit de la mer, la' ou' il y avait le plus d’espace, se trouvait une plaque sur laquelle e¤ taient marque¤s trois de¤ dicaces et le nom du constructeur. On pouvait la soulever avec pre¤ caution et acce¤ der, par une passerelle, au centre ou' il y avait de la place pour quatre personnes. Ce n’e¤ tait gue' re plus qu’une planche ronde ou' s’asseoir et d’ou' observer les e¤ toiles, me“ me en plein jour (il faisait de¤ja' nuit a' 58

ce moment). Elles me parurent autant de pures escarboucles, rayonnant avec une telle splendeur, dans une ordonnance et sur une trajectoire si parfaites que je ne voulais plus m’en aller. Par la suite, le page rapporta ceci a' la Jeune Fille, qui me taquina plusieurs fois sur le sujet ; en effet, c’e¤ tait de¤ ja' l’ heure du repas et j’avais regarde¤ si longtemps tout autour de moi dans le globe que j’arrivai a' table presque le dernier. Je ne m’attardai donc pas plus et, ayant remis mon manteau que j’avais enleve¤ auparavant, je m’avanc ai vers la table : alors les serviteurs me rendirent tant d’ honneurs que, de confusion, je n’osais lever les yeux. C ’est la raison pour laquelle, sans m’en rendre compte, je ne vis pas la Jeune Fille qui attendait a' mes co“te¤ s. Elle le remarqua aussito“t, me saisit par mon manteau et me conduisit a' table. Il me semble inutile d’en dire plus sur la musique et les autres de¤ lices, non seulement je ne parviendrais pas a' les de¤ crire mais je les ai de¤ja' vante¤ es, dans la mesure de mon pouvoir. Bref, tout n’e¤ tait qu’art et agre¤ ment. Nous e¤ tant mutuellement raconte¤ les expe¤ riences de l’apre' smidi ^ sans souffler mot de la bibliothe'que et des monuments ^ et le vin nous ayant un peu e¤ gaye¤ s, la Jeune Fille nous dit : ßNobles Seigneurs, j’ai une grande discussion avec l’une de mes soeurs. Nous avons chez nous un aigle et nous le soignons avec tant de ze' le que chacune de nous veut e“ tre sa pre¤ fe¤ re¤ e, ce qui cause maintes discussions. Un jour, nous de¤ cida“ mes d’aller le voir ensemble : il appartiendrait a' celle envers laquelle il se montrerait le plus amical. Ainsi fut fait. Je tenais comme d’ habitude une branche de laurier a' la main. Cependant ma soeur n’en avait pas. De' s qu’ il nous eut toutes deux aperc ues, il offrit a' ma soeur la branche qu’ il tenait dans son bec et re¤ clama la mienne, que je lui donnai. Alors chacune d’entre nous pensa e“ tre sa pre¤ fe¤ re¤ e. Que dois-je faire maintenant ! La re¤ serve avec laquelle la Jeune Fille posa cette question nous plut hautement a' tous. Et tous nous eussions bien voulu savoir la solution. Cependant, comme beaucoup se tournaient vers moi, souhaitant que je commence, mon esprit se troubla au point que 59

je ne sus rien faire d’autre que re¤ pondre a' cette question par une autre. Je dis donc : ßNoble Demoiselle, il serait aise¤ de re¤ pondre si je n’avais un souci. Deux amis m’aimaient fort. Comme ils se demandaient lequel je pre¤ fe¤ rais, ils de¤ cide'rent d’accourir tous deux vers moi a' l’ improviste. Celui a' qui j’ouvrirais les bras me serait le plus cher. C ’est ce qu’ ils firent. Mais l’un ne put suivre l’autre et resta en arrie're en se lamentant. Je rec us l’autre avec e¤ tonnement. Ils m’explique' rent leur conduite et, n’arrivant pas a' prendre une de¤ cision, je la laissai en suspens dans l’espoir de trouver un bon conseil. La Jeune Fille s’e¤ tonna de cette histoire et comprit mon intention. Elle re¤ pondit donc : ßEh bien, tenons-nous pour quittes et demandons aux autres la solution. Mais je les avais alerte¤ s, le suivant commenc a donc ainsi : ßL’autre jour, dans ma ville, une noble dame fut condamne¤ e a' mort. Le juge, pris de pitie¤ , fit savoir que si quelqu’un voulait se battre pour elle, on l’y autoriserait. Or elle avait deux soupirants. L’un se pre¤ para sur le champ et courut attendre son adversaire. A ce moment celui-ci apparut. Bien qu’en retard, il de¤cida de se battre tout de me“ me et de se laisser vaincre de¤ libe¤ re¤ ment, afin que la dame eu“t la vie sauve, ce qui arriva. Chacun d’eux crut alors qu’elle serait a' lui de droit. Dites-moi donc, mes Seigneurs, a' qui appartient-elle ! La Jeune Fille ne put se retenir de dire : ßJ ’espe¤ rais en apprendre davantage, mais me voici prise au pie' ge et j’aimerais bien savoir si d’autres connaissent la re¤ ponse. ßNon, certes, re¤ pondit le troisie' me, ßon n’a jamais raconte¤ aventure plus extraordinaire que la mienne. Dans ma jeunesse, j’aimais une honorable jeune fille et pour arriver a' mes fins, je fis appel a' une vieille comme' re qui me mena pre' s d’elle. Mais les fre' res de la jeune fille nous surprirent tous les trois. Leur cole're fut telle qu’ ils voulurent m’o“ter la vie. Devant mes supplications, ils me firent jurer de prendre pour e¤ pouse chacune des deux femmes pour une dure¤ e d’un an. Dites-moi, mes Seigneurs, laquelle je devais choisir en premier, la plus jeune ou la plus a“ ge¤ e ! 60

Nous r|“ mes aux e¤ clats de cette devinette et si quelques-uns chuchote' rent, personne ne voulut donner la solution. Le quatrie'me dit alors : ßDans ma ville habitait une honorable dame, aime¤ e de beaucoup, en particulier d’un jeune seigneur. Celui-ci la pressait tant qu’elle finit par lui promettre de l’accepter s’ il l’emmenait, en plein hiver, dans une belle et verte roseraie ; en cas d’e¤ chec, il devrait ne plus jamais se montrer. Le jeune noble traversa tous les pays pour trouver un homme capable de faire pareille chose. Finalement, il rencontra un petit vieux qui s’y engagea, a' condition qu’ il lui donna“ t la moitie¤ de ses biens. Le jeune seigneur acquiesc a, l’autre fit ce qu’ il avait promis. Il invita donc la noble dame dans le jardin qui, contre toute attente, apparut entie' rement vert et agre¤ ablement chaud. Se rappelant sa promesse, elle le supplia de lui permettre d’aller encore une fois chez son e¤ poux, a' qui elle clama sa douleur en pleurant et ge¤ missant. Mais celui-ci, convaincu de sa fide¤ lite¤ , la renvoya pour satisfaire un soupirant qui l’avait acquise a' si haut prix. Le jeune noble fut tellement frappe¤ de l’e¤ quite¤ de l’e¤ poux qu’ il conside¤ ra comme un pe¤ che¤ de toucher une femme si honne“ te et la lui renvoya a' son tour, en tout bien tout honneur. Devant la tre' s grande noblesse d’a“ me des deux, le vieillard ne voulut pas e“ tre en reste. Si pauvre qu’ il fu“t, il rendit tous ses biens au jeune homme et s’en alla. Je ne sais donc, nobles Seigneurs, qui de ces trois personnes fut la plus magnanime. La' -dessus nous ne savions vraiment pas quoi dire. La Jeune Fille n’exprima qu’un seul souhait : que le suivant pr|“ t la parole. Le cinquie'me commenc a donc ainsi : ßJe de¤ sire e“ tre court : qui a le plus de joie, celui qui contemple ce qu’ il aime ou celui qui ne fait qu’y penser ! ßCelui qui le contemple, dit la Jeune Fille. ßNon, re¤ pondis-je. Sur quoi une discussion s’e¤ leva jusqu’au moment ou' le sixie' me s’e¤ cria : ßNobles Seigneurs, je dois prendre femme. J ’ai devant moi une jeune fille, une femme marie¤ e et une veuve ; tirez-moi de mon embarras et je vous aiderai a' re¤ soudre les autres e¤ nigmes. 61

ßC ’est faisable puisqu’on a le choix, re¤ pondit le septie'me. ßMon affaire a' moi est toute diffe¤ rente. Dans ma jeunesse, j’aimais du fond du coeur une belle et vertueuse jeune fille et elle m’aimait. Cependant le refus de ses proches nous empe“ chait de nous marier. Elle e¤ pousa donc un autre homme, honne“ te et brave, qui la traita avec respect et amour, jusqu’au moment ou' elle attendit un enfant et souffrit au point que tous crurent qu’elle e¤ tait morte. On l’enterra avec magnificence et grande tristesse. Je pensai alors en moime“ me : cette femme n’a pas pu e“ tre a' toi pendant sa vie, maintenant qu’elle est morte, tu peux l’embrasser autant que tu veux. J ’emmenai donc avec moi mon serviteur qui, de nuit, l’exhuma. Ayant ouvert le cercueil, je la pris dans mes bras, je touchai son coeur et je m’aperc us qu’ il battait encore doucement et que, gra“ ce a' ma chaleur, il se mettait a' battre plus fort ; alors je compris qu’elle vivait toujours. Je la portai silencieusement chez moi et, apre' s avoir re¤ chauffe¤ son corps refroidi dans un bain d’ herbes aromatiques, je la plac ai sous la protection de ma me' re, jusqu’au moment ou' elle mit au monde un beau fils, que je fis soigner avec autant d’attention que la me' re. Deux jours apre' s, comme celle-ci s’e¤ tonnait beaucoup, je lui contai ce qui s’e¤ tait passe¤ et lui demandai de bien vouloir de¤ sormais e“ tre ma femme. Mais elle montra de la re¤ ticence : cela pouvait peiner son e¤ poux qui l’avait toujours honne“ tement traite¤ e. Cependant, selon elle, apre' s tout ce qui s’e¤ tait passe¤ , elle e¤ tait oblige¤ e a' pre¤ sent d’aimer l’un autant que l’autre. Au bout de deux mois pendant lesquels j’avais e¤ te¤ en voyage, j’ invitai son mari chez moi ; lorsque je lui demandai s’ il reprendrait sa femme morte, au cas ou' elle reviendrait chez lui, il acquiesc a, profonde¤ ment e¤ mu et tout en larmes. Je lui amenai donc sa femme et son fils, lui racontant tout et le priant d’appuyer de son accord mon projet de mariage. Nous discuta“ mes longtemps, mais il ne put me faire renoncer a' mon droit. Il du“t finalement m’abandonner sa femme. Cependant la discussion continua a' propos du fils. Ici la Jeune Fille l’ interrompit en disant : ßJe m’e¤ tonne que vous ayez encore redouble¤ les souffrances de cet homme malheureux.  62

ßQu’aurait-il donc fallu que je fasse ! demanda l’autre. La' -dessus s’e¤ leva une discussion, mais la majorite¤ e¤ tait d’avis qu’ il avait bien agi. ßEh bien ? non, dit-il alors, ßj’ai redonne¤ a' cet homme non seulement sa femme mais son fils. Maintenant dites-moi, mes Seigneurs, ce qui fut le plus grand, ma magnanimite¤ ou sa joie !  A ces mots, la Jeune Fille se re¤ jouit tant qu’elle fit boire a' la sante¤ de ces deux personnes. Puis les autres raconte' rent leurs histoires, mais e¤ tant un peu confuses, je ne les ai pas toutes retenues. Une seule me revient. L’un dit avoir connu, quelques anne¤ es auparavant, un me¤ decin qui, ayant fait sa provision de bois pour la saison froide, s’e¤ tait chauffe¤ par ce moyen tout l’ hiver. Or, le printemps venu, il avait revendu ce me“ me bois ; il en avait donc profite¤ gratis. ßCe doit e“ tre de la magie, dit la Jeune Fille, ßmais le temps est passe¤ maintenant. ^ ßOui, re¤ pondit mon compagnon, ßque celui qui ne peut pas re¤ soudre ces e¤ nigmes le fasse savoir a' tout le monde par un messager convenable. Je ne crois pas qu’ il faille lui de¤ nier cela. A ce moment, on commenc a a' dire les gra“ ces, puis nous nous leva“ mes tous de table plus gais et plus satisfaits que par un repas plantureux. Il serait souhaitable que toutes les re¤ ceptions et fe“ tes fussent ordonne¤ es de cette manie' re. Apre' s que nous eu“mes fait quelques pas dans la salle, la Jeune Fille demanda si nous ne de¤ sirions pas que la Fe“ te des noces commenc a“ t. ßOui, noble et vertueuse Demoiselle, re¤ pondit l’un de nous. Alors elle de¤ pe“ cha un page en secret tout en continuant la conversation. Elle nous e¤ tait devenue si familie' re, a' pre¤ sent, que j’osai lui demander son nom. Elle sourit de ma curiosite¤, ne ce¤da pas, mais re¤ pondit : ßMon nom e¤ gale 55 et ne comporte pourtant que huit lettres ; la troisie'me est le tiers de la cinquie'me. Si on y ajoute la sixie'me, on obtient le nombre dont la racine, diminue¤e de la premie' re, e¤ gale la troisie' me, racine qui est aussi la moitie¤ de la quatrie' me. La cinquie'me et la septie' me sont identiques, de me“ me que la dernie' re et la premie' re ; et celle-ci, ajoute¤e a' la 63

deuxie' me, e¤ gale la sixie'me, laquelle e¤ quivaut a' quatre plus le triple de la troisie' me. Dites-moi, noble Ami, quel est mon nom ! La re¤ ponse e¤ tait pour moi assez obscure. Je ne me de¤ courageai pourtant pas et dis : ßNoble et vertueuse Demoiselle, ne pourriezvous pas me dire une seule lettre ! ^ ßOui, re¤ pondit-elle, ßc’est possible. ^ ßQuelle est la valeur de la septie'me ! Elle re¤ pondit : ßAutant qu’ il y a de seigneurs ici.* La re¤ ponse me satisfit et je pus facilement trouver son nom.* Elle en fut enchante¤ e et assura que beaucoup d’autres choses nous seraient de¤ voile¤es. Pendant ce temps, quelques nobles jeunes filles s’e¤ taient appre“ te¤ es et firent leur entre¤ e en grande pompe. Deux jeunes gens portant des lumie' res les pre¤ ce¤ daient. L’un avait un visage enjoue¤ , les yeux vifs et belle allure. L’autre avait l’air impe¤ tueux, tout ce qu’ il voulait devait s’accomplir comme je l’appris plus tard. Derrie' re eux s’avanc aient d’abord quatre jeunes filles. La premie' re baissait pudiquement les yeux a' terre et se comportait avec humilite¤ . La deuxie' me aussi e¤ tait modeste ct craintive. La troisie'me s’effaroucha pour une raison quelconque en entrant dans la salle. J ’appris que l’exube¤ rance la mettait mal a' l’aise. La quatrie'me portait quelques petits bouquets en signe de ge¤ ne¤ rosite¤ et d’amour. Ces quatre jeunes filles e¤ taient suivies de deux autres, ve“ tues avec un peu plus de somptuosite¤ ; elles nous salue' rent courtoisement. L’une portait * Soixante est le nombre total des jeunes filles. Mais l’ histoire montre qu’elles ne sont que neuf pre¤ sentes, donc autant qu’ il y a de seigneurs. (La septie'me lettre du nom de la Jeune Fille est un I, la neuvie' me lettre de l’alphabet, voir note 21). En mentionnant le nombre 60, l’auteur a voulu mettre sur un fausse piste ceux qui cherchent la solution de l’e¤ nigme. * Le nom de la Jeune Fille est Alchimia, ou' A=1, L=11, C=3, H=8, I=9, M=13, et de nouveau I=9, A=1. Au total 55, comme la Jeune Fille l’avait dit. Nous devons cette solution au mathe¤ maticien et philosophe G. W. von Leibnitz (1646 -1716). Il appara|“ t qu’Andreae s’est base¤ sur la valeur nume¤ rique des lettres selon leur place dans l’alphabet, donc A=1, B=2, C=3, etc. Les calculateurs attentifs reparqueront que la lettre L aurait du“ e“ tre affecte¤ e de la valeur 12 et non pas 11, mais notons que jusqu’au de¤ but du XVIIe sie' cle le I et le J e¤ taient confondus.

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une robe bleue constelle¤e d’e¤ toiles d’or, la deuxie'me, une robe verte orne¤ e de fines rayures rouges et blanches. Les deux avaient sur la te“ te des fichus le¤ gers et vaporeux qui leur allaient a' merveille. A la fin il en vint une qui portait une couronne sur la te“ te et tournait plus ses regards vers le ciel que sur la terre. Nous cru“mes tous que c’e¤ tait la Fiance¤ e. Mais ce n’e¤ tait pas encore elle ; pour l’ honneur, la richesse et le rang, elle la surpassait de beaucoup et ce fut elle qui, par la suite, conduisit les noces. A cet instant, suivant tous l’exemple de notre Jeune Fille,* nous nous jeta“ mes a' genoux devant elle, malgre¤ toute la modestie et la pie¤te¤ qu’elle montrait. Elle nous tendit a' chacun la main, en nous demandant de ne pas nous en e¤ tonner, c’e¤ tait la moindre chose qu’elle pouvait nous offrir. Nous devions, cependant, lever les yeux vers notre Cre¤ ateur, apprendre ainsi a' conna|“ tre sa toutepuissance, continuer sur le chemin entrepris et faire usage de la gra“ ce qui nous e¤ tait accorde¤ e, pour l’ honneur de Dieu et le salut des hommes. Bref, ses paroles e¤ taient absolument diffe¤ rentes de celles de notre Jeune Fille, encore quelque peu profanes. Elles me pe¤ ne¤ tre' rent jusqu’a' la moelle des os. ßEt toi, me dit-elle ensuite, ßtu as rec u plus que les autres, veille aussi a' donner plus en retour. Cette recommandation m’e¤ tonna fort. A la vue des jeunes filles et au son de la musique, nous cru“mes qu’ il fallait de¤ ja' danser. Mais ce n’e¤ tait pas encore le moment. Les poids, dont nous avons parle¤ plus haut, e¤taient reste¤ s au me“ me endroit. La Reine ^ je ne sais toujours pas qui elle e¤ tait ^ ordonna a' chaque jeune fille d’en prendre un. A notre Jeune Fille, toutefois, elle donna le sien, le dernier et le plus gros, et nous ordonna de la suivre. Notre suffisance avait beaucoup diminue¤ ; je remarquai que notre Jeune Fille e¤ tait bien intentionne¤ e a' notre e¤ gard, mais que nous n’e¤ tions pas si estime¤ s que certains parmi nous commenc aient a' le croire. Nous suiv|“ mes donc en rang et fu“mes conduits dans la premie're salle, ou' la Jeune Fille suspendit le poids de la Reine, pen* Appele¤ e ßReine a' l’aline¤a suivant.

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dant que l’on chantait un beau cantique spirituel. Dans cette salle, il n’y avait rien de pre¤ cieux sinon quelques splendides livres de prie' res, introuvables ailleurs. Au centre, un pupitre pouvait servir de prie-Dieu. La Reine s’y agenouilla. Nous du“mes nous agenouiller autour d’elle et re¤ pe¤ ter les prie' res que la Jeune Fille lut dans un petit livre, souhaitant que les prochaines noces fussent ce¤ le¤bre¤ es pour l’ honneur de Dieu et notre salut. Puis nous alla“ mes dans l’autre salle, ou' la premie're jeune fille suspendit son poids, et ainsi de suite jusqu’a' l’ache' vement de toute la ce¤ re¤ monie. La Reine nous tendit a' nouveau la main et s’en alla accompagne¤ e de ses jeunes filles. Notre pre¤ sidente s’attarda encore un instant, mais comme il e¤ tait de¤ ja' deux heures du matin, elle ne voulut pas nous retenir davantage. Quoiqu’elle eu“t plaisir a' rester parmi nous, me semblaitil, elle nous souhaita bonne nuit en nous recommandant de dormir en paix. C ’est ainsi qu’a' regret elle prit cordialement conge¤ de nous. Nos pages avaient rec u des ordres et nous montre' rent a' chacun nos chambres. Ils reste'rent a' nos co“te¤ s, dans un deuxie' me lit, afin de nous offrir leurs services en cas de besoin. Ma chambre ^ je ne peux rien dire des autres ^ e¤ tait royalement de¤ core¤ e de beaux tapis et de splendides tableaux. Mais ce qui me plaisait a' l’extre“ me, c’e¤ tait mon page, capable de parler si excellemment de tout et si savant dans les arts que nous passa“ mes encore une heure ensemble avant d’aller dormir, vers trois heures et demie. C ’e¤ tait, a' vrai dire, la premie' re fois que j’aurais pu sommeiller tranquille. Pourtant un re“ ve angoissant me tourmenta toute la nuit : je m’affairais contre une porte impossible a' ouvrir jusqu’au moment ou' je finis par y parvenir. Le temps passa a' des irre¤ alite¤s de ce genre avant de m’e¤ veiller, enfin, vers le lever du jour.

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Analyse e¤ sote¤ rique des Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix

premie' re partie

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Le premier jour

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Un soir, la veille de Pa“ ques, j ’e¤ tais assis a' ma table et, apre' s m’e“ tre entretenu avec mon Cre¤ ateur en une humble prie' re, selon mon habitude, et avoir me¤ dite¤ beaucoup de grands myste' res (par lesquels le Pe' re de la Lumie' re m’avait amplement de¤ montre¤ Sa Majeste¤ ), j ’allais pre¤ parer dans mon coeur, avec mon cher agneau pascal, un pur pain sans levain, quand, soudain, un vent si impe¤ tueux se leva que je crus voir voler en e¤ clat sous sa violence la montagne dans laquelle ma maisonnette e¤ tait niche¤ e. Pourtant, comme rien de semblable ne m’e¤ tait arrive¤ par le fait du diable (lequel m’avait tourmente¤ maintes fois), je repris courage et poursuivis ma me¤ ditation jusqu ’au moment ou', de fac on inhabituelle, quelqu ’un me toucha le dos, ce qui m’effraya au point que j ’osai a' peine tourner la te“ te; mais je ressentis de la joie, pour autant que la faiblesse humaine le perm|“ t en pareille circonstance. Lorsqu ’on m’eut tire¤ par mon habit a' plusieurs reprises, cependant, je me retournai. Une merveilleuse forme d ’apparence fe¤ minine se trouvait la' , ve“ tue d ’une robe bleue somptueusement constelle¤ e d ’e¤ toiles d ’or, comme le ciel.

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Dans sa main droite elle tenait une trompette d ’or pur, sur laquelle e¤ tait grave¤ un nom, que je parvins a' lire mais qu ’il m’est interdit de re¤ ve¤ ler; dans la main gauche, une grosse liasse de lettres e¤ crites dans toutes les langues, qu ’elle devait, comme je l’appris plus tard, porter dans tous les pays. Elle avait aussi des ailes, grandes et magnifiques, entie' rement couvertes d ’yeux, gra“ ce auxquelles elle pouvait s ’e¤ lever dans les airs et voler plus vite que l’aigle. J ’aurais peut-e“ tre pu observer d ’autres de¤ tails la concernant, mais comme elle ne resta pre' s de moi qu ’un bref instant et que je n’e¤ tais pas encore revenu de mon effroi et de ma surprise, je dus y renoncer. A peine m’e¤ tais-je retourne¤ qu ’elle chercha dans sa liasse et trouva enfin une petitelettre qu ’elle de¤ posa avecrespect sur la table; puis elle disparut sans mot dire. Mais en s ’envolant, elle sonna si fort de sa belle trompette que le son re¤ sonna dans toute la montagne et que je restai dans l’impossibilite¤ d ’entendre mes propres paroles pendant pre' s d ’un quart d ’heure.

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1

La veille de Pa“ ques

Le re¤cit commence un soir, la veille de Pa“ ques. Tout re¤ cit de ce genre doit commencer la'.Vous savez que Pa“ ques est la fe“ te de la Re¤ surrection. Tombant aux alentours du 21 mars, date de l’e¤ quinoxe de printemps, elle peut e“ tre conside¤ re¤ e a' juste titre comme la fe“ te de la renaissance de la nature. L’ hiver est fini, le printemps arrive. On ce¤ le' bre donc cette fe“te depuis des millions d’anne¤ es, comme on peut s’en douter. Evidemment elle a e¤ te¤ pourvue de toutes sortes d’e¤ tiquettes religieuses, puisqu’en la ce¤ le¤brant on remercie les dieux. A notre e¤poque, la ce¤le¤ bration de Pa“ ques dans les diverses e¤ glises s’accompagne de nombreux bavardages sur la re¤ surrection du Christ. Pendant ce temps d’ailleurs, dans l’e¤ glise, tout le monde pense ou bien au fait historique : ßIl y a longtemps, le Christ est ressuscite¤ des morts, ou bien, a' l’arrie're-plan de la conscience, aux oeufs, aux ga“teaux, au de¤ licieux repas qui attend, etc. Tout le monde est donc saisi par un e¤ ve¤ nement naturel et personne n’y e¤chappe. Mais le de¤ but des Noces Alchimiques vise bien autre chose. Tout e“tre humain ne fait que se pre¤ parer sans cesse a' la fe“ te de la re¤surrection.Tout e“ tre humain se pre¤ pare a' l’avenir, ou re“ ve de l’avenir, sur un plan purement dialectique et social. Il le faut bien puisque nous vivons la' , dans ce monde, le monde de l’espacetemps, ou' chacun doit pre¤ voir journellement l’avenir. En quelques heures, ßaujourd’ hui devient ßhier et ßdemain devient ßaujourd’ hui. C ’est ine¤luctable. Et comme, dans le monde de 71

l’espace-temps, cette attente de l’avenir est la seule chose que nous posse¤ dions, nous sommes donc de¤ pourvus de tout, et pauvres comme Job. C.R.C. ne parle pas de la re¤ surrection quotidienne sur le plan dialectique, il envisage la re¤surrection dans le nouveau champ de Vie, la Vie originelle, cette Vie vers laquelle l’ Ecole Spirituelle actuelle se dirige. Quand un homme posse' de une telle aspiration, chaque jour est pour lui ßla veille de Pa“ ques. Anime¤ par ce de¤sir quotidien, il sait en effet que ce jour viendra. On ne peut pas, et de loin, en dire autant des de¤ sirs dialectiques, c’est pourquoi la lutte est perpe¤ tuelle en ce monde. Beaucoup d’e¤ le' ves de l’ Ecole Spirituelle, cependant, tout en assumant naturellement les devoirs ine¤vitables de l’existence ordinaire, nourrissent un de¤ sir supe¤ rieur, celui d’entrer dans la Vie nouvelle. C ’est la raison pour laquelle ils sont toujours a' ßla veille de Pa“ques. Pour ce genre d’e¤ le' ves, l’orientation reve“ t un aspect tre' s particulier dans la vie pre¤ sente. Car ils savent qu’ ils sont appele¤s par l’ Ecole Spirituelle a' entrer dans le Royaume gnostique. Il est e¤ vident que ce Royaume n’est pas seulement l’ Ecole dans son aspect exte¤ rieur, public, c’est surtout le Temple des Myste'res, le nouveau champ astral du Royaume de l’Ame, le Temple relie¤ a' l’ Ecole inte¤ rieure, le Temple a' nouveau e¤ difie¤ par elle. Chaque e¤ le' ve sait que c’est ce nouveau Temple des Myste' res qui l’appelle. En outre, il sait que l’appel a un caracte' re tre's personnel. Il s’agit donc pour lui, apre' s avoir entendu l’appel ge¤ne¤ral, de se pre¤ parer a' l’appel personnel. C ’est a' cette pre¤ paration personnelle que Christian Rose-Croix fait allusion par l’expression : ßpre¤parer avec son Agneau pascal, un pain pur et sans levain. Maintenant, si vous connaissez ce de¤ sir nouveau et actuel, si vous le ressentez un tant soit peu, vous savez qu’ il entra|“ ne une recherche, une recherche en vue de le satisfaire. Tout de¤ sir engendre une tendance a' le satisfaire, a' l’assouvir. Celui qui conna|“ t ce 72

de¤ sir supe¤rieur et cette recherche, pour qui c’est de¤ja' la veille de Pa“ques, est donc de¤ ja' en train de pre¤ parer, avec son cher Agneau pascal, un peu de pain pur et sans levain. Car, connaissant de¤ja' quelque chose de son de¤ sir d’accomplissement, et cherchant par conse¤ quent a' le satisfaire, il e¤prouve toutes sortes de de¤ ceptions dans ses efforts pour atteindre son but. La re¤ ussite n’est pas imme¤ diate. Les de¤ ceptions sont ne¤ cessaires pour apprendre ce qui est utile et ce qui ne l’est pas. Il s’ensuit une clarification, une purification. Mais apre's de nombreuses tentatives pour pre¤ parer un ßpain pur, soudain, a' un moment donne¤ , c’est la re¤ ussite. La Lumie're gnostique vous touche, vous, e¤le' ve, et se me“ le aux forces dialectiques, ce qui de¤clenche toujours un processus de fermentation. A ce moment, votre ta“ che consiste a' cre¤ er, a' e¤ tablir une nouvelle base de vie avec la force de Lumie're gnostique, et cela en dehors du processus de fermentation. Si l’on perse¤ ve' re dans l’effort, cette recherche, cette pre¤paration et toutes les situations re¤sultant du de¤sir supe¤ rieur recoivent tout a' coup une re¤ ponse ; un vent si impe¤tueux se le' ve que le candidat en vient a' penser : ßLa montagne dans laquelle est niche¤ e ma maisonnette va voler en e¤ clats sous sa violence ? Il faut bien comprendre la signification de cette tempe“ te. Il s’agit ici d’une tempe“ te magne¤tique. Tout homme vit d’une certaine force astrale, d’un certain champ magne¤ tique. La tempe“ te en question se de¤clenche a' la re¤ ception d’ influences nouvelles, par l’entre¤ e en liaison avec un champ magne¤ tique diffe¤ rent, dont les radiations sont comple' tement oppose¤ es a' celles de la nature ordinaire. Expe¤ rience e¤videmment tre' s remarquable et toujours extre“ mement inquie¤tante. Les radiations de cet autre champ magne¤ tique sont assimile¤ es par le coeur. Leurs ondes et vibrations nous impre' gnent d’une force correspondant a' la purete¤ de notre sang, au degre¤ de purete¤ de notre aspiration. L’e¤ve¤nement n’a pas lieu qu’une seule fois, mais bien des fois, comme en te¤ moigne le re¤ cit de Christian Rose-Croix. La 73

chose n’est pas nouvelle pour lui, c’est pourquoi, d’ailleurs, elle ne l’ inquie' te plus. Il arrive que certains, subissant la tempe“ te magne¤ tique pour la premie' re fois, e¤ prouvent une telle angoisse qu’ ils repoussent, ou font mourir en eux, le pur de¤ sir, puis me' nent ainsi une vie tre' s malheureuse. Si les efforts sont continus, un tel attouchement se produit a' plusieurs reprises, puis cesse. De nombreuses tempe“ tes s’e¤ le' vent et perdent ensuite de leur force. Mais quand un chercheur de la vie nouvelle s’accorde sans cesse, d’une manie' re de plus en plus juste, a' son de¤sir supe¤ rieur, il vient un moment ou' la tempe“ te s’e¤le' ve, persiste et n’a plus a' se calmer. Les radiations du nouveau champ magne¤ tique ne le quittent plus. Elles restent sans cesse autour de lui, en lui, et prennent la direction de sa vie. A partir de la' , nous avons affaire a' deux champs magne¤tiques. Le nouvel influx a pour nomVirgo Lucifera, laVierge porteuse de lumie' re. Car c’est sous son influence, par son attouchement permanent, que na|“ t laVie nouvelle dans le nouveau Temple. Avant d’en arriver la', beaucoup de choses doivent se passer. Mais les bases sont jete¤ es, les possibilite¤ s existent, c’est pourquoi l’entre¤e dans le Temple est pre¤ sente¤ e comme une invitation a' laquelle on peut se rendre. Or, dans un sens ou dans un autre, tous les e¤le' ves de l’ Ecole Spirituelle recoivent l’ invitation. Beaucoup, du fait de leur apprentissage, ont recu une invitation exte¤ rieure, qui n’en est pas moins une liaison. Beaucoup connaissent la violence des tempe“ tes magne¤ tiques, et ils peuvent dire qu’ ils ont recu une invitation inte¤ rieure. Quoi qu’ il en soit, tous ceux qui veulent prendre part a' la Vie nouvelle doivent se pre¤ parer dans les plus brefs de¤ lais a' recevoir pareille invitation. Car le moment est venu ?

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Dans une aventure aussi impre¤ vue, je ne savais vraiment pas que faire, malheureux que j ’e¤ tais. Je tombai donc a' genoux, priant mon Cre¤ ateur de ne rien m’envoyer qui menac a“ t mon salut e¤ ternel ; ensuite, plein d ’angoisse et de crainte, je me tournai vers la lettre. Elle e¤ tait si lourde que, d ’or pur, elle n’aurait gue' re pese¤ plus. En l’examinant avec attention, je de¤ couvris qu ’elle e¤ tait ferme¤ e par un petit sceau, sur lequel e¤ tait finement repre¤ sente¤ e une croix, avec cette inscription: ßIn hoc signo + vinces* Cette de¤ couverte me rassura pleinement, je savais bien que le diable n’appre¤ cierait pas ce cachet et qu ’en outre il ne lui servirait de rien. J ’ouvris donc la petite lettre avec pre¤ caution et y trouvai e¤ crits, en caracte' res d ’or sur fond bleu, les vers suivants: Voici le jour, voici le jour, pour qui peut se rendre aux noces royales. Si tu es ne¤ pour y prendre part,* e¤ lu par Dieu pour la joie, tu peux gravir la montagne ou' se dressent troisTemples et contempler le prodige.

*, cf. p. xvi. *, cf. p. xviii.

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Sois vigilant, examine-toi, Si tu ne prends un bain de purete¤ , les noces te causeront dommage. Pars: si tu vis dans le pe¤ che¤ , tu seras trouve¤ trop le¤ ger. En dessous figurait: ßSponsus et Sponsa*

* Le Fiance¤ et la Fiance¤ e.

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La Lettre d ’invitation

Apre' s l’explication de la premie're page des Noces Alchimiques, il est probable que vous comprendrez sans peine la deuxie'me.Vous connaissez maintenant l’origine de ce que vous e¤prouvez sous le nom de ßtempe“te. C ’est un attouchement magne¤ tique nouveau tre' s particulier rendu possible par une purification pre¤ alable, la purification du chercheur en que“te du Temple des Myste' res. Gra“ ce a' cette purification, l’e“ tre devient sensible a' l’attouchement, et ceci de facon consciente. Le point de contact est la Rose du coeur, seul attouchement possible tant que le sanctuaire de la te“ te et le syste' me magne¤ tique du cerveau ne sont pas encore totalement coupe¤ s du champ magne¤tique ordinaire du monde dialectique. L’attouchement conscient prend maintenant la forme d’un appel. Comme un coup de trompette, il retentit et nous transperce. Il est question de cet appel dans beaucoup de textes sacre¤ s. Nous y lisons que la voix de Dieu re¤ sonne dans la tempe“ te, au milieu du tonnerre ou d’autres cataclysmes naturels ; c’est la violence de l’attouchement magne¤ tique, qui jette le candidat dans le de¤ sarroi parce qu’aucun organe en lui n’est adapte¤ aux radiations qui vibrent au travers de son corps. Il subit ces radiations, mais pas un seul de ses organes n’est a' me“ me d’y re¤ agir. Dans une aventure aussi impre¤vue, on ne sait que faire. C ’est pourquoi chacun re¤agit de manie' re entie' rement personnelle. Christian Rose-Croix se dispose a' prier, il appelle la Fraternite¤ au secours, pourrait-on dire. Cette demande, cette imploration, 77

cette prie're, chaque e¤ le' ve peut la faire, chaque e¤ le' ve ve¤ ritable en est digne. C ’est dans ces dispositions que Christian Rose-Croix prend la lettre d’ invitation dans sa main. L’attouchement laisse des traces et le candidat ne sera plus jamais le me“ me homme qu’auparavant. On peut dire que celui qui est appele¤ une fois porte en lui un signe, un sceau, une cicatrice, une bru“lure, une marque dans le sanctuaire du coeur, notamment au sternum, le miroir du coeur (le mot ßsternum veut dire : qui rayonne). Qui est ainsi marque¤ reste toujours re¤ ceptif a' d’autres attouchements du nouveau champ magne¤ tique. Il est ouvert a' la Gnose: le bouton de rose a e¤ clate¤, il s’ouvre. L’e“ tre arrive¤ la' ne peut plus reculer. Marque¤ par la Fraternite¤ , il portera toujours le sceau de l’Ordre dans les globules rouges du sang*. C’est pourquoi Christian Rose-Croix trouve ce sceau sur la lettre, sceau sur lequel est grave¤ e une croix avec cette inscription: ßDans ce signe, tu vaincras. Celui qui est marque¤ du sceau de la Fraternite¤ est tranquille et a' juste titre. En effet, c’est le symbole de l’Ordre, symbole incontestable. Cette marque du sang et du corps per-met a' chacun de reconna|“ tre les autres et d’en e“ tre reconnu. Il est compre¤hensible que ce soit par ce symbole et en lui que l’on triomphe. Car ce n’est pas une simple marque exte¤ rieure, mais la preuve de l’attouchement et une base de construction. Qui construit sur cette base n’est jamais trompe¤ , et tout mal et tout danger s’enfuient a' l’apparition de ce signe, il faut en tenir compte. C ’est donc un signe de reconnaissance, en me“ me temps qu’un signe protecteur, une amulette. L’on comprend maintenant l’origine des re¤cits et le¤ gendes sur les amulettes et pierres magiques. Le fait que Christian Rose-Croix rec oive une lettre n’a rien de singulier, l’e¤ criture sainte abonde en images semblables ou' Dieu, la Gnose, ße¤ crit dans le coeur. C ’est ainsi que Paul dit, dans la deuxie' me E¤p|“ tre aux Corinthiens : ßVous e“ tes une lettre de 78

Christ et parle ßdes tables de chair du coeur, et Pierre de ßla personne cache¤ e dans le coeur. Or quand un homme a e¤ te¤ touche¤, qu’ il a donc rec u la marque de l’Ordre, il s’agit pour lui de pouvoir lire la lettre et de comprendre le sens de l’attouchement. Ge¤ ne¤ ralement il se passe beaucoup de temps avant de de¤couvrir qu’ il a rec u une lettre. Plus vite il le comprend, plus to“t il re¤ agit, mieux cela vaut. Il peut ainsi e¤viter bien des dangers. Christian Rose-Croix pe¤ne'tre aussito“t l’ intention de la lettre et la traduit comme suit : Voici le jour, voici le jour, pour qui peut se rendre aux noces royales. si tu es ne¤ pour y prendre part, e¤ lu par Dieu pour la joie, tu peux gravir la montagne ou' se dressent troisTemples et contempler le prodige.

Nous rappelons ici que l’ouvrage a pour titre : Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix. Il y est traite¤ du processus de la transfiguration, de la re¤ ge¤ ne¤ration de l’e“ tre entier, d’une monte¤e dans le champ de vie originel, d’une union avec ce champ de vie par la transfiguration. Pour que la fe“ te puisse commencer, il faut en e“ tre digne, il faut e“ tre ne¤ pour elle. Et l’on est ne¤ pour elle, de¤ signe¤ pour elle, si l’on porte le sceau de l’Ordre grave¤ sur le sternum. En pareil cas, le chemin est libre, on peut le suivre et gravir la montagne ou' trois Temples se dressent. L’Ordre posse' de trois Temples. Un Temple est un chantier de travail, un lieu de service, ou' est exige¤ un dur labeur. Le premier est le Temple de la Foi: de la compre¤ hension et de la reddition de soi. Le deuxie' me est leTemple de l’Espe¤ rance: de la sanctification et de la re¤ ge¤ ne¤ ration. Le troisie'me est le Temple de l’Amour : de l’accomplissement. 79

Dans le premier Temple, le vieil homme se constitue prisonnier de la Gnose, des forces christiques du salut. Dans le deuxie' me Temple, le vieil homme diminue par l’endura*, tandis que cro|“ t en lui l’ Homme nouveau, l’Autre, l’ Immortel. Dans le troisie'me Temple, l’oeuvre est accomplie, et ce¤ le¤ bre¤e la fe“ te de la victoire, la fe“ te du retour. Tout e¤le' ve doit traverser ces trois chantiers de travail, ces trois Temples. Celui qui a rec u le sceau de l’Ordre peut et doit se mettre a' la ta“ che, ta“ che immense et merveilleuse ; mais qu’ il prenne garde a' l’avertissement : Sois vigilant, examine-toi. Si tu ne prends un bain de purete¤ , les noces te causeront dommage. Pars: si tu vis dans le pe¤ che¤ , tu seras trouve¤ trop le¤ ger.

Cet avertissement vient a' point nomme¤. Celui qui a rec u le signe de l’Ordre est pre“ t a' suivre le chemin. En effet, il est ouvert au champ magne¤ tique nouveau et peut s’y e¤ lever. Mais s’ il veut servir deux ma|“ tres a' la fois, vivre de deux champs magne¤ tiques oppose¤ s, son e“ tre entier sera extre“ mement perturbe¤ . Sa vie devient un enfer, son corps un grand tourment. Celui qui veut vivre les noces de Christian Rose-Croix mais s’agrippe en me“ me temps a' son ancienne vie, de¤ couvre que le re¤ sultat est un attachement encore plus fort a' la terre. Il lui est e¤galement impossible de remettre a' plus tard en se disant : ßEncore un peu ceci, encore un peu cela. Il est possible de supporter la tension des deux champs magne¤ tiques a' la seule condition de suivre la voie de Jean-Baptiste, de Jean le Pre¤curseur, le chemin de celui qui re¤agit directement en disant : ßLui, l’Autre, doit cro|“ tre, et je dois diminuer. Il faut donc que le candidat tienne compte du danger logique 80

dont la lettre l’avertit. Aucune personne appele¤ e par l’Ordre ne subit de contrainte. Chacun peut suivre son propre rythme et remplir ses devoirs normalement. Mais une orientation et une perse¤ ve¤rance conse¤ quentes, en direction du But, sont une ne¤cessite¤ absolue.

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A cette lecture, je faillis m’e¤ vanouir. Mes cheveux se dresse' rent sur ma te“ te et une sueur froide m’inonda de toute part. Car si je comprenais qu ’il s ’agissait des noces promises, annonce¤ es sept ans auparavant par une vision, attendues depuis longtemps avec un grand de¤ sir et pre¤ vues par des calculs et analyses pousse¤ es de mes positions plane¤ taires, je n’avais pourtant jamais suppose¤ qu ’elles s ’accompagneraient de conditions si se¤ ve' res et si risque¤ es. Je m’e¤ tais imagine¤ jadis, en effet, qu ’il suffirait d ’y para|“ tre pour y e“ tre un ho“ te bienvenu et estime¤ ; or, maintenant, on me parlait d ’un choix divin dont, pour ma part, je n’avais jamais e¤ te¤ certain d ’e“ tre l’objet. Je de¤ couvrais aussi, plus je m’examinais, qu ’il n’y avait dans ma te“ te qu ’incompre¤ hension et aveuglement concernant les choses cache¤ es; que je n’e¤ tais pas non plus capable de saisir les choses les plus simples que j ’avais pourtant a' faire chaque jour. Que j ’e¤ tais encore moins destine¤ par la naissance a' percer les secrets de la Nature et a' les pe¤ ne¤ trer; a' mon avis, elle aurait pu trouver un disciple plus vertueux a' qui confier des tre¤ sors si pre¤ cieux, fussent-ils soumis au temps et au changement. Je de¤ couvrais en outre que mon corps, mon comportement exte¤ rieur et mon amour fraternel du prochain n’e¤ taient pas encore vraiment purs et sans taches.

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Il m’apparaissait enfin que l’aiguillon de la chair e¤ tait toujours pre¤ sent en moi, tourne¤ surtout vers la conside¤ ration et le luxe de ce monde et non vers le salut de mes semblables. De ce fait, je supputais sans cesse les moyens d ’accro|“ tre rapidement mon profit personnel, d ’e¤ difier des constructions grandioses, d ’immortaliser mon nom en ce monde, et entretenais bien d ’autres pense¤ es charnelles du me“ me ordre. Cependant, les paroles obscures relatives aux troisTemples me pre¤ occupaient particulie' rement; je n’arrivais pas a' les expliquer, me“ me apre' s mu“res re¤ flexions. Et peute“ tre n’y serais-je pas encore parvenu sans une miraculeuse re¤ ve¤ lation. Oscillant donc de la crainte a' l’espoir, ne trouvant en moi qu ’impuissance et faiblesse ^ de sorte que je ne trouvais aucune aide en moi-me“ me et que l’invitation m’effrayait se¤ rieusement ^ je finis par recourir a' ma voie habituelle la plus su“re: avant de m’adonner au repos, faire la profonde et ardente prie' re que mon bon ange m’apparu“t, par de¤ cret divin, pour me guider dans mon incertitude, comme cela s ’e¤ tait de¤ ja' souvent produit auparavant; ce qui, Dieu soit loue¤ , arriva sous forme d ’un pre¤ cieux et grave avertissement, pour mon bien et pour le bien du prochain.

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Christian Rose-Croix prend conscience de sa propre indignite¤

Christian Rose-Croix a donc recu sa lettre. Et tandis qu’ il en pe¤ ne' tre peu a' peu la signification, une sueur froide l’ inonde. Il reconna|“ t la signature de l’ invitation, il savait depuis longtemps comment elle lui parviendrait : par le de¤ sir de la Gnose, en lui ouvrant son coeur. Mais maintenant que la lettre est la', il se sent extre“ mement de¤ sempare¤ . Mettez-vous a' sa place. Supposons que, vous aussi, vous connaissiez la nature de l’ invitation, que vous sachiez, vous aussi, comment elle vous parviendra ; que votre intelligence et votre orientation concernant l’ Ecole des Myste' res vous permettent de saisir parfaitement de quoi il s’agit ; que vous soyez totalement informe¤ et que vous en ayez comme une vision concre' te. Car cette vision, cette image de l’avenir est concre¤ tise¤ e dans l’ Ecole Spirituelle, e¤voque¤ e par les paroles et les contacts mutuels, et porte¤ e par le champ de force de l’ Ecole. Nous sommes certains que si, maintenant, vous e¤tiez touche¤ par les forces magne¤ tiques nouvelles et que le sceau de l’Ordre e¤ tait grave¤ dans vos globules rouges, au niveau du sternum, vous seriez e¤ galement extre“mement de¤ concerte¤. Parler, philosopher sur les effets d’un tel attouchement, conside¤rer le fait en imagination, est tout autre chose que se trouver face a' l’e¤ve¤ nement, sachant qu’ il n’est pas question de rebrousser chemin. Regardez encore une fois ce passage de la lettre d’ invitation : 84

Sois vigilant, examine-toi. Si tu ne prends un bain de purete¤ , les noces te causeront dommage. Pars: si tu vis dans le pe¤ che¤ , tu seras trouve¤ trop le¤ ger.

Finies, les re“ veries ide¤ alistes, il faut avancer. Si vous ne bougez pas ou si vous faites marche arrie're, des difficulte¤ s surgiront a' coup su“r, tels des maux physiques, des tensions psychiques. Tant qu’un e¤le' ve de l’ Ecole Spirituelle s’obstine a' ide¤ aliser le chemin de la de¤ livrance ou a' en parler, il ne fait qu’endosser un costume d’ initie¤, tisse¤ par lui-me“ me de toutes ses re“ veries, et se regarder dans une glace en disant : ßComment cela me va-t-il ! tandis qu’un autre, qui en fait autant, re¤ pond : ßCela ne te va pas du tout ? Saisissez-vous a' quel point de tels agissements rele' vent de la seule the¤ orie ! Qui a recu le sceau est admis dans un processus au cours duquel le moi ne peut jouer aucun ro“le que celui de la reddition totale, de l’endura*, du de¤pe¤rissement, qu’ il doit re¤ aliser dans la Force de la Gnose. Le candidat est place¤ au centre du processus avec ses qualite¤ s inte¤ rieures du moment et malgre¤ ses manquements et de¤ fauts encore pre¤ sents. Vous pouvez donc vous repre¤senter la de¤solation de C.R.C. de' s qu’ il eut recu le sceau. Que posse' de-t-il en effet ! Certes, le signe de l’Ordre est grave¤ sur son sternum, mais pour le reste il ne constate en lui que re¤ sistance et aveuglement concernant les choses cache¤ es, et son incapacite¤ a' comprendre les choses qui tombent sous le sens, et qu’ il a pourtant a' faire chaque jour ? Il a l’ impression de n’e“ tre bon a' rien et pense qu’on trouverait partout des candidats plus aptes que lui. Son corps, son comportement exte¤rieur, son amour du prochain sont-ils bel et bien purifie¤s ! Ne lui reste-t-il pas quelques convoitises pour les choses de ce monde ! 85

Les paroles obscures relatives aux troisTemples, dont la signification lui e¤ chappe, le frappent surtout ; un temple ou' prier, il conna|“ t cela, un temple ou' s’adonner aux me¤ ditations mystiques, il conna|“ t cela de la me“me manie' re ; un temple ou' se rassembler, il conna|“ t cela aussi ; un temple ou' venir e¤couter, pareillement. Mais un temple qui soit un lieu de travail, ou' entrer comme ouvrier ! Et puis cet avertissement pressant ! Comment s’y retrouver ! Ainsi le nouveau fre' re, ou la nouvelle soeur, oscille entre l’espoir et la crainte. Christian Rose-Croix est dans une grande de¤ tresse inte¤rieure. Il s’examine a' tout instant mais ne de¤ couvre en lui que faiblesse et impuissance. Conscient de ne pouvoir rien faire pour lui-me“ me, il est de¤ concerte¤ par l’avertissement menac ant qu’ il vient de lire. C ’est la raison pour laquelle il recourt au moyen le plus su“r qu’ il emploie habituellement : avant de s’adonner au repos, prier instamment et ardemment, afin que son bon ange, par de¤ cret divin lui apparaisse pour le guider dans son incertitude ; ce qui arrive, Dieu soit loue¤ , comme souvent de¤ ja' auparavant. C.R.C. se soumet a' la seule reddition de soi requise d’un ve¤ ritable e¤ le've : non pas la reddition en tant que me¤thode culturelle, mais l’abandon de soi a' la gra“ce comme a' la disgra“ ce, avec l’espe¤ rance que le chemin vous sera montre¤ inte¤rieurement. Pour finir, encore quelques remarques sur le ßbon ange. De quoi, de qui s’agit-il ! Nous ne pouvons en parler ici longuement : le sujet nous me' nerait sur un tout autre terrain. Qu’ il nous suffise de dire qu’un ange est une force naturelle, un e“ tre naturel vivant dans l’espace de notre champ de vie, un point focal du septie'me cercle aural. Le bon ange en question est donc une force, qui se de¤ veloppe gra“ce aux e¤ changes ayant lieu entre un e¤le' ve et un foyer directeur du sixie'me cercle magne¤ tique. Tous nos faits et gestes dialectiques, pre¤sents et passe¤ s, cre¤ ent, 86

autour de nous et en nous, un champ de force. De me“me pour toute la vie gnostique. De ce fait, nous avons donc un bon ange et un mauvais ange qui, aux moments marquants de la vie, nous aident ou nous contrecarrent. Faire appel, instamment, ardemment, a' son bon ange, c’est donc crier de toute son a“ me : ßJe ne sais plus ce que je dois faire, Seigneur, viens-moi en aide ? Alors arrive la re¤ponse de la Gnose, par l’ interme¤ diaire du champ de force du Bien qui s’e¤ tend autour de nous. Et l’ inte¤ resse¤ recoit une impression du chemin a' suivre, ge¤ ne¤ ralement en re“ve ou dans une vision.

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Sito“ t endormi, j ’eus l’impression de me trouver, avec d ’innombrables autres hommes, dans la tour obscure d ’une prison, attache¤ a' de lourdes cha|“ nes. Il n’y avait pas le moindre rayon de lumie' re, et nous grouillions comme un essaim d ’abeilles, aggravant encore nos maux les uns les autres. Je n’y voyais pas plus que mes compagnons, cependant je percevais que certains s ’efforc aient de s ’e¤ lever par-dessus les autres, quand leurs cha|“ nes ou leurs fers e¤ taient un tant soit peu plus le¤ gers. Cela dit, personne n’avait beaucoup d ’avantage sur les autres; nous e¤ tions comme une grappe de raisin, tous pendus les uns aux autres. Etant reste¤ s longtemps ensemble dans cette mise' re, nous traitant mutuellement d ’aveugles et de forc ats, nous entend|“ mes enfin la sonnerie d ’un grand nombre de trompettes, accompagne¤ es de coups de timbales si alertes que cela nous re¤ jouit et nous re¤ conforta dans notre malheur. Au son de cette musique, le couvercle de la tour fut souleve¤ et un peu de lumie' re tomba sur nous. Il aurait fallu voir alors cette bousculade ? Nous grouillions pe“ le-me“ le, au point que celui qui s ’e¤ tait un peu e¤ leve¤ au-dessus des autres tombait sous leurs pieds. Chacun cherchait la position la plus e¤ leve¤ e, et moi-me“ me, sans he¤ siter, malgre¤ mes lourdes cha|“ nes, je luttai pour me de¤ gager et me hissai sur une pierre que j ’avais pu atteindre. Mais la' aussi, attaque¤ a' plusieurs reprises, je me de¤ fendis de mon mieux, des pieds et des mains. Nous n’avions qu ’une seule pense¤ e: serions-nous tous libe¤ re¤ s !

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Le Re“ ve de Christian Rose-Croix

Christian Rose-Croix, l’ homme marque¤ au coeur du sceau de l’Ordre, est appele¤ , avons-nous dit, a' un travail de re- cre¤ ation, la transfiguration, processus auquel il doit s’abandonner tout entier. Mais se conside¤ rant comme parfaitement indigne, incapable, non pre¤ pare¤, il ne sait plus que faire. Nous en avons explique¤ longuement les raisons. A bout de forces, il s’endort et, pendant son sommeil, il fait un re“ ve qui lui explique clairement sa situation. Il lui semble se trouver, avec beaucoup d’autres, dans la tour d’une prison obscure, lourdement charge¤ de cha|“ nes. Pas le moindre rayon de lumie're n’y pe¤ne'tre et les prisonniers grouillent comme un essaim d’abeilles. Chacun tente de s’e¤lever audessus des autres, quand leurs cha|“ nes ou leurs fers sont un tant soit peu plus le¤gers. Personne n’y voit rien, tout est te¤ne'bres. Les prisonniers ne peuvent se rendre compte de la lutte que par l’ou|« e et le toucher. Aucun n’a d’ailleurs beaucoup d’avantage sur les autres, car tous sont suspendus les uns aux autres, comme une grappe de raisin, comme un essaim d’abeilles. Voila' comment C.R.C. de¤peint la re¤ alite¤ du monde dialectique : un chaos grouillant d’ individus e¤gocentriques. Et, comprenez-le bien, tous sans exception sont, fondamentalement, structurellement et sensoriellement, dans la me“ me situation. Il n’y a aucune diffe¤rence entre eux. Cette foule qui se bat est compose¤ e d’entite¤ s posse¤ dant un atome-e¤ tincelle d’ Esprit, et Christian Rose-Croix en fait partie. Tous ressentent leur 89

extre“me mise' re, c’est chose certaine ; et tous essaient de s’approprier une meilleure place. Ils sont plonge¤ s dans les te¤ne'bres parce qu’ ils ne voient pas les causes de leur mise' re. Ils perc oivent leur mise' re, mais n’en savent pas l’origine ; c’est pourquoi ils se querellent et s’accusent les uns les autres violemment. Vous savez tous combien cette description de la re¤alite¤ est exacte et comple'te. Dans ce monde, par exemple, on pourrait aligner a' perte de vue les mouvements, les groupes et les e¤ glises qui s’adressent les reproches les plus virulents et tentent de s’approprier la place la plus e¤leve¤ e. Une telle place se de¤finit du point de vue e¤ conomique, social, politique ou religieux, et s’e¤ value d’apre' s le nombre d’adhe¤ rents. Mais la re¤ alite¤, c’est que cette foule grouille dans le trou du cachot et non pas en dehors ? En d’autres mots : la condition est la me“ me, et reste la me“me, pour tous, quoi qu’ ils fassent. Cependant personne ne le voit en raison de l’obscurite¤ ; et la lutte continue inde¤finiment entre les hommes qui, a' ce moment pre¤ cis, sont dans l’e¤tat de C.R.C., sans parler des autres. Soudain la situation change. Tandis que tout le monde se traite d’aveugle et de forc at, la sonnerie de nombreuses trompettes et des coups de timbales retentissent. Mais la lutte ne change pas. Tous ces gens pleins d’angoisse continuent d’agir de la me“ me manie're. La lutte, cependant, provoque l’e¤ puisement et, malgre¤ le co“te¤ ne¤gatif, une sorte de purification, une sorte d’ane¤ mie. Le sang perd quelque chose de son ardeur, et un homme ane¤ mie¤ gagne de la sensibilite¤ . La personnalite¤ obtient ainsi quelque re¤ ceptivite¤ a' un autre champ magne¤ tique. Il ne s’agit donc, ici, ni de me¤ rite ni de compre¤ hension, mais d’une conse¤ quence de la lutte. Celui qui obtient quelque perception des radiations gnostiques n’est donc ni change¤ ni e¤leve¤ , mais juste sensibilise¤ par les circonstances de la vie dialectique. Ensuite nous lisons qu’au moment ou' trompettes et timbales re90

tentissent, le couvercle de la tour est souleve¤ , ce qui fait tomber un peu de lumie're a' l’ inte¤ rieur. La sensibilite¤ cro|“ t en me“me temps que l’e¤ puisement ; elle se transforme en sensibilite¤ a' la nouvelle Lumie' re, se traduisant par un de¤ sir du sang, une exaspe¤ ration du sang ; dans cette Lumie're, on voit mieux que jamais auparavant l’e¤ tat ou' l’on se trouve.* Chacun s’efforce de s’e¤lever et, dit C.R.C., moi-me“ me, sans he¤ siter, malgre¤ mes lourdes cha|“ nes, je luttais pour me de¤ gager et me hissai sur une pierre que j ’avais pu atteindre. Mais la' aussi, attaque¤ a' plusieurs reprises, je me de¤ fendis de mon mieux, des pieds et des mains. Nous n’avions qu ’une seule pense¤ e: serions-nous tous libe¤ re¤ s ! Etre sensible au Tout Autre n’a donc pas pour cause une perfection quelconque, mais l’e¤ puisement ; non pas un changement de l’e“tre, mais une sorte d’ane¤mie ; la cause n’est pas non plus une franc-mac onnerie personnelle, puisque tous ces prisonniers sont encore solidement encha|“ ne¤ s. Et voila' que, dans cette situation, la situation d’ innombrables personnes, se de¤ veloppe sans cesse la possibilite¤ d’e“tre secouru, donc en dehors de tout me¤ rite personnel. Ne vous leurrez pas en ce domaine : nul n’est meilleur que l’autre, personne n’est bon, pas me“ me un. Quelle consolation, pour C.R.C., tourmente¤ par sa propre imperfection apre's avoir rec u le sceau de la Fraternite¤ ? Il n’y a personne qui puisse faire partie de l’Ordre sur la base de ses propres me¤ rites. ßTous s’en sont e¤ loigne¤ s, dit l’ Ecriture Sainte. Personne ne doit donc e¤ prouver de sentiment d’ infe¤riorite¤. L’action de la Fraternite¤ universelle consiste a' faire descendre * Dans l’ histoire, c ’est toujours le cas, par exemple apre' s un grand conflit. Des livres paraissent alors pour de¤ masquer ou conjurer, assortis de re¤ solutions a' appliquer. Les foules, a' bout de forces. en viennent a' bien voir les conditions de leur vie ; puis, de nouveau, une lutte e¤ clate, d’une toute autre sorte, une lutte d’apre' s-guerre, mettant les dernie' res forces en jeu.

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une corde. Et cela a' sept reprises. A chaque pe¤ riode d’e¤ puisement de l’ humanite¤ , la Fraternite¤ salvatrice exe¤ cute ce travail septuple, qui s’exprime, en outre, par la cre¤ation d’une Ecole Spirituelle. Et le re¤ sultat d’une telle activite¤ , c’est naturellement d’’e de¤clencher de nouvelles luttes, qui font rage, des plus monstrueuses aux plus ignobles. Mais revenons maintenant a' C.R.C.: Il aurait fallu voir alors cette bousculade ? Chacun voulait la position la plus e¤ leve¤ e, et moi-me“ me, sans he¤ siter, malgre¤ mes lourdes cha|“ nes... je me de¤ fendis de mon mieux, des pieds et des mains ?

Le fait me“ me d’avoir rec u le sceau de l’Ordre ne signifie encore aucune e¤ le¤ vation. Les porteurs de boutons de rose, frappe¤s, brise¤ s dans leur moi, donc e¤puise¤ s, ane¤ mie¤s, sont peut-e“ tre les plus grands pe¤ cheurs ; jusque-la' leur lutte ne diffe' re des combats ordinaires que dans la mesure ou' ils ne la me'nent pas a' des fins dialectiques, mais pour se libe¤ rer, dans quelque sens que ce soit. Ceux qui ont rec u le sceau de l’Ordre n’ont donc pas le moindre me¤ rite dont ils puissent se vanter. lls rec oivent le grand et merveilleux privile' ge de suivre le chemin de la vraie de¤ livrance. Le sceau est une preuve d’admission, non par le me¤ rite mais par la gra“ ce. Bien qu’ il ne soit pas le signe d’une e¤ le¤ vation, le sceau de l’Ordre est effectivement la preuve d’une se¤ paration, d’un affranchissement de la nature dialectique. Sur cette base, l’e¤ le've peut commencer le Grand Oeuvre. Vous avez sans doute compris que l’ Ecole Spirituelle de la Jeune Fraternite¤ Gnostique, particulie'rement en Europe, est l’ institution qui jette les sept cordes au fond du cachot de la vie pre¤ sente.

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Or il en alla tout autrement. En effet, les seigneurs qui nous regardaient d ’en haut, par l’ouverture de la tour, s ’e¤ tant quelque peu divertis de nos ge¤ missements et fre¤ tillements, un vieillard aux cheveux blancs nous ordonna de nous tenir tranquilles. De' s que nous eu“mes obe¤ i, il prononc a les paroles suivantes, pour autant que je m’en souvienne: Si seulement le genre humain n’avait pas vise¤ trop haut, il aurait rec u de grands biens, par la justice de ma Me' re. Puisqu ’il n’en fait qu ’a' sa te“ te, il reste dans de grands tourments, et prisonnier de la nuit. Or ma Me' re bien-aime¤ e ne veut pas tenir compte de sa me¤ chancete¤ et fait briller dans la Lumie' re ses merveilleuses richesses. Mais pour qu ’elles gardent leur valeur, elle ne le fait que rarement. D ’ordinaire, elles sont prises pour des fables.

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En l’honneur de la fe“ te, ce¤ le¤ bre¤ e aujourd ’hui, elle multiplie ses gra“ ces: une bonne oeuvre s ’accomplira. De' s lors une corde descendra, et qui s ’y accrochera, la liberte¤ trouvera. De' s qu ’il eut prononce¤ ces paroles, laVe¤ ne¤ rable Dame ordonna a' ses serviteurs de faire descendre sept fois la corde dans la tour et de remonter ceux qui y resteraient accroche¤ s. Dieu me permette de de¤ crire en de¤ tail l’agitation qui nous saisit: chacun voulait s ’emparer de la corde et, par la' me“ me, empe“ chait les autres d ’en faire autant. Cependant, sept minutes s ’e¤ tant e¤ coule¤ es, une clochette donna un signal ; les serviteurs hisse' rent alors quatre personnes cette premie' re fois. Perche¤ sur une pierre contre la paroi de la tour, pour mon plus grand malheur, comme je l’ai de¤ ja' dit, j ’e¤ tais dans l’impossibilite¤ de m’approcher de la corde qui pendait au milieu, hors de ma porte¤ e. On redescendit la corde une deuxie' me fois. Mais les cha|“ nes de la plupart e¤ taient trop lourdes et leurs mains trop faibles pour s ’y tenir accroche¤ s, de sorte qu ’en tombant ils entra|“ naient beaucoup de ceux qui auraient peut-e“ tre pu s ’y cramponner. Plus d ’un, oui, furent de¤ croche¤ s par d ’autres qui n’e¤ taient pas parvenus a' se hisser, tant nous e¤ tions envieux les uns des autres dans notre grande mise' re. Mais j ’avais surtout pitie¤ de ceux dont le poids e¤ tait si grand qu ’ils eurent les mains arrache¤ es et ne purent donc pas remonter. 94

Ainsi advint-il que, les cinq premie' res fois, un petit nombre seulement fut ramene¤ . En effet, le signal sito“ t donne¤ , les serviteurs halaient la corde si vite que la plupart retombaient les uns sur les autres. La cinquie' me fois, d ’ailleurs, la corde remonta a' vide. Aussi la majorite¤ d ’entre nous, dont j ’e¤ tais, commencions a' de¤ sespe¤ rer d ’e“ tre de¤ livre¤ s et implorions Dieu d ’avoir pitie¤ de nous et de nous libe¤ rer de ces te¤ ne' bres; sur quoi, quelques-uns furent exauce¤ s. Car, lorsque la corde redescendit pour la sixie' me fois, plusieurs s ’y agrippe' rent fermement et, lorsqu ’elle se balanc a en remontant, elle s ’approcha aussi de moi, sans doute par la volonte¤ divine. En ha“ te, je la saisis, de sorte que je me trouvai au-dessus de tous les autres et qu ’ainsi, contre toute attente, je sortis enfin de la tour. Mon bonheur e¤ tait si grand que je ne sentis pas la blessure qu ’une pierre pointue m’avait faite a' la te“ te dans la remonte¤ e, avant d ’avoir aide¤ a' hisser la corde pour la septie' me et dernie' re fois (comme cela s ’e¤ tait fait toutes les fois pre¤ ce¤ dentes). L’effort fit couler le sang sur mes ve“ tements mais, dans ma joie, je ne m’en aperc us point. Lorsqu ’on remonta la corde pour la dernie' re fois, le plus grand nombre y e¤ tait enfin accroche¤ ; alors la Ve¤ ne¤ rable Dame la fit emporter et enjoignit a' son fils, un homme d ’un grand a“ ge (ce qui m’e¤ tonna beaucoup) d ’envoyer un message aux autres prisonniers. Apre' s un instant de re¤ flexion, il dit ces mots: Chers enfants ici rassemble¤ s, ce qui e¤ tait pre¤ vu depuis longtemps, est enfin accompli, et, par la Gra“ ce de ma Me' re, accorde¤ a' vos amis. 95

Ne soyez pas envieux de leur sort, un temps heureux va biento“ t commencer, ou' tous les hommes seront e¤ gaux, et ou' il n’y aura plus ni pauvres ni riches. Celui dont il est beaucoup exige¤ , devra beaucoup oeuvrer. Celui a' qui il est beaucoup confie¤ , devra beaucoup se de¤ penser. Laissez la' vos lamentations: il n’y en a plus pour longtemps ? Ces paroles prononce¤ es, le couvercle fut remis sur le puits et verrouille¤ , tandis queretentissaient a' nouveau trompettes et timbales. Mais le son des instruments n’e¤ tait pas assez puissant pour couvrir les lamentations des prisonniers de la tour, ce qui me fit venir les larmes aux yeux. Peu apre' s, laVe¤ ne¤ rable Dame s ’assit avec son fils sur des sie' ges dispose¤ s a' cet effet et ordonna de compter les de¤ livre¤ s. Apre' s avoir pris connaissance de leur nombre, elle l’inscrivit sur une tablette jaune d ’or et demanda le nom de chacun d ’entre nous, qu ’un page nota e¤ galement. Puis elle nous regarda les uns apre' s les autres et soupira en disant a' son fils, de telle sorte que je pusse l’entendre clairement: ßAh ? que j ’ai pitie¤ des pauvres gens de la tour. Plu“t a' Dieu que j ’eusse re¤ ussi a' les de¤ livrer tous ? Son fils re¤ pondit alors: ßMe' re, Dieu en a dispose¤ ainsi et nous ne saurions nous y opposer. Si nous e¤ tions tous des seigneurs, posse¤ dant tous les biens de la terre, et e¤ tions assis a' table, qui nous servirait le repas ! 96

Apre' s quoi la Me' re se tut; mais elle reprit biento“ t: ßDe¤ livrons donc ces gens de leurs fers, ce qui fut fait a' l’instant. J ’e¤ tais presque le dernier de la file et, a' la diffe¤ rence des autres, je ne pus me retenir de faire une re¤ ve¤ rence a' laVe¤ ne¤ rable Dame, et de remercier Dieu qui, par son interme¤ diaire, avait bien voulu, dans sa gra“ ce paternelle, me porter des te¤ ne' bres a' la lumie' re. D ’autres suivirent mon exemple et s ’incline' rent devant laVe¤ ne¤ rable Dame. Enfin chacun se vit remettre, comme viatique, une me¤ daille comme¤ morative en or, ou' e¤ taient grave¤ s, d ’un co“ te¤ , le Soleil levant et de l’autre ^ pour autant que je m’en souvienne ^ les trois lettres D. L. S. *Chacun put ensuite prendre conge¤ , retourner a' ses occupations, avec cette mission: servir son prochain pour la gloire de Dieu et taire ce qui lui avait e¤ te¤ confie¤ . Nous en f|“ mes la promesse et nous se¤ para“ mes. A cause des blessures cause¤ es par mes fers, je n’avanc ais qu ’avec peine et boitais des deux jambes. LaVe¤ ne¤ rable Dame le remarqua aussito“ t, se mit a' rire, m’appela pre' s d ’elle et me dit: ßMon fils, ne t ’afflige pas de ton infirmite¤ , mais souviens-toi de tes faiblesses et remercie Dieu de te permettre d ’avoir part, de¤ ja' en ce monde et malgre¤ ton imperfection, a' une Lumie' re si e¤ leve¤ e; garde ces blessures pour l’amour de moi.

* cf. p. xxv.

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A ce moment, la sonnerie de trompette retentit a' nouveau, ce qui m’effraya au point de me re¤ veiller. Alors seulement je m’aperc us que tout n’avait e¤ te¤ qu ’un re“ ve, mais il e¤ tait si profonde¤ ment grave¤ dans ma conscience qu ’il continuait a' me pre¤ occuper et que j ’avais l’impression de sentir encore les blessures de mes pieds. Quoi qu ’il en fu“t, je comprenais bien que Dieu me donnait d ’assistera' la ce¤ le¤ bration de noces secre' tes et myste¤ rieuses; aussi, avec une confiance enfantine, je remerciai Sa Divine Majeste¤ , la priant de me garder continuellement dans le respect que j ’avais pour elle, de combler journellement mon coeur de sagesse et de compre¤ hension et de le guider, par sa Gra“ ce, jusqu ’au but souhaite¤ , sans me¤ rite aucun de ma part.

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5

La corde salvatrice

Nous avons explique¤ dans quelles circonstances et pour quelles entite¤ s l’ Ecole Spirituelle actuelle engage et accomplit cette oeuvre. C ’est un travail septuple, le travail des sept cordes jete¤ es au fond du cachot. Il faut se repre¤ senter la corde comme une ligne de force magne¤ tique, un courant de force magne¤tique, au moyen duquel s’accomplit le travail. Nous avons dit que l’e¤ puisement du sang, chez l’ homme, le rendait sensible a' des forces magne¤ tiques diffe¤ rentes, ce dont il prenait en me“ me temps quelque conscience. Le sang, vous le savez sans doute, a sept aspects, sa composition est septuple. Le sang doit donc arriver a' e¤puisement de septuple manie' re. Par conse¤ quent, il y a sept groupes, dont l’aspiration et la lutte diffe' rent, et sept sensibilite¤s diffe¤ rentes a' l’activite¤ de la Fraternite¤ , laquelle oeuvre de facon septuple. C ’est ainsi qu’ il existe sept Ecoles Spirituelles diffe¤rentes, e¤ parses dans le champ du monde, travaillant si possible pour les sept groupes, et donc des hommes susceptibles de commencer de tout autre fac on que nous. Pour chacun de ces groupes qui aspirent, luttent et se battent dans le cachot, une chance raisonnable d’e¤ chapper aux griffes de la mort est donc offerte. Les sept cordes ne sont pas jete¤es simultane¤ ment. Les sept lignes de force magne¤ tique diffe¤ rentes sont rendues actives les unes apre's les autres et progressivement, afin d’obtenir une 99

bonne de¤ cantation et une juste e¤volution. Il appara|“ t clairement, dans le texte, que Christian Rose-Croix ne peut saisir que la ßsixie'me corde, parce qu’ il se tenait sur une pierre, contre le mur de la prison; cela signifie qu’ il a pu e“tre e¤ leve¤ , dans la Force de Christ et par l’ Esprit Saint, en raison de la fermete¤ de ses efforts conscients en direction du but. Un petit nombre seulement, un tre' s petit nombre, est sorti les cinq premie' res fois. Cela est du“ a' la lutte, qui se de¤ montre permanente dans les actes de violence engendre¤ s par la jalousie et la haine, et d’autre part au fait que cinq des sept lignes de force magne¤ tique ne peuvent e¤ lever que tre' s peu d’ hommes. La plupart de ceux qui appartiennent a' ces cinq groupes sanguins sont des e“ tres tellement lie¤ s a' la nature (leurs cha|“ nes sont trop lourdes, leurs mains trop faibles), qu’ ils sont encore inaptes a' e“ tre secourus, bien qu’ ils perc oivent quelque chose de la Lumie' re en raison de l’e¤ tat de leur sang, et y re¤agissent. Cependant des cordes leur sont jete¤ es a' eux aussi, et ils recoivent tous leur chance. Car l’e¤galite¤ des chances pour tous est une des re' gles de l’Ordre. Christian Rose-Croix est remonte¤ par la sixie' me corde ; nous remarquons qu’une pierre pointue le blesse alors a' la te“ te, et qu’ il ne s’en aperc oit qu’au moment ou' il aide a' tirer la septie'me et dernie're corde avec les autres, l’effort faisant suinter le sang sur ses ve“ tements. Quand vous e“ tes touche¤ dans l’atome du c|« ur par la lumie' re magne¤ tique nouvelle de l’ Ecole Spirituelle et que, comme Christian Rose-Croix, vous appartenez au sixie' me groupe sanguin ^ c’est le groupe ou' domine l’amour de l’ humanite¤ et l’amour du prochain ^ une telle blessure a' la te“te brise de¤ ja' les lignes de forces magne¤ tiques de la nature dialectique. Elle symbolise la disparition de ce qui obstruait la fene“tre de l’Ame. Une fois que la corde a e¤ te¤ hisse¤ e pour la dernie' re fois, le cachot est referme¤ pour un temps. Ici, comprenons que l’ Ecole Septuple n’oeuvre pas en permanence, mais qu’une fois sa ta“ che 100

accomplie, elle se retire pour e“ tre remplace¤ e, au bon moment, par un groupe qui appara|“ t exte¤rieurement comme nouveau. C ’est pourquoi nous parlons de l’ Ecole Spirituelle actuelle. Entre deux phases actives sur les sept, il y a toujours une pause, qui se remarque par l’arre“t du travail exte¤ rieur, apre's quoi une Nouvelle Ecole recommence, jeune et dynamique. La de¤cision de la fermeture est prise par le fils de la ßVe¤ ne¤ rable Dame. Cela nous fait penser a' l’expression ßFils de la Veuve. Les ßFils de la Veuve sont des libe¤ re¤ s, des initie¤ s, participant a' la Vie universelle, qui travaillent au sauvetage de l’ humanite¤ . L’expression ßFils de la Veuve est une bonne image. L’ humanite¤ de¤chue faisait partie, jadis, d’un champ de force pur appele¤ ßLa Me' re. Ce champ proce¤ dait de la ple¤nitude divine, et vivait en unite¤ avec le Pe're divin. De' s la chute, cette ßMe' re, fut se¤ pare¤ e du Pe' re et demeura comme veuve. Ce champ-me' re s’efforce de re¤ tablir l’unite¤ brise¤ e en recherchant celui qu’elle a perdu. De's lors, tous ceux qui collaborent a' ce re¤tablissement, tous ceux qui sont dignes d’y participer, sont appele¤ s ßFils de la Veuve. La le¤gende d’ Hiram Habiff en donne un exemple. Dans l’ E¤vangile de Luc, 7, il y a l’admirable histoire du ßfils de la veuve de Na|«m. Na|«m signifie ßprairie, champ, donc un champ de travail de la Fraternite¤. Or, dit-on, voila' que le fils de la’’ veuve est mort. Alors Je¤ sus s’avance et l’e¤ veille d’entre les morts. ßEt le mort s’assit, et se mit a' parler et Je¤ sus le rendit a' sa me' re. Quand l’une des activite¤ s des ßFils de la Veuve cesse, on en donne toujours connaissance sous forme d’une exhortation au courage : ßHommes, cessez vos lamentations, il n’y en a que pour quelques jours. Biento“t reviendra un temps heureux, ou' tous seront e¤gaux, non au sens dialectique, mais dans un sens nouveau ! On peut jouer au sentimental et dire : ßQuel malheur que le sauvetage de l’ humanite¤ de¤chue n’ait lieu que par a'-coups ! 101

Mais le fait que certains ne puissent pas e“tre sauve¤s durant une certaine pe¤ riode d’activite¤ , en raison de l’e¤ tat de leur sang, montre par la' -me“ me la ne¤ cessite¤ d’une pe¤ riodicite¤ dans les efforts de sauvetage entrepris par la Gnose. Il faut que le sang des hommes soit rendu re¤ceptif a' l’activite¤ de la Lumie're, et que la force de perse¤ ve¤rer soit suffisante. C.R.C. poursuit son re“ ve. Tous ceux qui ont e¤ te¤ sortis du puits sont de¤livre¤ s de leurs cha|“ nes et rec oivent une me¤daille d’or, dont ils auront l’usage pendant le voyage. D’un co“te¤ est repre¤ sente¤ le soleil levant, de l’autre les lettres D. L. S.Tous les rescape¤ s retournent a' leur travail, avec le devoir de servir leur prochain pour l’amour de Dieu, et de garder le silence sur ce qu’on leur a confie¤. Ils en font la promesse. A ce moment, la sonnerie de trompette se fait entendre de nouveau, sur quoi Christian Rose-Croix se re¤veille, sort de son re“ve, et comprend. Il comprend qu’ il ne faut pas s’ inquie¤ ter de sa faiblesse. Quiconque rec oit le sceau de l’Ordre rec oit en me“ me temps une chance absolument nouvelle. Le passe¤ est efface¤ . Cet homme est de¤ livre¤ de ses fers. Christian RoseCroix rec oit un viatique sous forme d’une pie' ce de monnaie. D’un co“te¤ flamboie l’aurore qui point, le nouveau matin. C ’est sur le soleil levant que le voyageur doit orienter sa boussole. De l’autre co“te¤ de la pie'ce, se trouvent les trois lettres D. L. S.:Deus, Lux Solis, ce qui donne a' entendre que le candidat est, dans son corps physique, lie¤ a' la Gnose, Deus. Il en re¤ sulte qu’ il a, en lui, la lumie' re, Lux, d’une vie nouvelle. Il appartient donc a' la Nouvelle Fraternite¤ , Fraternitas Solaris, la Fraternite¤ du Soleil. On pourrait dire aussi que ces trois lettres repre¤ sentent le Pe' re, le Fils et le Saint-Esprit : Deus: le Pe' re, Lux: la Lumie' re du Fils, Solacium: la force de la gra“ ce du Consolateur. 102

Sur cette base, base immense, chacun peut commencer son voyage et le couronner de succe' s. Nous espe¤ rons ardemment que, gra“ ce a' ce qui pre¤ ce' de, vous pourrez, vous aussi, lecteur, saisir la cle¤ de votre propre chemin.

Pie'ce de monnaie recue par C.R.C. pour son voyage.

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La'-dessus, je me pre¤ parai au voyage, me reve“ tis de lin blanc et ceignis mes reins d ’un ruban rouge sang, que je croisai sur mes e¤ paules. A mon chapeau, je mis quatre roses rouges, pour me faire reconna|“ tre plus facilement dans la foule. Comme provisions, je pris, sur les conseils d ’un sage, du pain, du sel et de l’eau, dont je me servis a' des moments de¤ termine¤ s, non sans profit. Avant de quitter ma hutte, je tombai a' genoux ainsi e¤ quipe¤ de mes habits de noces, priant Dieu de me guider, quoi qu ’il du“t m’arriver, vers une bonne fin. Et je promis a' la face de Dieu que, si quelque chose m’e¤ tait re¤ ve¤ le¤ par sa Gra“ ce, je ne l’emploierais point pour obtenir honneur et prestige en ce monde, mais pour la gloire de son Nom et au service de mon prochain. Apre' s ce voeu, je quittai ma cellule dans l’espoir et la joie.e

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Christian Rose-Croix se pre¤ pare au voyage

Apre' s toutes les expe¤ riences du premier jour, et surtout a' cause de son re“ve, C.R.C. sait qu’ il lui est accorde¤ de se rendre a' la ce¤ re¤monie myste¤ rieuse et secre' te des noces. L’appel a' venir aux noces n’est pas un fait exte¤ rieur, mais une expe¤ rience inte¤rieure tre' s profonde, a' la suite de laquelle une compre¤hension mu“rit, de¤ peinte dans le re¤ cit sous forme d’un re“ ve. Nous connaissons tous l’extre“me importance de la compre¤ hension. Comprendre un processus par lequel on doit passer est de¤ ja' une expe¤rience en soi. Mais il faut apprendre a' bien faire la distinction entre la compre¤ hension intellectuelle et la pe¤ne¤tration inte¤ rieure dont il est question ici. Comprendre intellectuellement est une activite¤ dialectique du cerveau c’est se charger la me¤ moire d’une certaine manie're. C ’est un phe¤nome'ne de la conscience, inhe¤ rent a' l’ homme ne¤ de la nature, un processus base¤ , entre autres, sur les proprie¤te¤ s du sang ; et le sang constitue un des e¤le¤ments animateurs de notre vie. On peut se charger intellectuellement la me¤ moire de choses les plus insense¤ es, voire d’absurdite¤ s les plus e¤ normes ; de choses qu’on assimile une fois seulement et qui doivent e“ tre rejete¤ es plus tard. Le savoir intellectuel n’est donc jamais la sagesse. Par conse¤ quent, un homme tre' s intellectuel n’est pas un sage. Son existence est dirige¤ e par son savoir intellectuel, dont les acquisitions s’accumulent dans sa me¤ moire. La conscience du moi re¤ussit a' faire coope¤rer la te“ te et le syste' me foie-rate*. L’a“ me105

sang joue alors le ro“le d’ interme¤ diaire et le coeur n’est qu’un appareil a' pomper le sang. L’ Homme ve¤ritable, c’est l’ homme dirige¤e par l’Ame ve¤ ritable. Or l’Ame ne peut accomplir son oeuvre qu’au moyen d’expe¤ riences, et ce n’est que par les expe¤ riences que la compre¤ hension mu“rit. La compre¤ hension est donc une acquisition inte¤ rieure. Seule cette acquisition inte¤rieure peut activer le cerveau correctement, de la manie' re pre¤ vue originellement, et charger la me¤ moire, ainsi qu’un autre centre de¤ nomme¤ centre de la sagesse, de fac on libe¤ratrice. Il est tre' s difficile pour l’ homme actuel, qui n’est qu’une apparence d’ homme, d’ imaginer pour lui un tel e¤ tat. Toute la vie dialectique est re¤ gie par des foces qui agissent en sorte que l’a“ me ne profite jamais des expe¤riences ve¤cues, que les expe¤riences soient toujours interpre¤ te¤es de fac on inexacte, et servent exclusivement a' la conservation de la vie personnelle, centre¤ e sur le moi. La vie dialectique s’oppose donc a' la loi naturelle, et contraint l’e“ tre a' servir le moi par une volonte¤ et une activite¤ mentales de¤ raisonnables. Les conse¤ quences sont : mise' re, peine, amerture, emprisonnement durable de l’Ame ve¤ ritable. Car l’a“me-sang de l’ homme dialectique ne joue plus qu’un ro“le purement organique, elle n’est plus qu’un simple e¤le¤ ment du corps physique. Et le corps abritant la personnalite¤ plie sous les coups de fouet de la conscience ce¤ re¤ brale : le moi. La conscience de l’Ame n’existe plus. L’Ame ve¤ ritable est un tre¤ sor perdu, un organe qui n’a jais e¤ te¤ utilise¤ pour sa ve¤ritable destination, et n’a jamais eu la chance de s’e¤panouir. On voit maintenant clairement que, pour qu’ il y ait noces alchimiques, immortalite¤ re¤ elle de l’ homme et re¤ surrection d’une humanite¤ nouvelle, il faut avant tout e“ tre dote¤ d’une a“ me re¤ ellement vivante. L’a“ me endommage¤ e, en le¤ thargie depuis si longtemps, doit reprendre vie. Les yeux de l’a“me, qui sont morts, doivent a' nouveau s’ouvrir. Une ve¤ritable conscience de l’a“ me doit na|“ tre et exercer un pouvoir absolu sur la 106

conscience du cerveau. Alors seulement la transfiguration devient possible. L’ humanite¤ entie' re est, depuis tant de sie'cles, si de¤ grade¤e par une conscience prive¤ e de raison et de morale que la personnalite¤ totale, comple' tement de¤ ge¤ ne¤ re¤e, est devenue inhumaine jusqu’en sa racine, jusqu’en sa semence. C ’est pourquoi, il faut d’abord que la conscience de l’Ame ve¤ ritable s’e¤veille, puis naisse. Alors seulement l’entite¤ pourra commencer a' gue¤rir du grand mal cause¤ a' la personnalite¤ . Cette gue¤ rison est appele¤e noces alchimiques et commence a' Bethle¤ em, a' la naissance de l’Ame ve¤ ritable. La naissance de l’Ame a essentiellement lieu au cours du premier jour des noces alchimiques, il est donc ne¤cessaire que le candidat ait acquis d’abord quelque compre¤ hension, sans le secours d’aucun guide intellectuel. Cette pe¤ ne¤ tration inte¤rieure s’acquiert gra“ ce a' un nouvel e¤ tat sanguin, par l’ irruption des forces de rayonnement gnostiques dans le sang, par les courants de l’Ame ve¤ ritable. La re¤ceptivite¤ a' ces phe¤ nome' nes provient de l’aspiration a' la Gnose, et ce qui engendre cette aspiration, ce sont les expe¤ riences ame'res ^ expe¤ riences actuelles ou bien he¤ ritage de l’e“ tre aural donc he¤ ritage non parental, ou les deux a' la fois. C ’est par une telle aspiration, qui vient des profondeurs du sang, que l’ homme rec oit les influences de la Gnose. Le coeur n’est plus alors une simple pompe. Car les influences gnostiques, une fois admises dans le sang, agissent sur la conscience ce¤ re¤ brale ; celui qui s’y soumet peut alors se laisser guider par ces influx nouveaux, qui travaillent son sang, et c’est le premier signe, en lui, d’une naissance possible de l’Ame, le premier sympto“me d’une nouvelle conscience de l’Ame. (L’ hypophyse agit par la te“ te au niveau de la conscience ce¤ re¤ brale, par la Rose du coeur au niveau de la conscience de l’a“ me.) Donc l’appel aux noces alchimiques proce' de d’une aspiration, et d’un processus qui e¤veille la compre¤ hension profonde. C.R.C. le de¤crit sous forme d’un re“ve. Dans ce processus, 107

l’e¤le' ve voit et vit cet appel en perspective, et en saisit la signification avec le coeur et la te“te. Sa compre¤ hension s’approfondit encore. Une telle acquisition doit e“tre assez solide pour engendrer un acte libe¤ rateur. Et c’est alors la fin du Premier Jour des Noces Alchimiques. L’e¤le' ve e¤ prouve, comprend inte¤rieurement que la Gnose le dispose a' prendre part aux noces secre' tes. C ’est pourquoi il est plein de confiance et de reconnaissance, de¤ termine¤ qu’ il est a' parcourir le chemin. Nous voyons maintenant, a' la lumie' re de l’e¤ tat de¤crit cidessus, que le re¤ cit de C.R.C. est le te¤ moignage d’un e¤ le' ve de cette qualite¤ . Quoi qu’ il en fu“t, je comprenais bien que Dieu me donnait d’assister a' la ce¤ le¤ bration de noces secre' tes et myste¤ reuses ; aussi, avec une confiance enfantine, je remerciai Sa divine Majeste¤ , la priant de me garder continuellement dans le respect que j’avais pour elle, de combler journellement mon coeur de sagesse et de compre¤ hension et de le guider, par sa Gra“ce, jusqu’au but souhaite¤ , sans me¤ rite aucun de ma part. La' dessus, je me pre¤ parai au voyage, me reve“ tis de lin blanc et ceignis mes reins d’un ruban rouge sang que je croisai sur mes e¤ paules. A mon chapeau, je mis quatre roses rouges pour me faire reconna|“ tre plus facilement dans la foule. Comme provisions, je pris, sur les conseils d’un sage, du pain, du sel et de l’eau dont je me servis a' des moments de¤termine¤ s, non sans profit. Avant de quitter ma hutte, je tombai a' genoux ainsi e¤quipe¤ de mes habits de noces, priant Dieu de me guider, quoi qu’ il du“t m’arriver, vers une bonne fin. Le ve“ tement de lin blanc que met C.R.C. montre qu’ il s’est purifie¤ et pre¤ pare¤ pour les processus a' venir. La preuve en est le ruban rouge sang passe¤ deux fois sur le sanctuaire du coeur, puis sur les deux e¤ paules et sur le syste' me du foie et de la rate. L’a“mesang est donc ouverte a' la gnose. Les quatre roses repre¤ sentent le Carre¤ de construction sur la 108

Pierre d’angle, Je¤sus-Christ, c’est-a' -dire : de¤ vouement ine¤ branlable, intelligence active, harmonie cre¤ atrice, abne¤gation et comportement sacerdotal, base¤ s sur la force de l’Ame et e¤ claire¤ s par elle. L’ homme qui peut mettre ces quatre roses a' son chapeau ^ c’est sa vie qui le de¤montre ^ sera toujours reconnu dans la foule. Les Myste'res gnostiques feront ne¤cessairement avancer le processus pour un tel homme. Il progressera de force en force. C ’est dans l’e¤tat d’e“ tre de la premie're pre¤paration que prend fin le premier jour. C.R.C. promet, a' la face de Dieu, de ne pas de¤ tourner a' son profit ce qui lui sera re¤ ve¤ le¤, mais d’en faire usage pour la gloire de Dieu et le service de son prochain. Car telle est la caracte¤ristique de cet e¤tat nouveau, du nouvel e¤ tat du sang, de la possession de la Rose. C.R.C. commence donc ainsi le Deuxie'me Jour, avec du pain, du sel et de l’eau, triple viatique qui l’a soutenu jusqu’a' ce point. Nous reviendrons sur la signification de ce viatique.

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Le deuxie' me jour

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De' s que je sortis de ma cellule et arrivai dans la fore“ t, il me sembla quele ciel entier et tous les e¤ le¤ ments s ’e¤ taient pare¤ s pour ces noces. A mon sens les oiseaux chantaient plus joliment que jamais et les faons sautaient si gaiement alentour que mon vieux coeur bondit de joie et qu ’entra|“ ne¤ par leur exemple: je me mis a' chanter a' pleine voix: Re¤ jouissez-vous, chers petits oiseaux, et louez votre Cre¤ ateur. Elevez vos chants si clairs et purs, jusqu ’a' Dieu au plus haut des cieux, Il a de¤ ja' pre¤ pare¤ votre nourriture, il vous la donnera en temps voulu. Soyez-en donc satisfaits. A quoi bon vous affliger, et vous plaindre de ce que Dieu vous a faits petits oiseaux ! Ne soyez pas trouble¤ s Il ne vous a point faits hommes ! Contentez-vous de votre sort. Et soyez satisfaits. Et moi, alors, ver de terre disputerai-je avec Dieu ! Avec violence, dans la tempe“ te ce¤ leste, lutterai-je contre le Grand Art ! Car nul ne contraint Dieu. Ici, qui ne vaut rien passe son chemin. O hommes, soyez-en satisfaits ? 111

Il ne vous a pas faits empereurs ! N’en soyez pas vexe¤ s. Son Nom, l’auriez-vous offense¤ ! A cela re¤ fle¤ chissez. L’oeil de Dieu est clairvoyant il voit jusqu ’au fond des coeurs, nul se saurait le tromper. Je chantais du fond du coeur, si bien que toute la fore“ t en re¤ sonnait et que les montagnes renvoyaient l’e¤ cho de mes dernie' res paroles. Enfin, j ’aperc us une belle et verdoyante prairie. Sur quoi, je quittai la fore“ t et me dirigeai de ce co“ te¤ -la' . Dans cette prairie se dressaient trois ce' dres magnifiques, si larges qu ’ils offraient une ombre pre¤ cieuse et bienvenue, ce dont je me re¤ jouis fort, car, bien que je ne fusse gue' re avance¤ , mon ardent de¤ sir m’avait rapidement fatigue¤ . Je me ha“ tai donc vers ces arbres pour m’y reposer quelque peu. De' s que je me fus approche¤ , mon regard tomba sur un e¤ criteau fixe¤ a' l’un d ’eux. J ’y lus rapidement les mots suivants, trace¤ s en lettres orne¤ es: ßDieu te prote' ge, invite¤ ? Si jamais la nouvelle des noces royales est venue a' tes oreilles, alors me¤ dite les paroles que voici: Il existe quatre chemins que l’Epoux te propose au choix par notre entremise. Ces quatre chemins me' nent jusqu ’au cha“ teau du Roi, a' condition de ne pas s ’e¤ garer sur des voies de¤ tourne¤ es. Le premier est court mais pe¤ rilleux, car il est plein d ’e¤ cueils sur lesquels tu peux facilement e¤ chouer.

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Le deuxie' me est plus long, a' cause de ses longs de¤ tours, mais il est certain qu ’il ne va pas dans la mauvaise direction. Il est plat et facile, a' condition de ne de¤ vier ni a' droite ni a' gauche, et cela a' l’aide d ’une boussole. Le troisie' me est la vraieVoie royale, car il re¤ conforte le coeur par toutes sortes de joies et de spectacles princiers. Cependant, jusqu ’a' ce jour, un homme seulement sur des milliers est parvenu a' le suivre. Par le quatrie' me chemin, il n’a e¤ te¤ permis a' nul mortel d ’atteindre le but, car sa puissance consume, et seuls des corps incorruptibles peuvent le supporter. Choisis donc lequel des trois tu veux suivre et n’en de¤ vie plus. Sache bien, cependant, que le chemin sur lequel tu poseras le pied t ’est attribue¤ par le destin ine¤ luctable et aussi qu ’il est interdit, au pe¤ ril de ta vie, de revenir en arrie' re sur un seul de tes pas. Voila' ce que nous voulions te faire savoir. Si tu prends a' la le¤ ge' re ce se¤ rieux avertissement, tu parcourras le chemin au milieu des plus grands dangers, avec force plaintes et lamentations. Si tu te sais coupable de la moindre infraction aux lois du Roi, fais demitour pour autant que cela soit possible et retourne en ha“ te chez toi, en reprenant le chemin par lequel tu es venu ?

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Les quatre chemins

Le Premier Jour des noces alchimiques est passe¤ et Christian Rose-Croix quitte sa cellule, plein de joie, pour commencer son voyage vers la salle des noces. Le Premier Jour devait le libe¤ rer de ses cha|“ nes e¤ le¤mentaires. Nous sommes libe¤re¤ s de ces cha|“ nes quand l’a“ me, dans son principe me“ me, pour commencer avec le fluide sanguin, est suffisamment e¤ tablie dans le sanctuaire de la te“te, et que l’ homme devient capable de de¤ velopper une force absolument nouvelle assez grande pour perse¤ ve¤ rer et faire ce que le voyage exige de lui. Vous le savez maintenant, cette force n’est pas le simple re¤ sultat d’une de¤ cision, d’un projet bien re¤ fle¤ chi ou de conside¤ rations d’ordre sentimental, mais doit e“ tre engendre¤e par la qualite¤ de l’a“ me, dont le sie'ge est le sang et la conscience. De' s que l’a“ me devient votre guide, par la ple¤ nitude gnostique qui impre' gne le sang, vous e“ tes libe¤re¤ des cha|“ nes e¤ le¤ mentaires, et le voyage ainsi que le processus peuvent commencer. Mais e“ tre libe¤re¤ des cha|“ nes e¤ le¤mentaires ne signifie pas encore e“ tre libe¤ re¤ de toutes les difficulte¤s du chemin menant aux noces. Il serait absurde de pre¤tendre cela. Votre e¤tat est encore bien loin d’e“ tre ide¤al en raison de votre naissance dialectique dans la matie' re ; mais la possibilite¤ de re¤aliser cet ide¤al est pre¤ sente. Et le processus de re¤ alisation prend la forme d’un voyage de Bethle¤ em a' Golgotha. Lorsque les difficulte¤ s se pre¤sentent, n’est-ce pas merveilleux 114

de pouvoir se dire, parce qu’on le sait de fac on absolue : ßLes difficulte¤ s existent, c’est inde¤ niable, mais elles n’auront pas raison de moi. Je posse' de la force inte¤ rieure de passer outre. Nul besoin de se faire du souci, d’e“ tre inquiet, d’avoir peur. Il faut seulement la certitude et le calme inte¤ rieurs, et comprendre comment diriger le bateau au milieu des e¤ cueils. Mais le fait d’e“ tre libe¤ re¤ de ses cha|“ nes cache encore une difficulte¤, et c’est la' que le Deuxie'me Jour donne des pre¤ cisions. Il y a des e“tres qui, par nature, sont tre's su“rs d’eux, se sentent tre' s forts, et qui pourraient penser : ßJe fais tout, je peux tout, je sais tout. Rien ne peut m’arre“ ter. A l’ heure actuelle, certaines me¤ thodes e¤ ducatives dialectiques tendent a' donner de l’assurance a' l’enfant de' s son jeune a“ge. Il ne s’agit la' , cependant, que d’une culture dialectique fonde¤e sur l’ ignorance et la violence. On pourrait, en effet, confondre cet e¤ tat d’e“ tre avec celui d’une personne libe¤ re¤e de ses cha|“ nes et assez mu“re inte¤ rieurement pour supporter toutes les difficulte¤s au sens de la Gnose. C ’est pourquoi celui qui se dispose a' suivre le chemin doit savoir sur quoi se fond cette libe¤ ration des cha|“ nes terrestres. Il doit l’apprendre par l’expe¤ rience, le comprendre en profondeur jusque dans le sang. C ’est la seule manie' re de savoir si l’on a effectivement ve¤ cu le Premier Jour. A ce’’tte fin, C.R.C. se met en route avec grand enthousiasme, grande joie et marche en chantant. Il traverse d’abord une fore“ t, puis arrive dans une belle prairie verdoyante, ou' se dressent trois ce' dres magnifiques. Sur l’un d’eux, il de¤ couvre un panneau donnant des indications sur les quatre chemins qui me' nent a' la salle des noces. Ainsi se pre¤ sente la premie' re difficulte¤ : lequel de ces chemins doit-il choisir ! Pour chacun, il y a du pour et du contre. Nous voyons C.R.C. dans l’ inde¤cision, ne sachant plus que faire. La certitude, transmise par son re“ ve, d’e“ tre de¤ livre¤ , libe¤ re¤ de sa prison, le tranquillise, mais il para|“ t manquer encore a' ce 115

moment d’une juste vision inte¤ rieure du chemin. Observons maintenant la situation et analysons-la'. Nous voyons clairement que l’a“me doit vivre d’un savoir expe¤ rimental et d’une conscience nouvelle. Le savoir du“ a' l’expe¤ rience permet de tirer des conclusions et de comprendre avec certitude les choses qui vont venir. En conse¤ quence, on peut y trouver des directives sur le chemin a' suivre. C ’est ainsi que C.R.C. se met en route, sachant par expe¤ rience qu’ il pourra faire le voyage. Mais il n’a pas encore fait l’expe¤ rience du chemin lui-me“ me ? Il ne fait que suivre un ligne directrice. Quand un homme arrive a' de¤ gager une ligne directrice a' partir de son expe¤rience, il a toujours l’espoir de re¤ ussir. C ’est ainsi que, dans ces dispositions, C.R.C. sort de la fore“ t et arrive dans une verte prairie. La couleur verte symbolise ici l’espe¤ rance. Plein d’entrain, C.R.C. se ha“te donc vers les trois ce' dres, pour se reposer un peu sous leur ombre. Que symbolisent ces trois ce' dres ! Nous savons que leTemple de Salomon e¤ tait fait en bois de ce' dre. Le bois de ce'dre joue un grand ro“le dans la Bible. C ’est l’expression qui de¤signe le mate¤ riau le plus beau, le plus noble et le plus solide qu’on puisse employer pour une construction. Les trois ce'dres, sur la verte prairie de l’espe¤ rance, forment un sanctuaire, un sanctuaire inte¤ rieur. On peut les comparer au Triangle du tapis magique de l’accomplissement universel ; ils repre¤sentent les trois premiers aspects de la Gnose, qui se manifeste : 1. dans le sang, 2. dans la Lumie're qui nous touche, 3. dans la compre¤ hension inte¤rieure libe¤ ratrice. Guide¤ par l’espe¤ rance, C.R.C. me¤ dite sur le Triangle qui se re¤ve' le en lui. Dans ce sanctuaire inte¤ rieur, la Gnose peut e¤ tablir sa demeure. Elle peut utiliser ce sanctuaire. Et tout en me¤ ditant, C.R.C. de¤ couvre, au de¤but du voyage, ce qu’on appelle la tabula 116

mercurialis, le tableau qui lui donne des indications, c’est-a' -dire la compre¤ hension nouvelle qui parle dans son for inte¤ rieur. La voix de l’Ame l’avertit par ces mots : ßDieu te prote'ge, Invite¤ ? Tu as entendu parler du chemin, tu es invite¤ par le Roi. Porte ton attention sur les quatre chemins. Le premier est court mais pe¤ rilleux. Le deuxie'me est long, plat et facile, a' condition de se diriger avec une boussole et de ne de¤vier ni a' droite ni a' gauche. Mais il fait de longs de¤ tours ? Le troisie'me est la vraie Voie royale, mais jusqu’a' ce jour un homme seulement sur des milliers est parvenu a' le parcourir. Le quatrie'me est inaccessible aux mortels, seuls des corps incorruptibles peuvent le supporter. Quels sont donc ces chemins, tous les quatre si difficiles et si dangereux ! Remarquez ici que vous ne pouvez suivre que le chemin qui vous est destine¤ , le chemin pour lequel vous e“ tes mu“r et qui correspond a' votre e¤tat. Mais comment savoir lequel est le vo“tre ! Comment C.R.C. raisonne-t-il pour sortir de son incertitude et comment, a' ce moment-la' , parvient-il a' la nouvelle conscience, forme¤e par l’expe¤ rience !

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Je n’avais pas plus to“ t lu cet e¤ criteau que toute ma joie disparut, et moi qui chantais si gaiement un moment auparavant je commenc ai a' pleurer ame' rement. Je voyais bien trois chemins devant moi et je comprenais qu ’il me serait donne¤ , le moment venu, d ’en choisir un, mais je craignais de prendre celui qui e¤ tait encombre¤ de roches et de pierres et d ’y trouver une mort lamentable; ou si c ’e¤ tait la longue route qui m’e¤ tait de¤ volue, de m’e¤ garer, ou encore d ’avoir un accident au cours de ce lointain voyage; je ne pouvais pas non plus espe¤ rer e“ tre justement celui qui, parmi des milliers, choisirait laVoie royale. Je voyais aussi devant moi le quatrie' me chemin, mais il e¤ tait tellement environne¤ de flammes et de vapeurs que je ne m’aventurai pas de son co“ te¤ . Je me demandai longtemps si j ’allais m’en retourner ou choisir l’une des quatre voies. Bien conscient de mon indignite¤ , je me consolais sans cesse en pensant au re“ ve ou' j ’e¤ tais de¤ livre¤ de la tour, sans trop m’y fier pourtant. J ’he¤ sitai si longtemps entre toutes ces possibilite¤ s qu ’un profond e¤ puisement, ainsi que la faim et la soif surprirent mon corps. Je sortis donc mon pain et le coupai en morceaux. Ce que vit une colombe blanche comme neige, perche¤ e sur un arbre, que je n’avais pas encore remarque¤ e et qui descendit comme elle le faisait peut-e“ tre souvent; elle se posa en toute confiance a' co“ te¤ de moi, je partageai donc mon pain avec elle. La colombe le prit et sa beaute¤ me re¤ conforta de nouveau un peu. Mais un corbeau noir, son ennemi, l’aperc ut, fondit aussito“ t sur elle, et comme ce n’e¤ tait pas mon morceau de pain qu ’il voulait mais le sien, elle ne put que prendre la fuite.

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Ils s ’envole' rent tous deux en direction du midi, ce qui m’attrista et me fa“ cha a' tel point que, sans re¤ fle¤ chir, je pourchassai l’insolent corbeau et qu ’ainsi je m’engageai contre ma volonte¤ dans la voie pre¤ destine¤ e, sur la longueur d ’un champ d ’une acre environ, chassai le corbeau et de¤ livrai la colombe. Alors je me rendis compte que j ’avais agi sans re¤ fle¤ chir et que j ’e¤ tais de¤ ja' engage¤ sur un chemin qu ’il m’e¤ tait interdit de quitter sous peine d ’un lourd cha“ timent. Je me serais console¤ si, a' mon grand regret, je n’avais pas laisse¤ , au pied de l’arbre, mon baluchon avec mon pain, que je ne pouvais plus aller chercher. Car a' peine me retournai-je que souffla dans ma direction un vent si violent qu ’il manqua de me renverser. Cependant, si je continuais ma route, je ne le sentais pas du tout. J ’en conclus aise¤ ment que me retourner contre le vent me cou“terait la vie. Je pris donc patiemment ma croix sur mes e¤ paules, me mis en route et de¤ cidai, puisqu ’il devait en e“ tre ainsi, de tout mettre en oeuvre pour arriver avant la nuit.

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La rencontre de la colombe et du corbeau

Il y a donc quatre chemins qui conduisent au but pre¤liminaire du voyage de C.R.C. Il les aperc oit devant lui. L’un d’eux lui est destine¤ ; cela veut dire que tout homme doit exe¤cuter l’acte libe¤ rateur juste, inspire¤ par une a“ me vivante libe¤ ratrice. Voici maintenant une question importante : comment un e¤ le've qui commence a' montrer cette qualite¤ d’a“me peut-il prendre toujours le bon chemin, sans se tromper ! Les e¤sote¤ ristes dialectiques pensent qu’ il n’y a que deux voies : celle de la te“ te et celle du coeur. Autrement dit : la voie occulte et la voie mystique. Or il existe quatre chemins de de¤livrance : 1. le chemin e¤ sote¤rique, 2. le chemin de l’e¤ volution, 3. Ie chemin de la magie gnostique, 4. le chemin astral. Par chemin e¤sote¤ rique, nous ne de¤ signons pas ce qu’on entend par la' a' notre e¤poque : la culture du moi et le de¤veloppement de certaines qualite¤ s par des exercices et des efforts contraignants, comme la pratique du yoga et tout ce qu’on inclut sous ce nom. Certainement pas non plus un entra|“ nement exclusivement scientifico-intellectuel, ou' le coeur, l’aspect mystique, ne joue pas le moindre ro“le. Non, nous de¤signons ainsi la possibilite¤ , fonde¤ e sur une qualite¤ inte¤rieure ve¤ ritable pre¤ sente de's la naissance, donc provenant du passe¤ du microcosme, de parvenir 120

au cours d’une seule vie (c’est-a'-dire en un nombre d’anne¤ es relativement restreint) a' une totale reddition de soi et a' une transfiguration prodigieuse, en mobilisant et en utilisant toutes les qualite¤ s inte¤ rieures ; la possibilite¤ , par conse¤ quent, d’entrer de haute lutte dans le Royaume. L’ Ecriture Sainte dit de tels hommes qu’ ils font violence au Royaume des Cieux. Ils sont repre¤sente¤ s avec justesse comme des empereurs et des rois dans Les Noces Alchimiques. Sur ce chemin, il y a de si grands dangers : e¤gocentrisme, imperfection, e¤ garement, et de¤ gradation si totale qu’elle atteint les atomes me“ mes du corps, que de¤ cide¤ ment, on doit le de¤ conseiller me“ me s’ il e¤ tait praticable. Nous appelons le deuxie'me chemin, le chemin de l’e¤ volution. C ’est la voie de de¤veloppement de ceux qui re¤agissent a' l’appel inte¤ rieur au re¤ veil par une intense aspiration et s’efforcent de purifier et d’e¤ lever leur vie ; mais c’est la personnalite¤ qui est vue comme l’animal a' cultiver et a' e¤ lever. De tels hommes s’emparent avidement de tout ce qui respire la beaute¤ , la purete¤ et le raffinement inte¤ rieur comme nourriture vitale, en sorte qu’a' la longue, par l’e¤ panouissement et la croissance de la vie inte¤ rieure, l’amour du prochain et l’engagement since' re au service des hommes apparaissent. Il va de soi qu’une telle sublimation du comportement de¤ veloppe e¤ galement des qualite¤ s d’a“ me, mais comme la compre¤hension libe¤ratrice fait de¤faut, le chemin de la de¤ livrance n’est pas de¤ couvert, et l’on s’avance sur une base errone¤ e : celle de la culture de la personnalite¤ . De nombreuses vies pleines d’expe¤ riences sont ne¤ cessaires sur ce chemin plat et facile, le long duquel, toutefois, par manque du juste entendement, nous pouvons faire mille de¤tours, tourner en rond par mille de¤viations et nous e¤ garer sur mille voies sans issue, pour que la conscience finisse par reconna|“ tre qu’ il y a des limites infranchissables, et que l’a“ me, e¤ puise¤ e d’errer et de recommencer sans arre“t, se souvienne a' nouveau de l’ Esprit et se dirige vers lui. 121

L’ Ecole Spirituelle conna|“ t aussi des personnes qui, malgre¤ des qualite¤ s inte¤ rieures excellentes, leur amour et leur de¤ vouement, frappent par leur passivite¤ en ce qui concerne le chemin, leur manque total ou presque d’action sur elles-me“ mes. Leur comportement en tant qu’e¤ le' ves est d’ailleurs irre¤ prochable, mais encore de¤ nue¤ de ce qui est justement ne¤cessaire a' la grande re¤alisation : le juste entendement, poussant a' l’action sur soi au sens de la Gnose, le ve¤ritable esprit de franc- mac onnerie personnelle, l’acte magique qui libe' re. C ’est pourquoi de tels e¤le' ves devront mu“rir par l’expe¤rience au cours de leur apprentissage, jusqu’au moment ou' ils de¤ couvriront la nature ve¤ritable et les exigences du chemin de libe¤ ration que suit Christian RoseCroix. Le quatrie' me chemin est exclu pour nous. Il ne peut e“tre suivi que par des entite¤s montrant, apre' s leur mort, tant de qualite¤ s propres a' l’Ame nouvelle, et une telle orientation inte¤rieure qu’elles peuvent se maintenir dans le microcosme avec une partie de leur personnalite¤ et se risquer a' confier leur corps astral au feu astral nouveau. Reste le troisie' me chemin, la vraie Voie royale, le chemin de la magie gnostique, le chemin ou' le bouton de Rose s’e¤veille de son sommeil de mort, le chemin qui nous est pre¤sente¤ a' tous, le chemin des vraies joies royales. Toutefois, jusqu’a' ce jour, a' peine quelques-uns sont parvenus a' le suivre jusqu’a' la libe¤ ration finale ; cela parce que le moi joue continuellement de mauvais tours a' l’ homme, qui pre¤ fe' re l’ illusion temporelle au salut e¤ ternel. On veut bien s’astreindre a' gravir l’e¤ chelle sociale pour atteindre une position dans la socie¤ te¤ . On s’ impose a' cette fin les plus grands sacrifices. On prend volontiers de grands risques. Cela va ainsi quelques anne¤ es, jusqu’au jour ou' une crise cardiaque ou un autre mal nous rattrapent, car les maux courent plus vite que nous ? Le refus ou l’acceptation du chemin de la de¤ livrance n’est pas 122

une question de foi ou de manque de foi, comme on l’a pre¤ tendu un jour. Ne vous bercez pas d’ illusions ? Ce qui est ne¤cessaire, c’est l’aspiration profonde a' devenir un homme ve¤ ritable ; sinon on ne veut pas sortir de l’e¤tat animal ordinaire. Ce n’est pas pour rien qu’ il est dit, dans le Sermon sur la Montagne : ßLa' ou' est ton tre¤ sor, la' aussi sera ton coeur. L’ Ecole Spirituelle actuelle correspond tout a' fait au troisie' me chemin, a' la Voie royale, car le deuxie'me et le quatrie'me sont exclus, tandis que le premier n’est valable que pour quelques-uns. Et puisque vous e“ tes e¤le've de cette Ecole, veillez donc, comme Christian Rose-Croix, a' prendre la route qui me' ne au Temple de l’ Initiation, a' la salle des noces. Devant le choix a' faire, C.R.C. a faim d’une solution ; il en appelle a' ses qualite¤ s inte¤ rieures, a' ce qu’ il a acquis inte¤ rieurement. Il mange de ce pain et le partage avec la colombe blanche. Mais, aussito“t, para|“ t le corbeau noir ? Quand le candidat chemine vers les noces alchimiques, deux voix parlent toujours en lui : les voix des deux natures. La nouvelle nature de l’Ame en formation parle au nom de la Gnose ; l’ancienne nature parle au nom du moi dialectique. Ces deux voix, e¤ videmment, sont toujours oppose¤ es l’une a' l’autre. Il est impossible de les accorder. La lutte, entre elles, durera jusqu’au moment ou' l’ancienne nature dispara|“ tra. Il est extre“mement lassant, et grandement de¤ routant, d’avoir a' e¤ couter ces deux voix. Pour qui en fait l’expe¤ rience et cherche un compromis, donc tente de choisir une voie interme¤diaire, les choses tournent toujours mal. A un moment donne¤ , on se retrouve les mains vides, et me“ me pis que cela. Celui qui a de¤ couvert et ve¤ cu ce phe¤nome'ne, souvent dans la souffrance, prend la re¤ solution de ne plus jamais e¤ couter l’ancienne voix. Donc, il ignorera toujours le corbeau noir, le moi, le protecteur du moi, et il de¤ fendra sans cesse la colombe blanche, l’Ame nouvelle. 123

La voix de la Gnose, la Lumie' re en nous, ne contraint jamais. Elle se soustrait toujours a' la lutte. Elle se contente de vibrer dans la se¤ re¤nite¤. La voix de la nature, en revanche, essaie continuellement d’e¤ clipser l’ influence de l’autre et de nous diriger. Cela cre¤e toujours une tension inte¤ rieure, surtout au moment de prendre une de¤ cision. Dans une telle situation, si l’e¤ le' ve se tourne inte¤ rieurement vers la voix de l’Ame, avec spontane¤ ite¤, donc quand il chasse loin de lui le corbeau noir et veut affermir ses qualite¤s inte¤ rieures pour qu’elles puissent s’exprimer, il s’engage toujours dans le bon chemin, le chemin totalement conforme a' son destin. Il n’y a aucune exception a' la re' gle, me“ me si on a parfois l’ impression du contraire. C ’est un axiome du chemin de Vie : quiconque suit la voix de l’Ame est toujours et invariablement victorieux et be¤ ni, parce que le de¤ veloppement de l’Ame n’est jamais centre¤ sur le moi et fait partie d’un processus menant vers le but prescrit par Dieu. La voix du moi ordinaire est une fiction ; ce n’est qu’en apparence qu’elle vous pre¤ sente un objectif, pour vous en de¤ tourner aussito“t. Le moi est extre“ mement fantasque et toujours solitaire ; et, a' la fin, il ne vous laisse rien que des ruines. La conscience ce¤re¤ brale dialectique est une conscience de soi isole¤ e ; elle conduit l’ homme a' l’ individualisme, a' une immense solitude et, pour finir, c’est comme si elle l’abandonnait dans un mare¤ cage. La conscience de l’Ame, en revanche, prend sa source dans une grande communaute¤, appele¤ e Communaute¤ divine. L’Ame de¤ lie¤ e de ses cha|“ nes a la possibilite¤ de se lier a' la Communaute¤ des Hommes-Ames tout entie' re, ainsi que d’en recevoir la force. Pour autant que votre a“me soit quelque peu e¤ veille¤ e, vous e“tes attire¤ vers cette grande Communaute¤ divine, qui comporte trois aspects. Premie' rement, on parle d’une Communaute¤ du Pe're, la Rose-Croix. C ’est le premier Myste' re gnostique, lequel oeuvre 124

avec la Rose du coeur, l’e¤ tincelle latente de l’ Esprit, qui e¤ veille le vrai mental. Par cette activite¤ , vous e“ tes appele¤ et relie¤ a' la Communaute¤ de Je¤ sus-Christ, la Communaute¤ des Purs ; c’est le deuxie'me Myste' re gnostique, lequel oeuvre avec le nouveau manteau astral et suscite l’orientation vraie. Par cette activite¤ se de¤veloppe alors la Communaute¤ de l’ Esprit-Saint, la Communaute¤ du Saint Graal, troisie' me Myste' re gnostique, lequel oeuvre avec le nouveau corps e¤ the¤rique, le mettant en e¤ tat d’agir de manie're libe¤ ratrice et salvatrice. Celui qui reste, inte¤rieurement, constamment fide' le a' cette triple Communaute¤ , sera toujours vainqueur. C ’est pourquoi l’ Ecriture Sainte la de¤ signe sous le nom de Communaute¤ de la Consolation ? Voila' le moyen de suivre toujours le bon chemin ; et nous voyons comment Christian Rose-Croix emploie inte¤ rieurement ce moyen, de facon spontane¤ e, en dehors de toute de¤ libe¤ ration intellectuelle. En effet, la spontane¤ ite¤ est une exigence absolue. S’ il n’y a pas spontane¤ite¤, il y a e¤chec : l’action rele' ve de la morale the¤ ologique. Telle est donc la base de l’unite¤ de groupe gnostique, la condition pour e“ tre admis dans l’unite¤ de groupe des Hommes-Ames ve¤ ritables, comme la premie' re Ep|“ tre de Jean, 1, 5 -7, y fait allusion ; ßLa nouvelle que nous avons apprise de lui et que nous vous annonc ons, c’est que Dieu est lumie're, et qu’ il n’y a point en Lui de te¤ne'bres. Si nous disons que nous sommes en communion avec Lui, et que nous marchions dans les te¤ ne' bres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la ve¤ rite¤ . Mais si nous marchons dans la lumie' re, comme Il est Lui-me“ me dans la lumie' re, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Je¤ sus son Fils nous purifie de tout pe¤che¤ . Nous avons donc de¤ couvert, dans le re¤ cit, que Christian Rose-Croix se tient sur cette base. En lui, spontane¤ment, il prote'ge la colombe blanche, donc il s’engage sur le bon 125

chemin. Puis il s’apercoit qu’a' un moment donne¤ la nouvelle conscience lui a fait prendre une voie, dans laquelle il ne lui est plus permis de faire me“ me un seul pas en arrie're.Voila' une autre caracte¤ristique de la vie de l’a“ me : les choses faites sont irre¤ vocables. Enfin, Christian Rose-Croix a laisse¤ son sac avec son pain sous l’arbre, et il ne peut plus aller le chercher. De's qu’ il tente de se retourner, un vent si violent s’e¤ le' ve qu’ il lui est impossible de faire front. Que veut-on nous montrer par la' ! Avoir un sac de pain se re¤fe're a' une habitude dialectique tre' s connue. On veut faire des re¤serves de ce qui est usuel. On veut se parer de¤ finitivement contre toute e¤ ventualite¤ . Aucun d’entre nous ne niera que c’est souvent ne¤ cessaire dans la nature de la mort. Il faut compter avec les risques toujours possibles ; par exemple, le risque de manquer de nourriture a' un moment donne¤. En ce qui concerne l’Ame vivante, ce comportement serait, par contre, absolument faux ; en effet, celui qui existe et vit par l’a“me puise a' une source de force vivante et constamment jaillissante ; il ne se trouvera jamais a' court de pain de Vie. En pareille circonstance le sac de pain, pour faire des provisions, est tout a' fait superflu. En outre, l’ Homme-Ame est tenu de rayonner a' l’exte¤ rieur, de distribuer autour de lui, imme¤diatement, tout ce qu’ il libe' re en lui comme force d’Ame vivante. C ’est pourquoi l’ HommeAme est quelqu’un qui ne remet jamais au lendemain ce qu’ il peut faire le jour me“ me. La force de l’a“me afflue de la Source e¤ ternelle, divine, de la grande Communaute¤ des enfants de Dieu. Le pain est ici le symbole du premier Myste' re gnostique, qui oeuvre en collaboration avec la Rose du coeur. Le pain est le produit de la force d’a“me ne¤ e du sang. Posse¤ der cette force de l’a“me signifie travailler avec elle, rayonner avec elle, ici et main126

tenant, et non pas a' la manie're typiquement dialectique : en attendant le moment opportun. C ’est pourquoi Christian RoseCroix avance dans une soumission intelligente vers la prochaine e¤ tape du chemin libe¤rateur. Vous savez que C.R.C. s’est mis en route avec du pain, de l’eau et du sel. Peut-e“ tre est-ce le moment d’expliquer ici ce que Valentin Andreae veut dire par la'. Le Pain de la Vie attire notre attention sur ce que nous venons d’appeler le premier Myste' re, le Myste're de la Rose-Croix. La cruche remplie de l’ Eau de laVie, c’est le deuxie'me Myste' re, le Myste're de la Fraternite¤ des Purs. Le Sel de laVie attire notre attention sur le troisie' me Myste're, le Myste're du Saint Graal. Qui pe¤ ne' tre ces trois Myste' res, qui se met en route avec le pain, l’eau et le sel peut ce¤ le¤ brer la ve¤ritable Sainte Ce' ne. Il est a' me“ me d’accomplir sa re¤ surrection, sa re¤surrection dans la Te“te d’Or, l’aspect le plus e¤ leve¤ du Corps Vivant de l’ Ecole Spirituelle actuelle.

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Malgre¤ de nombreuses bifurcations ^ vraisemblablement des de¤ tours ^ j ’arrivai toujours a' garder la bonne direction gra“ ce a' ma boussole, car je ne voulais pas de¤ vier d ’un pas du me¤ ridien, bien que le chemin fu“t parfois si rocailleux et encombre¤ d ’obstacles que j ’avais souvent des doutes. En marchant, je pensais continuellement a' la colombe et au corbeau, sans en comprendre la signification. Enfin, je de¤ couvris dans le lointain, sur une haute montagne, un portail splendide, vers lequel je me ha“ tai, bien qu ’il se trouva“ t loin, tre' s loin de ma route, que le soleil disparu“t de¤ ja' derrie' re les montagnes et que je n’aperc usse au-dela' ni refuge ni abri. J ’attribuai cela a' Dieu seul, qui aurait tout aussi bien pu me laisser poursuivre ma route en frappant mes yeux de ce¤ cite¤ afin que je ne visse pas le portail ? Comme je l’ai de¤ ja' dit, je me de¤ pe“ chai et l’atteignis alors qu ’il faisait encore jour; je pus donc le contempler rapidement. C ’e¤ tait un portail exceptionnellement beau, un portail royal, orne¤ d ’une multitude de sce' nes et de symboles grave¤ s magnifiques, dont chacun, comme je l’appris plus tard, avait sa signification particulie' re. Tout en haut, e¤ tait fixe¤ e une plaque d ’assez grande taille portant cette inscription: ßProcul hinc, procul ite, prophani ?*et d ’autres paroles encore, qu ’il m’est formellement interdit de re¤ ve¤ ler.

* cf. p. xxxii.

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De' s que j ’arrivai au portail, apparut subitement quelqu ’un qui portait un ve“ tement bleu ciel ; je le saluai aimablement. Il re¤ pondit a' ma salutation mais exigea d ’emble¤ e ma lettre d ’invitation. O que je fus content de l’avoir emporte¤ e avec moi ? J ’aurais pu si facilement l’oublier, comme cela e¤ tait arrive¤ a' d ’autres, a' ce qu ’il me dit. Je lui montrai rapidement la lettre et non seulement il en fut tre' s content mais il me te¤ moigna un grand respect, ce dont je m’ e¤ tonnai fort, et me dit: ßEntrez-donc, fre' re, vous e“ tes pour moi un ho“ te bienvenu ? Ensuite, il me demanda de lui re¤ ve¤ ler mon nom, et quand je lui eus re¤ pondu que j ’e¤ tais un fre' re de la Rose-Croix rouge, il fut tre' s surpris et se re¤ jouit en me“ me temps. Il me demanda alors: ßFre' re, avez-vous de quoi vous acheter un insigne ! Je lui re¤ pondis que ma fortune e¤ tait mince, mais que s ’il trouvait sur moi quelque chose qui lui plu“t, il pourrait bien le prendre. Comme il de¤ sirait ma gourde d ’eau, je la lui offris et il me donna en e¤ change un insigne d ’or, sur lequel e¤ taient grave¤ es deuxlettres: S.C.* Il m’adjura de pensera' lui, car cela me serait tre' s salutaire. Quand je lui demandai combien de personnes e¤ taient entre¤ es avant moi, il m’en informa.

* cf. p. xxxii.

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ßHors d ’ici, indignes ?

Christian Rose-Croix progresse sur le chemin, le chemin qui lui est destine¤ , qui lui a e¤te¤ indique¤ par la voix de l’Ame, a' laquelle il obe¤it spontane¤ ment. L’on nous conte avec quel se¤ rieux, avec quelle pre¤ cision extre“me il se dirige. Il ne veut pas de¤ vier du me¤ ridien, fu“t-ce d’un pas. Il y a tellement de chemins de traverse et la route est souvent si raboteuse et mal fraye¤ e qu’ il doute d’e“ tre sur la bonne voie. Celui d’entre vous qui suit le chemin, apre' s sa visite au sanctuaire inte¤ rieur, le sanctuaire des trois ce' dres, peut comprendre parfaitement cela, et le ressentir avec Christian Rose-Croix. Car, de temps en temps, en cours de route, on doute effectivement d’e“ tre sur la bonne voie. Alors, il n’y a rien d’autre a' faire que d’e¤ couter avec acuite¤ la voix de l’Ame. Et, une fois de plus, l’on verra bien si l’on a assez de foi et de confiance pour la comprendre exactement et parfaitement. Tous les e¤le' ves sur le chemin sont, par moments, en proie a' l’angoisse. L’angoisse est l’un des obstacles majeurs ; elle vient du champ de respiration, de l’e“tre aural. Dans le champ de respiration planent des nuages d’angoisse, qui tentent pe¤ riodiquement de vous submerger. Chaque fois que vous vous laissez envahir par la peur de vivre, par exemple, vous vous engagez sur un chemin de traverse. C ’est pourquoi il faut sans cesse me¤ diter de nouveau la lec on de la colombe et du corbeau, qu’elle soit toujours au centre de votre inte¤ re“ t et de votre vigi130

lance. Guide¤ par la voix de l’Ame et totalement oublieux de vous-me“ me, de¤ vouez-vous en servant. Si vous vivez dans l’oubli de vous-me“ me, l’angoisse n’aura plus de prise sur vous et vous ne penserez donc plus a' vous. Il faut apprendre cela par l’expe¤ rience. La voix de l’Ame a trois tonalite¤s, elle exerce trois actions. Il serait peut-e“ tre plus exact de parler de trois voix. Durant la croissance de l’Ame, trois voix se font entendre progressivement. Elles correspondent a' trois Myste' res, les trois Myste' res gnostiques cite¤ s dans le chapitre pre¤ ce¤ dent. La premie're voix commence a' se manifester quand la radiation gnostique peut pe¤ne¤trer dans le sanctuaire du coeur et, par la Rose, e¤ veiller la compre¤ hension inte¤ rieure dans le sanctuaire de la te“ te. La deuxie' me voix commence a' parler quand la force de cette Ame, la force gnostique, exerce son pouvoir sur votre champ de respiration ; quand la radiation gnostique transperce le manteau side¤ral. L’organe physique correspondant est le foie. La troisie'me voix de l’Ame, qui correspond au troisie'me Myste' re gnostique, commence a' se faire entendre quand le courant de force gnostique touche le corps e¤the¤ rique, lequel travaille en collaboration avec la rate dans le corps physique. La voix de l’Ame parle donc trois langages, celui des trois Fraternite¤ s que nous avons de¤ ja' de¤ signe¤ es comme la Fraternite¤ de la Rose-Croix, la Fraternite¤ des Purs et la Fraternite¤ du Saint Graal. C.R.C. a de¤ja' de¤ montre¤ sa ma|“ trise de l’un de ces trois langages au moins, le langage du coeur, du sternum, le chant de la Rose ; c’est le langage du premier Myste're, qui jaillit du coeur et e¤ veille l’entendement dans le sanctuaire de la te“ te. Et il est clair que celui qui se trouve encore dans le premier Myste're doit entreprendre le processus de pre¤ paration a' l’entre¤ e dans le deuxie' me Myste' re. Le deuxie' me Myste' re attire l’attention sur le manteau astral, le manteau side¤ral, le champ de respiration. 131

La' chacun doit apprendre a' re¤sister a' toutes les forces du champ de respiration et a' les vaincre. Le champ de respiration, le manteau side¤ ral, doit e“ tre comple' tement purifie¤ . A un moment donne¤ , C.R.C. apercoit, dans le lointain, un magnifique portail, le portail du Temple de l’ Initiation, donnant acce' s a' laTe“ te d’Or, le portail ouvrant sur le Temple des Myste' res, le sommet du Septuple Corps Vivant de l’ Ecole Spirituelle actuelle. Ce faisant, Christian Rose-Croix de¤ montre qu’ il est en mesure de parler le deuxie'me langage de l’Ame. Il s’agit ici de sauter de la concience spatio-temporelle a' la conscience omnipre¤ sente, la ve¤ ritable conscience de l’Ame. Celui qui peut effectivement scruter cette conscience voit indubitablement devant lui la porte des Myste' res universels. Au-dessus est fixe¤ un panonceau portant un mot d’avertissement. Ce mot se rapporte a' une e¤ tonnante activite¤ , en rapport surtout avec le foie. Le foie est un organe spe¤ cialement destine¤ a' capter les radiations astrales, dont le corps a besoin notamment pour purifier le sang. Le foie est un organe extraordinairement important pour la purification du sang. Quand l’Ame est ne¤e, donc que la Rose du coeur s’est e¤ veille¤ e et que la force de l’Ame brille dans le sanctuaire de la te“ te, cela signifie aussi que le foie parvient a' exercer une nouvelle activite¤ , car le foie coope're toujours avec le coeur. Ces deux organes de¤ pendent toujours l’un de l’autre. Vous savez que, lorsque la Gnose parvient a' toucher un homme, il en re¤sulte une modification du sang. Pour que cette modification soit durable, il faut que le foie travaille en accord parfait avec le nouvel e¤ tat sanguin. Comme on l’a de¤ja' dit, le foie est un organe de purification. Tout ce qui n’est pas en concordance avec le sang est, pour ainsi dire, expulse¤ par le foie. C ’est pourquoi on comprend que si le processus gnostique ne dure pas, et qu’on en reste a' une seule irradiation du sang, l’ influx gnostique est tout aussito“t chasse¤ du sang par l’activite¤ naturelle du foie. Il faut donc que le foie 132

soit rendu re¤ ceptif a' l’attouchement gnostique, et cela juste au bon moment. A cet effet, la force gnostique traverse le champ astral, le champ de respiration du microcosme. Le foie est enferme¤ dans une sorte de filet. Ce filet est un syste' me d’antennes tre's complexe, destine¤ a' capter toutes sortes de radiations astrales. Ainsi, lorsqu’au cours du deuxie'me Myste' re la Gnose pe¤ne'tre dans le champ de respiration, que le coeur fonctionne de¤ ja' en elle et que le sang devient donc re¤ ceptif, le foie accepte aussi les radiations gnostiques et il est a' me“ me de retenir le fluide gnostique dans le sang. Ce qui pe¤ ne' tre dans le coeur n’est donc plus rejete¤ par le foie, mais au contraire favorise¤ par son activite¤. Nous attirons expresse¤ ment votre attention sur ce phe¤ nome' ne, pour vous faire comprendre qu’a' un moment donne¤ le processus physiologique de l’e¤ le've de la Rose-Croix s’accomplit d’une manie' re tout a' fait diffe¤ rente de celui de l’ homme ordinaire. De' s le de¤ but, les bases de la grande transfiguration sont re¤ellement jete¤ es. C ’est en obe¤ issant a' la voix de l’Ame que C.R.C. atteint donc le portail. La nouvelle activite¤ du foie commence a' se manifester et se trouve tre's fortement stimule¤ e. Des e¤ nergies nouvelles conside¤ rables sont libe¤ re¤ es dans le sang. Vous savez que toutes les e¤ nergies corporelles sont soumises, au plus haut point, a' l’ influence du syste' me foie-rate et en de¤ pendent. Ainsi Christian Rose-Croix s’avance rapidement vers le portail, avec beaucoup d’e¤ nergie, sans plus s’occuper de sa route car, en fait, ce portail se trouve en dehors du chemin qu’ il doit suivre. Voila' une partie tre' s myste¤rieuse des Noces Alchimiques. Le chemin, ce qui est de¤nomme¤ chemin dans Les Noces Alchimiques, n’est rien d’autre que le trace¤ du syste'me du feu du serpent, le chemin qu’ il faut parcourir de haut en bas dans le processus gnostique, contrairement au processus occulte, ou' l’on tente, de' s le de¤ but, de le parcourir de bas en haut, ce qui entra|“ ne toujours les pires de¤ boires. 133

Quand l’Ame est e¤ veille¤e dans le sanctuaire de la te“ te, le chemin doit e“ tre parcouru de haut en bas. Mais, a' un moment donne¤ , au cours de la descente dans le feu du serpent, il faut tourner vers la droite, vers le foie. C’est pourquoi il est juste que C.R.C. apercevant le portail du foie, s’e¤carte de la route et accourre vers lui (faisons remarquer en passant que le chemin qui descend suit le cordon droit du sympathique jusqu’au plexus sacre¤ .* Quand C.R.C. approche, il lit cette inscription, au-dessus du portail : ßHors d ’ici, indignes ? Ce qui veut dire : ßSi vous n’e“ tes pas initie¤ , si vous n’en e“tes pas encore arrive¤ la', ne forcez pas cette voie de de¤ veloppement, car cela vous ferait grand tort. Personne ne peut ni ne doit rien brusquer en ce domaine. Il est manifeste qu’au de¤ but du chemin sur lequel s’engage Christian Rose-Croix, l’accent est mis en premier sur le coeur. De' s que le sanctuaire du coeur est rendu re¤ ceptif a' la Gnose, la transformation commence, une transformation litte¤ralement corporelle. Le sanctuaire du coeur posse' de de nombreux pouvoirs radioactifs. Quand le fluide gnostique nous touche, la structure cellulaire du sanctuaire du coeur se modifie sous l’action d’une nouvelle force radioactive. C ’est pourquoi, une fois engage¤ sur le chemin, il est hautement de¤ conseille¤ de revenir en arrie' re ; en fait, c’est impossible. Les Noces Alchimiques insistent beaucoup sur ce fait. Voila' pourquoi il est dit qu’a' peine Christian RoseCroix tente de se retourner, une violente tempe“te s’e¤le' ve. Quand vous avez commence¤ a' modifier la structure de votre personnalite¤ jusque dans les atomes du corps, il n’est plus possible de dire a' un moment donne¤ : ßA pre¤sent, je vais m’arre“ter la' ? Quand l’organe du coeur s’est accorde¤ aux radiations gnostiques, les radiations dialectiques habituelles finissent, a' la longue, par ne plus pouvoir vous affecter. * Pour plus amples de¤ tails, se reporter a' Un homme nouveau vient de Jan van Rijckenhorgh, Rozekruis Pers, Haarlem, Pays-Bas.

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Vous remarquez ainsi que la transfiguration commence a' s’e¤laborer de' s le de¤but du chemin. Le coeur qui se confie a' la Gnose est toujours d’un type de¤termine¤ . On peut dire exactement la me“me chose du foie. De' s que le foie s’est accorde¤ aux radiations side¤ rales gnostiques et les absorbe, l’e¤ le've est tenu d’employer cette e¤ nergie spe¤ ciale du sang au service de la Gnose. D’ou' l’avertissement, qui parle de lui-me“ me : ßHors d ’ici, indignes ? Christian Rose-Croix arrive ensuite devant le gardien du portail, lequel porte un ve“ tement bleu ciel. (Le bleu est la couleur de la lumie're side¤rale. Le rayonnement du foie est aussi bleu, pre¤cise¤ ment parce qu’ il est en rapport avec les radiations astrales.) Le gardien doit maintenant de¤ couvrir si C.R.C. est digne ou non de participer aux noces alchimiques. C ’est pourquoi il lui demande sa lettre d’ invitation, lettre que Christian Rose-Croix porte sur lui. Si vous vous trouvez dans le premier Myste' re, vous portez tous votre lettre d’ invitation sur vous ? Dans le sanctuaire de votre coeur ? Quand la Gnose vous a touche¤ dans le sanctuaire du coeur, quand les flammes du Feu de la Gnose ont touche¤ votre coeur, quand elles vous ont transperce¤ , le sternum en te¤ moigne ; car ce n’est pas sans raison que le mot sternum veut dire ßqui rayonne. L’e¤ tat du sternum est la lettre vivante qui traduit la qualite¤ de votre vie. Tout candidat, dont l’application est se¤ rieuse, porte cette lettre vivante dans le sanctuaire de son coeur. Quand on vous demande votre lettre d’ invitation, de la part de la Gnose, montrez donc votre coeur ouvert. Si vous e“ tes ainsi dans le premier Myste' re, portant les quatre roses a' votre chapeau, alors, oui, vous e“ tes toujours un invite¤ bienvenu. Cette lettre, donc l’e¤ tat particulier du sternum, est la base qui de¤ termine l’e¤ panouissement de la Rose. C ’est pourquoi il est dit, dans l’ Ecriture Sainte, que Dieu, la Gnose, sonde le coeur. Vous comprenez maintenant cette expression consacre¤ e. 135

Lorsque le coeur te¤ moigne du nouvel e¤tat d’e“ tre, c’est donc bien par ces mots que nous sommes accueillis : ßEntrez donc, Fre' re, Soeur, vous e“ tes un ho“te bienvenu ? Et quand on demande son nom a' Christian Rose-Croix, il re¤pond : ßJe suis un fre' re de la Rose-Croix rouge. La loi de Christ est grave¤ e dans son coeur ; en lui, la Rose rouge du sang s’est e¤ panouie. Un Rose-Croix rouge est avant tout un homme qui s’efforce d’arriver au deuxie'me Myste' re. C ’est pourquoi ce fre' re de la Rose rouge et de la Croix se donne sans he¤ siter le nom de Christian Rose-Croix. Il n’est pas un Rose-Croix, sans plus, non ; l’e¤tincelle d’ Esprit, la Rose, s’est mise, en lui, au service de la Lumie' re astrale de Christ ? Voila' ce que nous voulons dire par la' : le sternum a le pouvoir d’attirer les choses vers lesquelles se porte le de¤sir. Vous ouvrez votre coeur a' vos de¤sirs. En conse¤ quence, vous attirez, par le foie, des forces astrales. Vous e“ tes entoure¤ d’un champ astral puissant, vous vivez dans un oce¤ an side¤ ral impe¤ tueux. A chaque battement du coeur, le foie absorbe des forces side¤ rales. Donc, quand le coeur s’ouvre au myste' re gnostique, une re¤ponse vient toujours, un attouchement se produit, un processus se de¤ clenche. Mais, en me“ me temps, il faut rester tout entier tourne¤ vers Je¤ sus-Christ, notre Seigneur, c’est-a' -dire vers le champ astral de la Gnose. Car ce dont vous avez besoin pour atteindre le but, c’est bien de la force side¤rale du Champ christique, du sixie' me Domaine cosmique, du nouveau Champ de vie. Par conse¤ quent, on ne peut pas se contenter de dire : ßJe suis Rose-Croix, cela ne signifie rien. Il y a, comme vous savez, nombre de groupes qui portent ce nom. Or il n’y a qu’une seule Rose-Croix christique. Il n’y a qu’un seul type d’ homme qui puisse se parer du nom de Christian RoseCroix. Le comprenez-vous ! Ces hommes ne sont pas seulement des fre' res de la Rose-Croix, ils portent le nom de Christian 136

Rose-Croix. Et c’est dans les radiations christiques, dans le champ astral des Hie¤rophantes de Christ, qu’ ils parcourent le chemin. Ainsi Christian Rose-Croix franchit-il le portail, mais il lui faut d’abord acheter un signe distinctif, une me¤daille d’or. Il la recoit en e¤ change de sa gourde d’eau. Comme vous le savez, il s’est mis en route avec du pain, de l’eau et du sel. Son pain, il l’a abandonne¤ sous les ce' dres ; sa gourde d’eau, il l’a laisse¤ e au portail. Car, a' pre¤sent, outre le Pain de Vie, il posse' de aussi en lui l’ Eau de laVie ; il posse' de maintenant lui-me“ me le pain et le vin. Il est devenu maintenant un ve¤ ritable chre¤ tien. Si on ne veut pas, ou si on ne peut pas, e“ tre un chre¤ tien dans ce sens, on reste toujours lie¤ a' la nature dialectique. Par conse¤quent si, profonde¤ ment inte¤ resse¤ , vous avez ouvert votre coeur a' la Gnose, mais non pas dans le sens positif et parfaitement chre¤ tien, non pas dans le de¤sir absolu de l’autre Royaume, sans faire le don total de vous-me“ me, alors vous demeurez un homme du type dialectique ordinaire qui, a' un moment donne¤, est comme un vase plein ou' l’on ne peut plus rien verser. Le grand courant sanguin qui se de¤ verse du foie par la veine porte est toujours compare¤, dans l’ Enseignement universel, a' un courant d’eau ou a' du vin.Vous, e¤ le' ve de l’ Ecole des Myste' res, faites en sorte d’e“ tre un jour capable de canaliser ce courant de force nouveau ? Pensez ensuite a' la Sainte Ce' ne, ou' l’on offre au candidat le pain et le vin. Voici de quoi il s’agit : lorsque quelqu’un entre dans l’ Ecole de la Rose-Croix actuelle, il n’est pas seulement relie¤ a' un enseignement mais a' une force.Vous recevez toujours deux forces. A chaque service deTemple, le pain et le vin vous sont offerts, vous sont dispense¤ s ; le pain afin d’accomplir le premier processus du coeur ; le vin de l’ Esprit, l’ Eau de la Vie, afin de pourvoir provisoirement a' la fonction re¤ ge¤ ne¤ ratrice du foie, cet organe n’e¤tant pas en mesure d’assurer sa nouvelle fonction chez l’e¤le' ve de¤ butant. C ’est avec ce viatique que l’on doit essayer 137

d’aller le chemin. Le don du pain et du vin sustente et re¤ conforte au de¤but du chemin. Mais, bien su“r, en ce qui concerne l’auto-re¤alisation, on attend de vous que vous deveniez le plus vite possible votre propre autorite¤ en la matie' re ; que vous soyez capable de vous procurer directement le pain et le vin. Au de¤but, le pain et le vin sont offerts comme mate¤riau gnostique de construction de l’Ame, afin de pouvoir commencer le travail. Cependant, aussito“t que le portail s’ouvre de lui-me“ me, cette e¤nergie provisoire indirecte est remplace¤ e par une e¤ nergie side¤rale directe. C ’est pourquoi, au gardien du premier portail, Christian Rose-Croix doit donner la gourde d’eau, a' laquelle il s’est de¤salte¤ re¤ jusqu’alors ; a' pre¤ sent, il n’a plus besoin de re¤confort ; du point de vue gnostique il est devenu autonome. La preuve en est qu’ il rec oit un signe distinctif, une pie' ce d’or, sur laquelle sont grave¤ es deux lettres seulement, S et C, initiales des mots Spes Charitas. Nous aimerions vous les traduire ainsi : ßL’ Espe¤rance bien fonde¤ e de la manifestation de l’Amour divin est maintenant a' vous. Mais reprenons le fil de nos explications. Disons ceci : anime¤ d’un profond de¤sir de la Gnose, vous pe¤ne¤trez le premier Myste' re ; en conse¤quence la Rose du coeur s’ouvre et le fluide gnostique envahit votre sang. Puis la lumie're nouvelle s’allume dans le sanctuaire de votre te“ te ; ce dont te¤ moigne le ruban rouge sang que vous pouvez passer en croix sur vos e¤ paules et les quatre roses que vous pouvez porter a' votre chapeau. Et ainsi vous vous mettez en route.Vous ne vous contentez pas de marcher simplement en direction des Myste' res, vous e“ tes surtout anime¤ d’un vif de¤sir d’acce¤ der au Myste' re christique c’est-a'-dire a' la patrie originelle, le champ astral de la Gnose. De ce fait, une nouvelle activite¤ se de¤ veloppe dans le champ de respiration. Le foie y puise de nouvelles forces, lesquelles renouvellent le sang de jour en jour, de sorte que vous recevez tou138

jours plus d’e¤ nergie pour suivre le chemin et perse¤ ve¤ rer. Celui qui accomplit ainsi, inte¤rieurement, le deuxie'me Myste' re, peut nourrir l’espe¤ rance bien fonde¤e de la manifestation de l’Amour divin. L’Amour divin, l’Amour universel est l’e¤nergie la plus haute, la plus noble, la plus pure ; c’est gra“ce a' lui que s’accomplit aussi le troisie' me Myste' re, le Myste' re du Graal, et que se de¤ veloppe la magie de l’Amour. A cet effet, Christian Rose-Croix posse' de encore un troisie' me pouvoir d’emprunt, le sel. Mais, comme nous allons le voir, il faut biento“t qu’ il l’abandonne.

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Enfin, il me donna, par pure amitie¤ , une lettre scelle¤ e pour le deuxie' me gardien. Comme je m’e¤ tais un peu attarde¤ aupre' s de lui, la nuit e¤ tait tombe¤ e, de sorte qu ’on alluma biento“ t, au-dessus du portail, un grand re¤ cipient rempli de poix, afin que, si quelqu ’un e¤ tait encore en route, il pu“t se diriger vers lui. Le chemin qui menait directement au cha“ teau e¤ tait clos des deux co“ te¤ s par de hauts murs et plante¤ de beaux arbres fruitiers de toutes espe' ces. En outre, de part et d ’autre, se dressaient trois arbres auxquels e¤ taient accroche¤ es des lanternes, dont toutes les lumie' res avaient de¤ ja' e¤ te¤ allume¤ es avec une torche splendide par une belle jeune fille e¤ galement habille¤ e de bleu. Spectacle si superbe et si exquis qu ’il me retint plus longtemps que ne¤ cessaire. Toutefois, apre' s avoir rec u d ’amples renseignements et des e¤ claircissements utiles, je pris cordialement conge¤ du premier gardien. En cours de route, j ’e¤ tais curieux de conna|“ tre le contenu de la lettre, mais comme je ne devais pas soupc onner le gardien de de¤ sobligeance, je contins ma curiosite¤ et poursuivis ma route jusqu ’a' l’autre portail. Il e¤ tait presque identique au premier, mais orne¤ de sculptures diffe¤ rentes, d ’une signification myste¤ rieuse. Sur la plaque fixe¤ e en haut e¤ tait e¤ crit: ßDate et dabitur vobis ?*

* Donnez, et il vous sera donne¤.

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Sous ce portail e¤ tait couche¤ un lion terrifiant attache¤ par une cha|“ ne. De' s qu ’il me vit, il se leva et m’accueillit avec de forts rugissements. Cela re¤ veilla l’autre gardien, e¤ tendu sur un bloc de marbre, qui m’exhorta a' n’avoir ni inquie¤ tude ni peur, chassa le lion qui recula et prit la lettre que je lui tendis en tremblant. L’ayant lue, il dit avec un grand respect: ßBienvenue, au nom de Dieu ? Vous e“ tes l’homme que, depuis longtemps de¤ ja' , j ’aurais aime¤ rencontrer ? Il sortit en me“ me temps un insigne en me demandant si j ’avais de quoi l’e¤ changer. Comme je n’ avaisrien d ’autre sur moi que mon sel je le lui offris et il l’accepta en me remerciant. Sur l’insigne, il n’y avait de nouveau que deux lettres: S. M.* Alors que j ’allais parler a' ce gardien, une cloche se mit a' tinter dans le cha“ teau, sur quoi il me conseilla vivement de me de¤ pe“ cher, sinon toutes mes peines et tous mes efforts se re¤ ve¤ leraient vains, car on commenc ait de¤ ja' , la' -haut, a' e¤ teindre les lumie' res.

* Me¤rite par l’e¤ tude. Sel liquide pour le marie¤. Sel mine¤ ral. Sel purificateur.

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Les six lanternes

Vous vous souvenez que Christian Rose-Croix s’est mis en route avec du pain, de l’eau et du sel. Cependant, il a laisse¤ son pain pre's des trois ce' dres, au moment de s’engager spontane¤ ment sur le chemin conduisant au but en ligne droite. Ainsi at-il re¤alise¤ pour lui-me“ me le premier Myste' re. Rappelons la fonction du premier Myste're : donner chaque jour la nourriture de l’Ame nouvelle a' l’e¤ le've, qui puise alors directement a' la Source e¤ ternelle de toutes choses. La part rec ue doit e“ tre utilise¤ e le jour me“ me, dans un don de soi total et plein d’amour au service de tous. Ajoutons que le Pain, la premie' re impulsion de la Gnose qui pe¤ne'tre le sternum, doit parvenir jusqu’au centre de l’a“me, le sanctuaire des trois ce' dres. Quand le centre de l’a“ me, le sanctuaire des trois ce'dres, est atteint, alors seulement le foie, cet organe merveilleux, est assez influence¤ pour pouvoir retenir les e¤le¤ ments gnostiques au lieu de les rejeter. Cet objectif atteint, le foie se re' gle sur le nouveau comportement de l’Ame, jusqu’au moment ou' il s’ouvre de lui-me“me aux influx gnostiques directs du deuxie' me Myste' re. Ce Myste' re devient alors pleine re¤ alite¤ pour l’e¤le' ve. On comprend qu’a' partir de ce moment des e¤ nergies conside¤rables soient libe¤ re¤es dans l’a“me-sang, e¤nergies transmises dans tout le corps par la veine porte, mettant l’e¤le' ve en e¤ tat d’accomplir de grandes choses. L’e¤ nergie vitale indirecte libe¤re¤ e par le coeur est alors remplace¤e par l’e¤nergie en provenance directe du foie. C ’est 142

par le foie que pe¤ne'trent les forces side¤ rales, qui transmettent au sang de grandes e¤ nergies. Christian Rose-Croix peut donc laisser sa gourde d’eau au gardien du portail, et comme nous l’avons dit, recevoir un insigne d’or, le sceau de l’ Espe¤ rance et de l’Amour. C ’est a' juste titre qu’ il peut maintenant entretenir l’espe¤ rance de voir se manifester l’Amour divin du troisie' me Myste' re, le Myste' re du Saint Graal. Il peut maintenant escompter en toute confiance la re¤ alisation totale de la suite du processus. Et c’est ainsi qu’ il se dirige vers le gardien du deuxie' me portail. Entre-temps, la nuit est tombe¤ e, tout s’est obscurci. Quand la porte du foie s’ouvre a' la Gnose et que les fonctions de cet organe e¤ chappent de plus en plus a' l’ influence des forces astrales dialectiques de la nature ordinaire, tout ce qui appartient au monde dialectique s’obscurcit devant l’e¤ le've. Si le foie et ses fonctions changent de la fac on de¤crite, des e¤ le¤ments importants du syste' me de l’e¤ le've sont comple'tement coupe¤ s de la nature dialectique et de ses manifestations. Le coeur, pour commencer, ne fonctionne plus pour la nature ; ensuite, c’est le tour du foie. Et comme cet organe est une source d’e¤ nergie conside¤ rable, il est clair que lorsqu’une grande partie n’est plus lie¤ e a' la nature dialectique, celle-ci perd toute couleur et tout e¤ clat pour l’e¤le' ve. Ce dernier ne risque plus de s’e¤ garer dans le monde, ni de gaspiller son temps et son e¤ nergie aux futilite¤ s de la nature de la mort, a' tel point que celle-ci devient la nuit pour lui. Quand la lumie' re du soleil dialectique s’e¤ teint, la nuit tombe sur la nature de la mort. Mais imme¤ diatement ^ et comment pourrait-il en e“tre autrement ^ brille l’aurore d’un jour nouveau ? D’un co“te¤ , c’est la nuit, mais de l’autre, c’est la lumie' re ? L’e¤nergie du foie s’accompagne toujours de force et de lumie're. L’e¤ nergie nouvelle qui afflue montre qu’une nouvelle source de lumie' re commence a' agir dans l’e¤ le' ve. C ’est pourquoi une belle jeune fille ve“ tue de bleu ^ allusion a' la nouvelle activite¤ du foie ^ allume toutes les lumie' res des lan143

ternes suspendues aux arbres, dont trois se dressent de part et d’autre du chemin menant au cha“teau. Ce de¤ tail fait allusion aux fonctions du foie. Les trois arbres de chaque co“te¤ de la route, et leurs lanternes allume¤es, repre¤ sentent les forces e¤ manant de la nouvelle source d’e¤ nergie. A chaque arbre est suspendue une lanterne, trois a' gauche et trois a' droite : symbole d’une activite¤ positive et d’une activite¤ ne¤ gative. Deux fois trois forces, polarise¤ es positivement et ne¤gativement. Deux forces attractives, deux forces re¤ pulsives, et deux forces neutralisantes. La fonction du syste' me he¤ patique est ainsi repre¤sente¤ e en entier. C ’est par le foie que pe¤ ne' trent les forces astrales. Dans le cas de l’e¤le' ve, ce sont des forces astrales en provenance du sixie'me Domaine cosmique, du nouveau Champ de vie. Le foie attire des forces mais rejette en me“ me temps ce qui n’est ni utile ni salutaire. Si bien que l’e¤le' ve est efficacement prote¤ ge¤ : aucune influence side¤ rale nocive ne peut plus pe¤ne¤ trer par la porte du foie. Mais il y a d’autres entre¤ es, d’autres voies d’acce's, par lesquelles les forces ennemies peuvent envahir le syste'me de l’e¤ le've arrive¤ a' cet endroit du chemin. Pensez, par exemple, a' diffe¤rents points du syste'me du feu du serpent et aux diverses fonctions respiratoires du sanctuaire de la te“ te. Pensez aussi au chandelier a' sept branches, si souvent mentionne¤ dans l’ Ecole. Il est e¤vident que, par ces autres chemins, d’autres forces ennemies peuvent s’ infiltrer dans le sang de l’e¤le' ve. Mais, maintenant, le foie posse' de une force neutralisante. Vous comprenez que, face aux forces ennemies qui tentent d’envahir le sang de l’e¤ le' ve, pour de¤ vier sa route ou sa vision, ce facteur qui neutralise, lie et expulse toutes les influences nocives, repre¤ sente une grande protection. Quelle extraordinaire utilite¤ pour l’e¤ le've que ce triple syste' me du foie ? Ces trois forces side¤rales ensemble sont pour lui une aide puissante, une puissante source de lumie're. Chris144

tian Rose-Croix posse' de, de¤ sormais, dans le syste' me du foie et de la rate, une triple lumie're inte¤ rieure. Le voila' donc qui continue sa route vers le gardien du deuxie'me portail, portail e¤ galement orne¤ de sculptures et d’ inscriptions. Sur une plaque fixe¤ e au sommet, il lit ce qui suit : ßDonnez, et il vous sera donne¤ ? Sous le portail est couche¤ un lion, qui l’accueille avec force rugissements. Le Lion symbolise ici le gardien du nouvel e¤ tat de vie, du Temple du Saint Graal, le Temple de l’Amour, le Temple du troisie'me Myste're. Celui qui parvient a' passer devant le Lion engage aussito“t la grande transformation, il entre dans le nouveau Champ de vie : pour lui, la renaissance commence. C ’est ainsi que l’on devient un citoyen, une citoyenne de laTe“ te d’Or, le champ de la Re¤surrection. La chair et le sang ne peuvent he¤riter du Royaume de Dieu. Seul l’ homme transforme¤ , l’ homme rene¤ , peut acce¤ der a' un e¤ tat de vie ve¤ ritablement pur. Re¤ sumons encore une fois brie' vement ce qui est ne¤cessaire pour parvenir a' entrer dans le nouveau Champ de vie, le champ de la Re¤ surrection. Premie' rement, il faut un principe vital nouveau, engendre¤ par le coeur. Deuxie' mement, il faut une e¤ nergie vitale nouvelle puissante, en relation avec le foie. Et troisie' mement, il faut une substance vitale nouvelle pour le grand changement de la transfiguration. Donc un principe vital nouveau, une e¤ nergie vitale nouvelle et une substance vitale nouvelle. La substance vitale nouvelle est le mate¤ riau dont sera fait le Manteau d’or des noces. Les nouveaux mate¤ riaux de construction sont libe¤ re¤s dans le corps e¤ the¤ rique, en relation avec la rate dans le corps physique. La rate, comme vous le savez probablement, est un organe qui absorbe les e¤ thers. Et les e¤ thers sont, au sens absolu, des mate¤ riaux de construction. Ils sont de¤ signe¤ s comme ßle sel dans Les Noces Alchimiques de Christian Rose145

Croix. Le sel est cristallisant, le sel est conservateur et aussi purificateur. L’e¤le' ve qui commence a' suivre le chemin, au de¤ but de son de¤ veloppement, oeuvre avec les anciens e¤ thers, les e¤ thers dialectiques, il ne dispose pas encore des e¤ thers nouveaux. C ’est pourquoi, au de¤ but, il s’efforce de purifier le plus possible les anciens e¤ thers de la nature de la mort. Il ta“che d’en ßretirer ce qui s’y trouve, afin de servir a' l’exe¤cution de son plan : participer a' la vie du Royaume immuable. De la' le comportement e¤ le¤mentaire et les re' gles qu’adopte l’e¤ le' ve confessionnel. Il s’efforce, au de¤ but, de ramer avec les rames dont il dispose. Pour ce faire, il entretient ces rames dans le meilleur e¤ tat possible. Mais les vrais mate¤riaux de construction, les mate¤ riaux de construction nouveaux dont nous avons besoin, ne peuvent absolument pas provenir des e¤ thers anciens. Ceux-ci sont totalement de¤pourvus de valeur pour le nouveau Champ de vie. C ’est pourquoi il faut d’abord disposer d’un nouveau principe vital, a' partir duquel une e¤ nergie vitale nouvelle se de¤ veloppe, de par le deuxie' me Myste' re. Et quand le foie est en mesure d’assurer parfaitement le de¤ veloppement ulte¤ rieur et que l’e¤ le've rec oit les quatre nourritures saintes, les e¤ thers nouveaux, la nouvelle substance vitale, les nouveaux mate¤riaux de construction pe¤ ne' trent dans son syste' me. Comme le foie, la rate se ferme autant que possible aux forces dialectiques, aux e¤ thers anciens, et s’ouvre aux quatre e¤thers ce¤ lestes de l’origine. Le troisie'me aspect de la Gnose, le troisie'me Myste' re s’accomplit dans l’e¤ le' ve. Il ne recoit plus ßle sel de la nature ordinaire, mais les mate¤ riaux de construction e¤ the¤ riques de la nouvelle nature. Ces mate¤riaux e¤ the¤riques sont de¤ signe¤s, dans Les Noces Alchimiques, par les lettres S. M.: Sal Menstrualis, le sel purificateur. La nouvelle substance pe¤ ne' tre le syste' me, un nouveau sel, un sel re¤ ge¤ne¤rateur se diffe¤rencie dans l’organisme. Et ce sel est l’e¤ le¤ment qui assurera la transfiguration effective et, tout d’abord, consti146

tuera le Manteau d’or des noces. Telle est la signification du deuxie' me insigne que rec oit Christian Rose-Croix. Encore un de¤tail frappant : la lettre de recommandation que C.R.C. doit transmettre. Le premier gardien lit la lettre, qui est grave¤ e dans le coeur de Christian Rose-Croix. Mais la deuxie' me lettre fait allusion a' la nouvelle source de vie qui jaillit dans l’e¤le' ve. Sans doute comprenez-vous maintenant ces paroles de ¤ l’ Evangile de Marc (9, 51): ßAyez du sel en vous-me“mes. Ainsi parlait Je¤ sus le Seigneur a' ses disciples. Et s’ il nous est permis de recevoir le sel, ne lui faisons pas perdre sa saveur. Or c’est le cas quand nous ne l’employons pas. C ’est pourquoi, vivez la vie pre¤ sente ? N’attendez pas de recevoir le sel de la Vie le jour suivant, plus tard. Commencez maintenant, arme¤ de toute votre confiance, de toute votre foi, de toute votre perse¤ ve¤rance, en vous appuyant sur votre e¤ tat d’e“tre du moment. Vous progresserez rapidement et, en unite¤ de groupe avec vos fre'res et vos soeurs, vous avancerez sur le chemin d’un pas de¤cide¤ , jusqu’a' laTe“ te d’Or : le Champ de la Re¤ surrection. C ’est pourquoi il est e¤ crit dans Les Noces Alchimiques : Alors que j ’allais parler au deuxie' me gardien, une cloche se mit a' tinter dans le cha“ teau, sur quoi il me pressa de me de¤ pe“cher, sinon toutes mes peines et tous mes efforts se re¤ ve¤ leraient vains, car on commenc ait de¤ ja' , la' -haut, a' e¤ teindre les lumie' res. Je me mis donc en route pre¤ cipitamment.

Quant a' vous, Dieu fasse que, le plus rapidement possible, vienne le jour ou' le gardien pourra vous dire : Bienvenu, au nom de la Gnose, vous e“ tes l’homme que, depuis si longtemps de¤ ja' , j ’aurais aime¤ rencontrer ?

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Je m’exe¤ cutai si pre¤ cipitamment que j ’oubliai de lui dire adieu tellement j ’e¤ tais effraye¤ , et a' juste titre. En effet, je ne pus courir assez vite pour n’e“ tre pas rejoint pas la Jeune Fille. Comme toutes les lumie' res s ’e¤ teignaient derrie' re elle, je n’aurais jamais pu trouver le chemin si elle ne m’avait pas e¤ claire¤ avec sa torche. Et c ’est a' peine si je pus me glisser a' ses co“ te¤ s pour entrer, car le portail se ferma si vite qu ’un pan de mon manteau s ’y trouva pris. Je dus naturellement l’y laisser, car ni moi, ni ceux qui m’avaient obligeamment exhorte¤ devant le portail ne purent convaincre le gardien de le rouvrir. Il assurait qu ’il avait donne¤ la clef a' la Jeune Fille et qu ’elle l’avait emporte¤ e avec elle a' la Cour. Pendant ce temps, je contemplai ce portail. Il e¤ tait si splendide qu ’il n’avait pas son pareil dans le monde entier. De chaque co“ te¤ se dressait une colonne. Sur l’une, il y avait une statue au visage joyeux avec l’inscription: ßCongratulor*. Sur l’autre, une statue au visage triste avec l’inscription: ßCondoleo. Bref, c ’e¤ taient des figures et des paroles si obscures et myste¤ rieuses que me“ me l’homme le plus instruit de la terre n’aurait su les interpre¤ ter. Cependant, si Dieu le veut, elles seront biento“ t toutes mises en lumie' re et explique¤ es par moi.

*, 2 cf. p. xxxiv. 3, cf. p. xxxv.

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A ce portail, je dus a' nouveau donner mon nom; il fut inscrit en dernier sur un livret de parchemin, puis envoye¤ avec d ’autres a' l’Epoux. C ’est alors seulement que le ve¤ ritable insigne destine¤ aux invite¤ s me fut donne¤ ; il e¤ tait plus petit que tous les autres, mais bien plus lourd. Il y figurait les lettres S. P. N. On me donna de plus une paire de souliers neufs, car le sol du palais e¤ tait couvert de pur marbre clair. Je pus faire don a' ma guise de mes vieux souliers a' un des pauvres qui attendaient en grand nombre, assis en bon ordre, pre' s du portail. Je les donnai a' un vieillard. Par la suite, deux pages portant des flambeaux me conduisirent dans une petite chambre, ou' l’on me fit prendre place sur un banc. Ils fixe' rent leur torche dans deux trous du sol et disparurent, me laissant seul. Peu apre' s, j ’entendis du bruit mais ne vis rien. C ’e¤ tait quelques hommes, qui tombe' rent sur moi. Comme je ne les voyais pas, je dus me laisser faire et attendre ce qui allait m’arriver. M ’apercevant rapidement que c ’e¤ taient des barbiers, je leur demandai de ne pas me serrer si fort, car j ’e¤ tais dispose¤ a' faire ce qu ’ils voudraient. Ils me la“ che' rent alors et l’un d ’eux, que je ne pus voir, me rasa les cheveux en rond, tre' s e¤ le¤ gamment et proprement, au milieu du cra“ ne, en laissant pendre sur mon front, a' la hauteur des yeux et des oreilles, mes longs cheveux blanc de neige. Je dois avouer qu ’un tel de¤ but m’o“ ta presque tout courage. En effet, comme ils me serraient fortement et que je ne voyais rien, j ’en arrivais a' croire que Dieu m’avait abandonne¤ a' cause de ma hardiesse. Cependant les barbiers invisibles ramasse' rent soigneusement les cheveux rase¤ s et les emporte' rent avec eux.

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Sur quoi, les deux pages rentre' rent en riant de bon coeur de ce que j ’avais eu si peur. A peine eurent-ils e¤ change¤ quelques mots avec moi qu ’une petite cloche retentit de nouveau, signalant qu ’il fallait nous rassembler, dirent-ils. Ils m’invite' rent a' les suivre et m’e¤ claire' rent le long de nombreux couloirs, portes et tournants, jusque dans une vaste salle. Dans cette salle, il y avait une grande foule d ’invite¤ s: empereurs, rois, princes et seigneurs, nobles et bourgeois, riches et pauvres, ainsi que pas mal de gredins, ce qui m’e¤ tonna fort, et je pensai en moi-me“ me: ßQuel sot tu as e¤ te¤ de t ’e“ tre rendu la vie si ame' re et si dure pour ce voyage ? Ces gens, tu les connais bien et tu ne les as jamais estime¤ s. Et maintenant, ils sont la' , eux aussi, alors que toi, avec toutes tes prie' res et tes supplications, c ’est a' peine si tu as pu rentrer le dernier ? Le diable me souffla ces pense¤ es, et beaucoup d ’autres, bien que je lui eusse montre¤ la porte de mon mieux.

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Entre temps, plusieurs de ceux qui me connaissaient m’interpellaient: ßEh bien, fre' re Rose-Croix, te voila' , toi aussi ? ^ ßOui, fre' res, re¤ pondais-je, la gra“ ce de Dieu m’a permis, a' moi aussi, d ’entrer ici. Sur quoi ils e¤ clataient de rire, trouvant ridicule qu ’une si mince affaire ne¤ cessita“ t l’aide de Dieu. Quand je demandais a' chacun par quel chemin il e¤ tait venu, la plupart racontaient qu ’ils avaient escalade¤ les rochers. Alors, a' coups de trompettes ^ dont on ne voyait aucune ^ le signal fut donne¤ de passer a' table; sur ce, chacun alla s ’asseoir selon l’ide¤ e qu ’il avait de valoir mieux que certains autres, si bien qu ’il ne resta, pour moi et quelques pauvres compagnons, qu ’une petite place au bas bout de la table. Peu apre' s, les deux pages rentre' rent et l’un prononc a une prie' re si belle et si admirable que mon coeur se re¤ jouit inte¤ rieurement. Quelques grands seigneurs n’y pre“ te' rent gue' re d ’attention; ils riaient entre eux, gesticulaient, mordaient leur chapeau et faisaient bien d ’autres pitreries. Ensuite on servit le repas, et tout y e¤ tait si soigneusement ordonne¤ qu ’il me sembla que chaque invite¤ avait son propre serviteur, bien qu ’on n’en v|“ t aucun.

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De' s que les plaisantins furent quelque peu rassasie¤ s et que le vin leur eut fait perdre toute retenue, ils se mirent a' se vanter et a' fanfaronner. L’un aurait fait ceci, l’autre cela, et les plus insignifiants criaient le plus fort. Quand je repense aux choses improbables et prodigieuses dont j ’entendis alors parler, je pourrais encore m’en irriter. A la fin, ils ne reste' rent me“ me plus a' leur place; biento“ t les beaux parleurs se glisse' rent, ici et la' , entre les seigneurs. Ils se vantaient de hauts faits qu ’un Hercule ou un Samson, malgre¤ toute leur force, n’auraient pu accomplir. L’un voulait libe¤ rer Atlas de son fardeau, l’autre arracher Cerbe' re trice¤ phale aux enfers. Mais les grands seigneurs n’avaient pas la sottise de les croire. Les sce¤ le¤ rats finirent par montrer tant d ’audace que, bien qu ’on leur tapa“ t de temps en temps sur les doigts avec les couteaux, ils n’y faisaient pas attention et quand l’un d ’eux eut de¤ robe¤ une cha|“ ne en or, ils voulurent tous essayer d ’en faire autant. L’un pre¤ tendait entendre le bruissement du ciel, un deuxie' me contempler les Ide¤ es de Platon, un troisie' me de¤ nombrer les atomes de De¤ mocrite. Plusieurs avaient me“ me invente¤ le mouvement perpe¤ tuel. Il est vrai que beaucoup me paraissaient intelligents mais, malheureusement pour eux, ils avaient trop bonne opinion d ’eux-me“ mes. Pour finir, l’un d ’eux voulut tellement nous en faire accroire qu ’il pre¤ tendit voir ceux qui nous servaient. Il aurait certainement continue¤ ses vantardises, si l’un des serviteurs invisibles ne lui avait administre¤ une claque si retentissante sur sa bouche pleine de mensonges que non seulement lui, mais plusieurs a' co“ te¤ de lui en devinrent muets comme des carpes.

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Ce qui me plaisait beaucoup, ne¤ anmoins, c ’e¤ tait que tous ceux qui m’avaient fait bonne impression gardaient distinction et re¤ serve dans leurs faits et gestes, ne parlaient pas fort et reconnaissaient que, ignorants comme ils l’e¤ taient, les myste' res de la nature leur paraissaient trop grands et eux-me“ mes trop petits. Dans ce brouhaha, j ’en venais presque a' maudire le jour qui m’avait amene¤ ici, constatant avec douleur combien les personnages assis au haut bout de la table e¤ taient licencieux et le¤ gers, tandis que, dans mon coin discret, on ne me laissait me“ me pas tranquille, puisque l’un des coquins m’avait insolemment traite¤ de grand sot ? A ce moment, j ’ignorais encore qu ’il y avait un autre portail a' franchir et je supposais que, durant toutes les noces, on me traiterait ainsi de fac on moqueuse, me¤ prisante et indigne, ce que je n’avais me¤ rite¤ ni de la part de l’Epoux, ni de la part de l’Epouse. On aurait mieux fait de choisir un autre bouffon que moi pour les noces ? Voici a' quelle impatience les injustices de ce monde peuvent conduire des a“mes simples. En re¤ alite¤ , il s ’agissait d ’une partie de l’infirmite¤ dont j ’avais re“ ve¤ , comme je l’ai relate¤ ci-dessus. Les cris augmentaient toujours. Il y en avait aussi qui se vantaient de visions fausses et imaginaires, et racontaient des re“ ves effrayants et mensongers.

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Or, a' co“ te¤ de moi, e¤ tait assis un homme calme et distingue¤ , qui parlait de temps a' autre de choses plus e¤ leve¤ es. Il finit par dire: ßVoyez, fre' re, si quelqu ’un voulait ramener dans le droit chemin de pareils obstine¤ s, l’e¤ couterait-on ! ^ ßCertes, non, re¤ pondisje. ^ ßAinsi le monde pre¤ fe' re a' toute force e“ tre trompe¤ , dit-il, ßet refuse d ’e¤ couter ceux qui lui veulent du bien. Regardez pluto“ t comment ce beau parleur-ci, avec ses sottises et ses balivernes, tente d ’attirer l’attention sur lui. Et comment cet autre, la' bas, avec ses paroles e¤ tranges et myste¤ rieuses, se moque du monde. Mais, croyez-moi, le temps viendra ou' l’on arrachera les masques a' ces menteurs et ou' l’on montrera au monde entier quels mystificateurs du peuple se cachent derrie' re. Alors, peut-e“ tre, ceux que l’on n’estimait pas auparavant seront-ils respecte¤ s. Comme il parlait et que le bruit croissait et empirait, une musique plus belle et plus impressionnante que toutes celles que j ’avais entendues de ma vie s ’e¤ leva soudain dans la salle. Chacun se tut alors dans l’attente de ce qui allait arriver. La musique e¤ tait exe¤ cute¤ e sur tous les instruments a' cordes imaginables, si harmonieusement que je m’oubliai moi-me“ me dans une immobilite¤ telle que mes voisins s ’en e¤ tonne' rent. Cela dura pre' s d ’une demiheure, pendant laquelle nul ne souffla mot, car de' s que quelqu ’un voulait ouvrir la bouche, il recevait une tape inopine¤ e, sans savoir d ’ou' elle venait. Comme nous ne voyions rien des musiciens, je pensais a' part moi combien j ’aurais aime¤ examiner tous les instruments dont ils se servaient. Au bout d ’une demi-heure, la musique cessa subitement et il ne fut plus possible de rien voir ni d ’entendre.

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Mais biento“ t retentit, devant la porte de la salle, une e¤ clatante et retentissante sonnerie de trombones, trompettes et timbales, cela aussi magistralement que si l’Empereur romain lui-me“ me eu“t fait son entre¤ e. Puis la porte s ’ouvrit d ’elle-me“ me et le fracas des trombones devint si puissant qu ’il e¤ tait a' peine supportable. En me“ me temps, des milliers de petites lumie' res, me sembla-t-il, pe¤ ne¤ tre' rent dans la salle, se portant d ’elles-me“ mes en avant dans un ordre si parfait que nous en fu“mes extre“ mement impressionne¤ s; enfin les deux pages dont nous avons de¤ ja' parle¤ entre' rent avec des torches flamboyantes, e¤ clairant une belleJeune Fille assise sur un tro“ ne d ’or, magnifique et triomphal, qui avanc ait de luime“ me. J ’eus l’impression que c ’e¤ tait la me“ me qui, tout a' l’heure, sur la route, avait allume¤ puis e¤ teint les lumie' res, et ses serviteurs, ceux qu ’elle avait poste¤ s pre' s des arbres. Cependant, elle n’e¤ tait plus habille¤ e de bleu, mais d ’un ve“ tement d ’un blanc de neige e¤ blouissant, scintillant d ’or pur et si rayonnant que nous osions a' peine la regarder. Les deux pages e¤ taient habille¤ s de me“ me, quoiqu ’un peu plus simplement. Sito“ t arrive¤ e au milieu de la salle, la Jeune Fille descendit de son tro“ ne et toutes les lumie' res s ’incline' rent devant elle. Nous nous leva“ mes tous de nos bancs, mais en restant chacun a' notre place. Quand nous nous fu“mes incline¤ s, elle devant nous, nous devant elle, et salue¤ s les uns les autres respectueusement, elle commenc a a' parler en ces termes d ’une voix suave:

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Le Roi, mon gracieux Seigneur, est de¤ ja' non loin d ’ici, Avec sa Fiance¤ e bien-aime¤ e a' lui confie¤ e en tout bien tout honneur. Ils ont vu avec un extre“ me bonheur que vous e“ tes tous arrive¤ s. Ils offrent a' chacun de vous leur gra“ ce, leur be¤ ne¤ diction. Ils vous souhaitent de tout coeur une entie' re re¤ ussite et que la joie de la fe“ te prochaine ne soit me“ le¤ e d ’aucune peine. Apre' s quoi, elle s ’inclina de nouveau gracieusement, avec toutes ses lumie' res, et reprit aussito“ t: La lettre d ’invitation n’appelle, vous l’avez vu, personne qui n’ait rec u en soi les dons de Dieu et n’aspire vraiment au salut, comme il convient en un tel cas. Or ils ne pourraient croire, qu ’ici, quelques audacieux, bravant lois et interdits, oseraient mettre les pieds sans s ’e“ tre depuis longtemps pour les noces pre¤ pare¤ s. Leur souhait le plus ardent 156

est que chacun re¤ ussisse. En ces temps obscurs ils se re¤ jouissent qu ’un si grand nombre se mettent a' l’oeuvre. Mais il y a aussi des impudents qui viennent se pre¤ senter insolemment et se poussent jusqu ’a' un rang auquel ils ne sont pas e¤ lus. Pour que nul coquin ne se glisse ici, Nul ro“ deur ne se faufile et puisse, sans titres valables, fe“ ter les noces avec nous, demain matin de' s l’aube, une balance sera place¤ e et chacun saura biento“ t ce qu ’en lui il a oublie¤ . S’il y a encore quelqu ’un qui n’a pas confiance en lui qu ’il se mette sur le co“ te¤ , car s ’il reste encore longtemps la gra“ ce sera perdue, et a' sa grande honte il sera chasse¤ d ’ici. Si sa conscience le ronge, qu ’il reste donc pour cette nuit, et prenne demain sa liberte¤ mais sans jamais revenir. 157

Qui conna|“ t donc son passe¤ veuille bien suivre son serviteur: il lui montrera la chambre ou' il pourra reposer en attendant la gloire de la pese¤ e, sinon la nuit sera mauvaise. Que les autres profitent de l’occasion. Ceux qui pre¤ sument de leur capacite¤ auraient de¤ ja' du“ s ’en aller. Espe¤ rons que pour chacun tout ira au mieux demain. Sito“ t ces paroles prononce¤ es, la Jeune Fille s ’inclina de nouveau et se rassit gaiement sur son sie' ge. Puis les trompettes re¤ sonne' rent encore une fois, ce qui n’empe“ cha pas certains de pousser un profond soupir. Ensuite les lumie' res furent emporte¤ es, encore une fois invisiblement, mais un grand nombre reste' rent dans la pie' ce et s ’approche' rent: une lumie' re pour chacun d ’entre nous. Notre de¤ sarroi e¤ tait si grand que je puis a' peine de¤ crire quelles pense¤ es et mimiques me¤ lancoliques furent e¤ change¤ es. Cependant, la plupart d ’entre nous projete' rent d ’attendre la pese¤ e, espe¤ rant, si cela finissait mal, pouvoir repartir en paix.

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Je pris rapidement ma re¤ solution: comme ma conscience m’assurait de ma stupidite¤ et de mon indignite¤ , je de¤ cidai de rester avec les autres dans la salle et de me contenter du repas offert, pluto“ t que d ’attendre un e¤ chec imminent, avec les dangers correspondants. Apre' s que tous eurent e¤ te¤ conduits par leur lumie' re quelque part dans une chambre (chacun se¤ pare¤ ment comme je l’appris par la suite), nous resta“ mes neuf, dont notamment celui qui m’avait parle¤ a' table. Malgre¤ tout, nos lumie' res ne nous quittaient pas. Biento“ t, un des pages de¤ ja' nomme¤ s entra avec un gros paquet de cordes et nous demanda gravement si nous e¤ tions de¤ cide¤ s a' rester ici. Quand nous eu“mes acquiesce¤ en soupirant, il attacha chacun de nous dans un endroit de¤ termine¤ , puis disparut avec nos lumie' res, nous abandonnant, mise¤ rables que nous e¤ tions, dans l’obscurite¤ . Pour beaucoup, la mesure e¤ tait pleine et je ne pus moi-me“ me retenir mes larmes. Car, bien qu ’il ne fu“t pas interdit de se parler, les mots nous manquaient pour exprimer notre tristesse et notre douleur. Les cordes e¤ taient faites de matie' re e¤ tonnante: il e¤ tait impossible de les couper et encore moins d ’en libe¤ rer ses pieds. Je ne pouvais pas non plus me consoler en pensant que de grands affronts attendaient ceux qui e¤ taient alle¤ s prendre du repos, alors que nous, nous e¤ tions en mesure de payer notre audace en une nuit. Je finis par m’endormir sur des pense¤ es me¤ lancoliques. En effet, si bien peu d ’entre nous parvinrent a' fermer les yeux, je ne pus m’empe“ cher de sombrer dans le sommeil a' cause de ma fatigue.

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En dormant, je fis un songe et, quoiqu ’il ne signifie pas grand chose, il ne me semble pas superflu de le raconter. Je re“ vai que j ’e¤ tais sur une haute montagne. Devant moi je voyais s ’e¤ tendre une grande valle¤ e, ou' s ’entassait une foule innombrable d ’e“ tres humains. Chacun e¤ tait suspendu au ciel par un fil a' la te“ te. L’un e¤ tait accroche¤ haut, l’autre plus bas, plusieurs me“ me e¤ taient encore a' terre. Un vieillard volait alentour dans l’air, tenant dans ses mains des ciseaux avec lesquels il coupait un fil par-ci, un fil par-la' . Ceux qui pendaient pre' s du sol tombaient vite et sans bruit, mais si c ’e¤ tait le tour de quelqu ’un qui pendait haut sa chute faisait trembler la terre. Certains avaient la chance d ’avoir un fil qui s ’e¤ tirait, en sorte qu ’ils arrivaient sur terre avant qu ’il fu“t coupe¤ . Leurs cabrioles m’amusaient beaucoup et je me re¤ jouissais fort quand l’un de ceux qui s ’e¤ taient maintenus longtemps dans le ciel, comme s ’ils pre¤ tendaient aux noces, retombait honteusement en entra|“ nant quelques voisins dans sa chute. Je me re¤ jouissais aussi, quand quelqu ’un qui s ’e¤ tait toujours maintenu pre' s de la terre disparaissait avec une discre¤ tion si merveilleuse que ses voisins eux-me“ mes ne s ’en apercevaient pas. Au plus fort de ma gaiete¤ , un de mes compagnons d ’emprisonnement me heurta, ce qui me re¤ veilla, mais je ne tins pas a' lui parler. Je re¤ fle¤ chis cependant a' mon re“ ve, et le racontai a' mon fre' re couche¤ pre' s de moi de l’autre co“ te¤ . Il lui plut beaucoup, espe¤ rant qu ’il recelait pour nous un re¤ confort. Tout en parlant ainsi, nous passa“ mes le reste de la nuit dans l’attente impatiente du jour.

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LeTemple duJugement (I)

Dans le re¤cit de Christian Rose-Croix, on voit en maints endroits ^ et notamment dans le texte qui vient d’e“ tre cite¤ ^ combien l’e¤ le' ve doit, au cours de toutes les phases qu’ il lui faut traverser, se consacrer totalement et sans restriction au chemin de la de¤ livrance, pour ne pas risquer de buter sur de gros obstacles, ou de laisser e¤ chapper les possibilite¤ s qui s’ouvrent a' lui. De me“ me que rien ne doit entraver le bouton de rose jusqu’a' son e¤ closion, pour qu’ il parvienne a' la profusion et a' la magnificence des couleurs, des lignes et des formes, de me“ me l’e¤ le' ve doit rechercher sa croissance et son de¤ veloppement inte¤ rieurs avec un ze' le et dans une orientation sans de¤ faillance. Comme cela appara|“ t de plus en plus dans le de¤ roulement du re¤cit, Christian Rose-Croix donne l’ image d’un e¤ le' ve bien pre¤ pare¤ ; or il passe de justesse le troisie'me portail avant qu’ il ne se ferme. Et me“ me il y laisse un pan de son manteau, qui s’y trouve pris. Il faut comprendre cette image. Aucun homme qui parcourt le chemin du retour, la voie qui, de l’ab|“ me dialectique, rame' ne au Royaume de l’origine, ne gravit cette monte¤ e, toutes oriflammes et bannie' res de¤ ploye¤es. Le Fils perdu qui revient vers son Pe' re est un homme contrit, repentant, conscient de son insignifiance et de son impuissance, qui sait qu’ il ne peut pas poursuivre son dur voyage avec su“rete¤ sans la force de celui qui l’a pre¤ce¤de¤ , le Christ. C.R.C. se rend donc clairement compte qu’ il n’aurait jamais pu trouver son chemin, s’ il n’avait eu a' ses co“te¤ s la Jeune Fille, la Lumie' re qui l’accompagne. 161

La premie're chose que C.R.C. constate, au troisie' me portail, c’est la splendeur qui en e¤ mane. L’e¤ le've, par expe¤rience ve¤ cue, sait qu’ il approche de la salle des noces, il est donc rempli d’une joie inte¤ rieure immense, qu’on ne peut comparer a' aucun bonheur terrestre. Les deux statues de ce portail, qui portent les incriptions Congratulo et Condoleo (Je me re¤ jouis avec toi, Je souffre avec toi) n’enle' vent rien a' cela, mais soulignent la nature et la profondeur du chemin d’expe¤ riences que suit Christian Rose-Croix. Le chemin du retour est, litte¤ ralement, mort permanente et permanente croissance dans le renouvellement. Tout l’ancien, l’ impie, doit comple'tement dispara|“ tre pour faire place au parfaitement saint, a' l’ incorruptible. Les deux processus se fondent l’un dans l’autre. Ils sont inse¤ parables et me'nent a' la Vie, a' la vraie Vie. C ’est en acceptant d’abord de ßdescendre pour monter, c’est d’abord par le ßIn Jesu morimur que devient possible le ßPer Spiritum Sanctum reviviscimus. C ’est uniquement ainsi que l’e¤ le've, en vertu du sceau inte¤rieur qu’ il porte, devient aux Noces, l’invite¤ de l’Epoux. Et tout au long de ces processus, durant toutes ses expe¤riences, la Lumie' re de la Gnose, la Lumie' re d’Amour de Christ l’accompagne comme un guide, qui l’entra|“ ne et le prote' ge sur le chemin de croix des Roses, la Via dolorosa. Comment l’e¤ le've franchit-il inte¤rieurement le troisie' me portail ! Quel est ce nom qui l’a fait reconna|“ tre comme un ßinvite¤ bienvenu! Nous avons vu plus haut : comment, en premier lieu, le coeur du candidat devient re¤ ceptif a' la Gnose ; comment, ensuite, par la force du Myste' re qui jaillit hors du coeur, la compre¤ hension profonde s’e¤veille dans le sanctuaire de la te“ te ; comment, alors, par la purification de la vie mentale, le manteau astral, le champ de respiration, se purifiait et le foie s’ouvrait au flux direct des forces astrales libe¤ ratrices ; et comment, enfin, par la perse¤ ve¤ 162

rance, le fluide astral nouveau libe¤ rait dans le corps e¤ the¤ rique les e¤ thers nouveaux, les mate¤ riaux permettant la formation du Manteau d’or des noces de l’Ame, et comment, par l’ interme¤ diaire de la rate, ceux-ci agissaient dans le corps physique. Apre' s cette triple purification pre¤liminaire, qui dote l’e¤ le've d’un principe vital nouveau (issu du coeur), d’une e¤nergie vitale nouvelle (transmise par le foie) et d’une substance vitale nouvelle (achemine¤ e par la rate), la pre¤ paration aux noces, a' l’union alchimique de l’Ame et de l’ Esprit, peut avoir lieu a' l’endroit ou' se situe la salle des noces : le sanctuaire de la te“ te. Gra“ ce au travail de l’e¤ le've, le centre de l’a“ me, qui est situe¤ derrie're l’os frontal, dans la quatrie' me cavite¤ ce¤ re¤ brale, ou' sie' ge le moi naturel en raison de la naissance dans la nature, s’allume a' la lumie' re de l’Ame. A ce signe, le gardien du troisie' me portail reconna|“ t le nom par lequel il s’adresse a' Christian Rose-Croix : ßFils de l’ Homme. C ’est ce nom qu’ il inscrit dans le Livre de Vie ; c’est ce signe qui relie directement Christian Rose-Croix a' l’ Epoux, a' l’ Esprit, a' la Monade microcosmique. C ’est par ce signe que Christian Rose-Croix rec oit l’autorisation et le pouvoir de prendre part et de coope¤ rer a' la fe“te des noces alchimiques. Mais il est e¤vident que, de¤ sormais, oui, plus que jamais auparavant, son comportement doit porter de¤ finitivement la marque de cette liaison sublime. De me“ me que Mo|«se pre' s du buisson ardent entend ces paroles : ßOte tes chaussures de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte, ainsi Christian Rose-Croix doit-il maintenant enlever ses chaussures, abandonner de¤ finitivement l’ancien, tout l’ancien. Ensuite deux pages portant des flambeaux le conduisent dans une petite chambre, fixent leur torche dans deux trous du sol et le laissent seul. Puis un bruit s’e¤le' ve et C.R.C. sent que des hommes se jettent sur lui ; ils l’empoignent manifestement avec violence. Il semble que ce soient des barbiers. Mais il ne les voit pas et leur demande de le traiter avec un peu plus de me¤nage163

ment, puisqu’ il est pre“t a' faire ce qu’ ils veulent. Ils lui rasent alors le sommet de la te“ te, proprement et avec e¤ le¤ gance. Pareil traitement affecte C.R.C., qui ne voit toujours personne, au point de lui faire perdre presque tout courage. Mais son irritation para|“ t sans motif, car les deux pages reviennent biento“t et rient de sa peur. Que veut dire tout cela ! La formation de la conscience omnipre¤ sente, la conscience de l’Ame ve¤ ritable, qui doit flamboyer chez le candidat aux noces alchimiques, afin qu’ il puisse participer consciemment au grand processus de sanctification qui va avoir lieu, de¤ pend aussi, organiquement, de l’e¤ tablissement d’une liaison entre la pine¤ ale et l’ hypophyse. La pine¤ale est l’organe de perception supe¤ rieur, mais chez l’ homme ne¤ de la nature, il est devenu ne¤ gatif et ne fait plus fonction de porte d’acce's de l’ Esprit et de son activite¤. L’ hypophyse, situe¤e au centre de l’Ame, petit organe de la plus haute importance, qui contro“le a' peu pre's toutes les fonctions essentielles de notre corps, e¤ tait relie¤e jadis a' la pine¤ ale par le pont ardent des forces de la kundalini. En conse¤quence du nouveau comportement, re¤ sultant de l’e¤ le¤vation des vibrations de l’ hypophyse, cette liaison est re¤ tablie dans l’e¤ le' ve et c’est gra“ ce a' elle qu’a lieu la naissance de la Lumie' re divine dans le sanctuaire de la te“te, ainsi que la formation de la conscience nouvelle, la naissance du vrai pouvoir de penser. Dans sa monte¤ e inte¤rieure vers l’accomplissement, qui le rendra conscient dans le Temple des Myste' res, Christian RoseCroix, a' la suite de la triple purification dont nous venons de parler, sent la force de la kundalini sainte jaillir de l’anneau de feu qui entoure la pine¤ale, toucher et enflammer celle-ci ainsi que l’ hypophyse, re¤ tablissant de la sorte la liaison entre elles deux. L’e¤ le' ve ne reconna|“ t pas imme¤ diatement, ne rec oit pas directement de facon harmonieuse ce double et puissant attouchement, qui le foudroie. Cet influx se pre¤ cipite sur lui, en lui, et sa Lumie' re l’aveugle temporairement, de telle sorte qu’ il se croit 164

dans les te¤ ne' bres. Elle irradie le sanctuaire de la te“ te, l’encercle d’une vibration durable puissante, et purifie les courants d’e¤ thers qui sortent par les cheveux, exactement a' l’emplacement de la huitie' me chambre de la tour, sous le toit du cra“ ne, la ßcolline de Golgotha, l’endroit ou', biento“t, pendant la fe“te des noces, la divine Alchimie commencera son travail de me¤ tamorphose. Mais bien vite C.R. C se remet quelque peu de sa consternation initiale : les forces de Lumie' re qui le servent ^ repre¤ sente¤ es dans le re¤ cit par les pages ^ sont a' ses co“te¤s et lui font comprendre qu’ il n’a aucune raison d’avoir peur. Au contraire ? Maintenant Christian Rose-Croix est pre“t a' entrer dans le Temple de l’ Initiation. Mais a' son e¤ tonnement et a' sa tristesse, il lui semble qu’ il y a la' de nombreuses personnes qui ne sont pas du tout a' leur place, telle est sa conviction. Elles ont le verbe haut et font beaucoup de remue-me¤ nage. Il en conna|“ t par leur nom qui, visiblement, sont entre¤ es par un autre moyen que lui. Il est donc bien compre¤hensible qu’ il se demande : ßAi-je donc supporte¤ tant de peines et de difficulte¤s pour cela ! A la question de certains : Eh bien, fre' re Rose-Croix, te voila' , toi aussi !! Il re¤ pond : Oui, fre' res, la gra“ ce de Dieu m’a permis, a' moi aussi, d ’entrer ici, et on se moque de lui. On trouve en effet ridicule de pre¤ tendre qu’une si mince affaire ne¤ cessite l’aide de Dieu. Puis le signal de passer a' table est donne¤ . Pour commencer, les e¤ le' ves sont mis en rapport direct avec la force astrale pure du Temple du Portail. Mais tre' s peu re¤ agissent a' cet attouchement direct d’une manie' re positive, c’est-a'-dire en fonction du nouveau principe de l’Ame pre¤ sent en eux. Les plus nombreux, et de loin, ne peuvent rien faire d’autre que re¤ pondre avec leur conscience dialectique, ce qui se manifeste, e¤tant donne¤ leur ne¤ gativite¤, par un e¤ gocentrisme exacerbe¤ non de¤ guise¤ , provoquant les sce' nes honteuses mais re¤ ve¤ latrices de¤ peintes en de¤tail dans le re¤cit. 165

Au milieu de tout ce tapage, retentit soudain une musique merveilleuse comme celle de nombreux instruments a' cordes ^ mais on n’en voit aucun ^ qui rame'ne tout le monde au calme. La se¤ re¤nite¤ du sixie' me Domaine cosmique se re¤pand, comme pour purifier la sphe' re astrale du Temple du Portail, souille¤ e par les chercheurs indignes, et pre¤ parer ce qui va suivre ine¤ luctablement : l’annonce du prochain jugement. C ’est la premie' re confrontation avec la grande exigence pose¤ e a' chacun de ceux qui de¤ sirent entrer dans la salle des noces. Les portes s’ouvrent, et, majestueusement, dans une harmonie et une purete¤ parfaites, la Lumie're afflue dans le Temple, selon sa propre loi, la loi du service plein d’amour, placant l’e¤ le've devant sa premie' re e¤ preuve pre¤ paratoire : ßAs-tu de toi-me“ me une connaissance suffisante ! Te sais-tu suffisamment pre“ t inte¤ rieurement a' rencontrer l’ Epoux, l’ Esprit, a' e“tre son invite¤ a' la Fe“ te sainte ! Sais-tu bien si tu en es digne ! Suit alors un rappel des mises en garde de¤ ja' e¤ nonce¤ es au candidat dans la lettre d’ invitation : surtout ne pas para|“ tre dans la salle des noces sans en e“tre digne. Ensuite la Lumie' re dispara|“ t de nouveau, et chacun est abandonne¤ a' sa propre recherche. Mais fide' le a' la grande loi d’Amour qui re¤ git l’univers, elle laisse derrie' re elle une petite lumie' re aupre' s de chaque e¤ le've, en chaque e¤le' ve, pour le servir, dans la mesure du possible. Ensuite, vient le moment du jugement de soi-me“ me, qui re¤sulte de l’examen de soi et de la since're connaissance de soi, comme l’exige la Lumie' re. La plupart semblent ne pas avoir l’e¤tat requis ; cependant ils s’obstinent a' conside¤ rer la voie des noces alchimiques sous un angle spe¤ culatif, de me“ me que, dans le monde dialectique, on raisonne, on de¤ cide et on s’occupe de tout de manie' re spe¤culative. Mais celui qui veut approcher ce qui est saint, qui veut parcourir avec fruit le chemin de la de¤ livrance, devra ine¤luctablement remplir les conditions requises. Car, dans les profondeurs, ce que l’e“ tre de¤ sire s’exprime invaria166

blement par la parole : ßSois saint, car Je suis saint. Qui n’en a pas conscience e¤ prouvera que les noces lui causeront dommage. A la fin, neuf candidats, dont Christian Rose-Croix, pensent ne pas remplir les conditions exige¤ es ; pleins de honte, ils se laissent attacher avec des cordes jusqu’au lendemain, le jour du Jugement. Quelle beaute¤ dans cette partie du re¤ cit ? Quel homme, en effet, parmi ceux qui tentent de sortir de l’e¤tat d’ homme de¤ chu, dans l’ instabilite¤ de ce monde, est digne de para|“ tre devant la Lumie' re immacule¤e de l’Ordre divin ! Qui, se sachant un ßfils perdu, est digne de para|“ tre devant la face du Pe' re ! Christ n’a-t-il pas dit, a' propos de l’ homme dialectique : ßQue me parlez vous de bien ! Il n’y a personne de bon, pas me“ me un. Les neuf candidats sont conscients de cela : neuf, le chiffre de l’ humanite¤ mu“re pour le chemin de la de¤ livrance ; neuf, les cent quarante quatre mille dont parle l’Apocalypse. Profonde¤ment conscients de leur indignite¤, ils se livrent en toute humilite¤ et sans conditions a' la Lumie' re de la Gnose, et se laissent lier par elle ? Dans l’abandon total d’eux-me“mes, sachant que seuls ils ne peuvent rien, ils se confient a' la Lumie're qui juge ; et c’est justement cela qu’elle demande comme condition d’admission ? Ce n’est que par une telle reddition de notre moi terrestre, par notre renoncement total, que la Lumie're de l’ Esprit, la Lumie' re de Christ, peut e¤tablir en nous sa demeure. Ce n’est qu’en ßmourant ainsi en Je¤ sus le Seigneur que peut s’accomplir la renaissance par l’ Esprit Saint. Au cours de la dernie're nuit de sa conscience terrestre, C.R.C. voit alors en re“ ve que : ßQui pend haut tombe de haut. Qui s’e¤le' ve sera abaisse¤ . Qui s’abaisse sera e¤ leve¤ . C ’est une loi du chemin de la libe¤ ration, dont Christian Rose-Croix aura la pleine confirmation au Troisie' me Jour. ßQui s’e¤ le' ve sera abaisse¤ .

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LeTemple duJugement (II)

Nous avons dit que Christian Rose-Croix avait e¤te¤ extre“ mement e¤tonne¤ , en entrant dans le Temple de l’ Initiation, de constater qu’a' son avis beaucoup de gens n’y e¤ taient pas a' leur place et qu’ ils ne le de¤ montraient que trop par leur conduite. La question s’ impose : comment est-ce possible ! Comment quelqu’un peut-il entrer dans leTemple de l’ Initiation, alors que ses dispositions inte¤ rieures prouvent qu’ il n’a pas la maturite¤ ne¤ cessaire ! Nous le comprendrons en approfondissant la ve¤ rite¤ que nous transmettent Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix. Vous savez que les sept domaines cosmiques s’ interpe¤ne'trent tous. En un certain sens, ils forment un tout, un Univers, un Temple, une Demeure divine. En outre, comme la logique nous le montre, il y a, dans cette grande Demeure divine, des points ou des domaines qui sont des sphe' res de transition entre un domaine et un autre. Car tous ces domaines glissent les uns dans les autres. Mais il y a aussi des sphe' res ou' la septie' me partie cosmique cesse absolument d’exister et dont la nature, les vibrations et la ple¤ nitude de rayonnement appartiennent de¤ja' comple' tement au sixie'me Domaine cosmique. Or le Temple ou' nous conduit le Deuxie'me Jour des Noces Alchimiques est une sphe're interme¤diaire, un domaine de transition. C’est la raison pour laquelle on parle d’un portail, d’un ba“ timent d’entre¤ e. Et derrie' re ce ba“ timent d’entre¤ e, derrie' re ce Temple, se trouvent encore deux autresTemples, comme on le voit dans l’invitation aux noces, ou' il est question de troisTemples. 168

Le Septuple CorpsVivant de la Jeune Gnose est entoure¤ d’un champ astral, dont une partie, le sommet, se divise en trois aspects, en trois Temples. Le premier est le Temple du Jugement, une sphe're interme¤ diaire, un domaine de passage, ou' l’e¤ le've doit montrer s’ il posse' de ou non des qualite¤ s d’a“ me assez grandes pour satisfaire aux exigences d’une Communaute¤ d’Ames parfaites. Le deuxie' me Temple est cette Communaute¤ d’Ames parfaites elle-me“me. Et le troisie' meTemple est celui de la Communaute¤ divine, le Temple de la naissance de l’ Esprit. Mais attention, on ne peut pas parler de la Communaute¤ d’Ames de la Jeune Gnose comme d’un groupe rigoureusement se¤ pare¤ . L’e¤tat de se¤ paration est un concept dialectique, un fait dialectique. La Communaute¤ d’Ames comprend tous ceux qui sont re¤ ge¤ ne¤ re¤ s selon l’a“me. C ’est la totalite¤ de la Cha|“ ne universelle, la grande foule que personne ne peut compter ; la phalange ou', en vertu de leur nature, se fondent toutes les Fraternite¤ s et tous les groupes qui ont trouve¤ et parcouru l’ Unique Chemin. L’on comprend ainsi pourquoi C.R.C. et nous de me“me, si nous suivons le chemin, retrouvons dans le premier Temple, le champ du Jugement, l’espace situe¤ entre le septie' me et le sixie'me Domaine cosmique, tous ceux qui tentent, d’une manie' re ou d’une autre, dans n’ importe quel groupe ou e¤ cole, d’atteindre un nouvel e¤tat de vie. Tous ceux qui s’y efforcent de n’ importe quelle fac on se rencontrent dans ce champ. Maintenant vous pouvez vous repre¤ senter la profonde consternation, la grande de¤ ception de Christian Rose-Croix ; et vous comprenez qu’ il se pose la question : ßMe suis-je donne¤ tant de mal pour cela ! Le se¤ jour dans cette sphe' re astrale, en effet, n’est pas agre¤able ? Alors qu’au de¤ but nous n’aspirons qu’a' la paix absolue, au calme immense de la Vie libe¤ re¤ e, quelle de¤ ception, apre' s s’e“ tre donne¤ tant de mal pour arriver jusque-la' , d’e“ tre oblige¤ de constater 169

que ceux qui croient le plus fermement e“ tre arrive¤ s, alors qu’ ils n’y sont pas du tout, sont ceux qui bavardent le plus et se poussent aux premie'res places. Mais ne voyez-vous pas comment la loi de la Liberte¤ universelle va se de¤ montrer ici ! Vous vous efforcez de conna|“ tre et de posse¤ der la Ve¤ rite¤, vous croyez que vous y e“ tes parvenu, vous croyez avoir converti la Ve¤ rite¤ en valeurs positives, au plus profond de vous-me“ me. Eh bien, vous avez le pouvoir, oui, vous avez me“ me le devoir d’en te¤moigner, ici, dans le premier Temple ? Ne voyez-vous pas, la' encore, comment la loi de la Gra“ ce universelle se de¤ montre ! Marque¤ du sceau de la Voie royale, vous vous efforcez de lutter, vous avez de¤ja' lutte¤ pour atteindre la Ve¤ rite¤ , et vous croyez sans doute n’e“ tre arrive¤ a' rien, au contraire de ceux qui s’ imaginent avoir tout si bien re¤ ussi. Or, d’apre' s votre e¤ tat d’e“ tre, vous e“ tes mene¤ vers un seuil astral, et c’est votre e¤ tat d’e“ tre qui de¤terminera si, oui ou non, l’on vous accordera d’acce¤der au Troisie' me Jour des noces alchimiques. Tous ceux qui veulent re¤ ellement se soustraire a' la nature de la mort sont confronte¤ s a' ce crite' re astral, sont attire¤s vers ce seuil astral comme le fer par l’aimant. Et comme on l’a de¤ja' dit : ce seuil astral, c’est le Temple du Jugement. Ainsi le Troisie'me Jour commence avec le feu du jugement dans le Temple du Portail. Et vous savez de quelle manie' re ce jugement est prononce¤ puis exe¤ cute¤. Chaque e¤ le've doit e“ tre en mesure de re¤ sister, sur le plateau de la balance, a' la charge des sept poids.Vous comprenez sans aucun doute ce que repre¤ sentent ces poids. Ce sont les sept Rayons de l’ Esprit Septuple, auxquels l’e¤le' ve ve¤ ritable doit re¤ agir. Celui qui ne re¤ agit pas positivement a' ces sept Rayons est renvoye¤ a' son propre e¤tat d’e“ tre, celui d’ homme ne¤ de la nature de la mort. Celui qui veut s’arracher a' la nature dialectique, mais ne posse' de pas encore les qualite¤s requises, y est donc sans cesse rejete¤ . Ce n’est pas une sanction, c’est la loi. Alors, e¤ le've, quand 170

vous subissez l’ inexorable emprise de la nature ordinaire et que re'gnent en vous le mal et la douleur, sachez qu’ il n’est pas encore question pour vous de franchir le Temple du Portail. Vous ne sauriez passer ce seuil astral : les flammes du feu astral vous l’ interdisent. Maintenant regardez-vous vous-me“ me, dans votre vie pre¤ sente. Le Troisie' me Jour se le' ve, pour un temps, sur l’ humanite¤ tout entie' re, autrement dit les Rayons de l’ Esprit Septuple augmentent beaucoup leur puissance et me' nent l’ humanite¤ au jugement. Tous ceux qui sont pleins d’aspiration, tous ceux qui, d’une manie' re ou d’une autre, se disent religieux, dans quelque sens que ce soit, tous ceux qui croient avoir compris ßCela, subissent pendant les heures de sommeil, l’e¤preuve du nouveau Champ astral, ils sont donc conduits au Temple du Portail. Par ailleurs, les forces des sept Rayons suscitent dans la vie sociale ordinaire des situations et des circonstances qui sont, manifestement, autant d’exe¤cutions du jugement. Sentez-vous a' quel point il est ne¤ cessaire, si vous voulez vous soustraire a' la chute le¤murienne de¤ ja' visible en ce monde, de mener votre apprentissage avec le plus grand se¤ rieux, afin de pouvoir franchir le Portail, au-dela' duquel s’engage le processus d’e¤ le¤vation appele¤ ßnoces alchimiques! Car si vous de¤ sirez devenir des serviteurs et des servantes de la Lumie' re gnostique, il faut aussi que vous posse¤ diez la science de laVie nouvelle, que vous de¤ teniez la force de laVie nouvelle, que vous soyez des pre“ tres ve¤ritables. Reve“ tez-vous donc, comme Christian Rose-Croix, du ve¤ ritable ve“ tement de l’ordre de votre apprentissage. Et accomplissez avec nous la grande mission du nouveau Royaume gnostique, qui a e¤ te¤ fonde¤ pour recueillir et aider tous ceux qui veulent vraiment essayer d’e¤quilibrer la charge des sept poids.

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Le courant du Nombre parfait

Quand, en 1958, nous avons consacre¤ et mis en service le Centre de Confe¤ rence ßChristian Rose-Croix, a' Calw, on nous a pose¤ la question : un tel centre est-il bien ne¤ cessaire ! Sur un plan plus ge¤ne¤ral, l’ Ecole de la Rose-Croix d’Or est-elle bien ne¤ cessaire ! N’y a-t-il pas de¤ ja', dans le monde, un tre' s grand nombre d’e¤ coles, de centres, de chantiers de travail, appartenant a' toutes sortes de mouvements et de groupes pleins d’ ide¤ al ! Faut-il trancher en re¤ pondant : ßMais les autres groupes, les autres mouvements ne sont pas valables ; il n’y a rien de mieux que le no“tre ? Non, mille fois non ? L’ Europe, l’Ame¤ rique, l’Asie connaissent des milliers d’ institutions qui sont bonnes, tre's bonnes. De tous temps, dans tous les domaines du monde dialectique, on a fait des efforts de bonte¤ acharne¤s, tant et si bien qu’ il n’est ni possible ni permis d’en faire la moindre critique. Pensez-vous, parfois, que tous les efforts de¤ ploye¤ s sur terre, dans les domaines e¤ sote¤rique, humanitariste ou religieux, ne soient que vains et ne¤gatifs ! Absolument pas ? Donc, quand on vous cite plusieurs mouvements spirituels de bonne foi, qui ont pour fondement et objectif l’amour et le service de l’ humanite¤ , vous ne pouvez pas vous en tirer avec cette simple remarque : ßIl n’existe rien de mieux que nous ? Quand nous re¤ fle¤ chissons au travail de l’ Ecole de la RoseCroix d’Or actuelle, ne faut-il pas se demander expresse¤ ment : comment avons-nous l’audace de fonder encore une e¤cole a' 172

co“te¤ de toutes les autres ! N’accroissons-nous pas ainsi la dispersion des efforts dans le domaine spirituel ! Pourquoi e¤lever la voix si haut dans un choeur de¤ ja' si bruyant ! Qui nous en donne le droit ! Avons-nous bien l’approbation et l’aide des Grands ! Ce droit, nous allons vous l’expliquer ? Et, une fois que nous l’aurons fait, vous jugerez vous-me“me si vous pouvez de¤ja' exercer ou non ce droit avec nous. Ce n’est que dans ce cas, et seulement si vous comprenez le juste fondement inte¤rieur de notre intervention, que vous pourrez approfondir les ve¤ rite¤ s que nous allons vous exposer. Comme nous venons de le constater, on fait dans le monde d’ immenses et persistants efforts de bonte¤ . Ces efforts sont soutenus et re¤ pe¤ te¤ s, sur une grande e¤ chelle, ce qui est ne¤ cessaire parce qu’en ce monde des forces oppose¤ es, toute bonte¤ se change toujours en son contraire. Le mythe du paradis terrestre expose cela de facon symbolique : l’ homme, Adam, apprit a' manger du fruit de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal. Sur cet Arbre, il n’y avait pas deux sortes de fruits, un bon et un mauvais, mais un seul fruit, sans qualite¤ s durables, a' savoir le bien sans cesse en train de se changer en mal, puis de nouveau en bien, et ainsi de suite. C ’est la raison pour laquelle la Sagesse herme¤ tique dit qu’en ce monde, le bien n’est qu’un moindre mal. C ’est de cela dont parle Je¤ sus le Seigneur quand il dit : ßPersonne n’est bon, pas me“ me un. Or c’est sur ce fait scientifique que la Rose-Croix d’Or trouve sa justification, son fondement : le vrai Bien, le seul Bien existe uniquement en Dieu, et dans l’ Esprit Septuple, qui proce' de de Dieu. Si nous re¤ ussissons a' nous relier a' cet Esprit, a' vivre de cet Esprit, a' e“ tre par cet Esprit, nous sommes alors, re¤ ellement, au sens exclusif, une Ecole de la Rose et de la Croix. De temps en temps, dans les phases critiques et transitoires de 173

l’ histoire mondiale, appara|“ t une Ecole qui, en vertu de sa nature et de son appel, se tient comple' tement a' l’e¤ cart de tous les efforts de bonte¤ du monde. Ce sont les e¤poques ou' les circonstances naturelles favorisent l’afflux du seul Bien dans le coeur des hommes qui s’ouvrent a' lui et vivent pour lui. Donc, n’ intervenons pas dans la bataille du ßbien, ne nous placons me“ me pas audessus, restons carre¤ ment en dehors. En tant que Communaute¤ de la Rose-Croix d’Or, nous avons fonde¤ un Royaume gnostique, ou' nous avons forme¤ un Corps Vivant gnostique, organisme d’ initiation vivant pour tous ceux qui de¤ sirent y entrer. L’ Esprit Saint descendra sur tous ceux qui voudront remplir les conditions de l’ initiation, il se manifestera a' eux, il se libe¤ rera en eux. Quelles sont ces conditions ! Elles consistent en l’accomplissement d’une loi septuple, la loi de l’ Esprit Saint Septuple, avec laquelle on ne peut transiger. C ’est pour vous faire conna|“ tre cette loi de l’ Esprit Saint Septuple, la loi de l’entre¤ e dans la Vie libe¤ratrice, que nous allons vous parler maintenant du Troisie' me Jour des Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix, notre prototype a' tous, l’ homme qui, en nous, doit revenir a' la vie, le vrai Fils de Dieu. Apre' s tout ce qui pre¤ ce' de, vous comprendrez mieux que jamais que tous les candidats qui sont parvenus dans le Temple de l’ Initiation, le Temple du Portail, soient soumis a' l’e¤preuve de la balance. Chaque candidat doit subir l’e¤ preuve des sept poids, avant de pouvoir poursuivre le chemin du grand changement, de la transmutation. Il fallait que nous vous disions tout cela, comme introduction au Troisie' me Jour des Noces Alchimiques. Et nous re¤ pe¤ tons avec insistance : nous ne vous parlons pas des Noces Alchimiques pour vous en expliquer la signification, mais pour qu’elles s’accomplissent en vous ? Compre¤hension, entendement signifient conscience dans la Gnose, mais en me“ me temps, liaison simultane¤ e avec le coeur. 174

Vous savez que c’est presque a' perte de vue que s’allonge la file des hommes qui tentent de pe¤ ne¤ trer dans le Temple de l’ Initiation et qui ont tous des raisons personnelles de le faire. Le plupart ont acquis une grande bonte¤ , parfois me“ me une extre“me bonte¤. Mais pour ne pas e“ tre trouve¤s trop le¤ gers dans le Temple de l’ Initiation de la Gnose, ils doivent re¤ pondre au Nombre parfait, au nombre sept, le nombre de l’ Esprit Septuple, le nombre de Dieu. Vous devez savoir cela, vous devez y re¤ fle¤chir, vous qui e“ tes candidat au chemin de la de¤ livrance ? Il faut donc vous y pre¤ parer le plus vite possible, en toute ha“ te. Maintenant que l’e're du Verseau est commence¤ e, le courant de gra“ce de la ple¤nitude gnostique afflue vers vous de toute sa force ; le courant du Nombre parfait. Etes-vous pre“ t a' passer l’e¤ preuve ! La ce¤ re¤monie de l’ initiation, que l’ Ecole ce¤ le'bre avec ses e¤ le' ves, conduit ceux-ci devant la balance, sur laquelle ils auront a' prendre place en vertu de leur apprentissage. Cet apprentissage n’a de sens que s’ ils se rendent compte de la relativite¤ de toute bonte¤ terrestre et que, s’en tenant a' l’ Unique Ne¤ cessaire, le Nombre parfait, ils ne sont pas trouve¤s trop le¤ gers a' la pese¤ e. L’ E¤uvre sainte, ordonne¤e par le Pe' re depuis les origines, appelle tous ceux qui, en ve¤ rite¤ , aspirent a' la de¤ livrance.

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Le troisie' me jour

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De' s que le jour radieux eut commence¤ a' poindre et que le soleil brillant, montant au-dessus des montagnes, eut repris la ta“ che a' lui confie¤ e dans le haut du ciel, mes compagnons de combat se leve' rent aussi et commence' rent a' se pre¤ parer peu a' peu en vue de l’e¤ preuve. L’un apre' s l’autre ils revenaient dans la salle, nous souhaitant le bonjour et nous demandant comment nous avions dormi pendant la nuit. A la vue de nos cordes, beaucoup riaient de ce que nous eussions capitule¤ si la“ chement et non pas pre¤ fe¤ re¤ tenter notre chance, a' tout hasard, comme eux; cependant quelques-uns, dont le coeur battait la chamade, se gardaient d ’en parler tout haut. Nous nous excusa“ mes de notre sottise, espe¤ rant e“ tre biento“ t de¤ livre¤ s et justifie¤ s en de¤ pit de leurs railleries; d ’ailleurs ils n’e¤ taient pas encore hors d ’affaire, et le plus grand des dangers les guettait peut-e“ tre. Quand tous furent rassemble¤ s, trompettes et timbales retentirent une nouvelle fois, comme la veille, et nous ne pu“mes nous empe“ cher de penser que le Fiance¤ ^ la plupart d ’entre nous ne l’avaient pas encore aperc u ^ allait maintenant se pre¤ senter. Nous nous trompions grandement, c ’e¤ tait a' nouveau la Jeune Fille de la veille, tout habille¤ e de velours rouge et ceinture¤ e de blanc. Sur la te“ te, elle portait une verte couronne de laurier, qui lui allait a' merveille. Cependant ce n’e¤ taient plus les petites lumie' res qui l’escortaient, mais environ deux cents hommes arme¤ s, habille¤ s comme elle de rouge et de blanc.

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A peine leve¤ e de son tro“ ne, elle vint droit vers nous, les prisonniers, nous salua et nous adressa brie' vement ces paroles: ßQue quelques-uns parmi vous soient conscients de la mise' re de leur e¤ tat, mon exigeant Seigneur s ’en re¤ jouit fort et il en tiendra compte en leur faveur. M ’apercevant dans mon habit, elle rit et dit. ßTiens, te voici donc, toi aussi, sous le joug ! Et moi qui pensais que tu t ’e¤ tais e¤ quipe¤ avec tant de soin ? Ces paroles m’arrache' rent les larmes des yeux. Puis elle ordonna de nous de¤ tacher et de nous regrouper dans un endroit d ’ou' nous verrions bien la balance. Ensuite, elle dit: ßIl se pourrait que cela fin|“ t mieux pour vous que pour tel ou tel audacieux qui se trouve ici encore sans liens. Pendant ce temps, une balance en or e¤ tait suspendue au milieu de la salle, a' co“ te¤ de laquelle on dressa une petite table recouverte de veloursrouge, ou' sept poids furent place¤ s. D ’abord un poids assez gros, puis quatre plus petits, a' part; enfin encore deux gros, e¤ galement a' part. Proportionnellement a' leur volume, ces poids e¤ taient d ’une lourdeur telle que personne n’eut pu le croire ni le comprendre. Tous les hommes arme¤ s portaient, outre une e¤ pe¤ e nue, une corde solide. Ils furent range¤ s en sept groupes, conforme¤ ment au nombre des poids, et la Jeune Fille en de¤ signa un pour chaque poids. Alors elle monta de nouveau sur son tro“ ne e¤ leve¤ , fit une re¤ ve¤ rence et parla aussito“ t d ’une voix puissante: Qui entre dans l’atelier d ’un peintre et, sans rien comprendre a' la peinture, en parle avec emphase et importance, est l’objet de maintes railleries. 178

Qui s ’introduit dans l’Ordre des artistes, sans pour autant y e“ tre e¤ lu, et joue l’artiste plein d ’importance, me¤ rite les railleries qui l’attendent. Qui se pre¤ sente ici aux noces sans jamais avoir e¤ te¤ invite¤ , et entre plein de vaine importance est rec u par des railleries. Qui monte alors sur la balance, et, souleve¤ par les poids, vole en l’air avec violence, sait que chacun rit de lui.

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La Balance et leJugement

Dans nos explications du prologue du Troisie'me Jour des Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix, nous avons vu que tous les e“ tres qui, en ce monde, aspirent de quelque manie' re que ce soit a' un bien supe¤ rieur subissent une transformation astrale. Ils sont nombreux, car il faut compter tous ceux qui ont un sens religieux se¤ rieux ; tous ceux qui, par des voies e¤sote¤ riques, sont a' la recherche d’une libe¤ ration de la condition humaine et du monde. Or cette tendance de¤ termine en tous un changement typique du corps astral. Vous savez que le corps astral, si subtil, entoure de toute part et pe¤ne' tre le corps grossier de la personnalite¤ . Vous savez aussi que tous les corps de la personnalite¤ coope'rent les uns avec les autres. Par exemple, l’ influx astral parvient au corps physique par le foie ; c’est donc le foie qui de¤termine la nature du coeur ainsi que l’e¤ tat du cervelet. A son tour, le cervelet, vous le savez, contro“le la circulation des courants dans le feu du serpent. Or la nature de vos de¤ sirs, de vos aspirations, de vos pense¤ es, volonte¤ s et actions est toujours grave¤ e dans la substance du ve¤ hicule astral. On comprend donc comment les groupes d’ hommes auxquels nous avons fait allusion plus haut transmettent au ve¤ hicule astral leur nature inte¤ rieure, leurs intentions et leurs aspirations. L’e¤tat du ve¤ hicule astral de¤ termine e¤galement la nature des expe¤riences nocturnes, des expe¤ riences faites pendant le sommeil. Me“me si, au re¤veil, vous ne vous souvenez d’aucune 180

de vos expe¤ riences nocturnes, ou tout au plus de quelques bribes seulement, au travers de re“ ves confus et trompeurs, il est absolument certain que l’endroit ou' vous allez pendant le sommeil, le champ astral de respiration ou' vous se¤ journez et ou' votre corps reprend des forces pour le lendemain, est parfaitement conforme a' votre mentalite¤ , a' vos de¤sirs et a' vos actes. C ’est ainsi que les hommes sont attire¤ s, durant le sommeil, par le champ astral correspondant a' leur aspiration. On peut se repre¤ senter l’aspiration des hommes, dans toutes ses gradations, comme les marches d’un escalier, escalier ayant sa contre-partie dans le monde astral. Au sommet de l’escalier se manifeste un e¤ tat astral correspondant aux plus hautes aspirations dont l’ homme soit capable en vertu de son e¤tat ordinaire d’e“ tre ne¤ de la nature. Tout ce qui de¤ passe ce degre¤ n’est plus de la terre, n’appartient de¤ ja' plus au septie'me Domaine cosmique, mais a' l’essence du sixie'me Domaine cosmique, le monde de l’e¤tat d’Ame vivante. A ce point, dans cet e¤ tat d’e“ tre extre“ me, on pourrait dire que l’on est parvenu a' une limite, a' un seuil, ou' l’on sera juge¤ sur un crite' re astral, ou bien encore, comme dans les Noces Alchimiques, au Temple du Portail. Un homme veut-il franchir la porte de ce Temple, alors il doit absolument posse¤ der la nature, l’e¤ tat d’Ame vivante. Or vous savez, connaissant la nature humaine, que les hommes dialectiques dote¤s des aspirations les plus hautes sont parfois extre“ mement de¤ plaisants dans leur pre¤ somption, et qu’ ils peuvent e“ tre dangereux pour eux-me“ mes et les autres. Il y a, en effet, beaucoup de dames et de messieurs dont la pre¤ tention, en raison de leur position sociale et familiale, est grande comme une montagne, et ils illusionnent leur entourage au point qu’ ils en perdent tout e¤ quilibre psychique. Pendant les heures nocturnes de sommeil, ces pre¤somptueux bondissent sur les marches de l’escalier astral et, avec force tapage, se placent au tout premier rang dans le Temple du 181

Portail, voulant ainsi atteindre le seuil astral et le de¤ passer. Leur de¤ sir est tre' s pur jusqu’a' un certain point, donc compre¤ hensible, mais l’ illusion qui leur est propre, due a' leur fatuite¤ , leur fait de¤ passer la place qui leur reviendrait. Car il est impossible de sauter une marche, de passer une phase astrale, sans satisfaire a' la loi de l’e¤ tat d’e“ tre correspondant. Tournons-nous maintenant vers le Troisie'me Jour des Noces Alchimiques. Il appara|“ t que, dans la salle du Temple, du Temple du Portail, sont rassemble¤ s afin d’e“ tre jauge¤s a' leur juste valeur, d’e“ tre juge¤ s, tous ceux qui, a' un moment donne¤, se sont trouve¤ s au seuil astral dont il a e¤ te¤ question. Dans ce groupe, on distingue clairement trois types d’ hommes : ceux qui sont pleins d’ illusions, les malfaiteurs et les encha|“ ne¤s. Le Deuxie' me Jour nous a fait voir qui e¤taient les encha|“ ne¤ s. L’e¤le' ve qui va se¤ rieusement le chemin que la Gnose re¤ ve' le, qui parcourt la Voie royale en s’y consacrant tout entier arrive, pendant le sommeil, de par sa nature, sans se forcer, au seuil astral. Pour lui, le sommeil du corps est la lucidite¤ de l’Ame : gra“ce a' son e¤tat d’e“ tre, il est conduit a' l’ inte¤ rieur du premier Temple, comme si la chose allait de soi. Mais un tel candidat ressent ici sa parfaite indignite¤ . En effet, dans la claire lumie' re de l’Ame, il ne voit et pe¤ne' tre que trop bien son propre e¤ tat naturel, il ne s’ imagine plus rien sur luime“ me et repousse fondamentalement, en lui, toutes les illusions. Quand l’ homme a perdu son moi, il acquiert une grande connaissance de soi, qui lui fait voir clairement, d’une part la purete¤ sublime du monde de l’e¤ tat d’Ame vivante, et d’autre part l’e¤ norme fardeau du passe¤ dialectique. Il ne peut cependant s’e¤carter duTemple du Portail, car c’est bien la' sa place, mais il ne le sait pas encore. Cet e¤ tat psychique s’accompagne du sentiment d’e“ tre encha|“ ne¤ , impuissant, indigne et pourtant de ne pouvoir s’en aller. C ’est pourquoi l’ Ecriture Sainte et l’ Enseignement uni182

versel attestent toujours que celui qui rencontre et percoit la Lumie' re commence par tomber comme mort. Sentez-vous que la conscience d’e“ tre ainsi encha|“ ne¤ est un puissant te¤moignage de l’e¤ tat de ßnon-e“ tre et, en me“me temps, de l’ impossibilite¤ d’e“tre trompe¤ par cette expe¤ rience ! Car le ve¤ ritable e¤ tat d’e“tre, l’ habit, le ve“ tement astral que l’on porte, est ici de¤terminant. Vous savez, bien su“r, que le corps astral est justement de¤ peint comme un habit, un ve“tement. L’ habit de son e¤ tat, le ve“ tement de sa condition n’est pas ici quelque chose que l’on endosse pour para|“ tre ce que l’on n’est pas ; le manteau astral, par son rayonnement, sa couleur et sa vibration, montre qui l’on est et ce que l’on est. Ce qui explique le passage suivant, relatif a' C.R.C.: Quand la Jeune Fille m’aperc ut dans mon habit, Elle rit et dit: ßTiens, te voici toi aussi sous le joug ! Et moi qui pensais que tu t ’e¤ tais e¤ quipe¤ avec tant de soin ? A ces mots, les larmes lui viennent aux yeux. Il croit qu’on se moque de lui. Mais le ve“tement astral ne ment ni ne flatte : par son ve“ tement, Christian Rose-Croix a e¤ te¤ trouve¤ digne. Il ne lui reste plus qu’a' confirmer cette dignite¤ dans sa conscience, et cela par l’e¤ preuve. Nous savons maintenant que la balance, sur laquelle seront pese¤ s les candidats, est faite d’or pur ; et qu’ il est question de sept poids ; qu’ il y a sept groupes de chevaliers tenant chacun a' la main une e¤ pe¤e nue et disposant d’une corde solide ; que sept chevaliers sont choisis en fonction des divers poids, conjonction s’exprimant par le nombre 28 ( 1 + 2 + 3 + 4 + 5 + 6 + 7); enfin que les sept poids ne sont pas de la me“ me valeur. Le premier est assez gros, ensuite il y en a quatre petits juxtapose¤ s, puis encore deux gros a' l’e¤ cart l’un de l’autre. Pour qui est introduit dans les arcanes de la Gnose, cette courte e¤ nume¤ ration est e¤ vidente. Dans le Temple du Jugement, chaque candidat est e¤ prouve¤ et juge¤ par l’ Esprit Septuple et par 183

les sept Fraternite¤s du Saint Graal correspondantes, qui oeuvrent dans le monde au nom de la Cha|“ ne universelle. Chaque rayon de la sainte Lumie' re Septuple est repre¤ sente¤ par une Fraternite¤ du Graal. Et la' ou' chaque Fraternite¤ du Graal, conforme¤ ment a' sa ta“ che unique, monte la garde a' co“te¤ d’un des poids, donc re¤pand de nouveau la Lumie' re Septuple tout entie're, nous voyons re¤appara|“ tre les sept fois sept Rayons, comme une force de Lumie' re autour de l’ Etoile de Bethle¤ em. La balance est tout en or. Savez-vous que le me¤tal que nous connaissons sous ce nom se compose de sept autres me¤taux connus ayant fusionne¤, s’e¤tant combine¤s selon une formule de¤ termine¤ e pour n’en faire qu’un seul ! Voyez-vous que la balance d’or repre¤ sente l’essence me“ me du jugement, le crite' re du jugement de l’ Esprit Septuple dans le Temple du Jugement ! Comprenez-vous maintenant pourquoi on appelle ßmanteau d’or des Noces le ve“ tement astral qui correspond aux sept Rayons ! Et ce que le nombre vingt-huit nous re¤ ve'le des chevaliers de laToison d’or ! Ils repre¤ sentent, dans leur conjonction, le symbole du soleil, le nombre du soleil, le symbole de l’or, qui renferme non seulement l’Amour de Dieu, la grande impulsion a' la renaissance, mais aussi le Jugement. Les poids, nous l’avons dit, ne sont pas tous de la me“ me grosseur. Leur diffe¤ rence souligne le fait que les sept Rayons connaissent des phases d’activite¤ puissante, puis d’activite¤ de¤ croissante, qui de¤ terminent le comportement des hommes et alourdissent certaines obligations a' des moments donne¤ s. Enfin les poids sont si pesants, en proportion de leur volume, qu’aucun homme ne pourrait le croire ni le comprendre. En effet, aucun homme du monde dialectique ne saurait re¤sister a' la pesanteur de ces poids. Pour cela il faut e“ tre rene¤ selon l’Ame et avoir trouve¤ son Pymandre. Il est significatif que tous les poids n’aient pas la me“ me valeur ni la me“ me forme. Trois gros sont a' l’e¤cart de quatre plus petits juxtapose¤ s. Nous allons essayer maintenant d’expliquer le sens 184

de cette disposition et de ces diffe¤rences. Elles correspondent a' la signification, au but et a' l’activite¤ conjointe des sept Rayons.

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Ces paroles a' peine dites, elle ordonna aux pages de mettre tout le monde en rang et de faire monter chacun a' tour de ro“ le sur la balance. Aussito“ t un des empereurs, dans son habit d ’apparat, apre' s une re¤ ve¤ rence a' la Jeune Fille, grimpa sur un plateau. Alors chaque chef de groupe posa son poids sur l’autre plateau, ce a' quoi l’empereur re¤ sista, a' l’e¤ tonnement ge¤ ne¤ ral. Mais le dernier poids fut trop lourd et il s ’e¤ leva haut en l’air, a' sa grande tristesse. Il me sembla que cela provoqua la pitie¤ de laJeune Fille, qui fit signe aux siens de se taire; le bon empereur fut attache¤ , on le confia au sixie' me groupe. Apre' s lui un autre empereur prit fie' rement place sur la balance, non sans avoir dissimule¤ sous son habit un gros livre e¤ pais, pensant ainsi ne pas devoir e¤ chouer. Il re¤ sistait de justesse au troisie' me poids quand il fut impitoyablement entra|“ ne¤ vers le haut; dans sa frayeur, le livre lui e¤ chappa, tous les soldats se mirent a' rire et il fut livre¤ , attache¤ , au troisie' me groupe. Il en alla encore de me“ me pour d ’autres empereurs, qui furent tous honteusement raille¤ s et ficele¤ s. Ensuite parut un petit homme a' la barbe brune et frise¤ e, e¤ galement empereur, qui, apre' s la re¤ ve¤ rence habituelle, monta lui aussi sur le plateau. Il re¤ sista si fermement qu ’a' mon avis me“ me si les poids avaient e¤ te¤ plus nombreux il n’aurait pas bouge¤ . LaJeune Fille se leva aussito“ t, s ’inclina devant lui, lui fit reve“ tir un habit de velours rouge, lui tendit une branche de laurier, dont elle avait a' profusion sur son sie' ge, et l’invita a' s ’asseoir sur les marches de son tro“ ne.

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Il serait trop long de raconter ici tout ce qui arriva aux autres empereurs, rois et seigneurs; mais je ne peux passer sous silence que, contre mon attente, peu nombreux furent les nobles personnages qui triomphe' rent de l’e¤ preuve, tout pare¤ s qu ’ils fussent de maintes vertus. L’un re¤ sistait a' ce poids-ci, l’autre a' ce poidsla' ; quelques-uns a' deux, et d ’autres encore a' trois, quatre ou me“ me cinq poids; cependant, rares furent ceux qui arrive' rent a' bout de l’e¤ preuve. Tous ceux qui e¤ chouaient e¤ taient durement raille¤ s par les groupes. Apre' s que les nobles, les savants et d ’autres eurent passe¤ l’e¤ preuve, on ne trouva dans leur groupe qu ’une ou deux personnes, le plus souvent aucune qui re¤ sista“ t a' tous les poids. Finalement, ce fut le tour des pieux messieurs, mystificateurs du peuple, et des faiseurs de ßlapis spitalauficus* On les plac a sur la balance avec tant de moqueries que moi-me“ me, malgre¤ ma tristesse, je ris a' m’en faire e¤ clater le ventre, et que me“ me les prisonniers ne pouvaient s ’empe“ cher de s ’esclaffer. La plupart n’eurent pas besoin d ’attendrele jugement du tribunal : ils furent chasse¤ s dela balance a' coups de fouet et de cravache, et mene¤ s vers les autres prisonniers, chacun dans son groupe. De la foule, il resta si peu de gens que j ’ose a' peine en dire le nombre; parmi eux se trouvaient pourtant de hauts personnages; tous furent honore¤ s d ’un habit de velours et d ’une branche de laurier.

* Appellation ironique pour un pseudo-reme' de universel imitant le ßlapis philosophicus, la pierre des sages.

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L’e¤ preuve termine¤ e, il ne restait, dans un coin, que nous qui avions les mains attache¤ es; alors l’un des capitaines s ’avanc a et dit: ßNoble Dame, s ’il pla|“ t a' votre Gra“ ce, ne pourrait-on peser ces gens qui reconnaissent leur sottise, par simple divertissement et sans danger pour eux, pour voir si, par hasard, il n’y aurait pas quelqu ’un de bon parmi eux ! Pour commencer, cela m’inquie¤ ta fort car, dans mon e¤ preuve, je me consolais a' l’ide¤ e de n’avoir pas a' subir de honte ni a' e“ tre chasse¤ du plateau a' coups de fouet. Je ne doutais pas, en effet, que beaucoup de prisonniers regrettaient de n’e“ tre pas pluto“ t reste¤ s dix nuits avec nous dans la salle. Mais comme la Jeune Fille donnait son assentiment, la chose devait se faire; nous fu“mes de¤ livre¤ s de nos liens et place¤ s un a' un sur le plateau. Beaucoup e¤ choue' rent, mais ni raille¤ s ni battus, ils furent tranquillement conduits a' l’e¤ cart. Mon compagnon e¤ tait le cinquie' me, il tint bon, alors nous l’acclama“ mes, en particulier le capitaine qui avait interce¤ de¤ pour nous, et la Jeune Fille lui accorda les honneurs habituels. Ensuite deux furent jete¤ s en l’air a' nouveau. Quant a' moi, j ’e¤ tais le huitie' me. De' s que, tout tremblant, j ’eus grimpe¤ sur le plateau, mon compagnon de¤ ja' assis la' bas dans son habit de velours me regarda d ’un air bienveillant et la Jeune Fille elle-me“ me esquissa un sourire. Je re¤ sistai a' tous les poids, alors la Jeune Fille ordonna de me soulever par la force, et trois hommes se suspendirent a' l’autre plateau, sans re¤ sultat. Sur quoi l’un des pages se leva d ’un bond et cria le plus fort qu ’il put: ßC ’est lui ? Et l’autre reprit: ßRendons-lui la liberte¤ , ce que laJeune Fille accepta.

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Les Sept Poids (1)

Dans le champ astral critique, on l’a dit, trois groupes d’entite¤ s vont subir, qu’elles le veuillent ou non, le processus de la pese¤ e. ^ En premier lieu vient le groupe de ceux qui, par leur ide¤ al de bonte¤ , trouvent moyen d’entrer dans le champ astral critique en question ; ^ en deuxie' me lieu, le groupe des fripons et des sce¤le¤ rats qui, par toutes sortes de me¤thodes occultes ne¤ gatives ont acquis certaines faculte¤ s astrales, afin de pe¤ ne¤ trer dans le champ astral pendant les heures de sommeil ; ^ et en troisie'me lieu, le groupe de ceux qui, dans une vie pleine d’abne¤ gation au service des autres, n’attendent plus rien du monde dialectique et parviennent ainsi a' s’e¤ lever jusqu’au Temple du Portail. Le comportement de tous ces hommes a entra|“ ne¤ un changement de leur corps astral ; et a' cause de cette modification, l’ Esprit Septuple peut les toucher, donc juger leur e¤ tat d’e“ tre, afin d’e¤ prouver si, oui ou non, ils ont en eux la capacite¤ de se de¤ velopper dans un sens libe¤ rateur. Il est admirable et consolant de penser qu’aucun e“ tre humain ne saurait, ici, e“ tre oublie¤ . Ce n’est pas le jugement des hommes qui fait, ici, pencher la balance pour chacun, c’est uniquement l’e¤tat de son ve“ tement, l’ habit de sa condition, le manteau de son corps astral, qui de¤ cide. Il est donc e¤ mouvant d’apprendre ce qui arrive a' Christian Rose-Croix dans le Temple du Jugement. Comme huitie' me de 189

son groupe, il doit, lui aussi, prendre place sur la balance. Or ^ et comment pourrait-il en e“tre autrement ^ il ne se fait aucune illusion quant au re¤sultat. Mais, a' sa grande surprise, voila' qu’ il re¤siste aux sept poids. Et lorsqu’on tente de le tirer fortement vers le haut et qu’on commande a' trois hommes de se suspendre a' l’autre plateau de la balance, rien ne se passe. La balance ne bouge pas. Alors retentit le cri : C ’est lui ? Libe¤ rez-le ? Nous voudrions essayer, maintenant, d’esquisser pour vous la signification de tout ceci. Il faut d’abord pe¤ ne¤ trer le sens du nombre sept. Imaginez un homme qui, par sa vie de recherche, par son aspiration, lutte pour re¤ pondre au but de l’existence, et passe par les transformations astrales continues dont nous venons de parler. Il gravit l’escalier astral et va pendant son sommeil, d’expe¤ rience astrale en expe¤ rience astrale, jusqu’a' parvenir au seuil astral cite¤ plus haut. Il va jusqu’a' la limite des possibilite¤s dialectiques et voit s’ouvrir devant lui la porte du premier Temple, le Temple du Portail, le Temple du Jugement. De ce qui pre¤ce' de, on peut conclure que seul est un ve¤ ritable e¤ le' ve de l’ Ecole Spirituelle celui qui peut se trouver dans ce Temple pendant les heures de la nuit. Lorsqu’un e¤ le've n’a pas encore la possibilite¤ d’e“tre pre¤ sent dans ce champ de conscience astral pendant les heures de sommeil, c’est toujours la preuve que d’autres ambitions vitales le retiennent, que d’autres de¤ sirs occupent encore une place centrale et dominante dans sa vie. Le ve“ tement de son e¤ tat, son manteau astral le de¤ montre. Les rayons de l’ Esprit Septuple ne sauraient donc oeuvrer de fac on libe¤ ratrice et sanctificatrice chez une telle personne. Au contraire, de' s qu’un homme entre dans le Temple du Jugement, l’e¤preuve commence. Il est mis imme¤ diatement en contact avec les sept Rayons du Nombre parfait. Vous comprenez que les candidats ne s’e¤ le' vent pas en une seule fois sur les marches menant a' la balance, mais de fac on 190

continue, nuit apre' s nuit. Car c’est tout un processus qui se de¤ roule, le processus du Temple, le processus de l’ Initiation. C ’est pourquoi, lorsque l’e¤ le' ve s’e¤ veille le matin, dans la vie quotidienne ordinaire, il porte en lui bien souvent les traces des expe¤riences nocturnes faites dans leTemple. Car c’est dans la vie quotidienne ordinaire qu’ il doit apprendre la grande lec on, la lec on du Nombre parfait. Les instructions recues doivent e“ tre exe¤ cute¤ es directement et comple'tement sous forme d’actes, elles doivent e“tre grave¤es au fer chaud dans l’e¤le' ve. C ’est pourquoi vous devez pe¤ ne¤ trer cette ve¤ rite¤ profonde : a' co“te¤ de votre apprentissage exte¤ rieur dans l’ Ecole Spirituelle, il y a aussi un apprentissage inte¤rieur, apprentissage de la plus haute importance. C ’est ici le moment de vous mettre en garde. Ne commencez pas a' vous raconter mutuellement vos re“ves, vos expe¤riences et rencontres nocturnes. Car ce serait la preuve que la sphe' re astrale ou' vous se¤ journez la nuit pendant le sommeil n’est pas celle de l’ Ecole, n’est pas celle du premier Temple de la Rose-Croix. Dans ce Temple, en effet, on oeuvre exclusivement sur la base des nouvelles qualite¤ s d’Ame. Les expe¤ riences qui se de¤ roulent, sur cette base, dans la conscience ne sont jamais de nature image¤ e, mais gravent directement dans la conscience les fautes et les erreurs ; elles sont directement instructives pour la vie personnelle intime et ne se pre“tent a' aucune confidence. Et ces informations ne sont jamais flatteuses pour le moi de la nature. Dans le meilleur des cas, il faut donc que votre vie de veille et votre vie de sommeil s’e¤coulent en un rythme continu, en un mouvement rythmique entre deux po“les, deux sphe' res de vie. Dans la sphe' re de vie de veille, il faut des actes concrets, base¤ s sur les instructions et expe¤ riences de la deuxie'me sphe're, celle de la vie du sommeil. Et c’est seulement quand la moisson est suffisante, le re¤ sultat positif, que le candidat peut avancer vers le deuxie' me Temple. 191

Donc, prenez garde, il s’agit pour vous, en premier lieu, d’e“ tre admis dans le processus de formation et de de¤ veloppement de la Gnose. Alors seulement commence le ve¤ ritable apprentissage de la Rose-Croix ; alors seulement vous pouvez avec fruit entrer en liaison avec la splendeur grandiose du Nombre parfait, de l’ Esprit Septuple. Il y a donc sept lec ons a' apprendre, sept apprentissages a' vivre, sept vertus a' acque¤ rir, sept qualite¤ s a' posse¤ der. Il faut donc qu’un septuple changement s’accomplisse. Les expe¤riences de la balance sont donc en rapport avec un processus d’ initiation. Nous avons maintenant le devoir de vous en parler. C ’est une affaire de¤ licate, dont on ne traite que de temps en temps et partiellement, car ce n’est pas dans les habitudes de la Fraternite¤. La me¤ thode normale est toujours celle-ci : chaque candidat doit arriver a' de¤ couvrir lui-me“ me, sans interme¤diaire, le chemin de l’ initiation dont nous allons maintenant vous parler. Pourquoi donc aller a' l’encontre de cette habitude ! C ’est parce qu’ il faut que la salle des noces du nouveau Champ astral se remplisse ? Le temps presse ? Il ne reste a' l’ Europe qu’un court de¤ lai ? Les choses se passent donc comme pour vous forcer, si c’e¤ tait possible, a' entrer dans le Nouveau Royaume. Cette me¤thode inhabituelle est employe¤ e pour vous faire prendre conscience des possibilite¤ s qui sont les vo“tres aujourd’ hui. Or vous venez d’entendre parler des sept poids : trois grands, et quatre petits pose¤ s a' co“te¤ . Les trois premie'res initiations aux petits Myste' res, qu’ il faut d’abord vivre, ont trait a' : la ve¤ ritable connaissance de Dieu, la ve¤ ritable connaissance de l’Amour universel, et la ve¤ ritable connaissance de la Sagesse. Tels sont les trois poids primordiaux qui, bien que de forme, de valeur et d’aspect diffe¤ rents, ne peuvent e“tre conside¤ re¤ s se¤ pare¤ ment. Ce sont les trois co“te¤ s d’un triangle e¤ quilate¤ral. Ce sont les 192

trois premie' res auto-initiations, que chaque e¤ le' ve du Temple du Portail doit accomplir sur la base de son e¤ tat astral, et transformer en actes concrets dans sa conscience de veille. Ce sont, en premier lieu, les trois premiers rayons de l’ Esprit Septuple, auxquels il doit re¤ agir par un comportement positif. Qu’est-ce que la ve¤ ritable connaissance de Dieu ! Il faut apprendre a' conna|“ tre Dieu comme la source unique de vie, comme le Bien unique. Comme ßCela, comme ßTao, selon l’expression de l’antique Sagesse chinoise. Non pas en the¤ orie, donc de fac on dogmatique, mais en ve¤ rite¤ et en re¤ alite¤ . Il ne s’agit pas d’une orientation mystique, et pas davantage d’une compre¤hension intellectuelle, mais d’un ane¤ antissement total du moi, d’une ouverture de tout l’e“ tre au premier rayon du Nombre parfait. En conse¤ quence de quoi, une fermete¤ infinie, une certitude ine¤ branlable et une bonte¤ insondable touchent le candidat, l’enveloppent et prennent possession de lui. Gra“ ce a' tout cela, na|“ t donc, pour la premie're fois dans la vie de cet homme, une base de vie solide, qui n’a rien de commun avec celle de l’existence ordinaire. C ’est cette base que l’ homme gnostique doit de¤couvrir avant toute chose. C ’est sur ce rocher qu’ il doit pouvoir e“ tre trouve¤ . Tel est le premier poids auquel il faut qu’ il re¤siste. Ensuite, il doit se relier a' la connaissance de l’Amour. La connaissance de l’Amour universel s’e¤le' ve bien au-dessus de tout ce qui est dialectique. Ceux qui re¤sistent au deuxie' me gros poids, s’e¤le'vent dans une synthe' se, une synthe' se de vie ou' il n’y a plus aucune sympathie ou antipathie pour quiconque, avec toutes les conse¤ quences astrales qui en de¤coulent. Seuls subsistent un inte¤re“ t fondamental pour toutes les cre¤ atures, et le de¤sir ardent d’entra|“ ner tout le cre¤ e¤ , dans un abandon e¤ ternel, vers le but unique, qui est a' la base de la cre¤ation. Dans l’e¤ tat d’e“ tre de celui qui est touche¤ par le deuxie'me Rayon du Nombre parfait, il n’est plus question d’ inte¤ re“ t crois193

sant ou de¤croissant ; tout et tous, sans exception, sont entoure¤ s par l’Amour, qui est de Dieu. Et quand le deuxie' me Rayon a ainsi exerce¤ son pouvoir sur l’e¤le' ve, le troisie' me Rayon qui est la connaissance de la Sagesse se de¤ ploie tout entier. Alors ^ saisissez bien cela ^ cet homme ne peut plus jamais dire : ßJe posse' de la Sagesse. Je suis un sage. Non, il acce'de a' la Sagesse, il pe¤ne'tre la Sagesse.Vous pouvez la comparer a' la lumie're du soleil, dans laquelle on se baigne, a' la lumie' re du soleil, qui re¤ chauffe et re¤ conforte, qui donne la vie. Tel est le troisie'me Rayon : un Soleil puissant. Qui marche dans la lumie' re de ce Soleil, acce'de a' la Sagesse universelle, et la rec oit a' chaque souffle, en s’appuyant sur les deux premiers Rayons. Cet homme est alors totalement arme¤ pour suivre la voie de l’offrande au monde et a' l’ humanite¤ . Le Triangle e¤ quilate¤ral est trace¤. Le Triangle se dresse. Ensuite vient le Carre¤ de construction, la pratique des quatre autres poids.

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Apre' s m’avoir admis avec les ce¤ re¤ monies voulues, on m’accorda de libe¤ rer l’un des prisonniers de mon choix. Je n’eus pas besoin de re¤ fle¤ chir longtemps, je choisis le premier empereur, dont j ’avais eu pitie¤ depuis le de¤ but. Il fut aussito“ t mis en liberte¤ et se joignit a' nous avec tous les honneurs.

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Les Sept Poids (II)

Il faut maintenant vous parler des quatre poids plus petits, que chaque candidat doit supporter, apre' s avoir de¤ montre¤ qu’ il pouvait satisfaire aux exigences des trois poids supe¤rieurs fondamentaux. Vous vous rappelez ce que les trois gros poids nous re¤ ve' lent du Nombre parfait. Ils attirent l’attention sur la connaissance ve¤ ritable de Dieu, la connaissance ve¤ ritable de l’Amour universel et la connaissance ve¤ ritable de la Sagesse. Nous appelons cette trinite¤ : le Triangle e¤quilate¤ ral des forces qui mettent re¤ ellement le candidat en mesure de s’e¤ lever jusqu’au service de Dieu et de l’ humanite¤ . Il va de soi que le candidat aux petits Myste' res doit ; 1. e“ tre, et pouvoir e“ tre, d’un de¤ vouement ine¤ branlable ; 2. re¤pandre l’ harmonie autour de lui, dans l’exe¤ cution de son service et par son service ; 3. suivre une voie de de¤ veloppement cohe¤ rente et logique dans son travail et par son travail ; 4. e“ tre un pre“ tre ve¤ ritable dans tous les aspects de l’exercice de son service. Telles sont les ta“ ches assigne¤ es par les quatre Rayons du Nombre parfait, ta“ ches qui ne peuvent e“ tre exe¤ cute¤ es et mene¤ es a' bien que lorsque le triangle des trois gros poids a e¤te¤ trace¤ . Nous allons maintenant examiner le Carre¤ de construction sous diffe¤rents points de vue et commencer par l’ habituelle me¤ thode des analogies. 196

Nous, les hommes de ce monde, nous sommes incapables d’e“ tre ine¤branlables dans notre de¤vouement a' partir des possibilite¤ s et des forces dialectiques. La pratique humaine du de¤vouement, dans le monde dialectique, de¤ pend trop de l’estime ou du me¤ pris, de la bonne ou mauvaise re¤putation, des sympathies ou antipathies, donc du bien et du mal, de l’amour et de la haine, avec toutes les nuances interme¤ diaires. L’ homme ne¤ de la nature est aussi beaucoup trop personnel pour pouvoir e“tre absolument impersonnel. Il est d’ailleurs trop indiffe¤ rent envers son prochain pour pouvoir se tourner vers lui, si besoin est, et se de¤vouer a' lui. Bref, dans la nature de la mort, le de¤ vouement humain est trop de¤pendant de toutes sortes de facteurs et trop influence¤ par toutes sortes de circonstances accessoires pour e“ tre absolument ine¤ branlable. Et pourtant, c’est pre¤ cise¤ ment par ce de¤vouement absolu, ine¤branlable, que doit commencer tout service ve¤ritable, au sens de l’ Esprit Septuple. On peut le conside¤ rer comme surhumain. Mais cela ne l’est pas du tout, lorsqu’ il y a le Triangle e¤ quilate¤ral. Il va de soi que, s’agissant du travail pour le monde, au service de la Gnose, la communaute¤ des travailleurs se doit d’avoir un de¤ vouement pour le moins ine¤branlable et sans faille. C ’est la' l’exigence minimale ? Le travail une fois commence¤ doit e“ tre mene¤ jusqu’au bout, malgre¤ bonne ou mauvaise re¤putation, mensonges ou calomnies, perse¤ cutions et emprisonnement, douleur et souffrance. En raison de toutes ces influences, il faut que le candidat soit ine¤ branlable et le demeure. Le re¤sultat ne doit pas entrer en ligne de compte. Les crite'res ordinaires naturels n’ont pas cours. Il s’agit d’un de¤ vouement a' une ta“ che donne¤ e une fois pour toute, de¤vouement sans limite jusqua’a' la derie' re heure, jusqu’au dernier soupir. {...} Comprenez-nous bien, il ne s’agit pas de se de¤ vouer a' un quelconque ide¤ al, a' une chime' re, a' une ide¤ e plaisante, mais de se de¤ vouer au saint Travail universel, au Logos, a' Dieu. A un 197

Travail prote¤ge¤ par Dieu lui-me“me, a' un Travail qui doit donc e“ tre fait, un Travail pour lequel, en tous temps, des travailleurs sont recherche¤ s, re¤ clame¤ s pour ainsi dire avec supplication. Maintenant, ne soupirez pas : ßQuelle perse¤ ve¤rance il faudra avoir ? Quelle vitalite¤ il faudra posse¤ der ? En parlant de la sorte, vous vous placez en effet du co“te¤ dialectique du proble' me. Or l’ Ecriture Sainte dit : ßMa force s’accomplit dans ta faiblesse. C ’est pourquoi ce sont souvent des personnes disposant de peu de vitalite¤ naturelle qui ont le de¤ vouement le plus dynamique. Car elles se sentent bru“ler du feu d’une mission sublime, assigne¤ e par Dieu. Car elles savent qu’elles ne peuvent et ne veulent pas faire autrement, et que c’est ainsi qu’elles trouvent la joie et la paix. Celui qui peut se consacrer a' sa ta“che, dans un de¤vouement ine¤branlable, de¤ couvrira qu’ il cre¤e l’ harmonie en servant. La grande ide¤ e du Logos, c’est de re¤ aliser un ordre raisonnable et sublime. Et celui qui se met au service du Logos finit par re¤ pandre cet ordre autour de lui. C ’est pourquoi le cinquie' me aspect du Nombre parfait est ßl’ harmonie cre¤ atrice. Mais attention : une telle harmonie s’obtient pour ainsi dire de haute lutte. Car le Saint et Grand E¤uvre doit e“ tre re¤ alise¤ dans la nature de la mort, donc en pays ennemi, et comment parler d’ harmonie dans la nature de la mort ! Pourtant l’oeuvre se re¤ alise ? De quelle harmonie s’agit-il la' ! D’une harmonie qui n’a aucun sens pour l’ homme naturel endurci. Car c’est l’ harmonie de la paix de Bethle¤ em, l’ harmonie de l’amitie¤ et de la se¤ re¤ nite¤ des enfants de Dieu. C ’est l’ harmonie de l’Ame. Celui qui ressent encore les paroles de l’ Ecole et de ses serviteurs comme des attaques, des coups de fouet, des coups d’e¤ pe¤ e, peut e“ tre su“r qu’ il est incapable d’e¤ couter et de vivre comme un homme dont l’Ame est ne¤ e, mais exclusivement comme un e“ tre-moi. Pour l’ homme-moi, l’ Ecole entie' re est discordante, hautement contre-nature. Mais quand l’Ame, votre Ame, s’e¤ pa198

nouit, vous entrez dans l’alle¤gresse des enfants de Dieu. Vous e¤ prouvez alors que les serviteurs de Dieu ont un seul but, une seule ta“ che : vous e¤ lever dans la paix et l’ harmonie du peuple de Dieu. Quand vous visitez les anciens sanctuaires de la Fraternite¤ des Cathares, dans la te¤ne¤breuse ambiance des grottes, il vous est impossible d’ imaginer, vous, homme de ce sie' cle, que c’est la' que les fre' res et soeurs des temps passe¤ s trouve' rent la paix de leur Ame, que c’est la' qu’ ils entre' rent dans la se¤ re¤nite¤ du peuple de Dieu. Mais quand l’Ame est ne¤ e, quand l’Ame s’ illumine dans le coeur du microcosme, tout ce qui est te¤ne¤ breux, tout ce qui est dialectique dispara|“ t comple' tement. Alors, nous entendons les voix jubilantes des jeunes fre'res et soeurs entrant pour la premie're fois dans cette paix et s’exclamant de joie : ßLe Graal ? Le Graal offre a' chacun la Lumie' re immuable. La signification des deux autres poids infe¤ rieurs n’est plus difficile a' comprendre maintenant. De ce qui pre¤ ce' de on peut aise¤ ment de¤ duire que les serviteurs de Dieu, le fre' re et la soeur de la Rose-Croix, accomplissent leur travail suivant un plan logique, e¤ labore¤ dans ses moindres de¤ tails et conforme a' la raison supe¤ rieure de la Gnose universelle. Il est e¤vident qu’en aucun cas ils ne voudront s’e¤carter de ce plan. Que tant de personnes tournent en rond, avec des plans de toutes espe' ces, marque bien le de¤veloppement intellectuel actuel. On se noie dans la multiplicite¤ des ide¤es. Le serviteur de Dieu est parfois comme submerge¤ par un flot de projets au but louable, e¤chafaude¤ s, il est vrai, par des gens bien intentionne¤ s, mais qui sont souvent tre' s mauvais au fond. Or leurs inspirateurs, les forces qui les ont faits na|“ tre, savent bien que tout plan qui ne vient pas de la Gnose e¤ choue irre¤vocablement dans le monde, ou que ses effets, me“ me apparemment salutaires, seront contraires, puisque le bien dialectique est un moindre mal. Il doit donc e“tre clair pour vous que re¤pondre aux exigences du sixie'me Rayon n’est rien d’autre que se tourner irre¤ vocable199

ment vers l’unique Plan de Dieu pour le monde et l’ humanite¤ , en profonde obe¤issance a' votre haute vocation. Vous voyez clairement maintenant ce qu’est la ve¤ ritable pre“ trise gnostique. Le pre“ tre ve¤ritable est le serviteur de Dieu et des hommes. Il est serviteur de Dieu, dans un de¤ vouement ine¤ branlable, reconnu, professe¤ dans le sang et les larmes. De ce fait, et exclusivement, il est le serviteur de tous les hommes. C ’est ainsi que vous devez vous repre¤ senter l’e¤tat d’e“ tre du Rose-Croix ve¤ ritable. L’e¤tat d’e“ tre du Christian Rose-Croix des Noces Alchimiques. C ’est ainsi qu’un tel homme s’approche du premier Temple, le Temple du Portail. Il va passer l’e¤ preuve fondamentale du Nombre parfait. Il est, alors, de plein droit, Chevalier de la Toison d’or. La raison pour laquelle un pareil exemple nous est propose¤ est e¤ vidente. Car nous qui aspirons aussi aux noces alchimiques, nous aurons part au me“me processus de de¤ veloppement, si tout va bien. Comprenez-le clairement : si vous le voulez, vous pourrez, vous aussi, devenir et e“ tre comme Christian Rose-Croix. Enfin, nous voulons encore attirer votre attention sur deux choses. Premie' rement, sur le fait que lorsque Christian RoseCroix eut re¤siste¤ a' tous les poids et que la balance s’ immobilisa, trois hommes essaye' rent de faire monter le plateau de force. Et deuxie' mement, qu’ il fut accorde¤ a' Christian Rose-Croix, apre' s sa victoire, de donner la liberte¤ a' l’un des prisonniers. A propos du premier point, on peut faire remarquer que le travail d’auto-initiation pre¤ paratoire une fois accompli, si le candidat re¤pond a' l’exigence fondamentale du Nombre parfait, il reste encore un triple examen final, une triple e¤ preuve. C ’est une e¤ preuve qui e¤mane du Saint-Graal lui-me“me, qui n’a donc pas pour but, comme on le pre¤ tend par ignorance dans certains romans, d’ induire le candidat en erreur par ruse et stratage' me. Il s’agit pluto“t d’une e¤ preuve vibratoire, d’une syntonisation avec 200

la vibration fondamentale de la Triple Alliance de la Lumie're. Il ne nous est pas permis d’en dire plus a' ce sujet. En ce qui concerne le deuxie'me point : le magicien de la Gnose ne sert pas seulement l’ humanite¤ en ge¤ ne¤ ral mais, a' un moment donne¤ , il est aussi mis en mesure d’aider concre' tement et de¤ finitivement une a“ me humaine en perdition dans l’oce¤ an de la vie, si elle en est digne, et de la sauver.

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Lorsque le dernier fut pese¤ et trouve¤ aussi trop le¤ ger, laJeune Fille aperc ut les roses que j ’avais o“ te¤ es de mon chapeau et tenais a' la main; elle me fit gracieusement demander par son page de les lui offrir, ce que j ’acceptai volontiers. Ainsi le premier acte se termina a' dix heures du matin et les trompettes, que nous ne voyions toujours pas, retentirent une nouvelle fois.

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Les Quatre Roses

Si vous avez bien lu Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix, vous vous souvenez qu’en partant pour se rendre aux noces royales, C.R.C. porte quatre roses a' son chapeau. Or il appara|“ t, maintenant, qu’ imme¤ diatement apre's l’e¤ preuve de la pese¤ e il offre ces quatre roses, sur sa demande, a' la Jeune Fille qui, en tant que repre¤sentante du Roi, dirige la proce¤ dure engage¤e pour les divers candidats. Entre autres significations, ces quatre roses se rapportent aux quatre poids infe¤ rieurs, dont nous avons de¤ja' parle¤ en de¤tails. Nous les avions compare¤ s au Carre¤ de construction, comme nous avions compare¤ les trois poids supe¤ rieurs supporte¤s par Christian Rose-Croix au Triangle e¤ quilate¤ral, base fondamentale de toute construction gnostique. Il est donc exclu qu’un homme puisse se placer sur le Carre¤ de construction, au sens ou' l’entend la Triple Alliance de la Lumie' re, s’ il ne prend pas pour point de de¤ part le Triangle fondamental. Autrement dit, quand C.R.C. se met en route pour leTemple du Jugement, le premier Temple de l’ Initiation, il satisfait de¤ja' , essentiellement et fondamentalement, a' l’exigence des sept poids. C ’est pourquoi, au commencement du voyage, il porte quatre roses rouges a' son chapeau. D’ou' il ressort, comme nous l’avons vu : 1. qu’ il est ine¤ branlable dans son de¤vouement ; 2. qu’au service de l’ humanite¤ et par ce service, il sait cre¤er l’ harmonie ; 203

3. que dans son travail, et par ce travail, il peut suivre une voie d’e¤ volution logique ; 4. et que dans tous les aspects de son comportement, de son travail et de son service, il est un homme sacerdotal. Quand l’e¤ le' ve s’engage ainsi, en reddition totale, on peut s’attendre a' ce qu’un jour, comme Christian Rose-Croix, il ait conscience d’e“ tre admis aux noces royales. Avant cette invitation consciente aux noces, il avait de¤ ja' e¤ te¤ appele¤ , sept ans auparavant, dans un re“ve, par une vision concre'te, ce qui laisse entendre que le processus d’autore¤ alisation, tel que le conc oit la Fraternite¤ de la Rose-Croix, dure sept ans, conna|“ t sept pe¤ riodes, ou sept phases, en accord avec le Nombre parfait des sept poids. La plupart des e¤ le'ves qui se sont joints a' l’ Ecole Spirituelle de leur propre chef, donc sans avoir e¤ te¤ influence¤s par d’autres, se rappelleront qu’ ils ont pris leur de¤ cision comme s’ ils avaient e¤ te¤ attire¤ s vers l’ Ecole par une influence inde¤ finissable. L’ ide¤e de l’ Ecole ne les a plus quitte¤ s. De temps en temps, au cours de toutes sortes d’e¤ve¤nements et de conversations, cette ide¤e devenait comme visible pour eux ; ils e¤ taient donc pousse¤ s, appele¤ s de l’ inte¤ rieur a' entrer en liaison avec l’ Ecole et a' s’engager dans le processus aux sept phases. Car, sachez-le, l’ Ecole telle que vous la connaissez est un atelier, une forge, ou' est exe¤cute¤ le travail des sept phases, ou' est e¤ tudie¤e l’oeuvre comple' te des sept poids, et cela par l’expe¤rience. Quand vous faites ce travail se¤ rieusement, quand vous vous consacrez totalement au noble travail de la fabrication de l’or, l’ ide¤ e qui se tenait a' l’exte¤rieur de vous comme une vision fait alors, a' un moment donne¤ , sa demeure en vous. En sept phases, la rayonnante lumie' re de la Gnose va se loger dans les sept cavite¤ s de votre coeur, et c’est sur cette base que le grand oeuvre prendra forme dans la demeure microcosmique entie' re ; jusqu’au moment ou', la pre¤ paration acheve¤ e, il est finalement possible de recevoir consciemment l’ invitation aux noces royales, les 204

noces alchimiques, au cours desquelles l’ Esprit immanent descend en nous, Pymandre pe¤ ne' tre en nous. Au pre¤ alable, tout le travail de l’a“ me doit s’accomplir d’apre' s les re' gles duTriangle et du Carre¤ , les normes du tapis du renouvellement. Vous avez maintenant compris que tout ce qui nous est de¤crit dans Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix peut devenir votre propre histoire. De' s lors, on peut se demander si le septuple processus du chemin, de's l’ instant de la vision jusqu’a' la prise de conscience, peut mener a' la re¤ alisation en suivant les seules re'gles esquisse¤ es. Il faut re¤ pondre que les radiations ou influences qui transmettent a' l’ homme re¤ceptif l’ ide¤ e du chemin, comme dans une vision, proviennent du champ astral ou' se situe le premier Temple des Myste'res de la Rose-Croix, dont nous avons de¤ja' parle¤ longuement. C ’est le champ astral qu’on peut de¤ signer comme la limite extre“me de ce qui est re¤alisable dans le monde dialectique ; c’est le champ ou' l’e¤tat astral de l’ homme ne¤ de la nature acce' de a' la purete¤ du sixie'me Domaine cosmique. Il y a la' un foyer d’ou' e¤ manent de puissants influx, qui appellent l’ homme a' rena|“ tre en tant qu’ Homme ve¤ ritable. Tous ceux qui y sont sensibles e¤ prouvent son influence. De l’exte¤rieur, d’abord, comme dans une vision. Ensuite, quand ils se sont mis a' l’oeuvre, de l’ inte¤ rieur, comme d’un foyer situe¤ dans leur propre corps astral ; et cela toujours plus consciemment, toujours plus concre' tement, jusqu’a' un e¤ tat d’e“ tre les rendant capables de re¤ sister sans angoisse a' la charge des sept poids, et assez nobles pour participer aux noces alchimiques. Alors l’e¤ le've peut se pre¤ parer a' la descente de l’ Esprit immanent, et c’est a' ce moment que s’avance la me¤ diatrice : la Jeune Fille. Vous vous e“tes sans doute maintes fois demande¤ pourquoi, dans le re¤ cit, figuraient toutes ces jeune filles, tous ces pages, ou jeunes gens, qui entrent en sce' ne comme serviteurs ou servantes du Roi et accompagnent le candidat au cours du processus de 205

transmutation alchimique. Eh bien, c’est qu’avant l’apparition comple' te de l’ Esprit immanent, de Pymandre, du Roi et de la Reine, au cours du processus d’ initiation microcosmique, un influx spirituel se manifeste en tant que messager de l’ Esprit immanent qui va venir. Cet influx se manifeste d’abord, on le voit clairement, sous deux aspects : un aspect fe¤ minin, re¤ cepteur, et un aspect masculin, activement re¤ alisateur. Un aspect qui contribue a' rendre le syste' me re¤ ceptif aux processus futurs, et un aspect qui stimule et conduit ces processus. En tant que radiations repre¤ sentant Pymandre, ces deux messagers de l’ Esprit pur rencontrent le candidat qui en a obtenu la capacite¤ , et le rec oivent dans le premier Temple des Myste'res. Ainsi nous pouvons maintenant parfaitement comprendre cette courte phrase du Troisie' me Jour : Lorsque le dernier fut pese¤ , la Jeune Fille aperc ut les roses que j ’avais o“te¤ es de mon chapeau et tenais a' la main ; elle me fit gracieusement demander par son page de les lui offrir, ce que j ’acceptai volontiers.

L’e¤le' ve capable a donne¤ la preuve positive de son e¤ tat d’e“ tre et re¤ussi parfaitement l’e¤ preuve de la balance. Il a e¤ te¤ pese¤ avec les sept poids du Nombre parfait et n’a pas e¤te¤ trouve¤ trop le¤ ger. La preuve n’en est pas enregistre¤ e quelque part, abstraitement, mais se traduit par l’entre¤ e en possession d’un bien absolu, et de valeurs avec lesquelles travailler, au moyen d’une force qui met chacun de ceux qui la posse' dent en e¤ tat d’e“ tre un ve¤ ritable serviteur de Dieu et des hommes, au sens le plus absolu du terme. Les quatre roses du Carre¤ de construction ne sont plus sur le chapeau, comme symbole d’un cheminement parfaitement oriente¤ sur le but, mais Christian Rose-Croix les tient a' la main : il est donc pre“ t a' agir ? Vient alors l’ Esprit, en la personne d’un page et d’une Jeune 206

Fille, pour recevoir de lui les roses merveilleuses de l’action. Un candidat capable est entre¤ dans la salle des noces et y est cordialement accueilli. Le processus alchimique, qui me' ne a' la royaute¤ de l’ Esprit, peut maintenant commencer.

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Pendant ce temps, les soldats durent se retirer avec les prisonniers, dans l’attente de la sentence. Un jury fut forme¤ , comprenant les sept capitaines et nous-me“ mes, avec la Jeune Fille comme pre¤ sidente, et nous conv|“ nmes que chacun dirait son avis concernant le sort des prisonniers. La premie' re ide¤ e fut de les mettre tous a' mort plus ou moins cruellement, dans la mesure ou' ils avaient contrevenu aux exigences pose¤ es. D ’autres voulaient les garder prisonniers. Mais ces deux propositions ne plurent ni a' la pre¤ sidente ni a' moi. Finalement l’affaire fut re¤ solue par l’empereur que j ’avais libe¤ re¤ , par un autre prince, par mon compagnon et par moi-me“ me de la manie' re suivante: en premier lieu, les seigneurs les plus e¤ minents seraient conduits hors du cha“ teau discre' tement; on pourrait mettre les autres dehors avec plus de moqueries, les de¤ shabiller et les laisser courir tout nus; les derniers seraient fouette¤ s, ou chasse¤ s par des chiens. On laisserait partir sans nulle sanction ceux qui, la veille, avaient capitule¤ de leur propre chef ; toutefois les impudents et ceux qui, au cours du repas de la veille, s ’e¤ taient conduits de fac on inde¤ cente, seraient punis dans leur corps et dans leur a“ me, selon leur comportement.

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Les six sentences

Revenons maintenant au champ astral dont nous avons de¤ja' beaucoup parle¤, ou' se trouve le Temple du Jugement, le premier Temple situe¤ a' la frontie're qui se¤ pare les re¤ alisations les plus e¤ leve¤es du monde dialectique et la sereine purete¤ du monde de l’e¤tat d’Ame vivante ; le Temple ou' vous pouvez entrer, avonsnous dit, si vous e“ tes dispose¤ a' transformer l’ ide¤ e gnostique de libe¤ ration en re¤alite¤ vivante ; le Temple ou' vous acce¤ dez aussi chaque nuit pendant le sommeil, a' condition que la vie du jour le permette. Au cours du sommeil, le corps astral est toujours en pleine activite¤ . Nous avons de¤ ja' explique¤ que nombre d’ hommes et de groupes, bien que n’appartenant pas au corps magne¤ tique d’une Ecole Spirituelle Gnostique et s’opposant e¤ventuellement de facon de¤ cide¤e aux efforts et travaux d’une telle Ecole, savent pourtant pe¤ ne¤ trer dans l’astral du premier Temple, ou sont capables d’entrer dans la sphe' re d’influence de ce champ. C’est la raison pour laquelle ceux qui peuvent observer consciemment la vie de cette sphe're astrale de¤couvrent que ce n’est pas toujours, et de loin, les personnes qui conviennent, les personnes aptes et bien oriente¤es, qui se trouvent sur le parvis duTemple du Jugement. Par exemple, on peut e“tre attire¤ par les radiations astrales en raison de ses aspirations humanitaristes ou mystico-religieuses. Il est e¤ galement possible d’e“ tre saisi par le rayonnement duTemple en raison d’une culture extre“me de la personnalite¤ ayant provoque¤ de grandes modifications des se¤ cre¤ tions internes dans le sanctuaire de la te“ te. 209

Enfin il est encore possible, par toutes sortes de me¤thodes occultes et sans posse¤ der les qualite¤s inte¤ rieures requises, de rendre la personnalite¤, donc le corps astral, capable d’entrer consciemment en contact avec le rayonnement du Temple. Soit par illusion, extre“me e¤ gocentrisme ou tendance au mal, soit par un penchant pour les hautes valeurs gnostiques, de telles personnes sont naturellement porte¤ es a' pe¤ ne¤ trer dans le champ astral nouveau. Derrie' re tout cela, il y a le de¤ sir d’agrandir son propre rayon d’action, ou d’e¤ chapper a' certaines situations pe¤nibles. C ’est pourquoi il est compre¤ hensible que, dans le Temple du Jugement et dans le champ astral correspondant, de puissantes forces correctrices interviennent afin de renvoyer a' la place qui leur revient ceux qui sont indignes ou encore inaptes. La manie're dont cela se passe est expose¤ e dans le re¤ cit sous forme symbolique et romanesque. Tentons maintenant de vous expliquer, d’apre' s ce re¤cit romanesque et voile¤, comment le renvoi s’effectue sous l’action des lois astrales naturelles, en sorte que nul e“ tre indigne ou inapte ne puisse se glisser a' travers les mailles du filet. Six sortes de renvoi sont mentionne¤es : 1. certains sont reconduits en silence hors du Temple, 2. certains sont expulse¤ s de facon infamante, 3. d’autres sont de¤ve“tus et renvoye¤ s nus, 4. il y a le groupe de ceux qui sont cha“ tie¤s a' coups de verges et chasse¤ s par des chiens, 5. il y a ceux qui peuvent se retirer de leur plein gre¤ et sans cha“ timent, 6. les malintentionne¤ s sont punis tre' s gravement, dans leur corps et leur a“me. Imaginez d’abord un homme tre's humanitariste, vivant entie'rement a' l’ inte¤ rieur du cercle restreint de l’existence limite¤ e au moi. Cet homme attend tout de la vie de ce monde et dans cette vie se voue entie' rement au service de l’ humanite¤ . C ’est 210

souvent un homme religieux a' tous e¤ gards, menant une vie tre' s pieuse. Par son oeuvre et sa conduite, il me¤ rite souvent l’estime et le respect de tous. Vous imaginez facilement qu’un homme de ce type exprimera ses hautes et nobles aspirations dans le corps astral, en particulier par un puissant de¤sir de servir le monde et l’ humanite¤ d’une manie're ou d’une autre. Il recherche, il de¤sire ce qu’ il y a de meilleur et de plus haut pour elle. Par conse¤ quent il est su“r qu’ il sera touche¤ par l’ardent foyer astral pre¤cite¤, qui n’a qu’un seul but : le sauvetage du monde et de l’ humanite¤, mais cela dans un sens positif et absolument libe¤ rateur ? C ’est pourquoi il est clair que ces deux dispositions astrales, bien qu’ayant un point commun, se repoussent l’une l’autre en raison de l’opposition des deux ordres de nature, la nature de la mort et le Royaume qui n’est pas de ce monde. Il n’est pas possible a' l’ humanitariste le plus noble d’atteindre le grand espace du monde de l’Ame. En raison de l’orientation fausse de son e¤ tat astral, il est conduit hors du Temple dans un silence complet. Il ne me¤ rite nulle punition car, vu son type, il n’y a pas d’ homme meilleur que lui. Mais il ignore sa haute destine¤ e, sa vocation sublime. Et, bien qu’enfant de Dieu, il doit e“ tre ramene¤ dans l’errance a' cause de son manque de connaissance ; jusqu’au jour ou', dans cette errance, il fait la de¤ couverte de son inefficacite¤, se met a' en chercher la cause et a' chercher laVe¤ rite¤ qui le de¤ livrera. Mais les hommes de ce genre sont l’exception. Les autres sont plus ou moins charge¤ s de dettes. Que pensez-vous, par exemple, des autorite¤ s religieuses de toute nature qui, de facon purement spe¤ culative, sur des bases intellectuelles sans fondement exact, e¤ garent des peuples entiers et les tiennent prisonniers, condamne¤ s par leur illusion. Ces personnes, de propos de¤ libe¤ re¤, se sont charge¤ es de responsabilite¤ s e¤ manant de leur e“ tre astral. Elles cre¤ ent d’ innombrables forces mauvaises dans le monde astral, mais elles sont aussi touche¤ es par la fontaine astrale du premier Temple, dont nous avons parle¤ . 211

Il faut bien vous repre¤ senter la situation complexe de ces hommes. Par nos pense¤ es, nous portons notre corps astral dans un e¤ tat d’activite¤ de¤termine¤ . Le corps astral est comme un feu. L’ impulsion d’une pense¤ e produit un principe igne¤ incandescent, qui e¤ met des radiations vers la personnalite¤ entie' re. De telles radiations libe'rent des e¤ thers et ces e¤ thers incitent le corps entier et ses fonctions sensorielles a' re¤ agir conforme¤ ment a' l’ impulsion de la pense¤ e. Conside¤ rez maintenant tous ces poe' tes, penseurs, e¤ crivains, philosophes, chefs d’e¤tat et autres qui, pour une raison quelconque, influencent les pense¤ es des masses : ces pense¤ es forment, orientent et fac onnent de multiple manie' re le savoir du monde. Cela se fait au moyen de livres, d’ institutions e¤ ducatives, de la radio et de la te¤ le¤ vision, de la presse, etc. Les millions de personnes qui suivent ces autorite¤ s par ces moyens sont trompe¤ es en raison des processus de¤ clenche¤ s dans la sphe' re astrale. Mais la foule des chefs et des autorite¤ s sont eux-me“ mes influence¤ s astralement, charge¤ s astralement par ceux qui les louent, les lisent et s’en font l’e¤ cho. Car la foi libe' re des forces et des courants de nature astrale en direction de la source et de l’objet de cette foi. De la sorte, les chefs et autorite¤s sont a' leur tour prisonniers, si bien qu’ ils finissent par se prendre euxme“ mes au jeu de leurs spe¤ culations. Ils sont ainsi pousse¤ s jusqu’au crite' re astral dont nous avons parle¤ , charge¤ s effectivement de dettes, mais aussi traque¤ s comme prisonniers des conse¤ quences de leurs fautes. Or, au contact avec le champ astral serein de l’Origine, le corps astral des autorite¤ s en question est saisi d’une manie' re tre' s particulie're. C ’est que, dans leur ve¤hicule astral, se libe' rent des forces ne correspondant absolument pas a' leur ve¤ ritable nature. Au de¤but du processus, la pense¤ e personnelle autonome n’a plus de prise sur le corps astral, ce qui provoque chaos et de¤ sordre dans la vie personnelle, et fait na|“ tre toutes sortes d’ incidents inde¤ sirables plus ou moins graves. 212

Examinons de plus pre's la situation sur le parvis du premier Temple, apre' s la pese¤ e. Pensons a' l’ab|“ me des effrayantes corruptions astrales. Vous comprenez aise¤ment que de nombreuses forces astrales de¤moniaques chassent vers leTemple du Jugement des milliers d’entite¤s sensibles aux influences astrales de la Gnose, mais incapables de la comprendre, cela par des me¤thodes occultes les poussant a' faire toujours plus d’efforts pour pe¤ ne¤ trer par effraction dans le monde des Ames vivantes ; et plus pre¤ cise¤ ment, pour ouvrir une bre' che par ou' fuir la condition infernale du feu astral. Tous ceux qui, de manie' re spe¤ culative, se laissent manipuler de la sorte sont cha“ tie¤ s par la loi astrale en fonction de leurs actes. Il ne faut pas concevoir ces cha“ timents, dont il est aussi longuement question dans l’ Ecriture Sainte, comme des sanctions au sens dialectique, donc comme des vengeances, mais comme des re¤actions ne¤ cessaires a' la protection absolue de l’unique processus de libe¤ration, la protection du Plan de Dieu pour le monde et l’ humanite¤ ; donc aussi la protection des personnes concerne¤es. Car me“ me ceux que le feu astral consume horriblement subissent ce tourment afin de garder jusqu’au tout dernier moment la possibilite¤ de participer a' la liberte¤ ve¤ritable. Pourquoi Les Noces Alchimiques e¤ clairent-elles cet aspect te¤ ne¤ breux de la vie humaine ! Pour vous placer devant l’absolue ne¤ cessite¤ de ve¤ rite¤ , loyaute¤ et re¤alite¤ , vous qui e“tes appele¤ par la vision de la Gnose et voulez approcher les Myste' res. Car seule la Ve¤ rite¤ peut vous libe¤ rer. Soyez donc, en tout, since' re et vrai. Ne spe¤culez en rien. Ne vous laissez pas mener par l’ instinct du moi ou les passions. Car, alors, vous e¤ voquez les tensions astrales fatales qui ane¤antissent vos faculte¤ s de discernement, et vous font reculer de plus en plus sur le chemin du de¤ veloppement. De' s le de¤ part, ne suivez que le seul chemin qui soit su“r : le chemin des quatre roses.

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Cette proposition plut a' la Jeune Fille et obtint la majorite¤ . En outre, on servirait encore un repas a' tous, ce dont on les informa aussito“ t. L’annonce de la sentence fut reporte¤ e a' midi. Ainsi prit fin le conseil. Alors la Jeune Fille se retira avec sa suite a' l’endroit habituel ; dans la salle, on nous indiqua la table supe¤ rieure, en nous priant de nous en contenter jusqu ’a' la fin de toute l’affaire. Ensuite nous serions conduits vers le Fiance¤ et la Fiance¤ e et, dans cet espoir, nous attend|“ mes tranquillement ce moment. Entre-temps, les prisonniers e¤ taient ramene¤ s dans la salle et place¤ s chacun selon son rang. On leur ordonna de se conduire plus convenablement que la veille, conseil superflu, le courage les avait depuis longtemps abandonne¤ s. Par souci de ve¤ rite¤ et sans flatter quiconque, je dois te¤ moigner qu ’en ge¤ ne¤ ral ce furent les grands personnages qui surent le mieux s ’accommoder de cette situation inhabituelle. Leur comportement, il est vrai, e¤ tait maladroit mais since' re. Ils ne voyaient toujours pas les serviteurs, alors qu ’ils nous e¤ taient maintenant visibles, ce dont je me re¤ jouissais fort. Si e¤ leve¤ s que nous fussions par la fortune, nous ne nous en flattions pas devant les autres, mais nous nous adressions a' eux et les encouragions: les choses ne tourneraient pas si mal a' leur e¤ gard ? Ils eussent volontiers pris connaissance dela sentence, mais on nous avait si formellement interdit d ’en parler que nul ne laissa e¤ chapper un mot. Nous les consola“ mes donc de notre mieux, buvant avec eux afin que le vin les e¤ gaya“ t un peu.

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Notre table e¤ tait recouverte de velours rouge et garnie de gobelets d ’argent et d ’or pur, ce que les autres observaient avec surprise et douleur. Avant de prendre place, les deux pages entre' rent et remirent a' chacun de nous, au nom du Fiance¤ , laToison d ’or surmonte¤ e du Lion aile¤ , en nous demandant de les porter a' table et d ’honorer ainsi le nom et la dignite¤ de l’Ordre (ou' Sa Majeste¤ nous recevait aujourd ’hui et dans lequel Elle nous confirmerait biento“ t avec la solennite¤ requise). Nous accepta“ mes cette distinction avec la plus grande humilite¤ , promettant de faire, avec obe¤ issance, tout ce qui plairait a' Sa Majeste¤ . Le page avait aussi une liste sur laquelle nous e¤ tions inscrits dans un ordre pre¤ cis; et si je tais ici mon rang, c ’est de crainte de me rendre peut-e“ tre coupable d ’orgueil, ce qui signifierait commettre une faute contre le quatrie' me poids. Notre repas e¤ tant tre' s copieux, nous demanda“ mes a' l’un des pages s ’il n’e¤ tait pas permis d ’en donner une petite portion a' nos amis et connaissances parmi les condamne¤ s. Il nous l’accorda sans objection et chacun de nous les fit servirabondamment par ses serviteurs. Ils ne pouvaient pas voir ces derniers, ils ne savaient donc d ’ou' cela leur venait et je voulus apporter moi-me“ me quelque chose a' l’un d ’eux. A peine m’e¤ tais-je leve¤ qu ’un serviteur vint derrie' re moi me dire qu ’il souhaitait amicalement me mettre en garde, car si un page me voyait, il le rapporterait au Roi, ce qui me cou“terait certainement tre' s cher. Mais comme il e¤ tait le seul a' l’avoir vu, il ne me trahirait pas si, par la suite, jerespectais mieuxla dignite¤ del’Ordre. Par ces mots, il me remit si bien a' ma place que pendant un bon moment, je n’osai plus bouger sur ma chaise. Je le remerciai ne¤ anmoins du mieux que je pus de ce loyal avertissement, pour autant que j ’y songeai dans ma ha“ te et ma frayeur. 215

Peu apre' s retentit de nouveau la sonnerie de trompettes. Nous savions de¤ ja' par expe¤ rience qu ’elle annonc ait la Jeune Fille et nous nous pre¤ para“ mes a' l’accueillir. Elle rentra, avec sa suite habituelle, assise sur son tro“ ne e¤ leve¤ ; les deux pages la pre¤ ce¤ daient portant, l’un une coupe d ’or, et l’autre un document sur parchemin. S’e¤ tant leve¤ e avec gra“ ce, elle prit la coupe des mains du page et nous la tendit en disant qu ’elle nous e¤ tait envoye¤ e au nom et sur l’ordre de Sa Majeste¤ , avec prie' re de la faire circuler en son honneur. Son couvercle portait une Fortune en or, moule¤ e avec art, tenant dans la main une banderole rouge flottante; a' cette vue, je bus avec moins de bonne humeur, car je connaissais suffisamment la cruaute¤ de Dame Fortune.

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Les repas duJugement

Deux repas sont offerts a' tous ceux qui pe¤ ne' trent dans le nouveau champ astral, le Temple du Jugement, et en sont e¤ conduits en raison de leur e¤ tat d’e“ tre : un premier repas a' leur entre¤ e, un deuxie'me repas juste avant l’exe¤cution de la sentence. Or ceux qui sont entre¤ s de facon positive dans le Temple et ont passe¤ l’e¤ preuve de la balance avec succe's, prennent aussi part a' ces deux repas. Ceux-ci symbolisent les effusions astrales recues a' l’entre¤e, influences, en fait, de¤ cisives. Analysons cette partie du re¤ cit. Supposez que vous pe¤ ne¤ triez dans un champ astral n’ayant aucun rapport avec la nature de votre propre e¤ tat astral. Vous y pe¤ ne¤ trez pour l’une des raisons dont nous avons parle¤. Pour commencer, ce nouveau milieu vous accablera, vous angoissera ou vous surprendra. Il est e¤ galement possible de re¤ agir, au de¤but, en montrant une agitation outrancie're ou en faisant un vacarme a' tout casser. Ou bien, l’air su“r de soi, en arborant des manie' res hautaines et importantes ; ou encore en adoptant l’attitude bien connue de qui de¤ clare : ßNe m’en dites pas plus, je sais de¤ja' tout ? Il faut se rappeler qu’au Deuxie'me Jour des Noces Alchimiques, Christian Rose-Croix est tre's frappe¤ par les diverses re¤ actions qu’ il observe de la part de ceux qui sont rassemble¤ s dans le parvis du Temple du Jugement pour prendre le premier repas. Vous devez bien comprendre qu’ il s’agit, en premier lieu, de 217

sonder l’e“tre aural, car c’est votre e¤tat astral qui de¤termine votre conduite et tout ce que le sort vous re¤ serve. Et n’oubliez pas que le tout est lie¤ a' votre vie mentale ? Car la pense¤ e est le principe qui enflamme, tandis que la sphe' re astrale est le grand feu qui re¤alise. Ainsi, quand le premier repas est servi, tous les assistants sont force¤ s, par l’ impulsion astrale fondamentale du Temple, de se montrer entie' rement tels qu’ ils sont, de de¤couvrir les forces dont ils vivent. Ce sont ces te¤moignages re¤ve¤lateurs qui font pencher la balance et de¤terminent le jugement, donc le sort des inte¤resse¤ s. Le premier repas a donc pour effet ge¤ ne¤ ral de de¤masquer, d’e¤ claircir et d’e¤ clairer. Pour comprendre les causes psychologiques de re¤ actions aussi diffe¤ rentes, il faut tenir compte du fait que le champ astral de la Fraternite¤ n’est comparable en rien au champ astral des e“tres ne¤ s de la nature. Si un homme est tre' s oriente¤ sur la Fraternite¤, et qu’ il s’est effectivement mis en route avec les quatre roses a' son chapeau, l’expe¤rience de ce premier courant astral lui donne une re¤serve et une modestie extre“mes. Si, avec tout ce qu’ il a en lui, il cherche la sanctification et qu’ il a eu beaucoup d’ame' res de¤sillusions, le premier attouchement du courant astral de sanctification e¤manant de la Fraternite¤ va l’e¤mouvoir au plus profond de son e“ tre et le rendra silencieux. Mais s’ il s’agit du chercheur de bonheur e¤ gocentrique, pourchasse¤ par un e¤ tat astral correspondant, alors le courant astral fondamental lui donnera un sentiment de bonheur superficiel, qui lui fera dire : ßEt bien, m’y voila' , j’y suis, j’ai gagne¤ ?  La de¤ sillusion et les flammes infernales du feu astral viendront plus tard. Ces personnes se retrouvent dans un e¤ tat de soidisant illumination, elles parlent a' tort et a' travers, et se moquent des candidats se¤ rieux et de leur pre¤tendue me¤ diocrite¤. Au deuxie'me repas, les ro“les sont comple'tement renverse¤ s. Les bavards, les moqueurs et ceux qui ont crie¤ victoire sont prison218

niers tandis que les encha|“ ne¤s, les accable¤ s du de¤ but, sont libe¤ re¤ s. Comment cela se fait-il ! L’explication va de soi. Durant le premier repas, le corps astral est charge¤ , ce qui entra|“ ne une re¤ action plus ou moins forte de la conscience. Mais pendant le deuxie' me repas, la force astrale dont est charge¤ le corps astral agit totalement, de sorte que le corps e¤ the¤ rique est force¤ de re¤agir et donc e¤ galement le corps physique. Ensuite le pouvoir mental en e¤prouve et constate toutes les conse¤ quences. Quand un e¤ le' ve se¤ rieux fait un usage re¤ el de l’ ide¤e libe¤ ratrice transmise, donc se met en route avec les quatre roses a' son chapeau, il arrive que le premier attouchement du feu astral de la se¤ re¤ nite¤ le terrasse. Mais ensuite, sous son influence, il finit par de¤ couvrir que sa longue pre¤paration a rendu l’ensemble de son syste' me apte a' supporter ce feu puissant et a' y re¤ agir positivement. Celui qui, au de¤ but, semblait si he¤ sitant et si faible, devient fort comme un roc. Et c’est pourquoi ceux-la' rec oivent, au nom de l’ Epoux, la Toison d’or avec le Lion aile¤, et peuvent boire a' la coupe du Graal couronne¤ e de la Fortune d’or. LaToison d’or, le Lion aile¤ , la Fortune d’or, connaissez-vous ces symboles ! Le Chevalier de laToison d’or est un homme dote¤ d’un corps astral renouvele¤, totalement purifie¤ des souillures terrestres. Il porte un ve“ tement d’or, le Manteau d’or des noces, il est marque¤ du sceau de la quintuple promesse : 1. Vous, Seigneurs Chevaliers, jurez de ne jamais consacrer votre Ordre a' quelque de¤ mon ou esprit, mais a' Dieu Seul, notre Cre¤ ateur, et a' Sa Servante, la vraie Nature; 2. d ’exe¤ crer toute idola“ trie, impudicite¤ et impurete¤ , et de ne pas souiller votre Ordre de tels vices; 3. d ’aider de tous vos dons ceux qui en sont dignes et en ont besoin; 4. de ne pas de¤ sirer cet honneur pour en tirer gloire et estime en ce monde: 5. de ne pas vouloir vivre plus longtemps que Dieu ne le permet.* * Voir le Septie' me Jour.

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Le Lion aile¤ est le symbole de l’Amour divin, qui agit sur la personnalite¤ entie' re par la ple¤ nitude de l’attouchement astral. La Fortune d’or est la de¤ esse du bonheur, le bonheur le plus haut qu’un enfant d’ homme puisse gou“ter. Le bonheur de l’Ame vivante permettant de progresser jusqu’a' l’ Esprit vivificateur. Ce bonheur est un e¤tat e¤ ternel, il n’a rien a' faire avec le bonheur si fragile, si capricieux, que la naissance dans la nature peut offrir a' l’ homme. Maintenant vous saisissez parfaitement pourquoi, durant le deuxie' me repas, celui qui manque de se¤ rieux voit consciemment son inaptitude et la cause de la faussete¤ de ses ambitions et de ses actes. Car ce qui pe¤ ne' tre dans le corps astral ou s’y de¤ veloppe agit sur la personnalite¤. Telle est l’utilite¤ du feu infernal : ce n’est pas une punition que le feu nous inflige, mais une lec on qu’ il grave en nous. C ’est pourquoi la Jeune Fille lit aux condamne¤ s le verdict e¤ nume¤ rant les causes et les effets. Le tout de¤clenche force plaintes, pleurs et ge¤ missements. Ce qui e¤ meut beaucoup Christian Rose-Croix. Les larmes coulent sur ses joues mais il ne peut rien faire pour les condamne¤s. Ils sont objet de pitie¤ , mais pas d’une pitie¤ de¤ place¤ e. On ne peut aider que soi-me“ me, dans la force de la Lumie're. Qui tombe au sol, fait connaissance avec le sol. Et il n’est possible de se relever que si, du fond du puits, l’on parvient a' attraper la corde, et que l’on s’engage ve¤ ritablement sur la route avec les quatre roses a' son chapeau. La repentance suit toujours la faute. Personne ne peut sortir de force de la fosse aux serpents du monde dialectique. Celui qui en fait l’essai e¤ prouve les coups du destin, de¤ cha|“ ne¤ par luime“ me. Et s’ il veut sortir du tombeau, il doit porter jusqu’au bout la croix aux roses : les sept roses, dont l’e¤ panouissement et le parfum te¤moignent du re¤ tablissement glorieux de l’activite¤ des sept Rayons universels. 220

Il reste encore un point sur lequel attirer votre attention et qui me¤ rite examen : celui qui est admis par la Fraternite¤ , a' la fin de son voyage avec les quatre roses, a de¤ ja' e¤te¤ renvoye¤ plusieurs fois auparavant. En effet, nous le savez maintenant, il s’agit la' d’un processus ; personne ne doit compter re¤ussir sans peine et sans faux pas. En d’autres termes, vous avez peut-e“ tre, vous aussi, de¤ ja' fait souvent partie du groupe des prisonniers qui, quoique se¤ rieux, ne pouvaient pas encore e“tre admis. Et vous avez donc, vous aussi, pris part aux deux repas du Jugement, et subi les conse¤ quences inhe¤rentes. Mais soyez-en certain, vous avez be¤ ne¤ ficie¤ de l’aide compatissante de la Fraternite¤ a' ces moments-la' . C ’est ainsi qu’ il faut comprendre ce de¤ tail apparemment enfantin des friandises que les jeunes Fre' res du Graal, pendant le deuxie'me repas, peuvent faire parvenir a' leurs amis et connaissances parmi les condamne¤s. Toute a“me a' l’aspiration vraie, aux efforts certains, est une amie et rec oit a' chaque instant l’aide ne¤ cessaire.Vous aussi be¤ ne¤ ficiez, ou avez be¤ne¤ ficie¤ de cette aide ; surtout au moment ou' vous en aviez le plus besoin. Cependant, en offrant cette aide, l’Ordre pose une condition fondamentale, a' savoir qu’elle ne sera jamais personnelle. Un e“ tre ne¤ de la nature de¤ sire un ma|“ tre, un adepte, une autorite¤ qui, le soutenant, lui sert d’appui et d’aide pour laver le linge sale de son karma. Quand c’est le cas, il n’est pas question de pouvoir de¤ passer l’e¤ tat d’e“ tre ne¤ de la nature, car l’e¤ gocentrisme demeure. C ’est pourquoi, celui ou celle qui aide vraiment n’e¤tablit jamais de contact personnel. C ’est pourquoi Christian Rose-Croix est re¤primande¤ par le page quand il essaie spontane¤ ment d’agir de cette facon. La seule chose qui importe est que cette aide soit donne¤ e, et donne¤ e de facon que l’e¤le' ve, ressentant une force impersonnelle puissante, puisse prendre la juste de¤ cision d’un comportement juste. 221

Celui qui veut sortir du tombeau de la nature de la mort recoit l’aide ne¤ cessaire, mais il doit accomplir lui-me“ me l’oeuvre du salut.

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La Jeune Fille e¤ tait de¤ core¤ e comme nous de laToison d ’or et du Lion, d ’ou' je conclus qu ’elle e¤ tait sans doute la pre¤ sidente de l’Ordre. Nous lui demanda“ mes le nom de cet Ordre, mais elle re¤ pondit que le moment de le re¤ ve¤ ler ne viendrait qu ’une fois l’affaire des prisonniers re¤ gle¤ e. Si leurs yeux restaient ferme¤ s, c ’est qu ’en effet ce qui nous arrivait ici ne pouvait que les irriter et les offusquer, quoique ce ne fu“t rien en comparaison de l’honneur qui nous attendait. Puis elle rec ut des mains de l’autre page l’acte divise¤ en deux parties. Au premier groupe, on lut a' peu pre' s les choses suivantes: Ils devaient reconna|“ tre avoir cru trop a' la le¤ ge' re en des livres mensongers et avoir eu trop bonne opinion d ’eux-me“ mes, c ’est pourquoi ils e¤ taient venus au cha“ teau sans jamais avoir e¤ te¤ invite¤ s. Peut-e“ tre la plupart e¤ taient-ils entre¤ s dans l’intention de faire un bon coup, afin de vivre ensuite dans une gloire et un luxe plus grands. De la sorte, les uns avaient entra|“ ne¤ les autres, leur faisant subir ainsi tant de honte et de moqueries qu ’ils me¤ ritaient d ’e“ tre gravement punis. Ils le reconnurent alors, humblement, en tendant la main, apre' s quoi l’on s ’adressa avec se¤ ve¤ rite¤ a' l’autre groupe a' peu pre' s en ces termes:

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C ’est en toute connaissance de cause et conviction inte¤ rieure qu ’ils avaient fait des livres mensongers, pleins de pures inventions, trompe¤ et dupe¤ autrui en sorte qu ’ils avaient attente¤ , chez beaucoup, a' la dignite¤ royale. Ils savaient pertinemment quelles images sacrile' ges et se¤ ductrices ils avaient forge¤ es, n’ayant me“ me pas e¤ pargne¤ laTrinite¤ divine, utilise¤ e par eux pour berner tout le monde. On voyait maintenant clairement par quelles pratiques ils avaient tente¤ de fourvoyer des ho“ tes since' res et d ’e¤ garer les ignorants.Tout le monde savait aujourd ’hui qu ’ils s ’e¤ taient rendus ouvertement coupables d ’impudicite¤ , de prostitution, de de¤ bauche et d ’autres impurete¤ s, toutes choses contraires a' l’ordre public de notre Royaume. Bref, ils savaient tre' s bien avoir porte¤ atteinte a' Sa Majeste¤ Royale jusque dans le menu peuple; c ’est pourquoi ils devaient reconna|“ tre comme ave¤ re¤ qu ’ils e¤ taient des tra|“ tres, des mise¤ rables et des sce¤ le¤ rats, me¤ ritant d ’e“ tre punis et se¤ pare¤ s des hommes convenables.

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Les fourbes se refusaient a' cet aveu, mais comme laJeune Fille les menac ait de mort par serment, et qu ’en outre l’autre groupe s ’emportait violemment contre eux, les accusant a' l’unanimite¤ de les avoir malignement e¤ carte¤ s de la Lumie' re, pour e¤ viter le pire, et contraints par les circonstances, ils finirent par reconna|“ tre leurs fautes. Ils ajoute' rent que ce qui s ’e¤ tait passe¤ ne devait pas leur e“ tre trop lourdement compte¤, leurs victimes e¤ tant des seigneurs de¤ sireux d ’entrer dans le cha“ teau a' tout prix et qui, a' cette fin, leur avaient promis de fortes sommes d ’argent.Tous les coupables avaient donc rivalise¤ de ruse pour obtenir leur part.Voila' ce qui s ’e¤ tait passe¤, mais comme ils avaient e¤ choue¤, ils estimaient n’avoir pas fait plus de mal que les seigneurs. Si ces derniers n’avaient pas cru que l’un d ’entre eux, au moins, re¤ ussirait a' entrer, ils n’auraient pas escalade¤ avec eux les murs a' leurs risques et pe¤ rils pour si peu. A propos des livres, on les leur avait achete¤ s avec tant d ’empressement que ceux qui ne pouvaient subsister autrement e¤ taient bien force¤ s de commencer par ce genre de tromperie. Ils espe¤ raient donc que, en toute e¤ quite¤, on neleleur imputerait pas a' mal, qu ’ils avaient, comme il sied a' des serviteurs, servi les seigneurs a' leur demande expresse. Ils tentaient de se disculper par des discours de ce genre. On leur re¤ pondit, ne¤ anmoins, que Sa Majeste¤ Royale avait de¤ cide¤ de les punir tous, les uns plus durement que les autres. Ce qu ’ils invoquaient pour leur de¤ fense e¤ tait vrai en partie (et de ce fait les seigneurs n’e¤ chapperaient pas a' la punition), mais ceux qui s ’e¤ taient pre¤ sente¤ s avec tant d ’impudence et avaient sans doute se¤ duit des ignorants contre leur volonte¤ devaient se pre¤ parer a' la mort; le me“ me sort attendait ceux qui, par la lecture delivres trompeurs, avaient offense¤ Sa Majeste¤ Royale, ce qui ressortait clairement de leurs propres e¤ crits et ouvrages. 225

Sur ce, beaucoup commence' rent a' se lamenter pitoyablement. Ils se jete' rent a' genoux, pleurant, ge¤ missant, suppliant mais en vain. J ’e¤ tais fort surpris que la Jeune Fille pu“t rester si impassible devant eux; en effet (quoique la plupart nous eussent cause¤ maintes douleurs et souffrances) leur mise' re e¤ veillait notre pitie¤ a' tous et nous e¤ mouvait jusqu ’aux larmes. Elle renvoya rapidement son page. Celui-ci revint avec tous les cuirassiers qui se tenaient ce jour-la' autour de la balance. On ordonna a' chacun de rassembler les siens et de les conduire en bon ordre dans le grand jardin de la Jeune Fille; cela en sorte qu ’un cuirassier marcha“ t toujours a' co“ te¤ d ’un prisonnier. Je fus e¤ tonne¤ que chacun reconnu“t le sien si facilement. On permit cependant a' mes compagnons de la veille d ’entrer sans cha|“ nes dans le jardin, pour assister a' l’exe¤ cution de la sentence. De' s que tous furent sortis, la Jeune Fille se leva et nous pria de nous asseoir sur les marches de son tro“ ne afin d ’y e“ tre aussi pre¤ sents. Nous ne refusa“ mes point, laissa“ mes tout sur la table ^ excepte¤ la Coupe que la Jeune Fille avait confie¤ e a' la garde du page ^ et, pare¤ s de nos somptueux ve“ tements, nous fu“mes emmene¤ s sur le tro“ ne, qui avanc ait de lui-me“ me aussi doucement que s ’il glissait dans l’air; parvenus ainsi dans le jardin, nous nous leva“ mes tous.

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Ce jardin n’e¤ tait pas particulie' rement beau, mais il me plut quela disposition des arbres y fu“t si raffine¤ e; il y avait aussi une magnifique fontaine, orne¤ e de sce' nes merveilleuses, d ’inscriptions et signes e¤ tranges ^ dont je m’occuperai, si Dieu le veut, dans un prochain livre. Dans ce jardin, e¤ tait e¤ rige¤ e une estrade de bois recouverte de belles toiles, peintes avec art. Quatre galeries se superposaient. La premie' re, plus belle que les autres, e¤ tait tendue d ’un rideau de moire blanche, en sorte que nous ne pouvions voir qui s ’y cachait. La deuxie' me e¤ tait vide et de¤ couverte. Les deux dernie' res e¤ taient a' leur tour tendues de moire rouge et bleue.

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Le lieu duJugement

Vous voyez a' l’e¤ vidence, nous l’espe¤rons, que le fait de vouloir acce¤ der de force a' un champ astral plus e¤leve¤ , plus saint, ne correspondant pas a' notre propre e¤ tat astral, se retourne toujours contre nous. Tout chercheur se¤ rieux aspire, la plupart du temps inconsciemment, au champ astral pur de la Fraternite¤ universelle. Une telle approche n’est e¤videmment jamais punie, mais ne permet une liaison et un re¤ el se¤ jour dans le parvis du salut que si l’e¤ tat astral personnel a e¤ te¤ mis en harmonie avec celui du premier Temple. C ’est une loi, une loi absolue de la nature, qui prote' ge l’e¤ difice sacre¤ de la Fraternite¤ . Comment cette protection s’ope' re, comment agit cette loi, est maintenant clair pour vous ; au moyen des sept Rayons de l’ Esprit Septuple, des sept poids des Noces Alchimiques. Chaque Temple de la Fraternite¤ , chaque lieu de travail consacre¤ de laTriple Alliance de la Lumie' re est un endroit ou' l’ Esprit n’est pas seulement pre¤ sent de manie' re septuple, mais ou' il s’exprime e¤galement de manie're septuple. Ceux qui entrent dans ces lieux, pour quelque raison que ce soit, et souhaitent y rester, ne doivent donc pas se contenter de conna|“ tre cet Esprit en the¤orie et te¤moigner de lui en the¤ orie, mais ils doivent posse¤ der cet Esprit gra“ ce a' un corps et a' une a“ me capables et pre¤ pare¤s. Le premier Temple de l’ Esprit, tel qu’ il est esquisse¤ dans le Troisie'me Jour des Noces Alchimiques, est un champ astral de ce type, ou' se manifeste d’une manie' re de¤termine¤e la ple¤nitude septuple de l’ Esprit. C ’est pourquoi il faut que chacun de ceux 228

qui entrent dans ce champ puisse, physiquement, psychiquement et spirituellement, e¤ quilibrer le poids de ces influences, par conse¤ quent y re¤agir harmonieusement. Il en est beaucoup dans ce monde qui ont une certaine connaissance de l’enseignement de l’ Esprit, mais leurs nombreuses me¤prises leur interdisent toujours de vivre la vie de l’ Esprit. Comprenez bien ceci pour pouvoir pe¤ ne¤ trer entie'rement les intentions des Noces Alchimiques. Qui conna|“ t bien l’enseignement de l’ Esprit, mais ne le vit pas, n’est pas obligatoirement futile et indigne selon nos crite' res, mais sa vie, livre¤ e aux e¤ ons*, est une erreur, une me¤ prise. Dans la vie naturelle dialectique, nous ne connaissons que deux cultures : la culture de la matie're et la culture de l’a“me. La culture de la matie' re comprend la culture du corps ; et vous savez tout ce que l’on fait dans ce monde pour entretenir le corps. Les principes et pratiques d’ hygie' ne sont e¤troitement lie¤ s a' la protection de la sante¤. Pensez ici aux nombreuses branches du sport, a' l’e¤ tablissement de meilleures relations sociales, a' la construction d’ habitations, aux efforts en vue d’ame¤ liorer l’e¤ quilibre alimentaire, de se prote¤ ger de la pollution industrielle, d’ame¤ liorer les conditions de travail, de re¤ pandre les soins me¤ dicaux, etc., etc. Quant a' la culture de l’a“me, faites le compte de tous les groupes qui se pre¤occupent de questions morales ou religieuses sur le plan naturel. Qu’est-ce que l’a“ me, l’a“ me naturelle ! La conscience que la personnalite¤ anime. Chaque atome de la personnalite¤ posse' de un principe vital, une force vitale. Or la somme des forces vitales de tous les atomes de la personnalite¤ forme la conscience, appele¤e faussement esprit. La culture de cette conscience a donc lieu purement sur le plan physique et mate¤ riel, elle me' ne au plan me¤taphysique de la sphe' re re¤ flectrice*, donc elle assure la fusion de ces deux plans. Par cette conscience, en effet, on recherche la culture de la matie're. Cette conscience s’efforce d’ ide¤ aliser la personnalite¤, de la cultiver, 229

donc de la diviniser. L’a“ me naturelle et le corps coope' rent dans ce but. Or ces tentatives ont leurs reflets dans la sphe' re re¤ flectrice, c’est-a'-dire dans le champ astral de notre vie dialectique. Et nous le savons, ces reflets ne me' nent pas a' la libe¤ ration. Au contraire, ils retiennent l’ homme toujours plus prisonnier, avec toutes les conse¤quences qui s’ensuivent. Pensez ici a' l’orientation actuelle de l’Anthroposophie et a' sa pratique de l’eurythmie. C ’est une tentative d’e¤panouissement du corps par l’a“ me, dans un sens hautement ide¤aliste. Mais quel est le haut ide¤ al qui conduit a' cette pratique ! Il a pour origine un pre¤ tendu enseignement de l’ Esprit, qui n’est rien d’autre qu’un enseignement de l’a“me. Et attention, un enseignement de l’ Esprit est tout autre chose qu’une vie de l’ Esprit ? Un enseignement de l’ Esprit peut e“ tre compris de facon intellectuelle, mais s’ il est saisi avec la raison, dans son essence profonde, il peut relier a' une grande force, e¤ manant du ve¤ ritable enseignement de l’ Esprit, e¤ branler intense¤ ment le corps et l’a“ me, provoquer un revirement complet en direction de la vraie vie, incitant a' ßmourir pour vivre, a' se perdre pour ressusciter, et mener ainsi a' la transfiguration. Gra“ ce a' la vie de l’ Esprit, par cette transfiguration, l’ Esprit pe¤ ne' tre dans une Ame nouvelle et un corps re¤ ge¤ ne¤ re¤, et y fait sa demeure. C ’est a' cette seule condition que l’on entre dans la troisie' me phase : la ve¤ ritable culture de l’ Esprit. Les faits le montrent bien, l’ homme naturel jongle continuellement, dans son ignorance et son erreur, avec la force de l’ Esprit, avec le ve¤ ritable enseignement de l’ Esprit, tel qu’ il appara|“ t par exemple dans l’ Ecriture Sainte. C ’est pourquoi, consciemment et de bonne foi, certains font de l’enseignement de l’ Esprit une science de l’a“me ne¤ gative ; ils le de¤ forment, le mettent en pratique et ainsi e¤tablissent un royaume divin qui n’a rien a' voir avec le ve¤ritable Royaume. A partir d’une science de l’ Esprit, qu’on ne comprend pas, on re¤ pand et on pratique une science de l’a“me. 230

De la sorte, des forces sont e¤voque¤ es, libe¤ re¤ es et utilise¤ es de fac on comple'tement fausse, parce que personne n’est plus en mesure d’en faire une juste application. Steiner, par exemple, avec l’eurythmie, visait tout autre chose que ce qu’en font ses disciples. Il faut savoir tout cela pour comprendre pleinement les paroles adresse¤ es aux prisonniers, le Troisie'me Jour. Ils n’ont pas re¤ siste¤ aux sept poids, alors qu’ ils avaient pourtant pe¤ ne¤ tre¤ dans le premier Temple. Ils ont e¤ te¤ pese¤ s et trouve¤ s trop le¤gers. La sentence leur sera applique¤ e. Ils sont tous conduits dans un jardin, ou' se trouve une fontaine merveilleuse. Sur les lieux du jugement, s’e¤ le' ve une estrade a' quatre e¤ tages : le premier est masque¤ par un rideau de soie blanche, de sorte qu’on ne voit pas qui est cache¤ derrie' re, le deuxie'me est un espace vide, ouvert, le troisie' me est tendu de soie rouge, et le quatrie' me de soie bleue. La fontaine te¤moigne que l’ Esprit est toujours e¤tincelant et vivant ; que la source divine ne cessera jamais de manifester sa Force vive. Et dans le jardin de Dieu, dans le Champ de manifestation de laVie, se dresse cette estrade singulie're, d’ou' tous seront juge¤ s. C’est de l’Eau vive de l’Esprit, c’est par cette Eau que s’e¤veille l’Ame ve¤ ritable, l’Ame rene¤ e, la Me' re de la vie. En re¤ alite¤ , la reine, c’est la conscience arrive¤ e a' cet e¤ tat, appele¤e, ennoblie pour se lier, pour s’unir a' l’Esprit ve¤ ritable, au roi. L’union de ce roi et de cette reine est la base de la Vie ve¤ ritable, au sens sublime des intentions divines. Ce qui explique la couleur blanche du premier e¤ tage. C ’est la Lumie' re divine qui, sortant du myste' re, se manifeste a' nouveau, quand l’ Esprit et l’Ame, les po“les positif et ne¤ gatif de la Monade, peuvent s’unir. Ce que cette double unite¤ cre¤e en vous est de nature triple :

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1. dans l’espace ouvert du deuxie'me e¤ tage, doit se manifester une vie libe¤ re¤ e, visible, e¤ vidente, de¤ montrable, prouve¤ e, pleine d’actions ; 2. un nouvel e¤tat d’a“ me, un corps de l’Ame ve¤ritable (la couleur rouge repre¤ sente la nouvelle substance astrale de l’a“ me) doit se de¤ velopper, tandis que 3. l’a“me et le corps doivent engendrer : la nouvelle raison, la nouvelle pense¤ e, l’e¤ tat humain-divin (d’ou' la couleur bleue); c’est-a' -dire, l’e“tre humain ve“ tu du manteau d’or des noces, l’e¤toile a' cinq branches, l’e¤ toile de Bethle¤em. Le jardin du premierTemple de la Fraternite¤, avec tout ce qui s’y trouve, nous met face a' cette grandeTa“ che : vivre de l’ Esprit, vivre par l’ Esprit, vivre avec l’ Esprit ; ce qui devient possible gra“ ce a' l’ Eau vive de la septuple Source e¤ tincelante. Celui qui ne veut ou ne peut pas accomplir cette grande Ta“ che, celui qui la caricature, de¤couvre qu’elle est comme un mur infranchissable, un lieu ou' l’on est juge¤ . Qui veut abattre le mur e¤ prouve que cette exigence est ine¤ luctable et que le plan de l’ Esprit sublime de Dieu est inviolable.

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Comme nous approchions de l’estrade, la Jeune Fille s ’inclina jusqu ’a' terre en arrivant, ce qui nous effraya beaucoup. En effet, il e¤ tait facile de supposer que le Roi et la Reine n’e¤ taient pas loin. Apre' s nous e“ tre respectueusement incline¤ s, a' notre tour, comme il sied, la Jeune Fille nous conduisit par un escalier en spirale jusqu ’a' la deuxie' me galerie, ou' elle s ’assit sur le sie' ge supe¤ rieur et ou' nous pr|“ mes place dans l’ordre pre¤ ce¤ dent. Je ne peux rapporter ici sans me¤ dire la fac on dont l’empereur que j ’avais de¤ livre¤ se comporta avec moi comme il l’avait fait a' table auparavant; il aurait du“ e“ tre bien conscient du triste e¤ tat et de l’accablement qui auraient e¤ te¤ siens, s ’il avait e¤ te¤ oblige¤ d ’attendre la sentence au milieu de moqueries pareilles, alors que, maintenant, gra“ ce a' mon intervention, il e¤ tait e¤ leve¤ a' un rang et une dignite¤ si conside¤ rables. Sur ces entrefaites, la jeune personne ^ qui m’avait apporte¤ l’invitation au commencement et que je n’avais pas encore revue ^ s ’avanc a ; elle lanc a un coup de trompette, puis prononc a la sentence d ’une voix forte:

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ßSa Majeste¤ Royale, mon noble Seigneur, aurait voulu de tout coeur que l’ensemble de ceux qui sont rassemble¤ s ici, sur l’invitation de Sa Majeste¤ , eussent paru avec des qualite¤ s telles qu ’en plus grand nombre, pour l’honorer, elles eussent rehausse¤ l’e¤ clat dela bienheureuse fe“ te des noces. Comme il en a plu autrement au Dieu tout puissant, Sa Majeste¤ ne doit pas se plaindre, mais s ’en tenir contre son gre¤ aux anciennes et bonnes coutumes de ce Royaume. Cependant, pour que soit loue¤ e partout la cle¤ mence naturelle de Sa Majeste¤ , Elle a de¤ cide¤ , avec tous ses nobles et conseillers, d ’adoucir conside¤ rablement la sentence habituelle. C ’est pourquoi, en premier lieu, a' vous, Seigneurs et Monarques, Elle laisse non seulement la vie mais la liberte¤ , en raison de quoi Elle vous prie amicalement de ne pas lui en vouloir s ’il ne vous est pas possible d ’assister a' la fe“ te donne¤ e en Son honneur et de penser pluto“ t que, a' part cela, le Dieu tout puissant vous a de¤ ja' impose¤ plus que vous ne pouviez supporter avec calme et biense¤ ance, et qu ’Il distribue ses dons d ’une manie' re incompre¤ hensible pour nous. Ainsi votre re¤ putation ne souffrira point de ce que notre Ordre vous rejette, car nous ne sommes pas tous aptes a' tout. Cependant, comme vous avez e¤ te¤ se¤ duits par de me¤ chants coquins, ceux-ci ne resteront pas impunis. De plus, Sa Majeste¤ a de¤ cide¤ de vous fournir, a' bref de¤ lai, un ßcatalogus haereticorum ou ßindex expurgatorius>, pour que de¤ sormais vous distinguiez avec plus de discernement le bien du mal.

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Comme Sa Majeste¤ a e¤ galement l’intention de passer en revue sa bibliothe' que, afin de sacrifier a' Vulcain des ouvrages trompeurs, Elle vous demande de l’aider et d ’en faire autant avec la vo“ tre de sorte, espe' re-t-Elle, que le mal et la me¤ chancete¤ prennent fin a' l’avenir. De plus, que ceci vous dissuade de vouloir jamais revenir ici de manie' re aussi irre¤ fle¤ chie, afin que vous n’ayez plus a' donner, comme aujourd ’hui, l’excuse d ’avoir e¤ te¤ se¤ duits et que vous ne soyez pas en butte a' la haine et au me¤ pris du plus grand nombre. Enfin, comme le pays exige de vous un tribut, Sa Majeste¤ espe' re que personne ne fera de difficulte¤ s pour de¤ poser une cha|“ ne ou ce qu ’il aura sous la main, qu ’ainsi nous nous se¤ parerons en amis et que, conduits par nous, vous retournerez chez les vo“ tres. Ceux qui n’ont pas re¤ siste¤ au premier, troisie' me et quatrie' me poids, Sa Majeste¤ ne veut pas les laisser partir aussi facilement; mais pour qu ’ils e¤ prouvent aussi sa cle¤ mence, Elle ordonne de les de¤ ve“ tir entie' rement et de les renvoyer d ’ici, nus. Ceux qui ont e¤ te¤ trouve¤ s trop le¤ gers pour le deuxie' me et cinquie' me poids, seront, outre leur mise a' nus, marque¤ s au fer, une fois, deux fois et plus, suivant leur plus ou moins grande le¤ ge' rete¤ . Ceux que soule' vent seulement le sixie' me et septie' me poids seront traite¤ s avec plus de mise¤ ricorde. Cela continua ainsi; pour chaque combinaison de poids, une sentence fu“t prononce¤ e, mais il serait trop long de tout rapporter ici.

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L’exe¤ cution des sentences (I)

Nous avons vu comment l’estrade a' quatre e¤ tages, e¤ rige¤ e dans le jardin du Premier Temple de la Fraternite¤ , est une projection, un symbole vivant de l’unique et ve¤ritable e¤tat humain divin. Celui qui veut entrer dans cet e¤ tat doit satisfaire a' certaines exigences, exigences concernant ses qualite¤ s inte¤rieures. Il doit e“ tre en e¤ tat de remplir les sept exigences du ve¤ ritable apprentissage de la Rose-Croix d’Or, il doit pouvoir re¤sister aux sept poids. Sinon l’ heure du ve¤ ritable apprentissage n’a pas encore sonne¤. Car le Temple de l’ Initiation, c’est-a' -dire le champ astral de passage dont il est question, est strictement prote¤ge¤ par le septie' me Rayon de l’ Esprit. C ’est pourquoi tous ceux qui, pour des raisons quelconques, pe¤ ne' trent dans ce champ astral de conscience et n’en sont pas dignes sont renvoye¤ s. Et la manie' re dont ce renvoi s’effectue de¤pend entie'rement de l’e¤ tat inte¤rieur personnel des intrus. Nous allons maintenant essayer d’analyser l’exe¤ cution des sentences, c’est-a' -dire le but et les effets du renvoi d’apre' s la description des Noces Alchimiques. Bien entendu, l’unique dessein et l’ intention fondamentale de la Fraternite¤ universelle est de pouvoir accueillir tous ceux qui s’approchent et recevoir tout le monde dans le Temple de l’ Initiation. La chose va de soi en vertu de la loi de l’Amour universel, dont la Triple Alliance de la Lumie' re tout entie're est pe¤ ne¤ tre¤ e. Cependant l’Amour, en de¤ pit de son de¤sir profond, doit respecter la loi sur laquelle le Royaume est fonde¤, la loi de l’ Es236

prit, qui inclut aussi l’Amour. Il va de soi que, dans notre sphe' re de vie, personne ne sera traite¤ plus se¤ ve'rement que ne¤ cessaire au cours de son apprentissage et pour son salut, et que tout renvoi, quel qu’ il soit, se fera avec autant de douceur que cette exigence le permet. Dans la sce' ne du renvoi, l’attention est attire¤ e, premie' rement, sur le groupe des intrus qui ont e¤te¤ trompe¤s et entra|“ ne¤ s soit par l’appa“t du gain, soit par l’attrait de la renomme¤ e, de l’ honneur et de la conside¤ ration. Ils sont de¤signe¤ s comme des empereurs, des rois et des seigneurs. Vous savez qu’ il existe des pseudo-fraternite¤ s de la RoseCroix, qui n’ont de commun que le nom avec cette Fraternite¤ . Ces trompeurs font de nombreux adeptes en distribuant force titres ronflants, symboles complique¤ s, diplo“mes et insignes honorifiques. Il arrive un moment ou' les membres de ces groupes vivent totalement persuade¤s, par autosuggestion, qu’ ils sont tre' s supe¤ rieurs, tre' s avance¤ s, tre' s e¤ leve¤ s, tre's importants. Psychologiquement, pourtant, ils subissent de grands dommages, car leurs soi-disant initiateurs leur donnent toutes sortes d’exercices a' faire qui, par l’ illusion mentale d’un accomplissement aussi haut que sublime, les rendent astralement sensibles au champ de la Fraternite¤ ve¤ritable. Or la', vous le comprenez, ils sont cate¤ goriquement renvoye¤ s. Mais ils peuvent partir librement. Et, comme le processus de renvoi est tout inte¤ rieur, et a lieu ge¤ ne¤ralement pendant les heures de sommeil, leur dignite¤ apparente ne subit pas le moindre pre¤ judice. Cependant la loi d’Amour exige qu’ ils retournent, dans leur cadre de vie habituel, diffe¤rents de ce qu’ ils e¤ taient a' leur arrive¤e. Car ils ont e¤ te¤ trompe¤ s par des sce¤ le¤ rats. C ’est pourquoi on leur donne, ou ils se re¤signent a' prendre, ce qui est de¤signe¤ sous le nom d ’index expurgatorius, un purgatif dirons-nous, un reme' de de¤puratif, destine¤ a' la purification. Vous devez conside¤ rer ce processus de purification du seul point de vue e¤ sote¤ rique. Il n’est pas question ici d’une interven237

tion miraculeuse ; simplement, lorsque quelqu’un d’ indigne pe¤ ne' tre dans le Champ astral de la Fraternite¤, il est e¤ pure¤ et purifie¤ par le feu astral qu’ il ne peut supporter. Il subit une certaine purification de son e¤ tat d’e“ tre. Il se peut qu’un malheureux ainsi trompe¤ se re¤veille infiniment meilleur qu’ il ne s’e¤ tait endormi. Au re¤veil, dans son cadre de vie habituel, il de¤ couvre que beaucoup de son inte¤ re“t pour la pseudo-fraternite¤ des Rose-Croix s’est amoindri. L’emprise de la tromperie se desserre et les trompeurs perdent une victime. Mais il y a un inconve¤nient : la victime, qui est passe¤ e par toutes ces angoisses et de¤ ceptions, peut interrompre sa recherche et continuer a' vivre dans la nature de la mort sans de¤ sir libe¤rateur ni re¤ sultat positif. Par leurs agissements, les trompeurs endommagent pour la vie d’ innombrables personnes. C ’est la' un des plus grands pe¤ che¤ s que l’on puisse commettre. C ’est un pe¤ che¤ plus grave qu’un meurtre, car c’est faire mourir une a“me, faire mourir une conscience. Il faut absolument que vous compreniez le danger de ces choses-la' . Mais reprenons le re¤ cit. Nous disions que les personnes trompe¤ es, mais purifie¤ es par l’index expurgatorius, ne retomberont plus si facilement dans leur erreur. Pour diminuer leur dette, selon Les Noces Alchimiques, elles doivent abandonner un collier, des bijoux ou autres choses pre¤cieuses dans le jardin du Temple. A la lumie're de ce qui vient d’e“ tre dit, vous comprenez certainement cette image : les insignes honorifiques et autres distinctions fournies par de fausses fraternite¤ s portent souvent des mantrams vole¤ s. Ils ont la forme d’objets qui relient aux forces les plus saintes et portent les noms les plus sacre¤ s. Connaissant quelque peu ces choses, vous savez que cela n’est pas sans danger pour l’ inte¤ resse¤ . En effet, ces objets peuvent de¤ cha|“ ner des forces aux effets redoutables, si on n’a pas appris a' les dominer par ses qualite¤s inte¤ rieures ni a' les employer de la juste 238

manie' re. C ’est pourquoi on demande aux personnes ainsi trompe¤ es d’abandonner ces insignes, qui, en re¤ alite¤ , ont e¤te¤ vole¤ s. Si vous re¤fle¤ chissez a' tout ce qui pre¤ ce' de, vous voyez de plus en plus clairement ces dangers inhe¤ rents a' la nature de la mort, dont tous les humains, me“ me de bonne foi, risquent d’e“ tre victimes un nombre de fois incalculable. Ainsi, rapidement, la vie deviendrait-elle tout simplement impossible. C ’est pourquoi la Fraternite¤ du Saint Graal, continuellement a' l’oeuvre pour le sauvetage du monde et de l’ humanite¤ , nous fait la gra“ ce de purifier sans cesse l’atmosphe' re de notre vie. C ’est pourquoi, e¤galement, le texte de la sentence lu par la Jeune Fille dans le jardin fait allusion a' Vulcain, a' qui le seigneur duTemple offrira tous les e¤crits trompeurs afin qu’ il les de¤truise. Vulcain de¤ signe le Soleil inte¤ rieur, le grand foyer de feu astral du syste' me solaire saint et universel, d’ou' e¤ mane un puissant rayonnement purificateur qui, jusqu’a' un certain point, peut et doit e“ tre utilise¤ par la Triple Alliance de la Lumie' re pour prote¤ ger l’ humanite¤ ignorante et lourdement charge¤ e. Jusqu’ ici, il a e¤te¤ question de la peine applique¤ e aux personnes trompe¤es. Examinons maintenant le cas de ceux qui ont pe¤ ne¤ tre¤ dans le sanctuaire, par magie noire ou autres activite¤s ne¤ gatives. Un groupe sera renvoye¤ nu. Un deuxie' me groupe sera renvoye¤ e¤ galement nu, mais de plus marque¤ au fer. Enfin les sce¤ le¤ rats les plus redoutables seront cha“tie¤s corporellement ou bien punis de mort par l’e¤ pe¤ e, la corde, l’eau ou les verges. Ainsi le jardin duTemple est entie' rement purifie¤ et retourne a' sa grande paix sereine. Il n’y reste plus que ceux qui ont satisfait aux e¤ preuves d’aptitude e¤ le¤ mentaires, et en qui peut se poursuivre le processus d’ initiation.

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ßCeux qui renonce' rent, hier, de leur propre chef, peuvent partir librement, sans nulle sanction. Pour finir, les malins, mystificateurs du peuple, qui n’ont re¤ siste¤ a' aucun des poids, seront cha“ tie¤ s corporellement ou punis de mort, selon le cas, par l’e¤ pe¤ e, par la corde, par l’eau ou par les verges. Ces sentences seront exe¤ cute¤ es sans merci, pour l’exemple. A cet instant, notre Jeune Fille brisa son ba“ ton. L’autre jeune personne, a' peine la lecture termine¤ e, souffla dans la trompette et s ’avanc a avec grande de¤ fe¤ rence vers ceux qui e¤ taient derrie' re les tentures. Je ne puis m’empe“ cher de de¤ voiler au lecteur quelque chose sur le nombre des prisonniers: sept avaient re¤ siste¤ a' un poids; 21 e¤ quilibraient deux poids; 35, trois poids; 35, quatre poids; 21, cinq poids et sept avaient re¤ siste¤ a' six poids. Parmi ceux qui e¤ taient arrive¤ s au septie' me poids mais n’y avaient pas re¤ siste¤ , se trouvait celui que j ’avais libe¤ re¤ . Par ailleurs, nombreux e¤ taient ceux qui avaient totalement e¤ choue¤ , car pour beaucoup, tous les poids e¤ taient descendus. J ’avais tout note¤ et de¤ compte¤ avec soin dans mon carnet, quand ils se tenaient devant nous comme indique¤ . Il est tre' s e¤ tonnant que, parmi tous ceux qui avaient un certain poids, pas un ne fu“t identique a' l’autre. Car si trente-cinq avaient re¤ site¤ a' trois poids, l’un e¤ quilibrait les poids un, deux, trois, un autre les poids trois, quatre et cinq, un troisie' me les poids cinq, six et sept, et ainsi de suite, de sorte que, aussi curieux que cela fu“t, sur les cent vingt-six trouve¤ s trop le¤ gers, aucun n’e¤ tait pareil a' l’autre. Je pourrais d ’ailleurs dire le poids de chacun si le temps le permettait. J ’espe' re cependant que cela appara|“ tra clairement plus tard, ainsi que l’explication. 240

La lecture termine¤ e, les Seigneurs se re¤ jouirent beaucoup, ils n’avaient pas ose¤ espe¤ rer sentence aussi cle¤ mente apre' s pareille se¤ ve¤ rite¤ . Aussi donne' rent-ils plus qu ’il n’e¤ tait exige¤ , se de¤ firentils de leurs cha|“ nes, bijoux, or, argent, et d ’autres choses, pour autant qu ’ils en avaient sur eux, et prirent respectueusement conge¤ . Quoiqu ’on eu“t interdit aux serviteurs royaux de se moquer de quiconque au de¤ part, quelques railleurs ne purent se retenir de rire. C ’e¤ tait aussi assez risible de les voir de¤ camper le plus vite possible, sans un regard en arrie' re. Quelques-uns demande' rent qu ’on leur fit parvenir le catalogue promis, certifiant que, pour leurs livres, ils agiraient comme il plaisait a' Sa Majeste¤ . On leur en donna de nouveau l’assurance. Au portail, on leur fit boire une oblivionis haustus* afin que personne ne se rappela“ t son infortune. Alors s ’en alle' rent ceux qui s ’e¤ taient de¤ libe¤ re¤ ment tenus a' l’e¤ cart. A cause de leur discernement, on les laissa passer, mais ils ne devaient plus jamais revenir de cette manie' re. De' s que quelque chose leur serait re¤ ve¤ le¤ , ne¤ anmoins, et cela valait aussi pour les autres, ce serait bien volontiers qu ’on les accueillerait comme invite¤ s.

* Une gorge¤ e d’oubli.

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Pendant ce temps, on avait de¤ ve“ tu certains et la' , on remarquait encore une ine¤ galite¤ suivant ce que me¤ ritait chacun. Quelquesuns e¤ taient renvoye¤ s nus, mais sans e“ tre mis a' mal ; d ’autres chasse¤ s avec des clochettes et des grelots, d ’autres encore pousse¤ s dehors a' coups de verges. Bref, il y avait une telle diversite¤ de cha“ timents que je ne peux les citer tous ici. Enfin arriva le tour des derniers. Cela prit plus de temps car avant de pendre les uns, de de¤ capiter les autres, d ’en jeter a' l’eau et de mettre plusieurs a' mort autrement, il se passa un long moment. Pendant l’exe¤ cution, les larmes me coulaient vraiment des yeux, non a' cause de la punition, me¤ rite¤ e par leur impudence, mais a' la pense¤ e de notre aveuglement, qui fait que nous ambitionnons toujours ce qui est scelle¤ pour nous depuis la premie' re chute.

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L’exe¤ cution des sentences (II)

Pour finir, les malins, mystificateurs du peuple, qui n’ont re¤ siste¤ a' aucun des poids, seront cha“tie¤ s corporellement ou punis de mort selon le cas: par l’e¤ pe¤ e, par la corde, par l’eau ou par les verges. Ces sentences seront exe¤ cute¤ es sans merci, pour l’exemple. Ici, quatre formes de peine sont e¤nume¤re¤ es, pouvant e“ tre applique¤es ensemble ou combine¤ es partiellement selon les cas. Aux formes de magie les plus noires correspondent d’abord, nous le savons : le renvoi apre's mise a' nu ; et le renvoi apre' s mise a' nu et marquage au fer. ßEtre nu est une expression symbolique souvent utilise¤ e dans la Bible. On dit, par exemple, que nous sommes tous ßnus devant Dieu, ce qui veut dire que tous nos mouvements e¤ motionnels, toutes les raisons de notre coeur et toutes nos re¤flexions mentales sont perce¤ s a' jour par l’observateur initie¤ . Nous sommes tous comme nus devant la majeste¤ de l’ Esprit. Mais il est difficile de conside¤rer cela comme une punition. C ’est diffe¤rent si l’on conside' re que l’ homme manifeste¤ , c’est-a' -dire la personnalite¤ dans le mircocosme, acquiert certaines caracte¤ ristiques au cours de sa vie. Les facteurs he¤ re¤ditaires et le karma, combine¤s au subconscient, donnent a' l’ homme des caracte'res propres. Il devient d’un type de¤termine¤ , avec des possibilite¤ s diverses, bonnes et mauvaises.Toutes les structures organiques, comme la se¤ cre¤tion interne, le cercle des plexus, le coeur, les organes de la te“ te et du plexus solaire changent totalement en 243

fonction de toutes ces possibilite¤ s et particularite¤s. Ajoutez a' ceci le corps e¤the¤ riques, le corps astral et les divers fluides vitaux, vous avez devant vous la personnalite¤ comple'te de l’ homme manifeste¤ , enveloppe¤ de tous ses ve“tements. Du point de vue de la science e¤ sote¤ rique, le ve“ tement de l’ homme est donc l’ensemble des possibilite¤ s et caracte¤ ristiques qu’ il posse' de, qu’ il a acquises et qui expriment et rendent visibles sa nature et son type. Il y a des hommes au ve“ tement fort suspect. Mais il y en a aussi qui sont pleins de promesses et cela se voit dans le ve“ tement qu’ ils portent. Et me“me si ce ve“ tement e¤ tait utilise¤ de manie're totalement errone¤ e, souille¤ et endommage¤ par ignorance, on pourrait quand me“me dire : ßIls ont des possibilite¤ s ? Le ve“ tement est qualifie¤ de pre¤ cieux parce qu’ il a e¤te¤ tisse¤ au cours de toutes les vies manifeste¤ es dans le microcosme. C ’est donc un produit de millions d’anne¤ es, conserve¤ dans les chambres aux tre¤sors de l’e“ tre aural. Conside¤ rons maintenant le cas d’un de ces sce¤ le¤rats, auxquels leTroisie'me Jour fait allusion, l’ homme qui a trompe¤ d’ innombrables personnes et les a jete¤ es dans le malheur de la fac on de¤ crite. Il est certain que de tels hommes posse' dent un magne¤ tisme individuel tre' s prononce¤, et portent un ve“ tement extre“ mement riche, tout charge¤s qu’ ils sont de beaucoup de forces et de possibilite¤ s en raison de leur passe¤ karmique. Mais quand ils n’utilisent pas leurs capacite¤ s comme ils le devraient, de l’unique et juste manie' re, ils deviennent a' l’e¤ vidence un danger mortel pour leur prochain. Comme ils disposent d’une grande connaissance, de grandes forces et de possibilite¤s correspondantes, ils peuvent e“ tre une be¤ ne¤ diction ou un danger mortel pour leurs semblables. Quand la vie manifeste¤ e proce' de du moi, de la matie're de l’e“tre-moi, de l’ego, de la simple entite¤ ne¤ e de la nature, le ve“ tement que l’on posse' de est toujours utilise¤ pour renforcer le moi, pour s’enrichir mate¤riellement et se maintenir aux de¤ pens du 244

prochain.Telle est la marque de tous les ßne¤ s de la nature. L’ immense tre¤ sor karmique de l’ homme ßne¤ de la nature, axe¤ sur son moi, fait de lui ce que Les Noces Alchimiques appellent un sce¤ le¤ rat et un mystificateur du peuple. Or, vous le voyez : ces personnes sont malades. Elles sont physiquement et psychiquement perturbe¤es. Elles occupent dans la vie des places importantes et, vu leur pertubation et leur ve“ tement, elles sont en mesure de faire tomber d’ innombrables e“ tres dans l’ab|“ me, a' l’ insu des autorite¤s de ce monde, a' l’abri des accusations et condamnations de la justice de ce monde ; de plus sans e“ tre elles-me“mes conscientes de leurs me¤ faits ? Mais voici que s’avance, en pleine et claire lumie're, la justice de laTriple Alliance du Graal, des Cathares et de la Rose-Croix. Cette justice n’ implique aucune punition. En effet, a' la lumie' re de ce qui pre¤ ce' de, que signifie ße“tre renvoye¤ nu! Examinons le cas d’une personne perturbe¤ e psychiquement comme nous venons de le dire : d’une part, elle est dote¤ e d’un e¤ gocentrisme dur comme fer, d’autre part, en raison de son passe¤ , elle porte un ve“ tement taille¤ pour exercer une grande autorite¤. Est-il permis de la laisser agir parmi les hommes ! Peut-on prendre cette responsabilite¤ ! Envers l’ humanite¤, envers elleme“ me qui est malade ! Certainement pas ? C ’est pourquoi de telles personnes, quand elles entrent en contact avec la Triple Alliance de la Lumie' re, dans la sphe' re astrale de la Fraternite¤ (et toutes s’y retrouvent to“t ou tard), sont ßde¤ve“ tues par le feu magique purificateur de cette sphe' re astrale ; autrement dit leur personnalite¤ est de¤ pouille¤ e de tout son passe¤ karmique. Un passe¤ karmique puissant, relie¤ a' une personnalite¤ d’un e¤ gocentrisme exacerbe¤ , dangereux pour l’ humanite¤ , est une anomalie dont on ne saurait pas re¤pondre. C ’est pourquoi la liaison entre le karma et la personnalite¤ est bru“le¤e par le feu astral, a' l’endroit du plexus sacre¤ ou dans l’une ou plusieurs des sept cavite¤ s ce¤re¤ brales. La personnalite¤ est alors laisse¤ e a' elle-me“me, a' son caracte' re naturel, et ne peut plus provoquer de 245

dommage a' ses semblables. Telle est la signification de l’expression ße“ tre renvoye¤ nu. Ne trouvez-vous pas que cette pre¤ tendue punition est une puissante preuve d’amour envers tous les hommes, et plus particulie' rement envers le malade capable de causer tant de dommage et de chagrin ! En outre, le ve“ tement karmique neutralise¤ n’est pas de¤ truit. C ’est impossible ? Car il n’est jamais tout a' fait exclu qu’un tel ßmise¤ rable et sce¤ le¤rat ne puisse recevoir un jour son he¤ritage, son droit d’a|“ nesse, mais cette fois au service de humanite¤ ? Nous voulons vous montrer brie'vement par la' qu’ il existe une loi de l’ Esprit, avec laquelle la Fraternite¤ doit intelligemment collaborer en tant qu’exe¤ cutrice des de¤ crets du Conseil divin. Cela dit, il y a, selon les cas, alourdissement ou alle'gement de la peine. Etre renvoye¤ nu et marque¤ au fer signifient que la personnalite¤ n’est pas seulement prive¤ e de son ve“ tement karmique, mais subit encore la bru“lure d’un des centres les plus importants de son corps physique ; donc que le corps ne¤ de la nature montrera au grand jour qu’ il n’est pas sorti indemne des perturbations provoque¤ es par la personne elle-me“ me et qu’ il en porte des traces durables. Etre marque¤ au fer signifie que la personnalite¤ subit des tempe“tes astrales, avec tout ce qui en re¤sulte pour le corps mate¤ riel. Etre puni par l’e¤ pe¤ e signifie e“ tre perturbe¤ dans le sang par accroissement du facteur gluten, d’ou' re¤ sulte un enlisement de plus en plus profond dans la matie're. Etre puni par la corde signifie que les menteurs subissent une plus ou moins grande stagnation des chakras du cou et de la gorge, c’est-a'-dire des forces cre¤atrices supe¤rieures. Etre puni par l’eau de¤signe des perturbations du syste' me respiratoire, la rupture de la liaison avec la sphe' re e¤the¤ rique et le champ astral infe¤ rieur (l’atmosphe' re est toujours repre¤ sente¤e par l’e¤ le¤ ment eau). Etre battu de verges 246

symbolise des le¤ sions organiques, des de¤ficiences physiques. C ’est intentionnellement que nous parlons tre's brie' vement de ces peines dans cette dernie' re partie de notre expose¤ . Il n’est ni utile ni agre¤ able de s’e¤ tendre sur toutes les causes des maladies en s’appuyant sur des faits et des exemples. Il s’agit avant tout de voir clairement que, pour la protection de l’ humanite¤ , une loi spirituelle punit de fac on scientifique tout assassinat de l’a“ me ou tentative de ce genre ; et de vous montrer l’ importance de l’action protectrice de la Fraternite¤ universelle qui, en tant que servante de Dieu, a la ta“ che d’e¤tendre et de vivifier le champ astral pur et serein.

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Ainsi le jardin, si rempli un moment auparavant, fut biento“t vide et il ne s ’y trouva plus personne que les soldats. De' s que tout fut fini et qu ’eut re¤ gne¤ le silence pendant cinq minutes, apparut une Licorne d ’une grande beaute¤ , blanche comme neige, portant un collier d ’or, ou' e¤ taient grave¤ es quelques lettres. Elle s ’avanc a vers la fontaine et s ’agenouilla sur ses pattes de devant, comme pour rendre hommage au Lion, qui se tenait si immobile audessus de la source que je l’avais pris pour une statue de pierre ou de bronze. Celui-ci e¤ treignit aussito“ t l’e¤ pe¤ e nue qu ’il retenait dans ses griffes et la brisa par le milieu, en sorte que les morceaux, me sembla-t-il, tombe' rent dans la fontaine. Puis il rugit jusqu ’au moment ou' une Colombe blanche vint lui porter une branche d ’olivier qu ’elle tenait dans son bec; le Lion l’avala aussito“ t, apre' s quoi il se calma. La Licorne retourna a' sa place pleine de joie. Ensuite laJeune Fille nous fit redescendre de l’estrade par l’escalier en spirale et nous nous inclina“ mes encore une fois devant le rideau. Nous du“mes nous laver le visage et les mains a' la fontaine puis, dans le me“ me ordre, attendre un instant que le Roi retourna“ t dans la salle par un passage de¤ robe¤ ; ensuite nous fu“mes reconduits, nous aussi, hors du jardin, dans le lieu ou' nous se¤ journions pre¤ ce¤ demment, au son d ’une musique merveilleuse, avec pompe et magnificence, tout en devisant agre¤ ablement. Ceci se passait vers quatre heures de l’apre' s-midi.

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Pour que le temps ne nous dura“ t pas trop, la Jeune Fille nous attribua un page a' chacun; ils e¤ taient non seulement somptueusement ve“ tus mais remarquablement instruits, a' tel point qu ’ils discouraient d ’une infinite¤ de sujets si savamment que nous avions toutes raisons d ’e“ tre confus. On leur ordonna de nous mener visiter le cha“ teau, mais certains endroits de¤ termine¤ s seulement, et de nous faire autant que possible passer le temps selon nos de¤ sirs. Au me“ me moment, la Jeune Fille prenait conge¤ , disant pour nous consoler qu ’elle re¤ appara|“ trait au repas du soir, afin de ce¤ le¤ brer ensuite la ce¤ re¤ monie du suspensionis ponderum.* Elle nous pria d ’attendre patiemment le lendemain, ou' nous serions alors pre¤ sente¤ s au Roi. Quand elle fut partie, nous f|“ mes chacun ce qui nous plut. Les uns regarde' rent les beaux tableaux, qu ’ils copie' rent en s ’interrogeant sur leurs caracte' res e¤ tranges. D ’autres se re¤ conforte' rent en mangeant et en buvant. Quant a' moi, je me fis guider par mon page a' travers le cha“ teau avec mon compagnon, visite que je ne regretterai jamais de ma vie. Outre beaucoup d ’antiquite¤ s splendides, on me montra la chambre fune¤ raire du Roi, ou' j ’appris plus que dans tous les livres du monde. Il y avait la' un Phe¤ nix magnifique, sur lequel j ’ai fait para|“ tre un livre spe¤ cial il y a deux ans. J ’ai l’intention de faire para|“ tre aussi des traite¤ s particuliers sur le Lion, l’Aigle, le Griffon, le Faucon et autres, quand ils pourront e“ tre utiles a' certains, et j ’y joindrai croquis et descriptions. Je regrettai que mes autres compagnons eussent ne¤ glige¤ de contempler ces tre¤ sors pre¤ cieux; mais je pensai, en me“ me temps, que c ’e¤ tait la volonte¤ particulie' re de Dieu qui en avait de¤ cide¤ ainsi. * Suspension des poids

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La Licorne, le Lion et la Colombe

Il va de soi que tous les candidats aux noces alchimiques re¤ ellement se¤ rieux, c’est-a'-dire ceux qui re¤ pondent aux exigences minimales impose¤ es par l’ Esprit, se sentent a' un moment donne¤ totalement libe¤re¤ s inte¤ rieurement des agitations dramatiques dues au verdict de la balance. Ils entrent dans le calme et le silence de la se¤ re¤nite¤ spirituelle, le repos de l’unite¤ avec l’ Esprit, la paix que Je¤sus le Seigneur promet a' tous ceux qui suivent son exemple. C ’est alors seulement que les objectifs re¤ els de l’apprentissage ve¤ritable apparaissent et s’ imposent. C ’est pourquoi, dans Les Noces Alchimiques, nous voyons entrer la Licorne blanche comme neige portant un collier d’or, le Lion qui monte la garde pre' s de la fontaine et la Colombe blanche qui vole en tenant dans son bec un rameau d’olivier.Vous connaissez ces alle¤ gories. La Licorne, le Lion et la Colombe symbolisent le sublime Triangle de feu flamboyant, le trigonum igneum des RoseCroix du xviie sie'cle. Ils repre¤ sentent les trois rayons primordiaux de l’Esprit Septuple. Quand le candidat bru“le inte¤ rieurement du Triangle de feu, c’est qu’il est digne de pe¤ ne¤trer dans leTemple de l’Initiation. Car le Triangle flamboyant rend le candidat re¤ ceptif a' la totalite¤ de l’Esprit Septuple. La Bible nous parle quelquefois de la Licorne. Ainsi, dans le livre des Nombres, il est dit : ßLes forces de Dieu sont comme celles de la licorne. Dans le merveilleux Livre de Job, nous lisons : ßLa Licorne veut-elle e“ tre a' ton service ! Passe-t-elle la nuit aupre's de ta couche ! L’attaches-tu par sa corde aux sillons 250

et va-t-elle passer la herse apre' s toi dans les bas-fonds ! Et dans le Psaume 29: ßLa voix du Seigneur agite le Liban et le Sirion telle une jeune licorne. La voix du Seigneur y fait jaillir des flammes de feu. Ces citations montrent que la licorne est le symbole d’un ide¤ al spirituel sublime, d’une orientation exclusive sur un point unique. La licorne est blanche, dit-on, blanche comme neige et porte un collier d’or autour du cou. Elle figure la volonte¤ nouvelle, sereine, purifie¤e, dirige¤ e par l’ Esprit, la nouvelle volonte¤ enflamme¤ e par le premier Rayon de l’ Esprit Septuple, le premier aspect du Triangle flamboyant. Celui qui est ve¤ ritablement enflamme¤ par l’ Esprit de Dieu oeuvre a' partir d’un e¤tat nouveau de la volonte¤, exclusivement oriente¤ sur un seul point. Celui qui a la nouvelle volonte¤ dispose des forces divines. Il de¤ couvre en lui la particularite¤ d’e“ tre entie' rement servi par la Licorne. De temps en temps, vous mettez votre volonte¤ comme un joug sur vos e¤paules. Vous essayez de lui donner certaines ta“ ches.Vous vous dites a' vous-me“ me : ßDore¤navant, je ferai ceci et pas cela. Vous luttez ainsi contre vous-me“ me. Ne le faites donc plus, car avec cette me¤thode vous n’obtiendrez jamais le moindre re¤ sultat. Mais quand la nouvelle volonte¤ est ne¤e en vous, en vertu de la qualite¤ de votre a“ me et du nouveau comportement, alors la Licorne passe la nuit aupre' s de votre couche, selon l’expression de la Bible. Ce qui signifie que la nouvelle volonte¤ de¤ termine entie'rement votre e¤tat de vie, et ceci spontane¤ ment, de l’ inte¤ rieur de vous-me“ me, de fac on qu’ il n’est plus possible de faire autrement, en un service de Dieu authentique. Me“ me pendant le sommeil, par exemple, alors que vous n’avez plus le contro“le direct de votre personnalite¤ , me“ me alors, la nouvelle volonte¤ de¤ termine vos voies et vos actes, parce que parfaitement accorde¤ e a' votre ta“che, au chemin que vous devez parcourir, au processus que vous devez suivre. 251

Alors ßvous attachez la licorne aux sillons dans le champ de la moisson.Vous le savez, un champ laboure¤ est trace¤ de sillons, ou' le paysan se' me le grain. Il est donc question ici d’une vie totalement ordonne¤ e. Quand la nouvelle volonte¤ est enflamme¤e en vous, toute votre vie montre un ordre harmonieux et puissant. La licorne est attache¤ e aux sillons dans le champ de la moisson et, si possible, o“te les mauvaises herbes et brise les mottes de terre. La volonte¤ est un feu puissant. La voix du Seigneur embrase de flammes de feu pleines de puissance et de gloire la volonte¤ de celui qui est enflamme¤ de l’ Esprit de Dieu. La volonte¤ est le plus puissant instrument magique de l’ homme. Si votre volonte¤ n’est pas enflamme¤ e dans la volonte¤ de Dieu, vous ne pourrez jamais accomplir un acte gnostique magique. Le symbole du Lion est aussi tre' s re¤ ve¤lateur. C ’est le symbole de l’Amour divin, universel et omnipre¤ sent, donc le symbole du deuxie' me Rayon de l’ Esprit Septuple. Il va sans dire que celui qui posse' de la licorne posse' de e¤ galement la force du lion. Car Dieu est Amour.Vous connaissez sans doute la symbolique relative au lion. Nous pouvons lire dans l’Apocalypse, 10: ßEt il cria d’une voix forte, comme rugit un lion. Quand il cria, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. Ce qui signifie : quand l’Amour de Dieu peut se manifester dans un e“ tre humain, a' l’ instant me“me l’ Esprit Saint y descend. Il est ne¤ cessaire de vous mettre ici en garde, comme le fait la Bible et tous les messagers spirituels, contre le faux amour, e¤ galement repre¤ sente¤ par le symbole du lion. Nous ne parlons pas ici des mouvements e¤ motionnels et de leurs effets et limites bien connus, se traduisant par la sympathie ou l’antipathie, mais de cet amour pre¤ tendu qui s’ insinue dans le monde, comme un serpent sifflant, venin de vipe' re de la nature de la mort, dont certaines personnes sont l’ image me“ me. Tout en imitant la voix de Dieu et en arborant un sourire doucereux, elles pre¤ me¤ ditent un meurtre, le meurtre d’une a“me humaine. Or quand 252

l’a“me est assassine¤ e, elle est souille¤ e et signe toujours l’arre“t de mort du corps. En effet, une fois l’a“ me brise¤ e, le corps de¤ pe¤ rit irre¤ me¤ diablement, la maladie s’ installe, le corps ne peut plus se maintenir et meurt avant son temps. Comme e¤ le¤ments du trigonum igneum, appara|“ t, premie' rement, la Licorne, symbole de la volonte¤ enflamme¤ e en Dieu, axe¤e sur un point unique, tourne¤ e vers un seul but ; deuxie' mement, le Lion, symbole de l’Amour universel qui englobe tout. L’ homme enflamme¤ de l’ Esprit de Dieu est touche¤ et tout entier embrase¤ par l’Amour qui remplit l’univers. De' s cet instant, la force d’Amour de l’e¤ ternite¤ devient la note fondamentale, la nourriture de toute son existence. Quand un candidat aux Myste' res gnostiques approche du Temple de l’ Initiation et, ayant vaincu l’agitation astrale du pays de la limite, entre dans la paix et le calme du jardin des roses, il est normal que la Licorne fasse son entre¤e et s’avance pour rendre hommage au Lion, qui monte la garde pre' s de la fontaine, car la Volonte¤ de Dieu et l’Amour de Dieu sont l’essence me“me de ce jardin. L’entre¤ e de la Licorne signifie que celui qui est parvenu dans le jardin des roses renonce absolument a' se tourner vers la nature de la mort. Le Lion tient une e¤ pe¤ e nue dans ses griffes. Quand la Licorne, la volonte¤ enflamme¤e en Dieu, entre dans le jardin de l’ Initiation, le Lion brise l’e¤ pe¤ e et en jette les morceaux dans la fontaine, la source des eaux. C ’est pour te¤ moigner que le feu du jugement s’est maintenant retire¤ et que l’unique et ve¤ ritable travail des noces alchimiques peut commencer. Un rugissement puissant retentit comme un cri de joie. A ce cri, une colombe blanche comme neige arrive a' tire d’aile, portant un rameau d’olivier dans son bec.Vous savez que la colombe est toujours le symbole de l’ Esprit. Rappelez-vous le bapte“ me du Jourdain ou' Je¤ sus le Seigneur recut l’ Esprit sous forme d’une colombe. La colombe qui porte un rameau d’oli253

vier est le symbole du troisie' me Rayon de l’ Esprit Septuple ; c’est l’ intelligence active, tout entie're donne¤ e et de¤ voue¤ e a' Dieu, le Rayon qui parfait le trigonum igneum. La Colombe repre¤ sente ici le comportement intelligent, toujours au service de la paix unique et ve¤ritable, la paix qui est de Dieu. L’oeuvre doit e“ tre accomplie dans la paix et par la paix. C ’est pourquoi la Colombe porte un rameau d’olivier. C ’est pourquoi elle vient l’apporter au Lion. C ’est pourquoi l’unique Paix, qui est de Dieu, descend sur le jardin. Quelle merveilleuse sagesse, quelle grande beaute¤ : le feu de la volonte¤ forme l’un des co“te¤ s duTriangle, la claire lumie're blanche de la paix forme un autre co“te¤ . Or, dans la Gnose, l’ homme symbolise le feu et la femme la lumie' re. La base duTriangle, le cha|“ non qui unit le tout, est donc le deuxie' me Rayon, celui de l’Amour universel. N’est-il pas logique que ce Triangle flamboie d’une force puissante ! Tel est le trigonum igneum? Et vous comprenez maintenant cette parole de l’Apocalypse, 11: ßJe donnerai a' mes deux te¤ moins le pouvoir de prophe¤ tiser pendant 1260 jours (symbole du nombre 9, le nombre de l’ humanite¤ ) reve“ tus de sacs (l’ habit de la repentance, l’ habit du sacrifice pour le monde et l’ humanite¤ ). Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le dieu de la terre. Et personne ne pourra leur nuire. Peut-e“ tre comprenez-vous cette magie grandiose ! La magie qui se manifeste dans la Jeune Gnose, comme elle s’est manifeste¤ e dans toutes les Fraternite¤ s pre¤ ce¤ dentes ! La signature de toutes les Fraternite¤s gnostiques est celle-ci : la direction inte¤rieure e¤ mane d’un homme et d’une femme directement appele¤s a' cela. Ils forment les deux co“te¤s du Triangle qui se dressent vers le haut, soutenus par le deuxie'me Rayon de l’ Esprit Septuple, te¤ moins inattaquables du Logos universel, du Triangle flamboyant place¤ au centre de la nature de la mort devant le dieu du monde. Voila' la force de la Gnose : les deux oliviers se dressent 254

chaque fois de nouveau ; le feu (le premier Rayon) et la paix qui de¤ passe tout entendement (le troisie' me Rayon) baignent dans la force de l’Amour de Dieu (le deuxie'me Rayon). C ’est pourquoi la Jeune Gnose qui posse' de cette signature sans se l’e“ tre attribue¤e elle-me“me, est une ve¤ ritable Ecole des Myste' res gnostiques. C ’est pourquoi la parole de l’ Ep|“ tre aux Romains, 11, 17 a' 24, s’adresse aux e¤ le' ves se¤ rieux : ßTu as e¤ te¤ coupe¤ de l’olivier naturellement sauvage et ente¤ contrairement a' ta nature sur l’olivier gnostique. La colombe vole avec un rameau d’olivier et s’approche du lion qui, l’air furieux, de¤ vore le rameau, ce qui le satisfait. La licorne retourne a' sa place e¤galement pleine de joie. Comprenez-vous ce langage, langage e¤ trange, langage des Myste' res ! Dans le ve¤ ritable jardin de la Fraternite¤ , dans l’ Ecole des Myste' res, le repre¤ sentant du troisie' me Rayon confie a' l’Amour universel et a' sa Force, tous ceux qui sont dignes d’entrer, apre' s que le repre¤ sentant du premier Rayon en a cre¤e¤ la possibilite¤ . Ainsi les branches d’olivier sauvage sont-elles coupe¤ es et soustraites au dieu de ce monde puis greffe¤es sur le tronc unique. Il n’y a rien d’e¤ tonnant a' la pre¤ sence d’une fontaine dans le jardin de la Fraternite¤. Car la fontaine est toujours l’ image des radiations continues de sagesse et de force de l’ Esprit universel. C ’est la raison pour laquelle, dans l’Apocalypse 21, il est dit : ßJe suis l’alpha et l’omega, le commencement et la fin, a' celui qui a soif je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement. C ’est pourquoi un ine¤ puisable courant de sagesse, d’amour et de force afflue a' travers la Jeune Gnose, fontaine vivante d’eau divine, dans laquelle tous ceux qui y sont re¤ ceptifs peuvent se laver le visage et les mains. C ’est la raison pour laquelle nous lisons dans le texte : Nous du“mes nous laver le visage et les mains a' la fontaine, puis dans le me“ me ordre, attendre un instant que le Roi retourna“ t dans la salle par un passage de¤ robe¤ . Ensuite nous fu“mes reconduits, nous aussi, hors du jardin dans le lieu ou' nous se¤ journions pre¤ ce¤demment.

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Qui est le Roi dont il est question ! Il faut le comprendre pour de¤ couvrir combien tout ce qui est de¤ crit dans Les Noces Alchimiques nous est proche. Le Temple de l’ Initiation de¤ peint dans le livre est parfaitement semblable a' celui du Corps Vivant de la Jeune Gnose. C ’est un champ de de¤veloppement spirituel, e¤ troitement relie¤ a' la Cha|“ ne gnostique universelle puisque e¤ manant d’elle. C ’est l’ Esprit lui-me“ me qui ope' re donc dans ce champ, a' partir du septie' me aspect, le champ de la re¤ surrection, laTe“ te d’Or. C ’est au nom de l’ Esprit, au nom du Roi, que sont pre¤ sents ici la licorne, la colombe et le lion, le trigonum igneum, personnifie¤ par les deux membres dirigeant l’ Ecole Inte¤ rieure. A tous les e¤ le' ves qui y sont ennoblis, ils souhaitent la bienvenue dans le jardin de la Fraternite¤ , et font grandir ensemble le Corps Vivant, comme un seul groupe, tous e¤ gaux dans la Gnose, un pour tous et tous pour un. A chaque action ne¤cessaire, l’ Esprit lui-me“ me intervient dans le Corps Vivant. Alors tous les rayons qui le repre¤sentent, ainsi que les serviteurs et les servantes, font affluer un puissant courant de lumie're et de force dans tous les aspects du Corps Vivant, puis l’ Esprit se retire a' nouveau dans les domaines de la Te“ te d’Or, le champ de la re¤ surrection. Ainsi baigne¤ s d’ Esprit, les candidats sont ensuite laisse¤ s a' leur e¤ tat d’e“ tre, afin que chacun puisse re¤ aliser le processus de transformation alchimique qui lui est propre. Bien que laisse¤ s a' leur e¤ tat d’e“ tre, tous travaillent pourtant dans des conditions exceptionnelles, puisqu’ ils peuvent le faire dans le CorpsVivant gnostique, dans la Demeure de la Fraternite¤ . Ils sont peut-e“ tre isole¤s, mais jamais abandonne¤ s. Et c’est dans cet e¤ tat de gra“ce si particulier qu’ ils ont le devoir et le pouvoir d’accomplir le grand oeuvre. C ’est un e¤ tat de gra“ ce particulier parce que tout candidat admis a' se¤ journer dans le Corps Vivant be¤ ne¤ ficie constamment, quand c’est utile et ne¤cessaire, de l’aide de l’ Esprit Saint luime“ me. 256

C ’est pourquoi il est dit dans le texte : Sur ces entrefaites, la Jeune Fille prit conge¤ de nous et nous pria d’attendre patiemment le lendemain, ou' nous serions alors pre¤ sente¤ s au Roi.

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Le Phe¤ nix

Tous les candidats qui ont e¤ te¤ pese¤ s et n’ont pas e¤ te¤ trouve¤s trop le¤ gers, assistent a' la sce' ne merveilleuse de la fontaine, d’ou' coule l’ Eau de la Vie, et se retrouvent alors, de facon tout a' fait nouvelle dans le sanctuaire de l’ Initiation. Leur pre¤paration termine¤e, ils se tiennent maintenant face au grand processus de l’autode¤ veloppement gnostique. Comprenez bien maintenant qu’ il faut associer le cha“ teau, ou' se retrouvent les candidats et ou' va se de¤ rouler l’auto-initiation, a' ce que nous appelons le Corps Vivant de l’ Ecole des Myste' res. Nous vous l’avons de¤ja' clairement montre¤ , ne cherchez donc pas le Temple de l’ Initiation de notre Pe're Fre' re Christian RoseCroix a' l’exte¤rieur de l’ Ecole mais a' l’ inte¤ rieur. Certains d’entre vous ont sans doute conside¤ re¤ jusqu’a' pre¤sent le mot Corps Vivant comme la de¤ nomination symbolique de notre travail et de notre sphe' re de groupe. Mais attention, le Corps Vivant est beaucoup plus que cela ? Tous ceux qui se sont e¤ leve¤ s dans le trigonum igneum, leTriangle flamboyant, le savent. Quand leur oeil inte¤rieur s’ouvre, ils gou“tent le privile'ge de conna|“ tre et d’examiner, comme Christian Rose-Croix, les possibilite¤ s, les merveilles et les tre¤ sors du Corps Vivant. Peut-e“ tre vous demandez-vous comment s’est forme¤ ce Corps Vivant ! Serait-ce nous qui l’aurions e¤ tabli, assiste¤ d’un petit groupe de compagnons, bien que la chose soit juge¤e impossible ! En approfondissant le texte des Noces Alchimiques, il s’ave' re que le cha“ teau dont il est question est de¤ ja' tre' s ancien et 258

cache des tre¤ sors se¤ culaires. On peut donc re¤ pondre, a' cette question logique, que le Corps Vivant de la Jeune Gnose est tre' s re¤cent, tout jeune, dans sa prime jeunesse, mais en me“ me temps extre“mement vieux. Jusqu’a' pre¤ sent, dans l’ Ecole Spirituelle, nous avons constamment pre¤ sente¤ ce Corps Vivant comme un champ de travail qui s’est e¤ difie¤ de bas en haut depuis 1924. Commence¤ par quelques-uns, continue¤ par un groupe peu a' peu croissant, ce champ de travail se concentra, multiplia ses lignes de force, attira toujours plus de force, de¤ploya des possibilite¤ s de plus en plus grandes et finalement eut part a' l’ Esprit, lequel se manifeste dans laTe“ te d’Or, le champ de la re¤ surrection. Ceci est tout a' fait juste. Mais ce que nous avons tu jusqu’a' pre¤ sent, c’est qu’a' partir du moment ou' la Jeune Gnose prit totalement place dans la Cha|“ ne universelle, qu’elle recueillit l’ he¤ ritage de la Fraternite¤ pre¤ ce¤ dente et que fut confe¤re¤ aux deux dirigeants spirituels l’e¤ tat de grand ma|“ tre, elle rec ut encore autre chose, a' savoir le classique Temple de l’ Initiation, garde¤ dans la Cha|“ ne universelle selon le mode' le originel. Ce qui signifie que tout, vraiment tout ce qui peut servir a' la paix et a' la liberte¤ , a' la manifestation et au ve¤ritable de¤ veloppement de l’ homme, tout ce qui s’est ave¤re¤ juste et bon depuis des sie' cles, demeure en tant qu’ ide¤ e, ide¤e de l’ Esprit, et en tant que force, force d’expression astrale, dans le puissant champ de vie de toute la Cha|“ ne universelle. Rien de tout cela ne pourra jamais se perdre. Au cours des sie'cles, chaque Fraternite¤ successive, par son expe¤ rience et par sa souffrance, ajoute des objets de prix a' cet immense tre¤ sor. De' s qu’une Jeune Gnose surgit du champ de bataille des sie' cles comme de la nuit, qu’elle parvient a' de¤ velopper un Corps Vivant qui appara|“ t dans la lumie' re du nouveau matin, un contact magne¤ tique s’ intensifie entre elle, d’une part, et la Cha|“ ne universelle, d’autre part. Le tre¤sor des anciens est alors peu a' peu transmis au Corps Vivant du nouveau maillon de la 259

Cha|“ ne, conforme¤ ment au de¤ veloppement de la force de lumie' re de la Jeune Gnose. Cela jusqu’au moment ou' elles deviennent toutes deux concentriques et forment alors une unite¤. De' s cet instant, la Fraternite¤ universelle entie' re, y compris le nouveau cha|“ non, est dans le monde mais plus de ce monde. Et tout ce que la Cha|“ ne universelle entie're est, e¤tait et sera, peut alors e“ tre connu par chacun de ceux qui en sont devenus dignes. Celui qui se livre aux grands pre¤paratifs que nous venons d’esquisser entre dans notre Corps Vivant et, en me“ me temps, dans toutes les chambres au tre¤ sor de la Cha|“ ne universelle tout entie're. C ’est pourquoi il est dit : Ensuite nous fu“mes reconduits, nous aussi, hors du jardin, dans le lieu ou' nous se¤ journions pre¤ ce¤demment, au son d’une musique merveilleuse, avec pompe et magnificence, tout en devisant agre¤ ablement. Ceci se passait vers quatre heures de l’apre' s-midi. Et a' chacun de nous fut attribue¤ un page, pour nous faire visiter le cha“ teau, mais seulement certains endroits de¤ termine¤s.

Celui qui entre ainsi dans le Corps Vivant, lequel est aussi le Corps Vivant de la Cha|“ ne universelle tout entie're, comprendra que cette entre¤e ne peut avoir lieu qu’a' un seul moment ; a' ßquatre heures de l’apre' s-midi. A quelle heure la rencontre aura-t-elle lieu ! La re¤ ponse retentit aussito“t : ßA quatre heures de l’apre' s-midi ? Comprenez-vous le langage des constructeurs ! Quand le soleil de votre de¤ veloppement pre¤ paratoire atteint son ze¤nith et qu’ensuite sonne la quatrie'me heure, le Corps Vivant universel s’ouvre a' vous. Le nombre quatre est le nombre de l’accomplissement et en me“ me temps celui du Carre¤ de construction. Ce nombre indique qu’une nouvelle base est pose¤ e, a' savoir l’unique base possible : l’ Esprit lui-me“ me. C ’est sur cette seule base que la construction e¤ ternelle peut e“ tre e¤ rige¤ e, la construction qui s’e¤ le've jusque dans les cieux, la tour du salut ve¤ ritable et fondamental. Cette tour a 260

e¤ te¤ imite¤ e d’ innombrables manie' res, et l’est toujours. Pensez par exemple a' l’ histoire de laTour de Babel ? De' s les temps les plus recule¤ s, le nom de Dieu, le nom de l’ Esprit, l’unique base de toute construction ve¤ritable, fut souvent e¤crit avec quatre lettres, fac on magique de donner la clef qui me'ne a' l’ Esprit. Dans l’ Egypte antique, Herme' s Trisme¤ giste est nomme¤ Thot. En anglais on de¤ signe l’ Esprit par le mot Lord, en franc ais par Dieu, en allemand par Gott, en ne¤erlandais par Heer. Si, vous aussi, vous vous demandez : ßQuand donc entrerai-je dans le Corps Vivant, avec des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ! La seule re¤ ponse possible est : ßA quatre heures de l’apre' s-midi ? Pour Christian Rose-Croix, l’ heure a sonne¤ . Dans le re¤ cit de son entre¤ e, toute l’attention porte sur la chambre fune¤ raire du Roi ou', dit-il, j ’appris plus que dans tous les livres du monde. Cette chambre fune¤raire repre¤ sente, vous le comprenez, la totalite¤ de l’ he¤ ritage spirituel et astral de la Cha|“ ne universelle. Faisons un choix parmi toutes les descriptions figurant dans Les Noces Alchimiques, afin de nous former une image de ce que l’ont voit et contemple dans le Corps universel. Citons le Phe¤ nix, l’Aigle, le Griffon et le Faucon, quatre animaux des Myste'res, au me“ me titre que la Licorne, la Colombe et le Lion. L’allusion faite a' ces quatre animaux donne l’ impression qu’ il ne s’agit que d’un e¤pisode, mais l’ initie¤ en saisit de suite la signification. Commencons par le Phe¤ nix, l’oiseau de feu. Christian RoseCroix nomme le Phe¤nix en premier, apre' s son entre¤ e dans la chambre fune¤ raire royale, et le qualifie de phe¤ nix splendide. En effet cet oiseau est le vivant symbole de la re¤ surrection des morts. Ce symbole a e¤ te¤ utilise¤ a' travers les sie' cles d’ innombrables manie' res. Les gnostiques de tous les temps s’en sont beaucoup servi. Cet oiseau de feu est grave¤ sur de nombreuses pierres gnostiques, ceci pour signifier que l’e¤ternite¤ ressuscite toujours 261

de la tombe du temps. Comprenez donc le sens profond de cette parole : vous e“ tes appele¤ a' la liberte¤ , vous e“tes appele¤ a' ressusciter de la mort de la nature. Avotre entre¤e dans la chambre fune¤ raire royale, vous de¤ couvrirez, en premier, le Phe¤ nix, la victoire sur la mort ? La force de l’e¤ ternite¤ , l’oiseau de feu, ne fait qu’un avec le Corps Vivant universel tout entier. Le symbole du Phe¤ nix a toujours attire¤ l’attention, en particulier celle des romantiques. C ’est pourquoi il y a quantite¤ de le¤ gendes qui, d’une manie're ou d’une autre, se rapportent a' cette unique ve¤ rite¤ . C ’est ainsi qu’une antique le¤ gende juive parle d’un oiseau immense qui appara|“ t quelquefois sur terre. Il marche sur l’oce¤an tandis que sa te“te porte le ciel. Nous comprenons maintenant cette le¤gende. Car le Phe¤ nix, la grande force de re¤surrection de l’e¤ ternite¤ , est la signature de l’antique Corps Vivant de la Cha|“ ne universelle, forme¤ de' s les temps les plus recule¤ s, de' s la manifestation de la premie' re Fraternite¤ jusqu’a' la Jeune Gnose de nos jours : lumie' re puissante, force puissante, majestueux Phe¤ nix, qui fait le tour de la terre, se tient sur les oce¤ans et porte la te“te jusque dans les hauteurs du ciel. Ce corps et cette force redescendent sans cesse sur la terre, reliant ainsi la terre au ciel, escalier immense que vous pouvez tous gravir, jusqu’a' la victoire finale et la de¤couverte de la Lumie' re par le dernier chercheur.

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L’Aigle, le Griffon et le Faucon

Poursuivant notre description des quatres animaux des Myste' res, dont parle le Troisie'me Jour des Noces Alchimiques, nous en arrivons a' l’Aigle. Les significations du symbole de l’aigle sont multiples. Dans l’ Ecriture sainte, dans l’ Enseignement universel, il est sans cesse fait allusion a' cet oiseau royal. Et royal est-il, lui qui vole de pre¤ fe¤ rence tre' s haut dans le ciel, et symbolise parfois l’e¤ le¤ment air. Il est aussi de¤ signe¤ comme le symbole de l’Ame-Esprit et de laVie. Il repre¤ sente aussi la force vitale et la force de volonte¤ ; son signe est l’e¤ toile a' cinq branches. Le soufre est associe¤ a' l’aigle ; le quatrie'me Evangile, celui de Jean, e¤galement.Ta“ chons de pe¤ ne¤ trer sa ve¤ ritable signification sur la base de ces donne¤es. Tout corps respire, toute cre¤ ature, de l’ infe¤ rieure a' la supe¤ rieure, a besoin d’une substance atmosphe¤rique pour se maintenir. Cela est vrai de chaque manifestation de la nature fondamentale, cela est vrai de l’univers tout entier. L’aigle, le roi des airs, est donc, a' conside¤rer en tant que symbole, comme le ma|“ tre de l’e¤ le¤ment air, e¤ le¤ment vital dont nulle cre¤ ature ne peut se passer. L’Aigle, selon Les Noces Alchimiques, est pre¤sent dans le Corps Vivant universel, dans les chambres au tre¤sor du salut ; il symbolise ici la substance vitale, dont tout aspirant aux Myste' res gnostiques a besoin pour pouvoir vivre dans le Corps Vivant universel. C ’est cette indispensable substance vitale que, dans l’ Ecole de la Rose-Croix d’Or, nous appelons habituellement ßla 263

Gnose: la Gnose dont nous avons besoin pour notre a“ me, l’e¤ tat de notre a“me, la renaissance de notre a“ me. C ’est l’atmosphe' re du Corps Vivant universel, atmosphe' re dans laquelle nous devons tous apprendre a' respirer, dont nous devons tous vivre. Si vous suivez le chemin, si vous y parvenez, par la reddition de vous-me“me, votre a“ me est alors pre¤ pare¤ e a' entrer dans le Corps Vivant universel et a' y vivre la vie d’un microcosme parfait. Vous vous e¤ levez alors jusqu’a' l’ inte¤ rieur du Corps Vivant et, tel l’aigle, vous ma|“ trisez parfaitement ce nouvel e¤ le¤ ment, dont vous devez vivre. L’aigle appara|“ t donc comme le symbole de l’a“ me nouvelle et de la vie nouvelle. Nous vous avons de¤ ja' dit que la Jeune Gnose s’est e¤ difie¤ e et re¤alise¤ e a' partir de la base. Mais avant d’e¤riger une telle construction, il faut des constructeurs. Or les constructeurs ne tombent pas du ciel. Ils sont sans cesse appele¤s par la Gnose d’une manie' re positive et dynamique. Avant que le travail de la nouvelle construction ne commence, il n’existe que la Cha|“ ne universelle, Corps Vivant sublim’’e, retire¤ dans les domaines de la pure substance astrale. Quand une jeune Gnose s’e¤ difie, doit commencer a' s’e¤ difier, et qu’un certain e¤ tat de vibration, de force vitale et de force de volonte¤ se forme, l’aigle descend brusquement des hauteurs et, tel l’e¤clair fendant l’air, frappe le travailleur au coeur d’un coup terrible. Nous pouvons peut-e“ tre comprendre ce qui se passe. Tout le potentiel atmosphe¤ rique du Corps universel est soudain mis, comme physiquement, a' la disposition du travailleur. Une liaison est e¤ tablie entre le travailleur, dans le bas, et la Fraternite¤ , dans le haut. Et en me“me temps, il y a liaison entre la Cha|“ ne universelle et la Jeune Gnose en formation, une liaison cherchant a' s’exprimer dans la personne du travailleur appele¤ a' cela. Le travailleur ainsi frappe¤ par l’Aigle, la force du premier Rayon, ne commettra alors plus d’erreurs, gra“ce a' cette force do’’nt il est 264

maintenant le de¤ positaire, et me' nera a' bien le travail entrepris, a' condition de se baser sur l’Amour universel, donc de se confier au deuxie' me Rayon de l’ Esprit Septuple et de rester fide' le a' sa vocation ; en conse¤ quence, la Jeune Gnose se rattache a' la Cha|“ ne universelle comme un digne maillon, en sorte que le jeune corps vivant s’e¤ le' ve entie' rement dans le Corps Vivant universel. En outre nous vous l’avons explique¤ , il est clair que l’ Esprit Septuple, l’ensemble des sept rayons de l’ Esprit, est pre¤sent dans la Cha|“ ne universelle, donc aussi dans le Corps Vivant universel, ou' la Jeune Gnose est admise. Cet Esprit Septuple rayonnant fait donc irre¤ vocablement partie de la nouvelle atmosphe' re, de l’atmosphe' re astrale pure. Et comme chaque rayon de l’ Esprit Septuple peut e“tre symbolise¤ par une e¤ toile a' cinq branches, e¤ toile qui est aussi le symbole de l’aigle, nous pouvons comprendre pourquoi, dans la Gnose universelle, les sept e¤ toiles, les sept pentacles sont le signe du Grand Ma|“ tre de l’Ordre. C ’est donc aussi le symbole de l’Ame-Esprit, qui tient les sept e¤toiles dans sa main droite. Ainsi nous comprenons pourquoi l’Aigle est associe¤ au pentacle. Les quatre Evangiles, vous le savez, ont chacun un caracte' re propre. L’Evangile de Jean se distingue nettement des trois autres ; il est particulie' rement gnostique. Il respire tout entier l’atmosphe're de la Gnose, baigne dans la sphe' re de la Gnose. Il e¤ mane en totalite¤ du Corps Vivant universel. C’est pourquoi cet Evangile est lie¤ au champ de respiration de la Gnose, et donc a' l’Aigle. Le Griffon, l’animal des Myste'res que de¤ couvre ensuite Christian Rose-Croix dans le caveau royal, est e¤ galement assez facile a' expliquer. Vous avez de¤ja' sans doute vu une repre¤sentation du Griffon. Il sert parfois comme figure he¤ raldique sur les blasons. La partie supe¤ rieure du corps de cet animal est un aigle, la partie infe¤ rieure, un lion. Il a des oreilles pointues et une longue queue sinueuse. Certaines fables rapportent que l’animal a des griffes et deux ailes puissantes. 265

Ces fables sont pour la plupart originaires de l’Orient. Le Griffon y est souvent repre¤ sente¤ , en particulier, comme gardien de l’or, gardien du tre¤ sor. C ’est pourquoi il est consacre¤ au soleil. L’Orient est le pays ou' se le've le soleil.Tous ceux qui s’engagent sur le chemin se tournent symboliquement vers l’Orient, la re¤ gion du soleil levant. C ’est l’endroit par excellence ou' trouver la lumie' re, mais il faut commencer par passer devant le gardien, le Griffon ? Le Griffon est appele¤ aussi le ßgardien de la lumie're qui n’a encore jamais brille¤ ni sur terre, ni sur mer. Il est le symbole de la force protectrice du Corps Vivant universel, le gardien des chambres au tre¤ sor du salut, ou' aucun homme aux mains impies ne peut entrer. La force protectrice est donc aigle avec l’aigle, lion avec le lion et feu comme le soleil. Ensuite il est question du Faucon. C ’est le symbole du mortel lie¤ a' l’ immortel ; et aussi de la croix e¤gyptienne, du vertical lie¤ a' l’ horizontal. Et nous comprenons pourquoi cet animal des Myste' res est cite¤ le dernier par Christian Rose-Croix : le Faucon re¤ ve' le le but essentiel du Corps Vivant universel. Pourquoi la Gnose vous invite-t-elle a' vous e¤ lever dans le Corps Vivant ! Parce que nous le savons, c’est le grand Temple de l’ Initiation, ou' se manifeste l’ Esprit, afin de transformer l’ infe¤ rieur en supe¤ rieur, et ou' le mortel est englouti par l’ immortel. Dans les anciens temples des Myste' res e¤gyptiens se trouvaient, dit-on, deux fonts baptismaux. L’un e¤ tait orne¤ d’une te“ te de faucon, l’autre de la te“ te d’un autre animal des Myste' res. Ces deux bassins de¤ versaient leur courant d’eau simultane¤ment sur l’e¤ le've. L’un symbolisait la mort, qu’ il fallait subir volontairement, en reddition de soi, et l’autre vouait le candidat au nouvel e¤ tat de vie. Ce double bapte“me signifiait donc ßmourir pour vivre, ou selon les paroles de Je¤ sus le Seigneur, ßperdre sa vie pour la gagner. Tout fre' re, ou soeur, qui vivait ce profond et magique revire266

ment, s’e¤ criait, a' la fin, dans un chant d’alle¤gresse : ßMon Dieu, mon Soleil,Tu as de¤verse¤ sur moi ta splendeur ? Selon l’ Evangile, une des paroles que prononc a Je¤ sus le Seigneur sur la croix fut : Eli, Eli, Lama sabachthani, ce qui signifierait : ßMon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonne¤ ? Cette parole n’est-elle pas a' l’e¤ vidence une alte¤ ration des Pe'res de l’ Eglise ! C ’e¤ tait primitivement : Eloi, Eloi, Lamah azabvthani, ce qui veut dit : ßElohim, Elohim, tu as de¤ verse¤ sur moi ta splendeur ? ou ßComme tu m’as exalte¤ ? Si les re¤ dacteurs de la Bible, qui puisaient dans les anciens e¤ crits herme¤ tiques, avaient laisse¤ exprimer a' Je¤ sus le Seigneur, dans leur adaptation, les paroles classiques, on aurait su par la' que tout l’ Evangile e¤ tait emprunte¤ a' la philosophie herme¤tique classique. Et cela, les fondateurs de la nouvelle religion de l’ Eglise voulaient l’empe“cher. D’autant plus que la ce¤ re¤ monie des deux bassins est le sujet de maintes repre¤ sentations de l’ancienne Egypte. Ainsi nous comprenons pourquoi Valentin Andreae parle de fac on voile¤e dans Les Noces Alchimiques. L’unique possibilite¤ qu’ il avait a' l’e¤poque de de¤verser sa force d’amour, au sens le plus vaste, sur l’ humanite¤ et de re¤aliser un travail valable e¤tait d’exercer la profession de the¤ologien. Un travail gnostique avoue¤ e¤ tait impossible a' cette e¤ poque et ne pouvait tout au plus e“ tre poursuivi que dans le plus grand secret et dans de tre' s petits groupes. Par sa fonction de the¤ologien et de serviteur de l’e¤ glise d’ Etat, donc aussi des anciens Pe'res de l’ Eglise, il ne pouvait montrer ouvertement cette grosse erreur. Il le fit pourtant dans Les Noces Alchimiques par son allusion au Faucon. Qu’ il vous soit donne¤ de dire avec les initie¤s de tous les temps : ßMon Dieu, mon Soleil, tu as de¤verse¤ sur moi ta splendeur.

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En fait, gra“ ce a' mon page, j ’avais eu la joie la plus grande pour moi; en effet, chacun, suivant ses dispositions, avait e¤ te¤ conduit par son page aux lieux qui lui plaisaient. Il arriva que c ’est au mien que furent confie¤ es les clefs qui me firent be¤ ne¤ ficier, avant tous, des heureuses circonstances que voila' . Car si mon page en invita d ’autres a' visiter les tombes, ils crurent qu ’elles se trouvaient uniquement dans le cimetie' re et que, s ’il y avait quelque chose a' y voir, ils iraient bien une autre fois. Je ne priverai pas mes e¤ le' ves reconnaissants de regarder les monuments que nous avons tous deux reproduits et dont nous avons recopie¤ les inscriptions.

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Le crite' re astral

Nous avons parle¤ longuement de ce que nous avons appele¤ les animaux des Myste' res, que Christian Rose-Croix de¤ couvre dans le Temple fune¤ raire : le Phe¤ nix, l’Aigle, le Griffon et le Faucon. Ils illustrent puissamment un e¤tat de vie absolument nouveau, celui qui se re¤ve' le a' C.R.C. au cours du Troisie'me Jour des Noces Alchimiques. Ce sont les symboles du caveau royal, caveau que l’on ne doit pas imaginer comme une tombe dans un cimetie' re, ainsi que le soulignent nos commentaires. Expliquons maintenant ce qu’ il faut penser de tout cela. Nous lisons qu’en re¤ alite¤ il est interdit d’entrer dans le Temple fune¤ raire et d’y contempler ce qui s’y trouve. Cela signifie que tout ce qu’a vu C.R.C. appartenait a' la connaissance secre' te et voile¤ e de la Fraternite¤ universelle. Cette connaissance n’est confe¤ re¤e qu’a' ceux qui en sont dignes, qu’a' ceux qui, vu leur e¤ tat d’e“ tre, peuvent ve¤ ritablement entrer dans le caveau fune¤raire, pour s’y orienter philosophiquement sur les e¤ ve¤ nements a' venir. C ’est pourquoi l’auteur des Noces Alchimiques, bien que ce soit interdit, donne quelques indications tre's voile¤ es sur le contenu de la chambre fune¤raire. Il le fait, en premier lieu, pour servir ceux qui ont de¤ ja franchi la limite ; en second lieu, parce que l’auteur sait qu’a' bref de¤ lai sera publie¤ le catalogue de la bibliothe' que qui se trouve dans le caveau. Ce qui signifie qu’ il sait que le temps viendra ou' quelque connaissance du sujet sera rendue publique, afin d’aider les chercheurs qui, butant contre une re¤ alite¤ fatale et in269

acceptable, veulent sauter par-dessus l’ab|“ me jusque dans la vie libe¤ ratrice. Nous croyons donc avoir le droit de soulever un peu le voile e¤ pais qui recouvre toutes ces donne¤ es. A l’ heure actuelle, nous assistons a' la chute ge¤ ne¤ rale de l’ humanite¤. Or, dans les pe¤ riodes de ce genre, la Fraternite¤ universelle entreprend un grand travail pour tenter de sauver, dans un effort supre“ me, le plus possible d’entite¤ s. Sauver une a“ me humaine de la chute certaine n’est possible que si l’ Esprit peut lui redonner la vie et si elle est en mesure de parcourir le chemin en tant que trinite¤, trinite¤ de l’ Esprit, de l’Ame et du corps, le corps devenant un souple et digne instrument au service de l’Ame-Esprit. Il est donc question de six animaux des Myste' res, d’une bibliothe' que royale, telle qu’elle existait avant la Re¤ forme, et d’un gros livre comme Christian Rose-Croix n’en a encore jamais vu, comportant un aperc u de toutes les figures, salles et portes du grand Temple, ainsi que toutes les inscriptions, e¤ nigmes, etc. Bref, un aperc u de tout ce qu’ il y avait a' voir dans la citadelle du Temple, et que l’on peut toujours voir. Certaines choses n’ont pas e¤ te¤ de¤ taille¤es dans notre texte. Il est seulement indique¤ que tous les livres de cette bibliothe' que comportaient le portrait de leur auteur, dont beaucoup devaient e“tre bru“le¤s. Nous avons de¤ ja' parle¤ des deux champs de la sphe' re astrale, entre lesquels s’e¤ tend un domaine interme¤diaire, le Temple du Jugement, le Temple de l’ Initiation. Le premier champ astral est celui de la nature de la mort, donc de la terre entie' re et de tout ce qui se rattache a' l’e“ tre ne¤ de la nature de l’ humanite¤ dialectique ordinaire. C ’est le champ de la sphe' re re¤flectrice, dont chacun sait combien il est impie et contre-nature. Le deuxie'me champ astral est celui de la sainteTerre, un champ d’une se¤ re¤nite¤ et d’une purete¤ tre's e¤ leve¤es, se distinguant avant tout du premier par une tre's haute vibration. Il y a encore beaucoup d’autres champs de ce genre autour de notre plane'te. La caracte¤ristique 270

de ces champs est qu’ ils diffe' rent tous les uns des autres par la fre¤ quence de leurs vibrations. Qu’est-ce donc qu’un champ astral ! Qu’est-ce, en ge¤ne¤ral, que la substance astrale ! La substance astrale se compose d’atomes spe¤ ciaux. C ’est la substance originelle, le substrat cosmique qui se trouve partout dans l’univers, fait que les Rose-Croix du xviie sie' cle exprimaient par la parole : Il n’y a pas d ’espace vide. Un champ astral est une concentration de tels atomes. Partout dans l’espace nous trouvons des concentrations de substance originelle ayant, en ge¤ ne¤ ral, telle ou telle forme, sphe¤ rique au de¤ but. Un champ de ce genre se constitue au moyen d’une force. Une ide¤ e, par exemple, est une force de ce type. Rien qu’un e¤ clair de pense¤ e provoque une condensation, une concentration d’atomes de substance astrale. Une suite de pense¤ es exercent donc une force e¤ norme. Les atomes de la substance originelle sont extre“ mement sensibles. Ils re¤ agissent imme¤ diatement. Car ils appartiennent a' la nature fondamentale, la matie' re de base de l’univers entier. Un homme attire donc a' lui un champ astral correspondant a' son e¤ tat mental ; et nous sommes tous dans un certain e¤tat mental, nous avons tous une vie mentale, et notre champ astral particulier, notre corps astral, est dans l’e¤tat correspondant. Il est de nature semblable, de valeur semblable et me“ me, a' certain moment, d’aspect semblable aux ide¤ es e¤ mises, et toujours d’aspect semblable a' celui qui les e¤ met. Les atomes de la sub-stance originelle sont extre“mement fluides et prennent aussito“t l’aspect correspondant aux forces qui les meuvent. De temps en temps, par exemple, pendant la nuit, durant le sommeil du corps, le champ astral personnel prend l’aspect de notre e“tre. C ’est pourquoi on parle a' juste titre de corps astral. Aux heures de veille, ce corps astral n’est qu’une concentration de substance originelle qui entoure le corps. Vous comprenez maintenant que la nature vibratoire de notre corps astral de¤ termine le type de forces attire¤es ou repousse¤ es. 271

C ’est donc toujours l’e¤ tat vibratoire qui est l’e¤ le¤ ment de protection et de de¤ fense de notre champ astral. Donc, quand votre mental, la vie de vos pense¤ es, est d’une qualite¤ supe¤ rieure, qu’elle est d’une valeur e¤ leve¤ e et que vos pense¤ es sont vraiment pures, votre corps astral, votre champ astral individuel, atteint une fre¤ quence vibratoire supe¤ rieure. Plus subtile sera votre vie mentale, plus pures et plus e¤ leve¤es seront vos pense¤ es, plus haute sera la fre¤ quence vibratoire/ de votre champ astral. Si, par exemple, en ce moment, vos pense¤ es volent tre' s haut et rejoignent les no“tres dans les courants spirituels des Noces Alchimiques, et si vous vous sentez lie¤ s a' eux, votre corps astral atteint aussito“t une fre¤ quence supe¤rieure, dont vous e¤ prouvez directement la se¤ re¤nite¤ . A l’ instant me“me, vous devenez insensible, inaccessible a' toutes les vibrations oppose¤ es et influences infe¤rieures, et vous ne recevez que ce qui correspond a' votre e¤ tat vibratoire du moment. Donc si vous vous e¤ levez sur le plan astral a' une fre¤ quence vibratoire supe¤rieure, et le fait se ve¤ rifie en particulier pour les e¤ le' ves en groupe, il en re¤sulte une ouverture aux rayonnements de la Fraternite¤ . Tout le monde le comprendra. Nous tenons donc dans nos mains notre liberte¤ comme notre emprisonnement. Il nous est possible d’e¤ lever toujours plus la fre¤quence vibratoire de notre corps astral, par un comportement nouveau et pur, fonde¤ sur de ve¤ ritables qualite¤ s d’a“ me. C ’est la seule facon de quitter le champ infe¤ rieur, de pe¤ ne¤ trer dans le Champ supe¤ rieur de la se¤ re¤ nite¤ astrale et d’en gou“ter les fruits. Parcourir le chemin n’est donc rien d’autre qu’une marche e¤volutive, ayant pour re¤ sultat d’e¤ lever la fre¤ quence vibratoire du corps astral de notre e“ tre, par un comportement nouveau, par une orientation nouvelle et conse¤ quente. Les e¤ le' ves d’une e¤ cole spirituelle gnostique qui n’ont pas encore compris cela sont souvent victimes des variations de leur e¤ tat vibratoire, et des conse¤ quences qui en de¤coulent, en raison du changement continuel de leur comportement. Tanto“t ils sont 272

inte¤rieurement d’ humeur e¤ gale, tanto“t tre' s tendus, nerveux, mal dispose¤ s. Cette instabilite¤ endommage gravement leur corps astral. Ils le de¤ boussolent, et leur personnalite¤ entie' re en paie les conse¤ quences. Par ces oscillations continuelles, leur ve¤ hicule e¤ the¤ rique, donc l’organisme physique, s’e¤ puise. Pensez aussi aux conse¤ quences de la cole' re, une des plus terribles maladies de l’ homme. Notez bien que, lorsque nous disons que nous pouvons e¤lever la fre¤quence vibratoire de notre corps astral par un comportement nouveau, plus pur, nous ne prononc ons la' qu’une formule de science occulte, une formule connue de tous les groupes occultes. C ’est pourquoi nous ajoutons : ce nouveau comportement doit de¤ couler des nouvelles qualite¤ s de l’a“ me ? Telle est la condition. Car chaque e“ tre-moi doue¤ d’une forte personnalite¤ , c’est-a' -dire posse¤ dant une forte volonte¤ et beaucoup de positivite¤, peut se de¤ cider a' un comportement de¤termine¤ , de quelque nature que ce soit. Les exemples sont innombrables. Tout ce que vous accomplissez, par un acte de¤ cide¤ de la volonte¤ , aura pour conse¤ quence une e¤ le¤ vation de la fre¤ quence vibratoire du corps astral et, par suite, vous fermera un champ vibratoire et vous en ouvrira un autre, de fre¤ quence plus e¤ leve¤ e.. Mais si vous voulez avoir part aux phe¤nome' nes de¤crits dans Les Noces Alchimiques, une de¤ cision de votre volonte¤ ne vous aidera en rien. C ’est changer un mal contre un autre. Car une ouverture astrale, au sens de la Gnose, doit re¤pondre aux sept conditions, aux sept poids, comme vous le savez maintenant. C ’est pourquoi, lorsque l’ homme-moi s’efforce, a' la facon de la science occulte, d’adopter un certain comportement et perse¤ ve're dans son entreprise, le re¤ sultat ne sera jamais qu’une ouverture a' la sphe're re¤flectrice et a' ses imitations. Seules les nouvelles qualite¤ s d’a“ me et le de¤veloppement qui en re¤sulte permettent une reddition de soi ve¤ ritable, l’endura totale. Celui qui vit par l’a“ me, et de l’a“me, de¤ laisse tout instinct de conservation du moi et se donne totalement au service de Dieu et de l’ humanite¤ . 273

De la sorte, il apprend le chemin de la souffrance, et du don a' la croix et a' la rose. Celui qui porte ainsi son moi en terre entre dans le tombeau du Temple de l’ Initiation, ou' il trouve le chemin qui me'ne au sommet de la tour, d’ou' il s’e¤le' vera jusqu’au champ de vie astral nouveau.

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On nous montra, a' tous deux, la bibliothe' que de grand prix, telle qu ’elle e¤ tait avant la Re¤ forme. Je de¤ sire n’en parler que tre' s peu, bien que mon coeur se re¤ jouisse chaque fois que j ’y pense, car son catalogue para|“ tra biento“ t. A l’entre¤ e de cette pie' ce, se trouvait un Grand Livre, comme je n’en avais encore jamais vu, comportant toutes les figures et les salles, tous les portails, toutes les incriptions et e¤ nigmes, etc., a' voir dans le cha“ teau entier. Bien que quelque chose me fu“t promis a' ce sujet, je veux le garder provisoirement pour moi, parce que je dois d ’abord apprendre a' mieux conna|“ tre le monde. Dans chaque livre e¤ tait peint le portrait de son auteur. A ce que je compris, beaucoup devaient e“ tre bru“le¤ s, afin que le moindre souvenir de ces dignes personnages disparu“t. Apre' s nous e“ tre efforce¤ s de tout contempler, nous e¤ tions pre' s de sortir, quand un page s ’approcha du no“ tre, lui chuchota quelque chose a' l’oreille, en rec ut imme¤ diatement les clefs, avec lesquelles il monta l’escalier en colimac on. Notre page, fort de¤ sempare¤ , nous conta, sur nos instantes demandes, que Sa Majeste¤ voulait que personne n’alla“ t voir la bibliothe' que et les tombes. Il nous demanda donc, si sa vie nous e¤ tait che' re, de n’en parler a' quiconque, car il avait de¤ ja' nie¤ la chose. Nous oscillions tous deux entre l’angoisse et la joie, mais le fait resta cache¤ et nul ne s ’en informa plus. Nous avions passe¤ trois heures dans les deux endroits, ce que je n’ai jamais regrette¤ . Cependant, sept heures ayant de¤ ja' sonne¤ , on ne nous donnait toujours pas a' manger. Mais notre faim e¤ tait supportable gra“ ce aux divertissements continuels, et, rec u de pareille fac on, j ’eusse volontiers jeu“ne¤ ma vie durant.

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La Bibliothe' que royale et la Chambre fune¤ raire

Apre' s ce que nous avons dit des deux champs de la sphe' re astrale, celui de la nature de la mort et celui de la sainte Terre, vous e“ tes en mesure de comprendre tout ce qui va suivre. Tout champ astral est plein de vie et de mouvement. Quelle vie et quel mouvement ! Le facteur de¤ terminant est la vibration du champ astral en question. Dans le champ pur et serein auquel font allusion Les Noces Alchimiques, le champ astral de la Fraternite¤ , nous trouvons, outre la substance astrale dans son e¤tat ge¤ne¤ral, de nombreux foyers magne¤ tiques, des concentrations tre' s positives et tre' s puissantes de substance astrale, qui sont autant de re¤ actions a' l’e¤ gard des ide¤es, des tendances et des activite¤s des hommes vivant dans un champ de¤fini. Ces conditions sont provoque¤es et de¤ termine¤es par le comportement de tous ceux qui peuvent vivre dans ce champ. Nous vous avons montre¤ a' quel point et avec quelle rapidite¤ la substance astrale re¤ agit aux forces et influences qui la touchent. Vous vous imaginez donc la grande beaute¤, la haute sagesse et la ve¤ rite¤ que manifeste un champ astral aussi sublime que celui de la Fraternite¤. Toute la sagesse que posse' de un homme, toute cette sagesse qui est en me“me temps une force, se projette dans le champ astral ou' vit cet homme. Ce champ astral est-il d’une nature universelle et sublime, cette sagesse et cette force ont-elles une valeur e¤ ternelle, alors les projections ont, elles aussi, une valeur e¤ternelle, elles agissent en permanence et transmettent de la force. 276

Il faut ici attirer l’attention sur la nature et la qualite¤ des projections astrales du champ de la nature de la mort, ou' tout est engendre¤ par le moi issu de la nature. Selon la qualite¤ de ce moi, les projections astrales se rapporteront a' des spe¤ culations, a' des chime' res, a' des tendances e¤gocentriques, a' des instincts de domination ou a' la religiosite¤ naturelle. C ’est pourquoi il est clair que, aussi bouillonnante de vie astrale que soit la sphe' re re¤ flectrice, cette vie repose sur l’ illusion, le mensonge, l’ imposture et la mort, et entra|“ ne un obscurcissement croissant de la conscience ? Donc les projections astrales, dans le champ de la nature de la mort, ne seront ni durables ni e¤ ternelles ; elles apparaissent, a' quelques exceptions pre' s, faibles, fantomatiques, de¤ nue¤ es de toute puissance et, en raison de leur discordance, elles se brisent sans cesse les unes contre les autres et se dissolvent. Heureusement ? Il est donc facile d’ imaginer combien la vie qui e¤ mane du champ astral de la Fraternite¤ est re¤ elle, concre'te et totale, puisqu’elle est engendre¤ e et entretenue par la sagesse, la ve¤ rite¤ et l’e¤ternite¤ ; par la bonte¤ , la ve¤ rite¤ et la justice ; par l’unite¤ , la liberte¤ et l’amour, et qu’elle est tout entie' re soutenue par l’ Esprit. Une vie astrale de ce genre engendre une autre activite¤ que celle que nous connaissons, ici, dans la nature de la mort ? Car il faut bien comprendre que les projections astrales, une fois ope¤rantes, libe' rent des e¤ thers donnant naissance a' des manifestations mate¤ rielles, a' la vie mate¤rielle. Pour conna|“ tre l’e¤ tat de la sphe're re¤ flectrice, il est inutile de faire une enque“ te ou des recherches ; car le champ astral entier de la nature de la mort se projette dans notre vie mate¤ rielle, sous l’action des e¤ thers. Tel est le champ de vie mate¤ riel, que nous connaissons bien, telle est la sphe' re re¤ flectrice, le champ astral qui est le sien. Par analogie, nous pouvons aussi imaginer aise¤ment la nature du champ astral de la sainte Terre. Car du champ astral, e¤ veille¤ a' la vie par elle, se libe' rent e¤ galement des e¤ thers, les quatre Nourritures saintes, qui a' leur tour donnent naissance a' des manifesta277

tions mate¤ rielles, tre's concre' tes, de nature e¤ternelle. Qu’une telle vie ne puisse pas s’exprimer dans la nature de la mort, c’est e¤ vident. Ces questions sont sans doute suffisamment e¤ claircies pour reprendre nos explications du Troisie' me Jour des Noces Alchimiques. Quel est le sens des informations donne¤es sur le grand Temple de l’ Initiation de la Fraternite¤ ! Ce Temple ne se trouve pas dans la sphe' re re¤flectrice, bien que celle-ci en posse' de une imitation. Mais il ne s’agit la' que d’un de¤ cor ; si l’on s’approche de cet e¤ difice fantomatique, on s’aperc oit que ce n’est que du vent. Au contraire, dans le champ astral de la Fraternite¤ , avonsnous dit, le Temple est un puissant foyer de combustion, au service de sublimes desseins. C ’est d’eux que nous allons parler pour commencer. Il e¤mane du Temple de la Fraternite¤ universelle un septuple rayonnement, dans sept directions diffe¤ rentes. Ce rayonnement n’est pas envoye¤ de¤ libe¤ re¤ ment dans une certaine intention ou direction, mais correspond entie' rement a' l’action d’une loi de la nature qui est fondamentale. En premier lieu, une septuple influence rayonne de ceTemple sur la nature de la mort. Et aussi sur la conscience des individus qui y sont sensibles, donc de fac on purement mentale. Puis ce courant se dirige sur le corps astral des hommes qui peuvent admettre ces radiations. Ensuite sur le quadruple corps e¤ the¤ rique. Et en dernier lieu il se manifeste dans le corps physique. La lumie' re du rayonnement septuple, porte¤ e par l’ Esprit Septuple, a par nature une vibration de fre¤ quence tre's e¤ leve¤ e et ne sera recue, en totalite¤ ou en partie, que par les ve¤ ritables chercheurs ; par ceux qui, selon les Be¤atitudes, aspirent a' l’ Esprit. Lorsque, gra“ ce a' un apprentissage se¤ rieux, a' votre don total au chemin de la libe¤ ration, ce septuple courant vous touche et peut e¤ tablir une liaison avec vous, un pont est jete¤ entre vous et 278

le sublime e¤tat d’Ame vivante. De' s lors, de manie' re essentielle et fondamentale, le chemin vous est ouvert. De' s lors, vous pouvez gravir le chemin et franchir le pont. Puissiez-vous voir clairement que ce me“ me rayonnement septuple se manifeste de septuple manie're dans les sept domaines cosmiques, puissante Lumie' re du Soleil vivant, saint Graal universel sept fois septuple. Il faut maintenant dire que la pre¤ cieuse bibliothe'que, dont Christian Rose-Croix fait la de¤ couverte dans la crypte fune¤ raire du cha“ teau, ne suscite plus d’ interrogation. Car, dans le foyer d’un champ astral, sont toujours conserve¤s les ide¤ es, les forces, les de¤ veloppements et les puissantes impulsions provenant de la sagesse des entite¤ s sublimes qui ont forme¤ ce champ et ce foyer. Ces valeurs sont pre¤ sentes dans le Temple du renouvellement et y resteront comme source d’ ide¤es ayant leur fondement dans l’ Esprit de vie lui-me“ me. C ’est pourquoi la moindre parcelle de cette sagesse ne saurait se perdre. Comme para|“ t pitoyable, a' co“te¤, l’action de certains groupes qui, depuis des sie'cles, s’acharnent a' trouver des traces des enseignements sapientiaux dans des e¤ crits, a' les cacher ou a' les faire dispara|“ tre, afin que la masse des hommes ne puissent retrouver l’esprit qui les animait. Le vrai chercheur trouvera toujours la sagesse dont il a besoin. Car la ve¤ ritable sagesse est impe¤ rissable, intangible, inde¤ fectible, et garde¤ e dans la bibliothe'que du champ astral. Toutes les pense¤ es de sagesse sont conserve¤es. Dans le domaine astral, elles prennent, avons-nous dit, une forme s’accordant avec la nature, l’orientation, le but des pense¤ es en question ; souvent aussi la forme de ceux qui les ont e¤ mises. C ’est pourquoi il est dit que le portrait des auteurs se trouvait aussi dans la crypte fune¤raire. Mais beaucoup d’entre eux devaient e“ tre brule¤s, afin d’effacer leur souvenir. C ’est compre¤hensible si nous approfondissons le sens de ces mots. 279

Chaque fois que l’ impe¤rissable sagesse, fonde¤ e sur l’ Esprit, est projete¤ e dans la sphe' re astrale, la projection demeure. Et si l’auteur de la projection est toujours actif, si la sagesse rayonne¤e se rapporte directement, par exemple, a' une ta“ che actuelle que les travailleurs sont encore en train d’exe¤ cuter, alors dans cette projection astrale on verra toujours l’ image du fre' re, ou de la soeur, qui est a' son origine, qui en est le cre¤ateur. Quand ce dernier a acheve¤ le travail, termine sa ta“ che, ßle portrait s’estompe. Il dispara|“ t. Pourquoi ! Eh bien parce qu’ il ne s’agit pas, dans le foyer astral, de faire voir le portrait des fre' res et des soeurs de la Fraternite¤ universelle. Il s’agit exclusivement de la sagesse. Il s’agit exclusivement de la force. De ce que l’on peut faire de cette sagesse et de cette force. Le cre¤ ateur de la projection originelle, en tant qu’Ame vivante, se retire de¤ libe¤ re¤ ment. Pour lui, cela va de soi. C ’est qu’ il s’absorbe comple' tement dans la communaute¤ des Ames vivantes. La' , n’existe plus rien qui soit ßmoi. La' , on ne pense ni a' la conside¤ ration ni a' la reconnaissance. L’Ame vivante ne se projettera jamais personnellement. L’ image qui appara|“ t, lorsque le travailleur exe¤ cute sa ta“ che, appara|“ t en vertu d’une loi naturelle, parce que la projection astrale ne fait qu’un avec son cre¤ ateur. Dans la demeure des Ames vivantes, la projection subsiste mais l’ image de son cre¤ateur s’e¤ vanouit. Il faut ici tourner plus particulie' rement notre attention sur le grand livre de la crypte, qui contient toutes les figures, les salles, les portes et inscriptions se trouvant dans le grand Temple, donnant un aperc u ge¤ ne¤ral de la citadelle du Temple. Tout cela se rapporte a' la grande merveille que doit toujours accomplir une ve¤ ritable communaute¤ d’Ames vivantes, et plus pre¤ cise¤ ment a' la merveille de la construction collective, parfaitement ajuste¤ e. Les Ames vivantes, ou' qu’elles demeurent, ou' qu’elles soient disse¤ mine¤ es sur terre, coope' rent toutes ensemble a' la construction de la citadelle du Temple, sans que l’une de¤ molisse ce que l’autre a construit. La sagesse et la force qui se de¤gagent d’une 280

Ame vivante s’ajustent toujours, adhe' rent toujours harmonieusement a' la force et a' la sagesse des autres Ames vivantes, me“me si elles ne se connaissent pas. Dans ce monde, et dans la sphe' re re¤flectrice, ce que l’un construit est de¤truit par l’autre. C ’est vrai pour l’ individu, c’est vrai pour les peuples. Quand un peuple adopte une loi, un autre en adopte une contraire. Un re¤gime soutenu par un parti arrive aujourd’ hui au pouvoir et donne une certaine forme a' l’ Etat. Mais, to“t ou tard, viendra un autre groupe qui changera tout radicalement. Un philosophe de¤veloppe une ide¤ e pre¤ cise, survient un autre avec des conceptions oppose¤ es. Les deux syste' mes, loin de se comple¤ ter, tendent a' s’e¤ liminer. C ’est toujours ainsi dans la nature de la mort. Il en va tout autrement dans le domaine des Ames vivantes. Si nous sommes des Ames vivantes, nous travaillons continuellement en harmonie a' la construction de la puissante demeure des Ames vivantes, la citadelle du Temple. C ’est pourquoi, toutes les fois que l’on de¤ couvre un e¤ le¤ment de sagesse gnostique, il s’ajuste aux autres e¤ le¤ ments de cette sagesse. Et l’unique ve¤ rite¤ confirme toujours la ve¤rite¤ de ces e¤ le¤ments. Les ide¤ es peuvent montrer des variations et concerner certains aspects particuliers, elles n’en sont pas moins en parfaite harmonie les unes avec les autres. Les Ames vivantes ne parlent qu’un seul langage. Et quelles qu’en soient les nuances, il a toujours une unite¤ fondamentale, parce qu’en fin de compte il n’existe qu’une seule Sagesse, qu’une seuleVe¤rite¤ fondamentale. Ainsi, ine¤ luctablement, tous les serviteurs de l’Esprit construisent ensemble le grand Temple de l’Eternite¤ . Depuis l’origine des sie'cles jusqu’a' l’heure pre¤ sente, ils entretiennent la citadelle du Temple dans toute sa beaute¤ . Tous ceux qui, ve¤ ritablement, vivent de l’Esprit et appartiennent a' l’Esprit, apportent ainsi, de jour en jour, d’anne¤ e en anne¤e, d’a“ ge en a“ ge, leur contribution au grand livre de la sainte re¤alite¤ , ou' l’on peut tout lire et tout contempler, absolument tout. 281

Qui veut lire ce livre, qui veut examiner ce livre, doit s’ennoblir et entrer dans la communaute¤ des Ames vivantes. Il pe¤ ne¤ trera alors dans la citadelle du Temple et deviendra, lui-me“ me, oui, une pierre vivante de ce Temple ?

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Entre-temps on nous montra les belles fontaines, les mines et toutes sortes d ’ateliers pleins d ’oeuvres d ’art, dont chacune de¤ passait toutes les no“ tres re¤ unies. Ces salles e¤ taient dispose¤ es en demi-cercle, afin de donner sur la pre¤ cieuse horloge, qui de¤ corait le milieu d ’une tour magnifique, et de pouvoir s ’orienter sur le cours des plane' tes qui s ’y trouvaient merveilleusement repre¤ sente¤ es. La' je compris de nouveau sans peine ce qui manque a' nos artistes, quoique ce ne soit pas ma ta“ che de les en informer. A la fin, j ’arrivai dans une salle spacieuse qu ’on avait de¤ ja' montre¤ e depuis longtemps aux autres. Au milieu se trouvait un globe d ’un diame' tre de trente pieds. Pre' s de la moitie¤ , sauf une petite partierecouverte de marches, e¤ tait enfouie dans le sol. Deux hommes faisaient facilement pivoter ce globe sur ses gonds, de sorte qu ’on ne voyait jamais plus que la partie situe¤ e au-dessus de l’horizon. Si je compris imme¤ diatement que ce globe avait une utilite¤ particulie' re, je ne parvenais pas a' de¤ couvrir a' quoi servaient les cercles dore¤ s place¤ s en divers endroits.

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Mon page se mit a' rire et me conseilla de les examiner attentivement. Je finis par de¤ couvrir que de l’or marquait e¤ galement ma patrie. Mon compagnon chercha alors la sienne et fit la me“ me de¤ couverte. Il en e¤ tait de me“ me pour la patrie de tous ceux qui e¤ taient reste¤ s la' . Alors le page nous informa que, la veille, le vieil Atlas (ainsi s ’appelait l’astronome) avait montre¤ a' Sa Majeste¤ Royale que tous les points d ’or correspondaient parfaitement a' la patrie de chacun. C ’est pourquoi, voyant que je me sous-estimais, alors qu ’il y avait un point a' l’emplacement de ma patrie, il avait persuade¤ un des capitaines de demander que nous fussions aussi place¤ s sur la balance, sans dommage pour nous quel que fu“t le re¤ sultat, puisque la patrie de l’un d ’entre nous montrait un signe particulie' rement favorable. Et ce n’e¤ tait pas sans raison que le page ayant le plus de pouvoirs m’avait e¤ te¤ attribue¤ . Je montrai une grande reconnaissance et regardai d ’autant plus attentivement ma patrie, de¤ couvrant qu ’a' co“ te¤ des cercles il y avait quelques beaux trace¤ s, ce que toutefois je ne dis pas pour me louer ou me vanter. Sur ce globe, je vis encore beaucoup d ’autres choses que je ne veux pas rendre publiques. Chacun doit comprendre de lui-me“ me pourquoi chaque ville n’a pas un philosophe.

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Ensuite le page nous fit entrer dans le globe. Il e¤ tait ainsi fait qu ’a' l’endroit dela mer, la' ou' il y avait le plus d ’espace, se trouvait une plaque sur laquelle e¤ taient marque¤ s trois de¤ dicaces et le nom du constructeur. On pouvait la soulever avec pre¤ caution et acce¤ der, par une passerelle, au centre ou' il y avait de la place pour quatre personnes. Ce n’e¤ tait gue' re plus qu ’une planche ronde ou' s ’asseoir et d ’ou' observer les e¤ toiles, me“ me en plein jour (il faisait de¤ ja' nuit a' ce moment). Elles me parurent autant de pures escarboucles, rayonnant avec une telle splendeur, dans une ordonnance et sur une trajectoire si parfaites que je ne voulais plus m’en aller.

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L’Horloge et le Globe

Tout au long de ce chapitre, nous voyons comment le champ astral de la Fraternite¤ est pre¤ pare¤ et organise¤ dans les moindres de¤ tails. Christian Rose-Croix relate qu’au cours de sa visite, on lui montre les belles fontaines du cha“ teau, des mines, et des ateliers remplis d’oeuvres d’art. Pour comprendre ce que repre¤sentent ces fontaines, on doit savoir que, pour qu’un foyer astral s’enflamme dans un champ astral, certaines substances astrales sont ne¤ cessaires comme combustibles. De nouvelles substances doivent donc affluer sans cesse de la nature fondamentale environnante pour entretenir ce feu, pour conserver ce foyer. De telles sources, de telles fontaines doivent donc couler en permanence pour maintenir l’activite¤ . Si ce n’e¤ tait pas le cas, si elles n’e¤ taient pas fore¤es, le foyer astral se mettrait vite en sommeil. Dans les mines, nous le savons, sont extraits des mate¤ riaux utiles et pre¤ cieux. Dans les ateliers consacre¤s a' l’Art, a' l’Art royal, sont e¤ labore¤es certaines pre¤ parations. Vous comprenez peut-e“ tre maintenant l’ intention de ce texte. Dans le champ astral, dans le corps astral de la Fraternite¤ , il y a une source de force perpe¤ tuelle et un afflux continu de divers mate¤ riaux particuliers. Par ce moyen, les radiations et forces e¤ manant de ce foyer sont diffuse¤ es sans interruption, et l’oeuvre que doit accomplir la Fraternite¤ est ainsi e¤ difie¤ e et re¤alise¤ e. Afin d’assurer ce mouvement e¤ternel, tout l’espace, tous les 286

lieux de travail sont oriente¤s vers un point central, de¤ fini dans Les Noces Alchimiques comme une horloge pre¤ cieuse situe¤ e au centre de la tour. Cette horloge est relie¤ e au foyer central de l’ Esprit universel, et c’est cet Esprit qui maintient la tour et son horloge. Donc, quand un travail de¤termine¤ commence et reste constamment oriente¤ sur l’ Esprit et sur le grand but, les fontaines, les sources et les tre¤ sors des mines ne s’e¤puisent jamais ; et l’ horloge reste perpe¤ tuellement en mouvement. Une source, une mine fore¤ e de cette manie' re continue a' produire aussi longtemps que cela est ne¤ cessaire. Le texte nous de¤ voile ensuite le grand but pour lequel ce foyer fut effectivement vivifie¤ et la citadelle du Temple e¤tablie. Le globe qui ne cesse de tourner donne la re¤ponse aux e¤ ventuelles questions. Le globe est, ici, la projection du monde des hommes vivant dans les te¤ne'bres. La nature dialectique entie' re de l’ humanite¤ de¤ chue se projette, tel un globe, dans le champ astral de la Fraternite¤ . Comme la Fraternite¤ examine continuellement ce globe, elle conna|“ t a' chaque instant les endroit les plus menace¤ s de cette valle¤ e de larmes. Il y est indique¤ en quels lieux du monde le grand oeuvre doit e“ tre commence¤ et poursuivi. Tous ceux, sans exception, qui entrent dans leTemple de l’ Initiation, peuvent trouver toutes les indications concernant la ta“ che qui leur incombe, a' condition qu’ ils se pre¤ parent inte¤rieurement et s’orientent sur le globe. A maintes reprises, nous avons eu l’occasion de vous dire que la substance astrale est une substance de feu, une substance forme¤e d’atomes incandescents. Notre corps astral est donc un corps puissamment lumineux. Il nous environne et nous pe¤ne' tre de toutes parts, e¤ tant lui-me“ me environne¤ d’un champ magne¤tique septuple, ou' se trouve la lipika : le microcosme. En examinant la lipika, de l’ inte¤ rieur, nous voyons, aussi bien dans l’ homme que dans le corps vivant d’un groupe ou dans un cosmos, un re¤ seau de points magne¤tiques qui tournent 287

sur leur orbite, semblables a' de purs joyaux. C.R.C. te¤moigne du de¤veloppement de sa conscience inte¤rieure quand il raconte que son page le fait entrer dans le globe afin de contempler ce spectacle. Nous sommes frappe¤ s ici du fait que, pour l’Ame vivante qui suit le chemin de l’auto-initiation, la vie collective et la vie individuelle ne font absolument qu’un. En effet, apre' s s’e“tre oriente¤ , dans le champ astral de la Fraternite¤, sur le grand oeuvre et sur sa propre ta“ che a' accomplir, C.R.C. de¤ couvre, pour la premie' re fois au cours de son e¤ volution, son propre ciel microcosmique et la splendeur rayonnante des lumie'res nouvelles qui s’y sont allume¤es : les plane' tes magne¤ tiques microcosmiques en rotation, qui attirent des forces de l’exte¤ rieur pour les transmettre a' l’ inte¤ rieur, et qui e¤ tablissent un e¤ change incessant avec les divers plans et e¤ le¤ ments du champ astral environnant. Cette ouverture de la conscience a' la nouvelle re¤ alite¤ inte¤ rieure qu’a fait na|“ tre l’apprentissage a eu lieu parce que Christian Rose-Croix se trouvait ve¤ ritablement ßsur le tapis, sur le vrai Carre¤ de construction, soutenu par ßles trois de¤ dicaces inscrites sur le globe et le nom de son constructeur. Que veut dire ici Christian Rose-Croix ! Les trois de¤dicaces concernent la revivification, dans la force de la Gnose recre¤atrice et purificatrice, du triangle supe¤rieur de la pine¤ale, de l’ hypophyse et de la thyro|« de, revivification permettant la descente effective de l’ Esprit, le po“le positif de la monade, et la louange et glorification de son nom par la cre¤ature. La construction perse¤ ve¤rante du Carre¤ qui, dans le corps physique, s’appuie sur le sternum, la rate et les deux capsules surre¤ nales, provoque, le moment venu, l’ouverture du bulbe rachidien, comme porte d’acce' s du sanctuaire de la te“ te, ce qui a pour conse¤ quence logique la coope¤ ration harmonieuse de ces quatres centres de force infe¤ rieurs avec les trois centres supe¤ rieurs : ainsi est assure¤e la naissance effective de la nouvelle conscience. Il s’agit donc, pour chaque candidat devant le Temple de l’Ini288

tiation, de remettre de l’ordre et de re¤gler de la juste manie' re le syste' me magne¤ tique microcosmique. Tel doit e“ tre le but supre“ me du comportement pratique de l’e¤ le' ve. Car c’est la lipika, le syste' me magne¤ tique, qui entra|“ ne le feu astral du corps astral dans un mouvement de¤ termine¤ , avec toutes les conse¤ quences qui s’ensuivent sur tous les ve¤ hicules de la personnalite¤ et dans toute notre vie. La substance astrale ainsi mise en mouvement, par exemple, va affluer dans le foie et porter au sang, dans certaines conditions, des forces qui vont nous faire vivre et agir ? Nous vivons donc souvent contraints et force¤ s, puisque notre existence est conforme au feu astral qui pe¤ne'tre notre foie ? Cette force relie e¤galement tous les centres nerveux entre eux. On peut me“me dire que tout l’e¤ther nerveux provient directement du feu astral, du corps astral. Le syste' me nerveux, en particulier le fluide nerveux, est cause de beaucoup de difficulte¤s, aussi bien dans notre corps que dans notre vie. Par exemple, c’est lui qui fait na|“ tre les pernicieux sentiments de sympathie et d’antipathie. Le fluide nerveux astral de¤ termine e¤galement l’e¤ tat et la qualite¤ de la se¤ cre¤ tion interne. Tous les organes a' se¤ cre¤ tion interne bru“lent et fonctionnent exclusivement par le feu astral. C ’est lui qui de¤ termine e¤ galement tous nos mouvements e¤ motionnels. Bref, notre nature, notre caracte' re, notre comportement comme la qualite¤ de notre volonte¤ de¤ coulent de l’e¤ tat du corps astral. C ’est le corps astral par conse¤ quent qui gouverne toute notre vie. Notre comportement doit donc viser au changement profond de notre corps astral.Voila' la clef. Si nous ne re¤ussissons pas, tous nos efforts sont vains. Comment donc nous comporter ! Que faire dans ce domaine ! Il y a diverses sortes de re¤formes a' faire dans notre vie. La plus importante est, et doit e“ tre, la reddition de soi. Si vous accomplissiez se¤ rieusement toutes les re¤ formes, en oubliant la reddition de vousme“ me, l’abandon de votre moi, tous vos efforts seraient vains. Par 289

ou' commence donc la reddition de soi, la crucifixion de la volonte¤ personnelle ! Par le moi, par la conscience propre au corps physique; par ce qui re¤sulte de tout ce qui bouillonne et s’agite dans notre corps astral; par tout ce que produit l’anarchie astrale qui envahit notre vie. C’est par le ßmoi que tout doit commencer. Le moi, a' la suite d’un long chemin d’expe¤ riences, de¤couvre que quelque chose ne va pas dans cette vie; que tout y va de travers ; que l’on n’y fait que rencontrer difficulte¤ s, souffrances et de¤ sordre; cela jusqu’au jour ou' l’on comprend la parole: ßCelui qui perdra sa vie pour moi, gagnera le Royaume, gagnera la nouvelle Vie. Mais celui qui ne voudra pas perdre la vie de son moi, celui qui ne voudra pas donner son moi a' l’Ame vivante, n’acquerra pas la vie immortelle de l’a“ me ? Quand on a vraiment compris cela, quand on a compris la ne¤cessite¤ de cet avertissement, s’ouvre le chemin de la reddition du moi, de l’offrande de soi, mystique, gnostique et pratique, a' l’Ame ve¤ ritable, a' la Rose du coeur. Cette rose, que l’on sait situe¤ e dans le coeur, au sommet du ventricule droit, est non seulement le centre ge¤ ome¤trique de notre microcosme mais aussi le coeur de notre corps astral. Cette rose doit fleurir ; son e¤panouissement, sa floraison signifie la renaissance de l’Ame. Car c’est au coeur de la Rose, au coeur de notre syste'me astral, qu’est enfouie l’ image mentale originelle du Pe're, du Logos, du principe originel de notre existence, l’ ide¤ e e¤ ternelle que Dieu se fait de nous, sa cre¤ ature. C ’est pourquoi, sans aucune re¤ ticence, l’ homme gnostique voue concre' tement a' la Rose sa conscience, son moi, son chaos astral. Quand la Rose, ce principe originel, est e¤veille¤e, quand de nouveau il en e¤mane une force, alors surgit un nouveau courant astral pur, qui remplit tout l’e“ tre. Et pour la premie' re fois de notre vie, nous voyons enfin l’aube poindre, l’aurore para|“ tre. De' s que la reddition du moi, avec tout ce que cela comporte, approche de son accomplissement, que la rencontre de Je¤sus le Seigneur avec Jean-Baptiste est re¤ellement ce¤le¤ bre¤ e sur les bords 290

du Jourdain, l’Ame s’e¤ panouit, la Rose de l’Ame se met a' vivre et aussito“t l’ Esprit descend sur elle comme une colombe. Et l’on entend alors la parole e¤ vange¤ lique : ßCelui-ci est Mon Fils bien-aime¤ , en qui j’ai mis toute mon affection.

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Par la suite, le page rapporta ceci a' laJeune Fille, qui me taquina plusieurs fois sur le sujet; en effet, c ’e¤ tait de¤ ja' l’heure du repas et j ’avais regarde¤ si longtemps tout autour de moi dans le globe que j ’arrivai a' table presque le dernier. Je ne m’attardai donc pas plus et, ayant remis mon manteau que j ’avais enleve¤ auparavant, je m’avanc ai vers la table; alors les serviteurs me rendirent tant d ’honneurs que, de confusion, je n’osais lever les yeux. C ’est la raison pour laquelle, sans m’en rendre compte, je ne vis pas la Jeune Fille qui attendait a' mes co“ te¤ s. Elle le remarqua aussito“ t, me saisit par mon manteau et me conduisit a' table. Il me semble inutile d ’en dire plus sur la musique et les autres de¤ lices, non seulement je ne parviendrais pas a' les de¤ crire mais je les ai de¤ ja' vante¤ es, dans la mesure de mon pouvoir. Bref, tout n’e¤ tait qu ’art et agre¤ ment.

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Ne¤ cessite¤ de la purification astrale

Dans le lointain passe¤ , il y eut un temps ou' les grands guides spirituels de l’ humanite¤ , unis dans la Fraternite¤ universelle, mirent tout en oeuvre pour aider l’ homme dialectique a' parfaire son corps mate¤ riel. Il faut bien commencer par expe¤rimenter et subir le champ de vie dialectique dans sa totalite¤, commencer par de¤ couvrir les limites de notre ordre de secours dans toute leur e¤ tendue, puisque nous buvons a' la coupe de la vie avec un organisme parfaitement accorde¤ a' cet ordre de secours. Car nous sommes bien en possession d’un corps mate¤ riel ? En tant qu’ individus, en tant qu’ hommes vivant en socie¤te¤ , nous ne cessons avec beaucoup d’autres d’e¤ prouver et d’expe¤ rimenter la vie, dans le mesure ou' c’est possible et ne¤ cessaire dans ce champ d’existence. Et comme actuellement nous avons a' peu pre' s comple'tement vide¤ cette coupe, trois possibilite¤s de re¤ action apparaissent : ^ ou bien une re¤ action psychique inspirant le de¤sir de changer, d’ame¤ liorer, de perfectionner la vie mate¤rielle ; ^ ou bien une re¤ action psychique poussant a' prendre conge¤ de la vie mate¤rielle pour s’e¤lever dans un autre e¤ tat de vie ; ^ ou bien la combinaison remarquable et souvent complexe de ces deux re¤flexes psychiques, avec, pour conse¤ quence, des aspirations naturelles tre' s puissantes en me“ me temps qu’un immense de¤ sir de de¤ livrance ; beaucoup parmi nous connaissent bien ces deux e¤tats d’e“ tre.

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Trois groupes d’ hommes plus ou moins remplis d’aspiration se distinguent donc tre' s clairement dans notre champ de vie. Le premier groupe est entie' rement dirige¤ par des aspirations mate¤ rielles et humaines sur la ligne horizontale. Il se propose de contribuer au progre' s du monde et de l’humanite¤ , sur les plans culturel, social et humanitaire, ide¤ al qu’on ne peut ni ne doit, certes, bla“mer. Car, bien qu’en fait un tel progre's, au sens gnostique, soit impossible, la purification et la de¤ couverte de soi, qui vont de pair avec de hautes aspirations terrestres, sont toujours importantes et ne¤cessaires. D’un point de vue tout re¤ aliste, il est su“r que nombre d’aspects du champ de vie mate¤ riel sont susceptibles d’ame¤ lioration.Ytendre est donc utile, important et ne¤ cessaire Le deuxie' me groupe comprend des hommes qui, ayant dit adieu au monde, le quittent comple' tement. Conse¤ quemment, ils tirent une ligne de de¤ marcation stricte entre les deux champs d’existence : celui de ce monde et celui du monde de l’ Esprit, estimant impossible tout compromis, toute fusion entre les deux. De temps en temps, ce deuxie'me groupe fait une tre' s puissante apparition dans l’ histoire du monde ; parfois ce sont des gnostiques, parfois des fanatiques, toujours des extre¤ mistes. Pensez, par exemple, a' diffe¤rentes sectes actuelles ou d’un passe¤ re¤cent, a' la vie que l’on me' ne dans les clo|“ tres, et au mouvement des Maniche¤ ens, si re¤ ve¤ lateur de ce point de vue. Le troisie' me groupe, vous le comprenez, suit la voie du juste milieu. Puisque le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde et que la chair et le sang ne sauraient he¤ riter du Royaume, ces hommes comprennent clairement que la vie mate¤rielle n’est pas de¤ pourvue de sens et savent que c’est ici-bas qu’existe la possibilite¤ fondamentale de la grande transformation, de la transfiguration, de la renaissance d’ Eau et d’ Esprit. De la' vient aussi que la Gnose, infailliblement, se manifeste dans la vie mate¤ rielle, fait usage de voies et moyens mate¤riels, et tient a' demeurer parmi les humains 294

Sans vouloir nous attarder plus longtemps sur ces trois re¤actions psychiques, nous posons la question suivante : ßD’ou' viennent les motivations psychologiques qui de¤terminent l’ homme tout entier ! Certes, nous connaissons la re¤ponse : ßDu corps du de¤ sir, du corps astral, du subconscient, de la sphe're des de¤ sirs, de la vie affective, notre psyche¤ . De ces e¤tats d’e“ tre qui de¤pendent de l’ he¤ re¤ dite¤ et des influences karmiques ? Tout cela nous est bien connu. A chaque instant nous nous rendons compte une fois de plus de la manie' re dont agissent nos tendances et nos de¤ sirs. Mais connaissez-vous bien le corps du de¤ sir, le corps astral luime“ me ! Le connaissez-vous aussi bien que votre corps physique ! Nous pouvons affirmer que vous ne savez rien de votre corps astral, que vous n’en connaissez rien, litte¤ ralement et physiquement ; que vous en e“ tes encore aux rudiments quant a' la manie' re de ma|“ triser ce corps, de le conduire et de le diriger. Nous ne voulons pas vous offenser en affirmant cela. Nous vous exposons un e¤ tat de fait de la plus grande importance. Car il faut apprendre a' conna|“ tre et a' ma|“ triser son corps astral comme le corps physique. Il faut me“ me prendre autant de soin de son corps astral que de son corps physique. C ’est pourquoi la Fraternite¤ universelle attire expresse¤ ment notre attention sur le sujet. De' s le matin, nous commenc ons par nous laver et nous habiller. Nous prenons soin de nos cheveux, de nos ongles, de nos dents. Ensuite nous nous restaurons avec nourriture et boisson. Nous savons ce dont notre corps a besoin, nous lui donnons du repos a' heures fixes. Si nous sentons une douleur qui ne se calme pas rapidement, nous prenons des mesures. Que ne fait-on pas sous le rapport des soins corporels et de la culture du corps ! Cela confine parfois a' l’absurdite¤ . Mais quel soin prenez-vous quotidiennement de votre corps astral ! L’ ide¤e me“ me vous en est e¤ trange're. Il ne vous viendrait pas a' l’esprit de souiller de boue ou d’ immondices votre corps, 295

objet de tant de soins. Cela arrive au petit chien, qui y prend parfois plaisir. Comment cela se fait-il ! Parce que le petit animal n’est pas toujours entie' rement conscient de son corps ; que sa conscience n’y demeure que partiellement. Mais savezvous qu’en ce qui concerne notre corps astral nous agissons comme le petit chien ! Quand votre chien rentre crotte¤ , vous le remarquez aussito“t et vous lui donnez un bain. Mais lorsque vous entrez quelque part, le corps astral couvert de boue, personne ne le remarque, et me“me pas vous ? Si... mais apre' s, souvent quand c’est trop tard. Voila' qui est dangereux. Vous e“tes en train de vous faire les ongles, pour para|“ tre net et convenable, et au me“ me instant une charrete¤e d’ordures se de¤verse peut-e“ tre sur votre corps astral. Vous le remarquez souvent apre' s ? Cela donne a' re¤ fle¤ chir, car la souillure astrale corrompt les quatre corps de la personnalite¤ . Le corps physique comme le corps e¤ the¤ rique et le corps mental participent aux mise' res du corps astral. Quand vos enfants reviennent sales du terrain de jeu et que vous les re¤primandez, vousme“ me n’avez peut-e“ tre pas un air beaucoup plus appe¤tissant, a' ce moment pre¤cis, vu de l’astral Sentez-vous le grave proble' me que pose votre ignorance en la matie' re ! C ’est la' le proble' me de l’ humanite¤ entie' re ? Voila' pourquoi on parle tant, actuellement, de psychisme, d’aide psychologique et de psychiatres. Et pourquoi on veut passer des tests et examens psychologiques. Il se peut que le mot ßpsyche¤  ne vous dise me“me rien. Or ce mot de¤ signe tout ce qui se cache derrie're le visible, tout ce qui se trouve en dessous du plan de la conscience. Ici appara|“ t un nouveau danger, car il a germe¤ dans la cervelle d’une foule de spe¤ culateurs et de criminels un grand nombre de me¤ thodes, dites psychologiques, qui se¤vissent de nos jours parmi les hommes sous le masque de la science. Disons-le, tout ce que vous craignez dans votre vie, tous vos ennuis, toutes vos mise' res et vos indicibles tensions, tout ce que 296

vous faites et ne faites pas, ont pour cause le manque de connaissance et de contro“le de votre corps astral. Supposez que quelqu’un commette un acte fou et insense¤ , provoque de grosses difficulte¤s et, par suite, soit conduit chez un psychiatre. Ce dernier essayera de de¤terminer les motivations initiales de cet acte de de¤ mence. De' s qu’ il en aura connaissance, il tentera de transmettre a' la psyche¤ des motivations diffe¤rentes, inverses, et d’effacer les conse¤ quences de l’acte de¤ mentiel au moyen de ßchocs, dans le cas ou' c’est possible. S’ il n’y parvient pas, le malade peut causer beaucoup de tort aux autres par sa conduite, briser le coeur de ses amis et se se¤ parer de ses fre' res humains . C ’est la raison pour laquelle une Ecole Spirituelle gnostique applique une psychothe¤ rapie tout a' fait diffe¤ rente de ce que l’on a l’ habitude de de¤signer par ce terme. Cet ouvrage a e¤ te¤ e¤ crit pour vous e¤ clairer sur toutes ces choses et vous y relier, gra“ce au message que nous transmettent Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix. La ta“ che de l’ Ecole Spirituelle est de vous aider a' acque¤ rir le contro“le, au sens libe¤rateur, de votre propre corps astral et, en conse¤ quence, de vous offrir un pur bonheur, le bonheur inexprimable d’une ve¤ritable gue¤ rison de tout ce qui entra|“ ne souffrance, maladie et mort. Les Noces Alchimiques de Christian RoseCroix tracent le chemin complet qui me' ne a' ce bonheur inalte¤ rable. C ’est le chemin de la de¤ livrance, par la mise en pratique de l’ imitation de Je¤ sus-Christ.

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Nous e¤ tant mutuellement raconte¤ les expe¤ riences de l’apre' s-midi ^ sans souffler mot de la bibliothe' que et des monuments ^ et le vin nous ayant un peu e¤ gaye¤ s, laJeune Fille nous dit: ßNobles Seigneurs, j ’ai une grande discussion avec l’une de mes soeurs. Nous avons chez nous un aigle et nous le soignons avec tant de ze' le que chacune de nous veut e“ tre sa pre¤ fe¤ re¤ e, ce qui cause maintes discussions. Un jour, nous de¤ cida“ mes d ’aller le voir ensemble: il appartiendrait a' celle envers laquelle il se montrerait le plus amical. Ainsi fut fait. Je tenais comme d ’habitude une branche de laurier a' la main. Cependant ma soeur n’en avait pas. De' s qu ’il nous eut toutes deux aperc ues, il offrit a' ma soeur la branche qu ’il tenait dans son bec et re¤ clama la mienne, que je lui donnai. Alors chacune d ’entre nous pensa e“ tre sa pre¤ fe¤ re¤ e. Que dois-je faire maintenant ! La re¤ serve avec laquelle la Jeune Fille posa cette question nous plut hautement a' tous. Et tous nous eussions bien voulu savoir la solution. Cependant, comme beaucoup se tournaient vers moi, souhaitant que je commence, mon esprit se troubla au point que je ne sus rien faire d ’autre que re¤ pondre a' cette question par une autre. Je dis donc: ßNoble Demoiselle, il serait aise¤ de re¤ pondre si je n’avais un souci. Deux amis m’aimaient fort. Comme ils se demandaient lequel je pre¤ fe¤ rais, ils de¤ cide' rent d ’accourir tous deux vers moi a' l’improviste. Celui a' qui j ’ouvrirais les bras me serait le plus cher. C ’est ce qu ’ils firent. Mais l’un ne put suivre l’autre et resta en arrie' re en se lamentant. Je rec us l’autre avec e¤ tonnement. Ils m’explique' rent leur conduite et, n’arrivant pas a' prendre une de¤ cision, je la laissai en suspens dans l’espoir de trouver un bon conseil. 298

LaJeune Fille s ’e¤ tonna de cette histoire et comprit mon intention. Elle re¤ pondit donc: ßEh bien, tenons-nous pour quittes et demandons aux autres la solution.

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Les dix anecdotes

Nous avons bien de¤montre¤ , du moins le pensons-nous, la ne¤cessite¤ d’apprendre a' conna|“ tre et a' ma|“ triser son propre corps astral. Pour mener a' bout une ta“ che aussi conside¤rable et aussi importante, des qualite¤ s d’a“ me et un apprentissage sont ne¤ cessaires comme premie're exigence : de nouvelles qualite¤ s d’a“me, de¤ veloppe¤ es par la Rose du coeur et influenc ant le sang et le fluide nerveux ; et un apprentissage extre“ mement se¤ rieux, se de¤montrant par des actes. Les nouvelles qualite¤ s d’a“me se manifestent e¤ galement par une hygie' ne mentale, une vie mentale nouvelle et purifie¤ e. Par l’ interme¤ diaire des pense¤ es, nous avons acce' s a' notre corps astral et nous le mettons en action. Chaque pense¤ e de¤ clenche imme¤ diatement une activite¤ astrale, en accord complet avec la nature, la qualite¤ , le contenu et la force de la pense¤ e. La nature de notre mental est de la plus haute importance pour la qualite¤ et la conservation de notre personnalite¤ entie're. Mais ce qui est le plus important apre' s l’ hygie' ne mentale, c’est l’organisation psychique et physique du corps astral. Il faut que l’e¤ le' ve sache ce qu’ il peut faire et ce qu’ il doit faire en la matie're. Car c’est par le corps astral que sont e¤ mis les e¤ thers contribuant a' l’e¤ dification et au maintien du corps physique. Les nouvelles qualite¤s d’a“ me, en tant que force et parfum de la Rose, rendent le corps physique re¤ ceptif aux impressions et influences astrales d’une espe'ce plus e¤leve¤ e, transcendant la nature. Cet e¤tat d’e“ tre prote' ge aussi contre les influences infe¤ 300

rieures. En effet, plus les vibrations du corps astral sont subtiles, plus leur fre¤ quence est e¤ leve¤e, plus les influences infe¤ rieures ont de difficulte¤ a' pe¤ ne¤ trer l’e¤le' ve. En outre, l’apprentissage se¤ rieux assure au candidat une liaison harmonieuse avec la partie astrale du Corps Vivant de l’ Ecole Spirituelle. Et les agressions auxquelles, par sa faiblesse, le candidat re¤ siste difficilement, sont aise¤ ment surmonte¤ es dans la force du Corps Vivant. Le point important, donc, est que celui qui tend vers un renouvellement de la vie, au sens des Noces Alchimiques, doit adopter un comportement du corps astral conscient et pur, tout en veillant a' la bonne orientation du corps physique. Si ce comportement astral pratique fait de¤ faut, ou n’est re¤alise¤ que partiellement, il n’y a pas ce¤le¤bration des noces alchimiques. L’e¤ le' ve stagne en un point de¤ termine¤ du chemin sans avancer d’un millime' tre. Il rencontre les me“ mes difficulte¤ s que la Pistis Sophia, qui s’efforce de remettre son apprentissage en bonne voie mais est sans cesse terrasse¤ e par les forces des e¤ ons, c’est-a' -dire par les nombreuses et diverses influences contraires qui ope'rent dans le corps astral et dont la victime est la quadruple personnalite¤ tout entie' re. Les noces alchimiques, auxquelles aspire le candidat, impliquent l’e¤ tablissement d’une liaison de nature triple. L’Ame rene¤e, la personnalite¤ quadruple et l’ Esprit doivent parvenir a' l’unite¤ parfaite dans le champ microcosmique. Revenons a' pre¤ sent au Troisie'me Jour des Noces Alchimiques. Nous rappelons au lecteur que nous avons de¤ ja' mentionne¤ et explique¤ des e¤ le¤ ments tre's importants de la pre¤ paration ne¤ cessaire a' l’union de l’ Esprit, de l’Ame et du corps. Dans la phase des Noces Alchimiques ou' nous en sommes, le candidat a de¤ja' donne¤ la preuve : 1. que la naissance de l’a“ me a eu lieu en lui ; 2. qu’ il a acquis assez de re¤ ceptivite¤ pour comprendre l’appel a' laVie nouvelle e¤ manant de la Gnose universelle, et y re¤ agir positivement ; 3. qu’en conse¤ quence, il est pre“t a' faire des sacrifices pour 301

l’amour du chemin de la de¤livrance ; 4. qu’en pratique il veut aller a' la de¤ couverte du Temple de l’ Initiation ; et 5. qu’ il a surmonte¤ l’e¤ preuve des sept poids. C ’est alors qu’a lieu, leTroisie'me Jour, l’entre¤ e dans leTemple de l’ Initiation et que s’acquiert la connaissance parfaite de sa structure et de sa finalite¤ , comme nous l’avons montre¤ . L’e¤ tat astral particulier du candidat, du travailleur, est en interaction avec le foyer astral de la Fraternite¤ , nomme¤ le ßGlobe dans Les Noces Alchimiques, et re¤agit toujours avec pre¤ cision a' l’e¤tat re¤ el de la terre ; or c’est cet e¤ tat astral qui assigne exactement au candidat sa place dans le travail. Dans les grands chantiers d’activite¤ astrale de la Fraternite¤, les travailleurs qui en sont devenus dignes peuvent, nous l’avons dit, e¤ tudier tre' s minutieusement le travail dans son ensemble et la ta“ che particulie' re qui leur est confie¤e. Pour cette e¤ tude, et en raison des orientations de chacun sur le chemin, tous prennent place re¤gulie'rement au symbolique repas sacre¤ . L’ensemble des proble' mes qui surgissent y sont conside¤re¤ s et discute¤ s. Dans Les Noces Alchimiques, c’est au cours d’un tel repas que dix lec ons sont donne¤es au candidat convie¤ a' participer au Troisie'me Jour comme Christian Rose-Croix. Elles se pre¤ sentent sous forme de courtes anecdotes ou e¤ nigmes qui semblent meubler la conversation. Il y a, par exemple, l’ histoire des deux soeurs et de l’aigle, et la question de savoir laquelle des deux est la plus aime¤ e de l’oiseau. L’une des soeurs porte une branche de laurier a' la main, la deuxie' me n’en a pas. Or voila' que l’aigle donne la branche de laurier qu’ il tient dans son bec a' la deuxie'me, puis montre le de¤ sir de recevoir, et recoit, le rameau de la premie're, apre' s quoi chacune des soeurs croit e“ tre la mieux aime¤ e. Pour pouvoir comprendre ce proble'me, il faut se rappeler ce que nous avons de¤ ja' dit de l’aigle. L’Aigle est le symbole du nouvel e¤ tat de vie, dont l’Ame est le fondement absolu ; il est 302

aussi le symbole de l’atmosphe' re de vie indispensable a' l’Ame, a' l’Ame-Esprit, celle ou' elle peut s’e¤ lever jusque dans les hauteurs les plus sublimes. Les deux soeurs du re¤ cit se tournent entie' rement vers l’Aigle, vers l’Ame-Esprit. L’une et l’autre aiment de tout leur coeur le nouvel e¤ tat de vie. Mais surgit la question courante, le proble'me psychologique auquel se heurtent un jour tous les e¤ le'ves : ßAi-je pour l’Ame un amour suffisant ! L’offrande que je fais de moi-me“me a' l’Ame est-elle totale ! La nouvelle force de l’Ame peut-elle agir et prendre forme en moi ! Suis-je en bonne voie ! Quel comportement, au point ou' j’en suis, est le meilleur et le plus efficace ! Voyons ce qui se passe maintenant d’apre's le re¤ cit. La branche de laurier est le symbole de l’espe¤ rance, l’espe¤ rance inte¤rieure inde¤ fectible, le symbole de la vie continuellement oriente¤ e, de la force et de la gue¤ rison. Les Fraternite¤ s de l’ancienne Gnose ve¤ ne¤ raient aussi beaucoup le laurier et en utilisaient fre¤quemment les rameaux dans leurs Temples au cours des Services. On peut encore en trouver de nos jours a' l’entre¤e de l’ancienne grotte de l’ initiation, la grotte de Bethle¤em a' Ussat.* Pour en revenir au re¤ cit : l’Aigle, puissant symbole de la liaison re¤tablie entre l’Ame et l’ Esprit, rec oit une branche de laurier de l’une des deux soeurs : les plus ardents de¤ sirs de celleci vont a' l’Ame vivante, a' l’Ame-Esprit, a' l’Aigle. Et l’Aigle accepte son amour. Mais en me“me temps, il fait don du rameau de l’espe¤ rance a' celle qui n’en avait pas encore. L’ intention est de mettre celui qui e¤ tudie Les Noces Alchimiques et celui qui approche de la fe“ te des noces devant le fait constant que l’Amour divin, qui doit devenir une re¤ alite¤ dans l’ Homme ve¤ ritable, est * A Ussat-Ornolac (Arie' ge) se trouvent encore les restes du plan du Temple d’ initiation des Cathares, Bethle¤ em. L’e¤ le' ve qui, apre' s un an de pre¤ paration sur la Montagne sacre¤ e, ce¤ le¤ brait son initiation dans Bethle¤ em acce¤ dait a' l’e¤ tat d’a“ me nouvelle, l’e¤ tat des purs, des parfaits et, franchissant la Porte mystique, revenait dans le monde pour se consacrer a' l’ humanite¤ souffrante au service du Christ.

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offert a' toute cre¤ ature ; qu’ il rayonne sur les bons et les me¤ chants, sans aucune distinction. L’Amour divin est, sur tout et sur tous. Il est indivisible. Il n’y a pas pour lui de plus ou de moins. Donc l’ homme re¤ ellement rene¤ selon l’Ame peut vivre de cette loi merveilleuse. De me“ me le rayonnement d’Amour de l’Ame s’adresse a' tous, en parfaite e¤ galite¤ . Il ne saurait faire autrement. Avec une espe¤ rance inde¤fectible, il vient vers tous ceux qui ont besoin d’assistance ; vers ceux qui cherchent ; vers ceux qui sont e¤gare¤s et blesse¤ s ; et aussi vers ceux qui s’opposent encore totalement a' son exigence re¤ge¤ ne¤ratrice. L’Ame ne met jamais de terme a' son Amour, a' son service d’Amour. Elle perse¤ ve' re dans sa fide¤ lite¤ , de toute e¤ternite¤ . Si l’on me¤ dite ces choses, on ne confond plus l’Amour divin, qui se re¤ pand sur tout et sur tous, avec l’affabilite¤ vertueuse et peu logique de¤ ploye¤ e par certaines personnes dans certains milieux, attitude superficielle, inutile, voire pernicieuse. L’Amour divin, que porte a' tous l’ Homme-Ame ve¤ ritable, en un rayonnement e¤ gal pour tous, aide ou sanctionne, e¤ difie ou brise. Il donne a' chacun ce dont il a besoin, en se comportant de manie' re totalement impersonnelle. Il n’y met aucune intention e¤ gocentrique. Apre' s ces conside¤ rations sur l’Amour divin, nous voudrions vous montrer, a' propos de l’ histoire de l’aigle, que la premie' re condition pour acque¤ rir la ma|“ trise du soi astral est l’uniformite¤ totale des vibrations de votre corps astral. Quand vous e“ tes parvenu a' cet e¤ quilibre absolu, la porte des noces alchimiques s’ouvre toute grande devant vous.Vous en avez la possibilite¤ certaine. Le corps astral en a l’aptitude. Pour bien vous le montrer, nous vous rappelons que le corps astral, ou corps du de¤ sir, posse' de trois pouvoirs : l’attraction, la re¤ pulsion et l’e¤ galite¤ . Ce troisie' me pouvoir, l’e¤galite¤ (a' ne pas confondre avec la neutralite¤ ou l’ indiffe¤ rence) est un rayonnement dynamique, e¤gal, objectif, impersonnel, immuable, adresse¤ dans une uniformite¤ 304

absolue a' toute cre¤ature de Dieu. Lorsque, votre a“ me grandissant, vous parvenez a' cet e¤ tat, il n’y a plus de place en vous pour l’agitation des passions et les violents mouvements e¤ motifs avec toutes leurs conse¤ quences. Vous vous tenez alors, cande¤ labre clair et lumineux, dans le grand Temple de Dieu. Lorsque la se¤ re¤ nite¤ de la lumie're astrale n’est pas encore votre partage, votre e¤motivite¤ astrale reve“ t trois aspects. Vous e“tes en lutte continuelle en vous-me“ me, contre vous-me“ me et contre ce qui est hors de vous-me“ me.Vous recherchez et attirez ce que vous de¤ sirez avec force.Vous repoussez, donc combattez, ce qui vous fait du tort et vous de¤pla|“ t. Vous restez indiffe¤ rent envers tout ce qui ne vous inte¤ resse pas, tout ce que vous n’aimez pas, tout ce a' quoi vous e“tes inte¤ rieurement hostile. Alors votre personnalite¤ entie' re se de¤ sagre' ge dans le tourbillon incessant de vos sensations et des influences recues. Si, fortifie¤ par l’Ame, vous vous e¤ levez jusqu’a' l’e¤galite¤ dont nous venons de parler, jusqu’a' l’e¤ quilibre des vibrations astrales, il va de soi que vous attirerez, donc que vous recevrez, ce qui est bon, mais sans e¤motivite¤ . Et ce qui n’est pas bon ne pourra pas pe¤ ne¤ trer en vous. Vous ne de¤ penserez pas la moindre parcelle d’e¤ nergie pour les choses qui ne le ne¤cessitent pas ou n’en valent pas la peine, quelque lien que vous ayez avec elles. Par l’e¤ quilibre astral, vous te¤ moignerez donc d’un comportement en accord parfait avec le Sermon sur la Montagne.Vous aimerez ceux qui vous ha|« ssent. Vous ne re¤ sisterez pas aux me¤ chants et be¤ nirez ceux qui vous maudissent. Et cela, non pas d’une manie' re personnelle e¤ gocentrique (la personnalite¤ e¤gocentrique est incapable de se comporter selon le Sermon sur la Montagne), mais gra“ce aux qualite¤s et a' la noblesse de l’Ame. La deuxie'me anecdote de Christian Rose-Croix, qui est une re¤ponse a' la premie're, et plusieurs autres parmi les dix, nous paraissent maintenant e¤ videntes. Les questions inextricables de la nature dialectique qui se pre¤sentent sans cesse, telles que les suivantes : qui be¤ ne¤ ficie de plus ou moins de sympathie ! Qui a plus 305

ou moins de droit ! Que faire et ne pas faire ! Tout cela dispara|“ t comple' tement une fois atteint l’e¤ quilibre astral, pour la bonne raison que l’Ame ne rentre jamais dans ce genre de proble¤ matique. Certaines questions demeurent pourtant, comme, par exemple, celle de l’association de deux e“tres humains pour la vie. Examinons si les autres re¤ cits nous e¤clairent sur ce point, et quels conseils ils nous donnent concernant la ma|“ trise totale du corps astral qu’ il faut acque¤ rir.

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Mais je les avais alerte¤ s, le suivant commenc a donc ainsi: ßL’autre jour, dans ma ville, une noble dame fut condamne¤ e a' mort. Le juge, pris de pitie¤ , fit savoir que si quelqu ’un voulait se battre pour elle, on l’y autoriserait. Or elle avait deux soupirants. L’un se pre¤ para sur le champ et courut attendre son adversaire. A ce moment celui-ci apparut. Bien qu ’en retard, il de¤ cida de se battre tout de me“ me et de se laisser vaincre de¤ libe¤ re¤ ment, afin que la dame eu“t la vie sauve, ce qui arriva. Chacun d ’eux crut alors qu ’elle serait a' lui de droit. Dites-moi donc, mes Seigneurs, a' qui appartient-elle ! LaJeune Fille ne put se retenir de dire: ßJ ’espe¤ rais en apprendre davantage, mais me voici prise au pie' ge et j ’aimerais bien savoir si d ’autres connaissent la re¤ ponse. ßNon, certes, re¤ pondit le troisie' me, ßon n’a jamais raconte¤ aventure plus extraordinaire que la mienne. Dans ma jeunesse, j ’aimais une honorable jeune fille et pour arriver a' mes fins, je fis appel a' une vieille comme' re qui me mena pre' s d ’elle. Mais les fre' res de la jeune fille nous surprirent tous les trois. Leur cole' re fut telle qu ’ils voulurent m’o“ ter la vie. Devant mes supplications, ils me firent jurer de prendre pour e¤ pouse chacune des deux femmes pour une dure¤ e d ’un an. Dites-moi, mes Seigneurs, laquelle je devais choisir en premier, la plus jeune ou la plus a“ ge¤ e ! Nous r|“ mes aux e¤ clats de cette devinette et si quelques-uns chuchote' rent, personne ne voulut donner la solution. Le quatrie' me dit alors:

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ßDans ma ville habitait une honorable dame, aime¤ e de beaucoup, en particulier d ’un jeune seigneur. Celui-ci la pressait tant qu ’elle finit par lui promettre de l’accepter s ’il l’emmenait, en plein hiver, dans une belle et verte roseraie; en cas d ’e¤ chec, il devrait ne plus jamais se montrer. Le jeune noble traversa tous les pays pour trouver un homme capable de faire pareille chose. Finalement, il rencontra un petit vieux qui s ’y engagea, a' condition qu ’il lui donna“ t la moitie¤ de ses biens. Le jeune seigneur acquiesc a, l’autre fit ce qu ’il avait promis. Il invita donc la noble dame dans le jardin qui, contre toute attente, apparut entie' rement vert et agre¤ ablement chaud. Se rappelant sa promesse, elle le supplia de lui permettre d ’aller encore une fois chez son e¤ poux, a' qui elle clama sa douleur en pleurant et ge¤ missant. Mais celuici, convaincu de sa fide¤ lite¤ , la renvoya pour satisfaire un soupirant qui l’avait acquise a' si haut prix. Le jeune noble fut tellement frappe¤ de l’e¤ quite¤ de l’e¤ poux qu ’il conside¤ ra comme un pe¤ che¤ de toucher une femme si honne“ te et la lui renvoya a' son tour, en tout bien tout honneur. Devant la tre' s grande noblesse d ’a“ me des deux, le vieillard ne voulut pas e“ tre en reste. Si pauvre qu ’il fu“t, il rendit tous ses biens au jeune homme et s ’en alla. Je ne sais donc, nobles Seigneurs, qui de ces trois personnes fut la plus magnanime. La'-dessus nous ne savions vraiment pas quoi dire. LaJeune Fille n’exprima qu ’un seul souhait: que le suivant pr|“ t la parole. Le cinquie' me commenc a donc ainsi: ßJe de¤ sire e“ tre court: qui a le plus de joie, celui qui contemple ce qu ’il aime ou celui qui ne fait qu ’y penser !

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ßCelui qui le contemple, dit laJeune Fille. ßNon, re¤ pondis-je. Sur quoi une discussion s ’e¤ leva jusqu ’au moment ou' le sixie' me s ’e¤ cria : ßNobles Seigneurs, je dois prendre femme. J ’ai devant moi une jeune fille, une femme marie¤ e et une veuve; tirez-moi de mon embarras et je vous aiderai a' re¤ soudre les autres e¤ nigmes. ßC ’est faisable puisqu ’on a le choix, re¤ pondit le septie' me. ßMon affaire a' moi est toute diffe¤ rente. Dans ma jeunesse, j ’aimais du fond du coeur une belle et vertueuse jeune fille et elle m’aimait. Cependant le refus de ses proches nous empe“ chait de nous marier. Elle e¤ pousa donc un autre homme, honne“ te et brave, qui la traita avec respect et amour, jusqu ’au moment ou' elle attendit un enfant et souffrit au point que tous crurent qu ’elle e¤ tait morte. On l’enterra avec magnificence et grande tristesse. Je pensai alors en moi-me“ me: cette femme n’a pas pu e“ tre a' toi pendant sa vie, maintenant qu ’elle est morte, tu peux l’embrasser autant que tu veux. J ’emmenai donc avec moi mon serviteur qui, de nuit, l’exhuma. Ayant ouvert le cercueil, je la pris dans mes bras, je touchai son coeur et je m’aperc us qu ’il battait encore doucement et que, gra“ ce a' ma chaleur, il se mettait a' battre plus fort; alors je compris qu ’elle vivait toujours. Je la portai silencieusement chez moi et, apre' s avoir re¤ chauffe¤ son corps refroidi dans un bain d ’herbes aromatiques, je la plac ai sous la protection de ma me' re, jusqu ’au moment ou' elle mit au monde un beau fils, que je fis soigner avec autant d ’attention que la me' re.

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Deux jours apre' s, comme celle-ci s ’e¤ tonnait beaucoup, je lui contai ce qui s ’e¤ tait passe¤ et lui demandai de bien vouloir de¤ sormais e“ tre ma femme. Mais elle montra de la re¤ ticence: cela pouvait peiner son e¤ poux qui l’avait toujours honne“ tement traite¤ e. Cependant selon elle, apre' s tout ce qui s ’e¤ tait passe¤ , elle e¤ tait oblige¤ e a' pre¤ sent d ’aimer l’un autant que l’autre. Au bout de deux mois pendant lesquels j ’avais e¤ te¤ en voyage, j ’invitai son mari chez moi; lorsque je lui demandai s ’il reprendrait sa femme morte, au cas ou' elle reviendrait chez lui, il acquiesc a, profonde¤ ment e¤ mu et tout en larmes. Je lui amenai donc sa femme et son fils, lui racontant tout et le priant d ’appuyer de son accord mon projet de mariage. Nous discuta“ mes longtemps, mais il ne put me faire renoncer a' mon droit. Il du“t finalement m’abandonner sa femme. Cependant la discussion continua a' propos du fils. Ici laJeune Fille l’interrompit en disant: ßJe m’e¤ tonne que vous ayez encore redouble¤ les souffrances de cet homme malheureux. ßQu ’aurait-il donc fallu que je fasse ! demanda l’autre. La'dessus s ’e¤ leva une discussion, mais la majorite¤ e¤ tait d ’avis qu ’il avait bien agi. ßEh bien ? non, dit-il alors, ßj ’ai redonne¤ a' cet homme non seulement sa femme mais son fils. Maintenant ditesmoi, mes Seigneurs, ce qui fut le plus grand, ma magnanimite¤ ou sa joie ! 

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A ces mots, laJeune Fille se re¤ jouit tant qu ’elle fit boire a' la sante¤ de ces deux personnes. Puis les autres raconte' rent leurs histoires, mais e¤ tant un peu confuses, je ne les ai pas toutes retenues. Une seule me revient. L’un dit avoir connu, quelques anne¤ es auparavant, un me¤ decin qui, ayant fait sa provision de bois pour la saison froide, s ’e¤ tait chauffe¤ par ce moyen tout l’hiver. Or, le printemps venu, il avait revendu ce me“ me bois; il en avait donc profite¤ gratis. ßCe doit e“ tre de la magie, dit laJeune Fille, ßmais le temps est passe¤ maintenant. ^ ßOui, re¤ pondit mon compagnon, ßque celui qui ne peut pas re¤ soudre toutes ces e¤ nigmes le fasse savoir a' chacun par un messager convenable. Je ne crois pas qu ’il faille lui de¤ nier cela.

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La polarisation inverse

Nous nous trouvons maintenant devant une ta“ che fort de¤licate, a' savoir traiter de cette partie du Troisie' me Jour des Noces Alchimiques qui sert de pre¤liminaire a' ce chapitre. Nous ne croyons pas que, tout au long de notre travail dans l’ Ecole Spirituelle, nous ayons jamais du“ parler d’un si grand nombre d’ histoires d’amour aussi frappantes. Mais ce serait de l’enfantillage que d’ ignorer tout simplement cette partie des Noces Alchimiques. De plus vous verrez bien vite, nous l’espe¤ rons, que ces pseudohistoires d’amour ont un sens profond. Superficielles en apparence, elles ont une grande porte¤ e. On pourrait en conclure que l’auteur des Noces Alchimiques devait avoir des raisons bien fonde¤ es de tenir cache¤ ce qui n’e¤ tait pas destine¤ aux oreilles profanes. Essayons d’en acque¤rir une bonne compre¤hension. Supposez qu’une partie de l’ humanite¤ , guide¤e par le nouvel e¤ tat de l’a“ me, sache re¤ aliser le parfait e¤ quilibre du pouvoir astral, donc que, libe¤re¤ e dans l’Amour divin, elle rayonne cet Amour de l’ inte¤rieur comme une lumie' re brillant uniforme¤ ment sur tout et sur tous. Il re¤ sulte de nos re¤ flexions pre¤ ce¤ dentes que les membres de ce groupe auraient donc cre¤ e¤ une unite¤ dont ils te¤ moigneraient. Car tous ceux qui rec oivent l’ influence de l’Amour divin dans une a“me re¤ ge¤ ne¤ re¤e, se rejoignent et se fondent en unite¤ . De la' se de¤ veloppent des relations toutes diffe¤ rentes entre les deux sexes, entre les hommes et les femmes, qui sont ainsi mene¤ s vers leur ve¤ ritable destine¤e. Donc, quand un e¤ le've a neutralise¤ le chaos astral qui est le 312

sien (dans le re¤cit des Noces Alchimiques, qu’ il est arrive¤ a' la connaissance de l’ inte¤ rieur du globe), qu’enflamme¤ de l’Amour divin, il est devenu un Homme-Ame et qu’ il rayonne uniforme¤ ment sur tout et sur tous de facon ine¤ luctable, il affronte le proble'me de ce que l’on appelle la ßVertu. La Vertu fait toujours suite a' l’Amour. Ou pluto“t, a' co“te¤ de l’Amour marche toujours laVertu. C ’est pourquoi, dans l’ Enseignement universel, on parle du chemin de la myste¤ rieuse Vertu. Voici ce que l’on entend par la'. Lorsque ce puissant e¤ tat astral nouveau s’e¤veille dans le candidat et que la nouvelle force d’Amour s’ impose a' lui, alors appara|“ t e¤ galement une pratique de vie nouvelle appele¤ e la ßVertu. C ’est une loi divine qui oblige, avec son aide et sous sa conduite, a' rayonner, a' manifester et a' pratiquer cet Amour ; et quelles que soient les re' gles et limitations qui sont les no“tres dans la nature de la mort, cet Amour devient be¤ne¤diction. Cette loi est laVertu, la myste¤rieuse Vertu. LaVertu, c’est le bien, n’est-il pas vrai ! Un homme vertueux est un homme de bien. Et cette loi de la Vertu a, parmi d’autres exigences, celle de ne jamais infliger a' autrui, de son propre chef et de quelque fac on que ce soit, aucun tort, offense, chagrin, douleur, serait-ce me“ me dans la manie' re d’exprimer son amour. Dans l’e¤tat d’Ame vivante, la loi de la Vertu va de soi, de me“ me que l’Amour. Mais, pour l’e“ tre ne¤ de la nature dialectique, ce n’est pas chose facile en raison du pe¤ che¤ et de la confusion extre“ me ou' il vit et du chaos qui re' gne dans son corps astral. C ’est pourquoi le candidat, qui est encore un e“ tre ne¤ de la nature tout en e¤ tant devenu digne d’entrer dans la salle des noces, doit tenir compte, jour apre' s jour, et me“ me d’ heure en heure, de la loi de la Vertu. Cette loi doit e“ tre grave¤e dans sa personnalite¤ entie're pour lui servir de frein. Car qui ne sait pas manoeuvrer le frein de la Vertu se fera e¤ craser to“t ou tard ou, comme on l’a dit, causera du tort a' beaucoup. Toute erreur dans ce domaine se paie. On peut dire que le proble' me de la Vertu est le talon d’Achille du chercheur. 313

LaVertu s’applique a' nombre de choses de la vie et le candidat doit en te¤ moigner. Mais rien n’est plus important qu’une re'gle solide dans les relations entre les sexes, une re' gle base¤ e sur l’Amour et la Vertu.Vous comprenez que nous ne nous attarderons pas a' toutes les conduites et situations complique¤es possibles entre les sexes, dans la nature de la mort, a' propos desquelles on pourrait e¤crire des milliers d’ histoires. Tel n’est pas non plus l’objet des anecdotes rapporte¤ es le Troisie' me Jour. Essayons d’en de¤ gager la ve¤ritable intention. Suivant sa nature masculine ou fe¤ minine, l’ Homme-Ame (c’est lui qu’ il faut naturellement prendre comme base de de¤ part), non seulement cherche a' collaborer avec l’autre mais s’y engage comple' tement. L’Amour, qui est au-dessus de tout et de tous, fait de cette collaboration une e¤ vidence. Il peut aussi bien rayonner sur l’ humanite¤ que sur une race, un peuple, un groupe, un individu. Et le Logos a ainsi ordonne¤ les choses que l’ humanite¤, si elle veut agir puissamment, doit tenir compte et tiendra effectivement compte de ce que l’on appelle la ßpolarisation inverse. Nous voulons parler de la collaboration entre hommes et femmes, dans une parfaite e¤ galite¤ , mais respectant la polarisation inverse. Qu’entendons-nous par la' ! Eh bien, il faut savoir que les ve¤ hicules de la personnalite¤ masculine ne sont pas polarise¤ s comme ceux de la personnalite¤ fe¤ minine : Le corps mental de l’ homme est de polarisation ne¤ gative, celui de la femme, de polarisation positive. Le corps astral de l’ homme est de polarisation positive, celui de la femme, ne¤ gative. Le corps e¤ the¤ rique de l’ homme est de polarisation ne¤gative, celui de la femme, positive. Le corps physique de l’ homme est de polarisation positive, celui de la femme, ne¤ gative. 314

Il s’ensuit que l’ homme et la femme ont besoin de se manifester dans des domaines diffe¤ rents et que c’est justement ainsi, par la polarisation inverse, que pourra e“tre obtenue une bonne collaboration, exactement proportionne¤e au service de la Fraternite¤ sainte. De' s que l’un ou l’autre sexe sort de son domaine, naissent toujours des complications et des difficulte¤ s ; de' s que l’ homme n’est plus masculin et la femme plus fe¤ minine, le travail s’en trouve change¤ , ralenti. Alors la situation est mauvaise, sans vertu ? Un exemple : comme le corps mental de l’ homme est ne¤gatif, donc re¤ ceptif, il est capable d’ inspiration. Comme le corps mental de la femme est positif, donc rayonnant, l’ intelligence fe¤minine, dans notre nature, est plus doue¤ e de raison mais aussi plus limite¤ e. Le corps astral de l’ homme est au plus haut point dynamique et plein de feu ; le corps astral de la femme plus re¤ ceptif, donc plus ouvert aux influences. Le corps e¤ the¤ rique de l’ homme est re¤ceptif, celui de la femme est au contraire rayonnant, cre¤ ateur. Tandis que c’est de nouveau le contraire en ce qui concerne le corps physique : rayonnant, cre¤ ateur, chez l’ homme, re¤ ceptif chez la femme. Donc chez les deux, le principe rayonnant est cre¤ ateur et le principe re¤ceptif est ge¤ ne¤ rateur. A cause de la ne¤gativite¤ du corps mental masculin, l’ homme, dans la Gnose, est plus re¤ ceptif aux irradiations directes de l’ Esprit, qui est positif. En raison de la positivite¤ de son corps mental, la femme, dans la Gnose, est plus re¤ ceptive a' la lumie' re et a' la force de l’Ame, qui est ne¤ gative. C ’est pourquoi on parle de l’ Esprit au masculin et de l’Ame au fe¤ minin. C ’est pourquoi l’ Esprit repre¤ sente l’aspect du Pe' re et l’Ame l’aspect de la Me're. Au cours des sie' cles, on a beaucoup violente¤ les ve¤ rite¤ s de l’ Enseignement universel relatives a' la question des sexes. Ainsi appara|“ t-il que les deux sexes ont absolument besoin l’un de l’autre et doivent parvenir a' une collaboration des plus intelligentes, pour que leurs domaines de travail respectifs s’ in315

terpe¤ ne' trent en toute harmonie. Et cette collaboration doit maintenant se re¤ aliser sous la re' gle de¤ ja' cite¤ e de l’Amour et de la Vertu. Que sur ce point, un de¤sordre extre“ me re' gne dans le monde, entra|“ nant pour les deux parties un malheur indicible, c’est l’e¤ vidence me“ me. De cette confusion et de ce malheur nous ne voulons pas parler ici. Nous voulons pluto“t, a' la faveur de ce que nous venons de dire sur la polarisation inverse mais e¤ quivalente de l’ homme et de la femme, en faire une e¤ tude approfondie, en pe¤ ne¤ trer la grande sagesse et en tirer les conse¤quences. A chaque homme et a' chaque femme, il est donne¤ de collaborer au sein de la grande Communaute¤ des Ames. Tout ceci n’a rien a' voir avec le mariage terrestre et ses proble' mes, encore que l’un n’exclue pas l’autre. Tenez compte du fait que, dans le de¤ roulement de la vie humaine (et telle est aussi la signification des e¤ nigmes et anecdotes des Noces Alchimiques), de nombreux fils karmiques s’entrelacent irre¤ me¤ diablement, en d’autres termes, que des hommes sont conduits les uns vers les autres et contraints de se de¤ cider et d’agir en conse¤ quence. En toutes circonstances, le candidat pleinement digne des Myste' res gnostiques adoptera toujours un point de vue et une fac on d’agir tels qu’ il fera toujours passer sa propre personne apre' s les inte¤re“ ts de l’autre, ou des autres, suivant ainsi totalement les normes de la myste¤ rieuse Vertu. Quand vous vous en tenez a' cette loi, tout le chagrin d’un petit sacrifice mate¤ riel se change en une joie haute et sereine. Car votre souffrance n’a qu’un temps ? Tandis que la victoire de l’Ame est e¤ ternelle.

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A ce moment, on commenc a a' dire les gra“ ces, puis nous nous leva“ mes tous de table plus gais et plus satisfaits que par un repas plantureux. Il serait souhaitable que toutes les re¤ ceptions et fe“ tes fussent ordonne¤ es de cette manie' re. Apre' s que nous eu“mes fait quelques pas dans la salle, la Jeune Fille demanda si nous ne de¤ sirions pas que la Fe“ te des noces commenc a“ t. ßOui, noble et vertueuse Demoiselle, re¤ pondit l’un de nous. Alors elle de¤ pe“ cha un page en secret tout en continuant la conversation. Elle nous e¤ tait devenue si familie' re, a' pre¤ sent, que j ’osai lui demander son nom. Elle sourit de ma curiosite¤ , ne ce¤ da pas, mais re¤ pondit: ßMon nom e¤ gale 55 et ne comporte pourtant que huit lettres; la troisie' me est le tiers de la cinquie' me. Si on y ajoute la sixie' me, on obtient le nombre dont la racine, diminue¤ e de la premie' re, e¤ gale la troisie' me, racine qui est aussi la moitie¤ de la quatrie' me. La cinquie' me et la septie' me sont identiques, de me“ me que la dernie' re et la premie' re; et celle-ci, ajoute¤ e a' la deuxie' me, e¤ gale la sixie' me, laquelle e¤ quivaut a' quatre plus le triple de la troisie' me. Dites-moi, nobleAmi, quel est mon nom ! La re¤ ponse e¤ tait pour moi assez obscure. Je ne me de¤ courageai pourtant pas et dis: ßNoble et vertueuse Demoiselle, ne pourriez-vous pas me dire une seule lettre ! ^ ßOui, re¤ ponditelle, ßc ’est possible. ^ ßQuelle est la valeur dela septie' me ! Elle re¤ pondit: ßAutant qu ’il y a de seigneurs ici. La re¤ ponse me satisfit et je pus facilement trouver son nom. Elle en fut enchante¤ e et assura que beaucoup d ’autres choses nous seraient de¤ voile¤ es.**

*, cf. p. lxxiii. *, cf. p. lxxiv.

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LaViergeAlchimia

Nous avons de¤ ja' expose¤ longuement ce que l’ Enseignement universel entend par le chemin de la myste¤ rieuse Vertu. Nous donnons ces pre¤ cisions parce que Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix mettent l’accent sur ce point, le pre¤ sentant me“ me comme la condition indispensable pour pe¤ ne¤trer l’essence profonde de cet e¤ crit. Nous croyons pouvoir affirmer sans exage¤ ration que, dans toute l’oeuvre, il n’y a pas de passage au sens plus cache¤, et que par ce fait me“ me il concerne un des aspects les plus importants. Le chemin de la myste¤ rieuse Vertu est la cle¤ de l’accomplissement parfait. Tous ceux qui sont rassemble¤ s dans leTemple de l’ Initiation, qui se sont assis au repas sacre¤ du Troisie'me Jour, sont des candidats fermement de¤ cide¤ s a' parcourir le chemin. Ils ont satisfait a' toutes les conditions e¤ le¤ mentaires, surmonte¤ l’e¤preuve des sept poids ; en eux, tout e¤ gocentrisme a disparu et le nouvel e¤ tat de l’a“ me est ne¤. Le fait qu’ ils se trouvent en compagnie distingue¤e signifie qu’ ils ont pris leur distance avec la vie infe¤rieure. A pre¤sent, au cours de ce qui passe pour de simples propos de table, ils doivent montrer qu’ ils se sont engage¤ s assez loin sur le supre“ me chemin de la myste¤ rieuse Vertu. D’apre' s ces propos et les histoires conte¤ es par la compagnie, il appara|“ t que les assistants connaissent ce chemin et sont pre“ ts a' en accepter les conse¤ quences. Et lorsque la Jeune Fille qui pre¤ side le repas leur demande s’ ils ne de¤sirent pas que les noces alchimi318

ques commencent, leur re¤ ponse retentit : Oui, noble et vertueuse Demoiselle. Et pour souligner une fois de plus l’ importance extre“me du chemin de la myste¤ rieuse Vertu, a' la question pose¤ e par Christian Rose-Croix, le nom de la Vierge lui est re¤ ve¤ le¤ de fac on voile¤ e. Ce nom est Alchimia, nom qui re¤ sonne naturellement de fac on familie're a' nos oreilles. En effet, nous reconnaissons ici l’ ide¤ e de la transfiguration. Qui veut accomplir en soi la transfiguration doit entamer un processus de transmutation alchimique. Il est impossible qu’un tel processus de¤ bute sur la base d’un inte¤ re“ t banal ou d’une de¤ cision ordinaire. Non, pour mettre en action semblable phe¤ nome' ne, il faut que soient cre¤ e¤ es des conditions absolues et de¤termine¤ es, une se¤ rie de conditions dont l’ensemble constitue une force qu’on peut appeler Alchimia. Cette force n’est que potentielle, elle n’a encore rien re¤ alise¤, c’est une promesse, une ßvierge. L’e¤ le've acquiert inte¤ rieurement cette possibilite¤ alchimique par le don de soi a' la Rose du coeur, par la nouvelle naissance de l’a“ me et, le nouvel e¤ tat de l’a“me atteint, par la liaison avec les sept Rayons de l’ Esprit, donc avec les sept poids, dont il faut supporter la pesanteur et aux exigences desquels il faut satisfaire. Dans cette situation, un e¤ tat astral nouveau appara|“ t dans le microcosme entier et dans le champ de respiration, synthe' se alchimique des forces qui ne manquent pas d’agir sur la moindre partie du microcosme. La ne¤cessite¤ de la transfiguration est cre¤e¤e et le candidat ne peut rien faire d’autre que d’y consentir ; bien mieux, il y est oblige¤ ? Donc, lorsque ce nouvel e¤ tat fondamental est constitue¤ , l’ inte¤ resse¤ a fait son premier pas sur le chemin de la myste¤rieuse Vertu : un chemin qu’ il ne peut parcourir que dans l’Amour et par l’Amour, dans laVertu et par laVertu. Un Amour qui est de Dieu, qui est Dieu lui-me“ me. Un Amour re¤ ve¤ le¤ par le deuxie'me Rayon de l’ Esprit Septuple, et qui devient lumie' re gra“ ce a' la pure substance astrale du syste' me microcosmique. 319

Il est dit dans l’ Ecriture Sainte : ßDieu est Esprit, Dieu est Amour, Dieu est Lumie' re. Voyez cela dans le processus alchimique : de bas en haut, l’Ame na|“ t, l’e¤ tat astral nouveau se constitue et se re¤ pand dans le syste' me. Alors l’ Esprit survient, qui est Amour et qui fait la Lumie're. Et tandis que le processus progresse dans cette Lumie' re, la Vertu, la myste¤ rieuse Vertu ne tarde pas a' se montrer. Cette Vertu consiste en un comportement totalement nouveau et hautement significatif, n’ayant plus rien de commun avec la nature de la mort et absolument en conformite¤ avec le principe de polarisation inverse des sexes. Nous comprenons maintenant que le chemin de la myste¤ rieuse Vertu concerne la longue transmutation alchimique du candidat, fonde¤e sur un e¤ tat d’e“ tre nouveau et guide¤ e par la conscience . Ici, prenez garde : la pre¤ sence d’Alchimia n’entra|“ ne pas le de¤ roulement automatique du processus, il faut que votre conscience tout entie' re suive Alchimia, la force pre¤ sente en vous, avec une ferme re¤solution et une grande positivite¤ . Il est merveilleux que Les Noces Alchimiques attirent spe¤ cialement votre attention sur ce point avec la question d ’Alchimia : ßVotre de¤ sir n’est-il pas que les noces commencent ! Pour que le candidat re¤ponde par un ßOui ? assure¤ , il faut qu’ il comprenne que la force qui le conduit a pour nom Alchimia, et que celui qui e¤ voque pareille force ne peut plus la rejeter. Il faut y re¤ pondre, et si ce n’est pas de fac on positive ce sera de fac on ne¤ gative. Car lorsque cette force d’Amour divine libe¤ re¤ e en nous n’engendre pas un comportement nouveau, alors aucun processus de transformation, aucune transmutation alchimique n’a lieu, mais un processus de brisement, un processus de consomption : bref, le phe¤ nome'ne habituel d’extinction et de de¤ sagre¤ gation, mais a' un rythme acce¤ le¤ re¤ . Nous pouvons voir toutes ces complications autour de nous dans le monde. Les exemples abondent. Soit par l’observation personnelle, soit dans l’ histoire, soit par des re¤ cits, nous avons 320

tous connaissance d’ hommes qui sont un exemple de don spontane¤ d’eux-me“ mes et d’abne¤ gation. Vous pouvez e“ tre su“rs que tous ceux qui font ainsi un tel don d’eux-me“ me au cours de leur vie, e¤ veillent de ce fait quelque chose de l’Ame ve¤ ritable, et en me“ me temps se rendent quelque peu re¤ceptifs a' l’ influence des sept Rayons de l’ Esprit Septuple. Dans ce cas, ils libe'rent en eux, spontane¤ ment, la force d’Alchimia, sans le savoir et sans se rendre compte de la possibilite¤ offerte. Oui, sans avoir me“ me jamais entendu parler de la Vie libe¤ratrice et du chemin de la myste¤ rieuse Vertu ? Il en re¤ sulte qu’ ils progressent sur le chemin d’une bonte¤ remarquable, mais au sens expresse¤ ment dialectique. Ils suscitent par la' beaucoup de souffrance dans leur vie ; non pas la souffrance purificatrice et libe¤ ratrice de la transmutation, mais celle d’un inutile brisement, pouvant aller jusqu’a' causer des maladies par de¤ sorganisation des cellules. Car le sens e¤leve¤ de la vie n’est pas compris, et les puissantes forces libe¤ ratrices e¤voque¤ es ne peuvent pas provoquer la re¤action de base permettant au processus libe¤ rateur de se de¤ve¤lopper. Admettons que vous ayez bien compris, que vous soyez entre¤ dans le Temple de l’ Initiation, que, par le don total de vousme“ me, vous ayez rencontre¤ et reconnu Alchimia, ne¤ e de l’ Esprit, de l’Amour et de la Lumie' re ; que la question vous soit pose¤ e a' vous aussi : ßDe¤ sirez-vous que la Fe“te des noces commence de' s a' pre¤ sent ! et que vous re¤pondiez de tout votre c|« ur : ßOui ? Alors e¤ tudions maintenant les conse¤ quences de cette re¤ ponse positive.

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Pendant ce temps, quelques nobles jeunes filles s ’e¤ taient appre“ te¤ es et firent leur entre¤ e en grande pompe. Deux jeunes gens portant des lumie' res les pre¤ ce¤ daient. L’un avait un visage enjoue¤ , les yeux vifs et belle allure. L’autre avait l’air impe¤ tueux, tout ce qu ’il voulait devait s ’accomplir comme je l’appris plus tard. Derrie' re eux s ’avanc aient d ’abord quatre jeunes filles. La premie' re baissait pudiquement les yeux a' terre et se comportait avec humilite¤ . La deuxie' me aussi e¤ tait modeste ct craintive. La troisie' me s ’effaroucha pour uneraison quelconque en entrant dans la salle. J ’appris que l’exube¤ rance la mettait mal a' l’aise. La quatrie' me portait quelques petits bouquets en signe de ge¤ ne¤ rosite¤ et d ’amour. Ces quatre jeunes filles e¤ taient suivies de deux autres, ve“ tues avec un peu plus de somptuosite¤ ; elles nous salue' rent courtoisement. L’une portait une robe bleue constelle¤ e d ’e¤ toiles d ’or, la deuxie' me, une robe verte orne¤ e de fines rayures rouges et blanches. Les deux avaient sur la te“ te des fichus le¤ gers et vaporeux qui leur allaient a' merveille. A la fin il en vint une qui portait une couronne sur la te“ te et tournait plus ses regards vers le ciel que sur la terre. Nous cru“mes tous que c ’e¤ tait la Fiance¤ e. Mais ce n’e¤ tait pas encore elle; pour l’honneur, la richesse et le rang, elle la surpassait de beaucoup et ce fut elle qui, par la suite, conduisit les noces.

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A cet instant, suivant tous l’exemple de notre Jeune Fille, nous nous jeta“ mes a' genoux devant elle, malgre¤ toute la modestie et la pie¤ te¤ qu ’elle montrait. Elle nous tendit a' chacun la main, en nous demandant de ne pas nous en e¤ tonner, c ’e¤ tait la moindre chose qu ’elle pouvait nous offrir. Nous devions, cependant, lever les yeux vers notre Cre¤ ateur, apprendre ainsi a' conna|“ tre sa toutepuissance, continuer sur le chemin entrepris et faire usage de la gra“ ce qui nous e¤ tait accorde¤ e, pour l’honneur de Dieu et le salut des hommes. Bref, ses paroles e¤ taient absolument diffe¤ rentes de celles de notre Jeune Fille, encore quelque peu profanes. Elles me pe¤ ne¤ tre' rent jusqu ’a' la moelle des os. ßEt toi, me dit-elle ensuite, ßtu as rec u plus que les autres, veille aussi a' donner plus en retour. Cette recommandation m’e¤ tonna fort. A la vue des jeunes filles et au son de la musique, nous cru“mes qu ’il fallait de¤ ja' danser. Mais ce n’e¤ tait pas encore le moment. Les poids, dont nous avons parle¤ plus haut, e¤ taient reste¤ s au me“ me endroit. La Reine ^ je ne sais toujours pas qui elle e¤ tait ^ ordonna a' chaque jeune fille d ’en prendre un. A notreJeune Fille, toutefois, elle donna le sien, le dernier et le plus gros, et nous ordonna de la suivre. Notre suffisance avait beaucoup diminue¤ ; je remarquai que notre Jeune Fille e¤ tait bien intentionne¤ e a' notre e¤ gard, mais que nous n’e¤ tions pas si estime¤ s que certains parmi nous commenc aient a' le croire. Nous suiv|“ mes donc en rang et fu“mes conduits dans la premie' re salle, ou' laJeune Fille suspendit le poids de la Reine, pendant que l’on chantait un beau cantique spirituel.

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Dans cette salle, il n’y avait rien de pre¤ cieux sinon quelques splendides livres de prie' res, introuvables ailleurs. Au centre, un pupitre pouvait servir de prie-Dieu. La Reine s ’y agenouilla. Nous du“mes nous agenouiller autour d ’elle et re¤ pe¤ ter les prie' res que la Jeune Fille lut dans un petit livre, souhaitant que les prochaines noces fussent ce¤ le¤ bre¤ es pour l’honneur de Dieu et notre salut. Puis nous alla“ mes dans l’autre salle, ou' la premie' re jeune fille suspendit ses poids, et ainsi de suite jusqu ’a' l’ache' vement de toute la ce¤ re¤ monie. La Reine nous tendit a' nouveau la main et s ’en alla accompagne¤ e de ses jeunes filles. Notre pre¤ sidente s ’attarda encore un instant, mais comme il e¤ tait de¤ ja' deux heures du matin, elle ne voulut pas nous retenir davantage. Quoiqu ’elle eu“t plaisir a' rester parmi nous, me semblait-il, elle nous souhaita bonne nuit en nousrecommandant de dormir en paix. C ’est ainsi qu ’a' regret elle prit cordialement conge¤ de nous. Nos pages avaient rec u des ordres et nous montre' rent a' chacun nos chambres. Ils reste' rent a' nos co“ te¤ s, dans un deuxie' me lit, afin de nous offrir leurs services en cas de besoin. Ma chambre ^ je ne peux rien dire des autres ^ e¤ tait royalement de¤ core¤ e de beaux tapis et de splendides tableaux. Mais ce qui me plaisait a' l’extre“ me, c ’e¤ tait mon page, capable de parler si excellemment de tout et si savant dans les arts que nous passa“ mes encore une heure ensemble avant d ’aller dormir, vers trois heures et demie. C ’e¤ tait, a' vrai dire, la premie' re fois que j ’aurais pu sommeiller tranquille. Pourtant un re“ ve angoissant me tourmenta toute la nuit: je m’affairais contre une porte impossible a' ouvrir jusqu ’au moment ou' je finis par y parvenir. Le temps passa a' des irre¤ alite¤ s de ce genre avant de m’e¤ veiller, enfin, vers le lever du jour. 324

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Les dix forces nouvelles de l’accomplissement

Nous avons longuement parle¤ de la force qui nous guide au cours des noces alchimiques, la force de¤ nomme¤e Alchimia, que font na|“ tre et grandir l’ Esprit, l’Amour, la Lumie' re et le don de soi-me“ me. C ’est la force astrale nouvelle qui me' ne a' son terme le processus complet de la transfiguration, la force que doit absolument posse¤ der le candidat s’ il veut parcourir avec succe' s le chemin de la myste¤ rieuse Vertu. Et maintenant, entre dans la salle une suite de neuf personnes, deux hommes et sept femmes. Dans la lumie' re de la nouvelle force astrale se manifestent neuf lignes de force, neuf actions, neuf aspects : deux rayons tre' s positifs, de force cre¤ atrice, re¤ alisatrice, et sept rayons ne¤ gatifs, de force re¤ceptrice, ge¤ne¤ ratrice. Les Noces Alchimiques nous les repre¤ sentent ainsi : Un premier jeune homme, plein de vivacite¤ et de belle allure, et un deuxie'me a' l’air dynamique et d’ humeur impe¤ tueuse. Quatre jeune filles, dont la premie' re est humble et soumise, la deuxie' me modeste et craintive, la troisie'me timide et re¤ serve¤e, la quatrie'me rayonnante d’amour. Puis viennent deux jeunes filles ve“ tues avec un peu plus de somptuosite¤ . La premie' re porte une robe bleu ciel constelle¤e d’e¤ toiles d’or, l’autre une robe verte orne¤ e de rayures rouges et blanches. Enfin la dernie're porte une couronne sur la te“ te et tourne ses regards vers le ciel plus que sur la terre. La dernie' re est une 325

Reine. Cette Reine prononce quelques paroles : Levez les yeux vers votre Cre¤ ateur et sa toute-puissance. Continuez le chemin ou' vous e“ tes engage¤ s et faites servir sa gra“ ce a' la gloire de Dieu et au salut des hommes. Pour finir, elle dit encore a' l’adresse de Christian Rose-Croix : Tu as rec u plus que les autres, veille aussi a' donner plus en retour. Essayons maintenant de comprendre ce que cela veut nous signifier et commenc ons par la dernie' re image. La Reine qui entre ici en sce'ne n’est pas l’e¤ pouse, l’Ame nouvellement ne¤ e ; pour l’ honneur, la richesse et le rang, elle surpasse celle-ci de beaucoup et, nous le verrons, c’est elle qui conduit ensuite les noces. Cette Reine incarne une force ve¤ ritablement royale, a' savoir la force astrale nouvelle du ve¤hicule astral totalement purifie¤, donc libe¤re¤ du champ astral de cette nature charge¤ e de pe¤ che¤ . C ’est cette force, associe¤e a' la nouvelle volonte¤ , qui donne l’ impulsion a' tout le processus par lequel doit passer l’Ame nouvellement ne¤ e. Ne confondez pas cette Ame nouvellement ne¤ e avec la conscience ordinaire issue de la nature. L’Ame nouvellement ne¤e suscite une nouvelle conscience, a' co“te¤ de la conscience dialectique ordinaire et a' son oppose¤ . C ’est aussi la raison pour laquelle la force astrale nouvelle, celle que l’on nomme la Reine, exhorte le candidat a' perse¤ ve¤ rer cou“te que cou“te sur la voie ou' il s’est engage¤ . Puis nous voyons que l’Ame, en tant que foyer, posse' de encore sept aspects. La Rose a sept aspects, sept pe¤ tales. L’un de ces pe¤tales est Alchimia. Le re¤ veil de l’Ame fait toujours na|“ tre un e¤ tat astral nouveau. Ensuite il y a la nouvelle lipika, le nouveau firmament magne¤ tique. Cette force appara|“ t dans un ve“ tement bleu ciel constelle¤ d’e¤ toiles d’or, les points d’or magne¤ tiques symbolisant la totale purification aurale et karmique. Cette nouvelle lipika donne beaucoup de nouvelles possibilite¤ s : des forces varie¤ es se libe' rent pour la re¤alisation de la vie nouvelle. C ’est pourquoi il 326

est dit qu’une jeune fille porte un ve“tement vert, couleur de l’espe¤ rance, raye¤ de rouge et de blanc : le blanc e¤clatant de la Divinite¤ inconnaissable que sert le candidat, et le rouge de l’e¤ nergie dynamique. Il est e¤ vident qu’a' partir de la', quatre autres aspects peuvent de nouveau se manifester ; quatre, par allusion au Carre¤ de construction. La construction n’est pas encore e¤ difie¤ e, mais les e¤ le¤ ments sont pre¤ sents et les conditions re¤ unies. C ’est pourquoi ces quatre personnes, bien que pures et rayonnantes d’amour, sont excessivement modestes et craintives. Car l’oeuvre reste encore a' accomplir ? Ainsi l’Ame, coeur de la Rose, posse' de-t-elle sept servantes secourables, y compris Alchimia. L’oeuvre sera accomplie, la Rose aux sept pe¤ tales parviendra a' son plein e¤panouissement ; les constructeurs sont effectivement sur les lieux, c’est ce que symbolisent les deux jeunes gens qui pre¤ ce' dent le groupe entier en portant des lumie' res. Le premier constructeur donne le prototype de l’e¤ difice : beau de forme et d’aspect, car le plan a' re¤ aliser, c’est l’Ame vivante ve¤ ritable. Le deuxie'me constructeur est la ferme perse¤ ve¤ rance, l’e¤nergie dynamique intransigeante, libe¤ re¤e par les nouvelles possibilite¤ s. C ’est ainsi que se pre¤ sente la manifestation d ’Alchimia : l’Ame et les neuf forces. Cet ensemble forme le nombre dix, chiffre de l’accomplissement virtuel. Le grand oeuvre, l’oeuvre sainte, peut s’accomplir. La phase pre¤paratoire est termine¤e. En conse¤ quence, il faut mener a' bien une nouvelle ta“ che. Les sept poids ayant servi pour l’e¤ preuve du Jugement, a' l’occasion de la fameuse sce' ne de la balance, doivent maintenant, sous la tension des possibilite¤ s nouvelles, e“ tre porte¤ s aux lieux de leur se¤ jour habituel. C ’est pourquoi les sept vierges, sous la direction de l’Ame, prennent chacune l’un des poids pour les remettre a' leur place. Sept poids, donc sept places. Dans chacune de ces places, l’Ame pe¤ ne¤ trera. Dans chacune d’elles entrera aussi la vierge portant un poids. 327

Comprenez-vous cette ta“ che grandiose ! Les sept places correspondent aux sept cavite¤ s ce¤ re¤brales. Dans chacune d’elles, un des rayons de l’ Esprit Septuple se fixe et s’associe a' l’un des aspects de la Rose de l’Ame. Les forces de l’ Esprit et les forces de l’Ame s’unissent dans le grand chantier. Dans leTemple inte¤ rieur, au plus profond de l’e“ tre, l’Ame et l’ Esprit ont de¤ ja' scelle¤ , en principe et en puissance, les Saintes Noces. Et maintenant, ce qui doit et peut se passer, c’est la grande transmutation, l’e¤ dification grandiose du nouveau corps, du nouvel e¤tat ve¤ hiculaire. Nous voyons donc comment le chandelier a' sept branches de la te“ te s’enflamme d’une nouvelle et merveilleuse lumie're, la lumie' re du nouveau matin. Ainsi se termine le Troisie' me Jour des Noces Alchimiques. Le Premier Jour est le Jour de l’appel, le Jour de la de¤ couverte du Temple. Le Deuxie' me Jour est le Jour ou' le Temple appara|“ t d’abord comme le Temple du Jugement. Et le Troisie'me Jour est le Jour dont nous venons de parler : le jugement est passe¤ et le Temple est devenu un ve¤ritable lieu d’ initiation, ou' sont mis en place les instrument et les forces ne¤cessaires pour un nouveau travail. Alors la nuit tombe. Le lieu du service, le lieu de la construction conna|“ t une pe¤ riode de repos. Le repos de la pre¤ paration, pendant lequel Christian Rose-Croix est encore poursuivi sans re¤pit par un re“ ve oppressant : il s’acharne contre une porte qui ne veut pas s’ouvrir, mais qui finit par ce¤ der sous ses efforts. Parlons encore de ce sujet. Cette porte fait allusion au point faible du phe¤nome'ne complet de la transmutation alchimique. Les forces de l’Ame et de l’ Esprit devront se servir encore longtemps de l’ancienne personnalite¤ ne¤ e de la nature, qui demeure, et qui peut toujours opposer encore plus ou moins de re¤ sistance. C ’est pourquoi l’ inquie¤ tude de Christian Rose-Croix pendant la nuit du troisie' me au quatrie'me jour n’est pas imaginaire. Il faut employer toutes les forces acquises pour obtenir l’ouverture 328

de la porte, et pour la maintenir ouverte ? Mais c’est toujours possible avec l’aide des deux jeunes gens dont nous avons parle¤ plus haut : la force de l’ ide¤ e, du plan, et la force de l’e¤nergie dynamique, forces a' la disposition de tout candidat se trouvant dans les conditions de¤ crites.

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Glossaire

Alchimie : Il existe une alchimie naturelle a' laquelle s’adonnent de nombreux e¤ sote¤ristes, mais elle doit e“ tre assimile¤e a' l’occultisme car elle reste dans le domaine de la sphe're mate¤ rielle et de la sphe're re¤ flectrice. L’alchimie de la Rose-Croix d’Or s’appuie, elle, sur la transformation absolue des fluides corporels, supports de l’a“ me : fluide sanguin, fluide nerveux, fluide hormonal et feu du serpent, car c’est en eux que re¤ sident notre passe¤ tout entier et notre karma. Ce processus alchimique, qui me' ne a' la transfiguration, implique une nouvelle base d’activite¤ a' partir des possibilite¤s libe¤re¤ es par l’atome originel, la Rose du coeur.Voir aussi Ethers. Ame-Esprit : l’apprentissage d’une Ecole Spirituelle authentique a pour but d’e¤ veiller l’a“ me ve¤ ritable, l’Ame immortelle, de son e¤ tat latent. De' s que celle-ci ressuscite de son sommeil de mort, la liaison avec l’ Esprit, avec Dieu, se re¤ tablit et l’ homme nouveau, l’ homme ve¤ ritable, l’ Homme-Ame-Esprit retourne a' la maison du Pe' re. Au cours des sie' cles, cette liaison a e¤ te¤ repre¤ sente¤ e, entre autres, par l’union d’ Isis et d’Osiris, de Je¤ sus avec Christ, du Fils avec le Pe' re, etc. Tel est l’accomplissement des noces alchimiques de Christian Rose-Croix : l’union de l’ Epoux ce¤ leste, l’ Esprit, avec l’ Epouse ce¤ leste, l’Ame rene¤ e. Ame-sang : par le mot sang, l’ Enseignement universel de¤signe, l’a“ me, ce grand principe vital qui tient en e¤ tat la forme mate¤ rielle. l’Amesang posse'de toutes les qualite¤s bonnes ou mauvaises de chaque entite¤.ßL’a“ me de toute chair est le sang, est-il dit dans la Bible. Champ de force ou champ magne¤ tique : domaine ou' se manifeste un syste'me de forces attirant ce qui est conforme a' sa nature et repoussant 330

ce qui ne l’est pas. En particulier, l’ Ecole de la Rose-Croix d’Or a de¤veloppe¤ un champ spe¤ cifique servant d’ interme¤ diaire entre le champ terrestre, et le champ christique de la Fraternite¤ universelle ou' chaque e¤ le' ve se¤ rieux de cette Ecole Spirituelle doit parvenir. Champ de respiration : le champ de force direct qui assure la vie de la personnalite¤ , champ parfaitement conforme a' la personnalite¤ puisqu’ il attire et repousse les substances et les forces ne¤ cessaires a' la vie et au maintien de cette personnalite¤. Corps Vivant : c’est le champ astral gnostique constitue¤ par la Jeune Fraternite¤ Gnostique en coope¤ration avec la Cha|“ ne Universelle Gnostique dont elle est le plus jeune maillon. Gra“ ce a' ce champ, l’ homme qui cherche vraiment la de¤ livrance rec oit toutes les forces ne¤ cessaires pour franchir le pont entre le champ de l’existence terrestre, le septie'me Domaine cosmique, et le champ de la re¤ surrection du sixie' me Domaine cosmique. Dialectique : voir Nature de la mort. Domaine cosmique : le Septe¤ naire cosmique, le Royaume universel, est forme¤ de sept sphe'res, ou domaines cosmiques, qui s’ interpe¤ ne' trent. L’ homme, apre' s sa chute, a e¤ te¤ rele¤ gue¤ dans un espace clos du septie'me Domaine cosmique afin que soit prote¤ ge¤ l’e¤ quilibre du Septe¤naire. C ’est l’ordre de secours de la nature dialectique instable d’ou' quiconque, s’ il suit le processus de la transfiguration, peut s’e¤ lever dans le sixie' me Domaine cosmique, le ßnouveau ciel et la ßnouvelle terre, le Royaume immuable.Voir aussi Corps Vivant. Ecole Spirituelle : voir Fraternite¤ universelle. Endura : terme du gnosticisme cathare. Il s’agit du de¤pe¤rissement du moi selon la parole de Je¤ sus : ßCelui qui voudra perdre sa vie pour moi la trouvera. L’endura repre¤ sente un processus alchimique par lequel le candidat, guide¤ par l’Ecole Spirituelle de la Rose-Croix d’Or, entreprend de fac on syste¤ matique de se libe¤rer de ses instincts e¤ gocentriques et de placer sa personnalite¤ et sa conscience sous l’e¤ gide de l’Ame nouvelle en croissance. Le chemin de l’endura est la voie classique au bout de laquelle l’ homme tombe¤ dans les te¤ne' bres, la souffrance et la mort retrouve sa vraie nature et ressuscite en 331

un e“ tre immortel. Il ne s’agit en aucun cas d’une mort de l’e“ tre humain, lequel trouve au contraire le vrai sens de sa vie sur terre, et se voue alors au sauvetage de l’ humanite¤ en me“ me temps que du sien. Enseignement universel : ce n’est pas un enseignement au sens habituel. En fait, cet enseignement existe en tant que ple¤ nitude de rayonnement transmise a' l’ humanite¤ par la Fraternite¤ des Libe¤re¤ s de tous les temps. Sous cette forme inaccessible a' la conscience ordinaire et exempte de toute de¤formations ou fausses interpre¤ tations, il s’adresse directement a' la conscience de l’Ame nouvelle, qui s’e¤ panouit et apprend peu a' peu a' comprendre la sagesse universelle du Cre¤ ateur. Eons : ce sont des forces dialectiques e¤ mane¤ es des activite¤ s mentales et e¤ motionnelles d’une humanite¤ de¤tourne¤ e du plan divin. Ces e¤ ons, qui deviennent peu a' peu de ve¤ ritables entite¤ s dans la sphe' re re¤ flectrice, poussent l’ humanite¤ dans la voie de la religiosite¤ naturelle, de la science sans conscience, de l’occultisme, et finalement des chime' res, en utilisant diverses imitations subtiles du chemin libe¤ rateur mais vides de toutes ide¤es et forces libe¤ ratrices. Ils perpe¤ tuent ainsi leur emprise parasitaire en dirigeant l’aspiration des foules vers des objectifs a' re¤ aliser ici-bas ou dans l’au-dela', et de¤truisent syste¤ matiquement tout ce qui a trait a' l’ Ide¤e gnostique libe¤ratrice. Esprit Saint Septuple : c’est le troisie' me aspect de la Manifestation divine, dont le rayonnement septuple touche l’ humanite¤ de¤chue afin de la sauver. Le processus de la transfiguration ne peut s’accomplir que sous la direction et avec l’aide de cette force septuple universelle. Les noces alchimiques de Christian Rose-Croix repre¤ sentent symboliquement l’union de l’Ame immortelle avec l’ Esprit Septuple, but supre“ me de la transfiguration. Ethers : les sept forces dont vivait l’ Homme originel. Le syste' me humain actuel ne subsiste plus que par quatre aspects tre' s de¤grade¤s de ces sept forces : l’e¤ ther chimique destine¤ au corps mate¤riel ; l’e¤ ther vital destine¤ au corps e¤ the¤ rique : l’e¤ ther-lumie' re destine¤ au corps astral et l’e¤ ther re¤ flecteur destine¤ au corps mental. Le processus de la transfiguration, ou alchimie ve¤ ritable, envisage de rendre la per332

sonnalite¤ humaine capable d’assimiler de nouveau les e¤ thers supe¤rieurs de l’origine, les nourritures saintes. Etre aural : champ magne¤ tique septuple entourant la personnalite¤ . Porteur du passe¤ des vies ante¤rieures, du karma, il de¤termine la trame de vie de la personnalite¤ incarne¤ e dans le microcosme. Les douze points magne¤ tiques, de ce ßfirmament influencent la personnalite¤ par l’ interme¤ diaire des douze paires de nerfs cra“ niens du sanctuaire de la te“ te. Ce firmament aural est aussi appele¤ ßlipika. Feu du serpent : le feu de l’a“ me ou de la conscience localise¤ dans l’axe ce¤ re¤ bro-spinal. Franc-mac onnerie : activite¤ de¤ ploye¤ e par les e¤ le'ves de l’ Ecole Spirituelle de la Rose-Croix d’Or en tant que libres constructeurs pour e¤ difier, individuellement et en groupe, un champ magne¤ tique gnostique e¤ chappant au champ magne¤ tique terrestre : le Temple inte¤rieur de la liaison avec l’ Esprit. Fraternite¤ universelle : la communaute¤ de tous ceux qui, au cours des sie' cles comme a' pre¤ sent, sont parvenus a' la libe¤ ration de l’a“ me et se reconnaissent, au dela' des formes exte¤ rieures, par leur activite¤ au service de la re¤ ge¤ ne¤ ration de l’ humanite¤ tombe¤e. On en parle comme de l’ Eglise inte¤rieure, de la Cha|“ ne universelle gnostique ou encore de la Fraternite¤ de Shamballa. En Occident, elle s’est manifeste¤ e dans la Triple Alliance de la Lumie're : Graal, Cathare, Rose-Croix, et c’est de son activite¤ qu’est ne¤ e l’ Ecole de la Rose-Croix d’Or, le Lectorium Rosicrucianum. Globule rouge du sang, la spiritualisation de Christian Rose-Croix passe par son sang, il est l’ imitateur de Je¤ sus-Christ jusque dans son sang. Seul celui qui porte le sceau de l’Ordre grave¤ dans son sang est certain de vaincre par ce signe. Gnose : 1. Le souffle de Dieu, Dieu, le Logos, la Source de toutes choses, se re¤ ve¤ lant en tant qu’ Esprit, Amour, Lumie' re, Force et Sagesse universelle. 2. La Fraternite¤ universelle en tant que support et manifestation du champ de rayonnement christique. 3. La Connaissance vivante qui est de Dieu et en Dieu, et sera le partage de ceux qui, par la renaissance de l’a“ me, rena|“ tront dans la Lumie' re divine. 333

Gnose quintuple : les cinq aspects fondamentaux du chemin de la libe¤ration : compre¤ hension, de¤ sir du salut, reddition du moi, nouveau comportement, entre¤e dans la vie nouvelle. Homme nouveau : voir Ame-Esprit. Homme originel : incarnation de la vivante Pense¤ e de la Gnose, c’est l’ Homme-Ame-Esprit cre¤ e¤ , a' l’origine, a' l’ image et a' la ressemblance de Dieu. De cette origine, l’ homme terrestre ne garde qu’un souvenir obscur, une nostalgie bru“lante qui le jette dans une inquie¤ tude incessante. Mais par la Rose du coeur, l’e¤ tincelle d’ Esprit cache¤ dans son coeur qui est le dernier vestige de cet e¤ tat sublime, il a la possibilite¤ de redonner vie en lui a' cet homme immortel par un revirement fondamental de sa conscience et l’accomplissement du chemin de retour a' la Maison du Pe' re. Joyau merveilleux : voir Rose du coeur. Karma : tout ce que les personnalite¤ s terrestres qui se sont succe¤ de¤es dans le microcosme au cours des re¤ incarnations ont inscrit dans l’e“ tre aural en fait de de¤ sirs, pense¤ es, volonte¤ s. Or, comme toute transgression des lois de la Cre¤ ation divine est rectifie¤ e en vertu de la loi de cause a' effet, afin de pre¤ server la volonte¤ du Logos, le karma est donc le plus souvent la cause des souffrances des hommes, et ce que, dans leur ignorance, ils appellent la fatalite¤, le destin. Libe¤ ration : par la renaissance de l’Ame divine originelle et le re¤ tablissement de la liaison avec l’ Esprit, il s’agit de vaincre l’assujettissement aux forces et puissances de cette nature, et d’e¤ chapper au cycle emprisonnant des re¤ incarnations. Le microcosme re¤ inte'gre alors sa sphe're de vie originelle. Lipika : voir Etre aural. Manteau d ’or (des noces): ve“ tement de lumie' re de l’Ame rene¤ e dans et par la Gnose, donc pre“ te a' l’union avec l’ Esprit. Microcosme : mot voulant dire petit monde. Il s’agit de l’ homme ve¤ ritable en tant que re¤ sume¤ de la Cre¤ ation entie' re, forme¤ d’un ensemble de sept sphe'res par lesquelles l’ Homme originel e¤ tait en relation harmonieuse avec le macrocosme, le Septe¤ naire cosmique. La personnalite¤ terrestre, avec ses sept aspects, n’en est plus qu’un 334

faible reflet. Sa de¤ ge¤ ne¤ rescence est la conse¤ quence de la ßchute de l’ homme, c’est-a'-dire de la rupture de sa liaison avec l’ Esprit. La re¤ inte¤gration du microcosme dans sa perfection originelle implique donc la re¤ surrection de l’Ame originelle, seule capable de l’union avec l’ Esprit. Par cette liaison la conscience immense du microcosme re¤ ge¤ ne¤ re¤ participe de nouveau au Plan divin. La connaissance directe de ce Plan est un des points essentiels de l’enseignement gnostique car elle de¤truit toutes les spe¤ culations et illusions philosophiques, religieuses ou occultes. Nature de la mort : ou nature dialectique, notre monde ou' tout se manifeste sous deux aspects oppose¤s : lumie're et te¤ne' bres, joie et douleur, vie et mort, etc., qui sont indissolublement lie¤ s et s’engendrent mutuellement. La loi fondamentale de cette nature est le changement et le brisement, le continuel ßmonter, briller, descendre. C ’est le dur champ d’expe¤ rience de l’ homme, ou' toutes ses tentatives, sociales, politiques, religieuses, mystiques ou occultes pour acce¤ der au monde divin dont il perc oit inconsciemment l’appel, sont syste¤ matiquement ane¤ anties afin de l’amener a' trouver en luime“ me le principe de la Vie divine absolue et parfaite, dont sa conscience obscurcie l’exclut. Occultisme : voir Sphe're re¤ flectrice. Ordres de nature (les deux): par suite du grand de¤sastre cosmique connu comme la ßchute, la Cre¤ ation originelle se scinda en deux ordres diffe¤ rents : l’ordre de la nature dialectique (voir Nature de la mort); et l’ordre de la nature immuable, le Royaume divin originel, domaine de vie des Ames libe¤ re¤ es. Cette distinction entre deux ordres de nature constitue le fondement me“ me de tout enseignement gnostique. Ordre de secours : la nature de la mort en tant que champ d’expe¤ rience de la conscience coupe¤e de l’ Esprit. Gra“ ce a' l’intervention de la Fraternite¤ universelle, les microcosmes de¤chus doivent y trouver la possibilite¤ de re¤ inte¤ grer le Royaume originel en suivant le processus qui permet a' la personnalite¤ de s’offrir consciemment, en abne¤ gation totale, a' l’Ame divine. Ce don parfait d’une conscience de nouveau 335

e¤ claire¤ e recre¤ e ce que la conscience e¤ gocentrique avait de¤truit : l’ Homme-Ame-Esprit originel. Plane' tes des Myste' res : parmi les plane' tes de notre syste' me solaire, la science gnostique distingue Uranus, Neptune et Pluton, de¤ couvertes depuis peu par la science exote¤rique, ainsi que diverses autres qu’elle nomme plane' tes des Myste'res. Les forces de rayonnement d’ Uranus, Neptune et Pluton sont devenues sensibles dans l’atmosphe're de notre e¤ poque, afin d’offrir a' tous les e“ tres humains la possibilite¤ de re¤ agir positivement a' leur influences de¤ masquantes. L’objectif est de montrer aux hommes leurs illusions, leur e¤ gocentrisme et leur pre¤ somption, qui leur font oublier et me“ me nier l’existence de Dieu. Au cours des temps a' venir, trois autres plane' tes des Myste' res feront progressivement sentir leur activite¤ dans la mesure ou' leur aide deviendra plus pressante. Les forces des plane' tes des Myste'res repre¤ sentent donc comme la main tendue de Dieu, afin d’aider a' la de¤livrance du plus grand nombre possible d’a“ mes humaines et a' leur re¤ inte¤gration dans leur vraie patrie, le Royaume divin. Pymandre: dans la Gnose herme¤ tique, de¤signe l’ Esprit vivifiant qui se manifeste dans le sanctuaire de la te“ te en l’ homme-a“me rene¤ quand les trois sanctuaires, te“te, coeur et bassin, ont e¤ te¤ purifie¤ s et unifie¤ s. C ’est l’ Homme ce¤ leste, le Christ inte¤ rieur, ressuscite¤ du tombeau de la nature de la mort. Rose du coeur : appele¤ e aussi atome primordial, atome-e¤ tincelle d’ Esprit, joyau merveilleux dans le lotus. C ’est le dernier vestige de l’ Homme originel, situe¤ a' peu pre' s au sommet du ventricule droit du coeur, centre mathe¤ matique du microcosme. Ce principe divin est le germe d’un nouveau microcosme, la semence divine conserve¤ e dans l’ homme tombe¤ comme une force potentielle, afin qu’un jour il se souvienne de son origine et qu’ il ait le de¤sir et la capacite¤ de retourner a' la maison du Pe' re. Ainsi est-il possible qu’en lui s’e¤ veille et s’e¤ panouisse le bouton de rose, que s’allume la lumie're du soleil spirituel, la lumie' re de la Gnose, et que, gra“ ce a' sa re¤ action positive et a' son orientation perse¤ ve¤ rante, commence et s’accomplisse le processus de sa re¤ ge¤ ne¤ ration totale suivant le Plan de sauvetage divin 336

pour le monde et l’ humanite¤. Royaume Gnostique, ou Nouveau Re' gne : le champ astral gnostique forme¤ de pure substance astrale originelle constitue¤ par la Jeune Fraternite¤ Gnostique en coope¤ration avec la Cha|“ ne universelle des Fraternite¤s. Active dans deux mondes : le champ de la Re¤ surrection du sixie' me Domaine cosmique et notre champ d’existence du septie' me Domaine cosmique, elle met l’ homme qui cherche vraiment la de¤livrance en mesure d’entrer dans le champ de la Re¤ surrection apre' s son accession dans le Corps Vivant de la Jeune Gnose. Ce dernier est pour notre e¤ poque l’Arche dont parle la Gene' se. Ce Corps Vivant forme tre' s provisoirement un pont entre les deux Domaines cosmiques. Son appel a' l’e¤ veil est lance¤ a' toute l’ humanite¤. Tapis : ße“tre sur le tapis, expression mac onnique de¤signant l’attitude inte¤rieure du candidat qui s’efforce de re¤ aliser en lui, avec se¤ rieux, de¤vouement et perse¤ve¤ rance, la Quintuple Gnose Universelle. Sanctuaires (les trois): il s’agit des trois foyers : la te“te, le coeur et le bassin, qui forment le triple Temple humain originel conc u a' l’ image de Dieu. Chantiers de travail ou' l’ homme doit te¤moigner de sa liaison avec la Gnose, ces trois sanctuaires une fois purifie¤ s redeviennent un, et sont le lieu de rencontre entre l’ homme et Dieu. Sphe' re re¤ flectrice : au cours des mille¤naires, il s’est constitue¤ dans la sphe're astrale terrestre, l’au-dela' , un ve¤ ritable reflet de la sphe' re mate¤rielle terrestre. La' se sont inscrites toutes les pense¤es, passions et volonte¤ de l’ humanite¤, et cette multitude de formes-pense¤ es sont devenues des forces qui dominent entie' rement les hommes. Cette liaison des humains avec ces diverses forces de la sphe're re¤ flectrice est l’occultisme, dont la Fraternite¤ universelle essaie de libe¤rer l’ humanite¤ par l’entremise des e¤ coles spirituelles authentiques. L’au-dela' est donc un immense pie' ge ou' les morts, avant leur dissolution comple' te, retrouvent passage' rement un domaine conforme a' leurs nature et conceptions. Syste' me foie-rate : sphe're active des organes regroupant la rate, le plexus solaire et le syste' me he¤patique, re¤ ceptacles de la vie subconsciente chez l’ homme de la nature. 337

Temples (trois): les noces alchimiques repre¤ sentent un processus d’e¤ le¤vation, une progression par phases en sept Jours . A mesure que le pe'lerin gravit la Montagne ou' se dressent trois Temples, la perspective s’e¤ largit ainsi que se de¤couvrent a' lui de sublimes re¤ alite¤s astrales. Les trois Temples sont ceux de la Foi, la compre¤ hension ; de l’ Espe¤ rance, la sanctification ; et de l’Amour, l’accomplissement, les trois grandes e¤ tapes du processus de transformation de l’ homme terrestre en homme divin immortel. Transfiguration : la renaissance e¤ vange¤ lique d’ Eau et d’ Esprit. C ’est un processus par lequel le mortel reve“ t l’ immortel ; le processus alchimique par lequel tout ce qui n’est pas saint est dissous et redevient saint. C ’est ßla transmutation des vils me¤ taux en or. Voir aussi Ethers. Trigonum Igneum ouTriangle de Feu : les trois forces divines originelles qui se manifestent en tous ceux qui s’ouvrent a' la Gnose par un revirement total de leur vie ce qui leur permet de s’engager dans un processus de transmutation, le processus de la transfiguration. Il s’agit de la ve¤ ritable connaissance de Dieu qui ge¤ ne' re une volonte¤ enflamme¤ e en Dieu ; de la connaissance de l’Amour divin ; et de la connaissance de la Sagesse divine

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